Les investissements étrangers dans de nombreux pays arabes sont menacés de déclin dans les années à venir en raison de nombreux obstacles juridiques et législatifs, outre le manque de confiance des investisseurs étrangers dans certains pays aux prises avec l’instabilité politique.
Il en a été abondamment question lors du colloque scientifique sur l’investissement dans le monde arabe : une étude législative réaliste et prospective, tenu à l’initiative de l’Organisation arabe des jeunes avocats, à Tunis.
« En effet, de nombreux obstacles limitent le flux des investissements mondiaux dans les pays arabes, tels que la législation et les lois qui nécessitent, plus que jamais, une révision totale et un développement pour attirer plus de capitaux et d’investissements », explique le président du conseil d’administration de l’Autorité générale pour la promotion des investissements et les affaires de privatisation en Libye, Jamel Lamouchi, dans une déclaration à AfricanManager.
Il a ajouté que la réalité arabe dicte aujourd’hui de démanteler les obstacles et de surmonter les difficultés existantes et l’unification des visions pour fournir de réelles garanties d’investissement auxquelles aspire l’investisseur étranger et ce afin d’augmenter les flux et les volumes des investissements mondiaux et étrangers dans la région arabe.
Part arabe des investissements mondiaux
Selon les chiffres fournis par Lamouchi, dans son entretien avec African Manager, les pays arabes ont obtenu au cours de l’année 2019-2020 une part faible et limitée des investissements internationaux estimé à 34,7%, sur 1540 milliards de dollars de flux de financements mondiaux totaux.
Il a, également, souligné que le volume des investissements étrangers dans les pays arabes , en particulier en Tunisie est très limité pour plusieurs raisons, dont la plus importante est l’instabilité politique , outre l’absence de constantes politiques et l’absence d’échange et de transmissions pacifiques du pouvoir, par ailleurs.
En fait, la région arabe a encore besoin d’une législation et d’un environnement propice à l’investissement, en plus de la nécessité de s’engager dans les grands blocs économiques arabes, selon les dires du responsable.
« De plus, le volume des investissements perdus par les pays arabes est très important, outre le fait que le monde arabe est saigné à blanc aujourd’hui, en plus de la fuite des cerveaux, par celle des capitaux », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, Lamouchi a indiqué que le monde assiste à des changements majeurs dans la destination des investissements, alors qu’il se tourne vers la technologie, la transformation numérique et l’énergie propre.
Dans le même contexte, il a déclaré que les investissements extérieurs se concentrent sur le secteur pétrolier et surtout sur la manière de son exploitation, d’autant plus qu’il s’agit d’un secteur très limité dans la durée ne dépassant pas les 15 ou 20 ans, et que tous les investissements qui y sont mobilisés i vont disparaître d’ici 20 ans.
Une baisse des IDE en perspective
Certains pays arabes ont , cependant , réussi à attirer des dizaines de milliards d’investissements mondiaux et sont parvenus ces dernières années à restructurer leurs économies sur le modèle de l’Égypte, du Maroc et du Qatar , toujours selon la même source.
Lamouchi a expliqué que les pays arabes n’ont pas besoin d’autant de législation que des efforts pour élaborer une stratégie et une vision globale dans le but d’attirer les investisseurs étrangers et de préserver les investisseurs locaux.
Le président du conseil d’administration de l’Autorité générale pour la promotion des investissements et les affaires de privatisation en Libye s’attend à une baisse des investissements étrangers dans les pays du monde arabe dans une fourchette entre 30 et 40%.
De fait, les pays du monde arabe arrivent au bas du classement mondial, par rapport aux indicateurs d’investissement.
Lamouchi a souligné que ces assises sont destinées à s’attaquer aux différents défis posés pour promouvoir les flux financiers dans le monde arabe et instaurer un ensemble arabe unifié pour soutenir la reprise économique.








