L’université Harvard a introduit vendredi une action en justice contre l’administration Trump, contestant la révocation de son autorisation d’accueillir des étudiants étrangers. Cette mesure du département de la Sécurité intérieure menace directement 7 000 étudiants – un quart des effectifs de l’établissement – de perdre leur statut légal aux États-Unis.
La plainte, déposée devant le tribunal fédéral du Massachusetts, dénonce une tentative d’effacer « d’un trait de plume » ces étudiants qui « contribuent significativement à l’université et à sa mission ». Harvard demande une ordonnance de restriction temporaire pour bloquer immédiatement cette décision.
L’administration exige que Harvard transmette sous trois jours l’ensemble des dossiers disciplinaires, enregistrements électroniques et vidéos concernant les étudiants étrangers impliqués dans des activités illégales, violentes ou protestataires au cours des cinq dernières années – condition sine qua non pour récupérer sa certification.
Alan Garber, président de Harvard, voit dans cette action la dernière d’une série de représailles gouvernementales punissant le refus de l’université de « sacrifier son indépendance académique et de se soumettre au contrôle illégal du gouvernement fédéral sur nos programmes, notre corps professoral et nos étudiants ».
Ce bras de fer s’inscrit dans un conflit plus large : Harvard avait déjà attaqué l’administration le mois dernier pour le gel de 2,2 milliards de dollars de financements fédéraux, jugé inconstitutionnel.
Les étudiants concernés risquent l’expulsion s’ils demeurent sur le territoire après l’annulation de leur visa. « Nous ferons tout notre possible pour vous soutenir et garantir que Harvard reste ouverte au monde », promet Garber aux étudiants étrangers.
Harvard traîne en justice l’administration Trump
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