Le président de la fédération nationale des travaux publics FNTP, Jamel Kssibi, vient de tirer la sonnette d’alarme, affirmant que le secteur passe par une situation difficile et critique, la valeur des dettes de l’Etat auprès des entrepreneurs culminant entre 600 et 800 millions de dinars.
Dans une interview accordée à African Manager, il a passé en revue les principaux problèmes dont souffre ce secteur essentiel, soulignant que la perturbation des projets publics en est le plus important.
« Il y a environ 5 milliards de dollars, équivalent à 17 milliards de dinars, de fonds alloués et mobilisés pour les projets publics financés par les banques internationales, mais ils n’ont pas vu le jour en raison des retards administratifs et des complications », a-t-il dit.
Ila précisé que le problème tient à la politique suivie par l’administration tunisienne, qui refuse de confier la majorité des projets publics, à l’exception du ministère de l’Equipement, à des bureaux d’études locaux spécialisés pour gérer des projets publics, contrairement à ce qui se passe dans tous les pays du monde.
L’Etat insolvable !
Le responsable a fait remarquer que, ces dernières années, l’Etat n’a pas été en mesure de s’acquitter de son dû vis-à-vis des entrepreneurs et des bureaux d’études, considérant que leur charge financière induite est énorme. Il a, également, souligné qu’une solution a été récemment trouvée sur ce point, en coopération avec la Banque centrale, consistant à émettre des bons du Trésor pour les financer de la part de la Banque tout en œuvrant à leur remboursement progressif.
La même source a appelé à revoir le coût des projets ou à combler la différence pour certains entrepreneurs, compte tenu de la hausse sans précédent des prix des matériaux de construction de toutes sortes.
Il est à noter que le secteur de la sous-traitance en Tunisie occupe plus de 510 000 emplois directs, sans compter les emplois indirects.
Kssibi a relevé une large affluence d’entreprises étrangères vers la passation de marchés, car de nombreuses entreprises publiques préfèrent désormais les entreprises étrangères, malgré les succès obtenus par les entreprises locales dans ce domaine.
Il a déclaré que la part des entreprises de construction étrangères sur le marché local a grimpé de 3% durant les années précédentes au taux de 33% des projets publics récemment achevés.
Pour ce qui est de l’épineuse question des chèques, Kssibi a estimé que ce dossier représente une grande tragédie pour l’entrepreneur tunisien, car il requiert l’amendement de la législation relative aux chèques aux fins de la dépénalisation des faits incriminés et de la mise en place d’un système bancaire électronique avec la valorisation de la « traite bancaire ».
Il a également indiqué que les solutions dans ce cadre sont bel et bien là et nécessitent seulement leur mise en œuvre de la part de l’autorité de tutelle représentée actuellement par la Présidence de la République.
La crise touche tous les entrepreneurs, petits et grands
La même source a révélé que les personnes touchées par cette crise sont essentiellement les petits entrepreneurs, mais elle s’est également étendue, au cours de la dernière période, aux grands entrepreneurs, le mois de décembre de l’année 2021 a été marqué par une crise financière sans précédent pour ces derniers.
Kssibi estime que l’encouragement des non-résidents en Tunisie à acheter une maison en Tunisie et à leur fournir une résidence, contribuera au développement de ce domaine et créera la mobilité nécessaire.
Ila estimé que les fonds obtenus des non-résidents en Tunisie peuvent être investis dans le domaine du logement social et de l’amélioration des infrastructures des villes anciennes, expliquant que cette mesure procurera à la Tunisie des revenus d’environ 2 milliards d’euros d’ici 4 ans.
Il a ajouté que la vente de 2 000 appartements, d’une valeur de plus de 700 000 dinars chacun, créerait environ 10 000 nouveaux emplois.
Un large débat en Tunisie, est en cours, concernant la propriété étrangère de l’immobilier résidentiel.
Une partie des Tunisiens craint que cette décision n’affecte les prix du secteur immobilier dans le pays, tandis que d’autres pensent que cela donnera un coup de fouet au secteur.








