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La bonne affaire des Elloumi, par la reprise de 60 % de la BTK

Le Groupe BPCE avait initié il y a 4 ans la cession des filiales africaines de BPCE International, y compris la BTK en Tunisie. Après le non-aboutissement des projets de cession successifs de cette dernière, dont celui engagé avec une banque marocaine, puis avec l’Etat tunisien fin 2019, « BPCE International vient de signer avec un Groupe Privé Tunisien de renom, un contrat de cession de sa participation de 60% dans la BTK, sous conditions suspensives ». C’est ce qu’annoncent les commissaires aux comptes de la banque dans le rapport du bilan de l’exercice 2020. Ce que ne disent pas les commissaires aux comptes et que savait déjà toute la place financière, c’est qu’il s’agit du groupe Elloumi, avec Coficab en navire amiral.

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« Selon les indications fournies par ce Groupe Tunisien à BPCE International, la transaction s’inscrit dans un objectif de diversification des activités du Groupe. Cette reprise repose sur un plan de relance ambitieux visant à redresser la banque en lui donnant les moyens d’assurer la pérennité de son activité et de son développement futur. Les formalités se rapportant à cette opération sont lancées avec un objectif de la clôturer courant le premier semestre 2021 », pouvait-on encore lire dans le rapport de l’état du bilan 2020 de la BTK.

Sur le site internet des repreneurs de cette banque, on pouvait lire que le « groupe Elloumi est le plus grand groupe industriel et exportateur en Tunisie. Il se spécialise dans une vaste panoplie de services, y compris les câbles automobiles, l’énergie et les télécommunications, les faisceaux de câbles, l’agroalimentaire, l’immobilier, l’aménagement urbain, la vente au détail, l’électroménager et la consultation. Groupe Elloumi compte 30 filiales dans le monde et emploie plus de 10 000 personnes ».

Le Groupe familial,   lancé par Feu Taoufik Elloumi, « une force tranquille » comme le décrivent ses enfants sur le site du groupe, c’est en effet Faouzi et Salma, connus pour leur activisme politique, Hichem qui est membre du board du patronat (Utica), et la défunte Aoutef qui était DGA du groupe (Photo au fond bleu) où elle était dite « dame de fer au cœur d’or », et Naama Ben Chaabane qui est en charge des affaires juridiques.

  • Une bonne affaire, malgré le déficit

Pour le prix de cette reprise, tout le monde reste discret et les repreneurs s’abritent derrière la clause de confidentialité. On se rappelle, à ce propos, la cérémonie de signature de l’accord pour l’acquisition de ces actifs qui s’est déroulée, en décembre 2019, au siège du ministère tunisien des Finances. L’ancien ministre aimait alors répéter que l’Etat avait repris la totalité des actifs de la BPCE française à l’Euro symbolique. Les Français n’ont jamais confirmé, et l’affaire a été ensuite abandonnée par un acheteur, l’Etat tunisien, en très difficile situation financière.

Pour le groupe Elloumi, l’affaire se présenterait autrement. Ce ne sera certainement pas au même prix, mais n’en resterait pas moins une très bonne affaire. Des experts, par nous contactés, estiment que le prix de reprise ne pourrait être moins que le capital de la BTK, qui est de 200 MDT. Il faut ici remarquer que la banque est certes déficitaire (-32,132 MDT), mais que son total actif de 1,431 Milliard DT où les « valeurs immobilisées » pourraient valoir plus que les 20,3 MDT indiqués dans le bilan 2020, et couvre très correctement le total passif (1,361 Milliard DT).

C’est à ce prix que le groupe Elloumi deviendra la 4ème famille d’hommes et de femmes d’affaires à posséder une banque, après le groupe La Carte de Hassine Doghri & Fils qui a repris en mars dernier de 39 % de l’UBCI, le groupe Amen de la famille Ben Yedder avec l’Amen Bank, et le groupe Mabrouk chez la Biat.

  • Des bailleurs de fonds étrangers au secours d’une banque qui va pourtant mal

Le produit net bancaire au titre de la période allant du 1er janvier à fin décembre 2020 s’élève à 51, 648 MDT contre 52, 856 MDT pour la même période en 2019, soit une baisse de 1, 208 MDT. Les charges générales d’exploitation ont atteint à fin décembre 2020 un montant de 19, 449 MDT, contre un montant de 17, 301 MDT à fin décembre 2019, soit une hausse de 2, 148 MDT (+20%).

« En 2020, la Banque a continué à enregistrer des pertes portant ainsi les capitaux propres arrêtés au 31/12/2020 à la somme de 69,432 MDT, soit 34,7 % de son capital social et donc en deçà du seuil fixé par l’article 388 du Code des Sociétés Commerciales », disaient les commissaires aux comptes (CC) de la BTK dans leur dernier rapport sur les états financiers de l’exercice 2020. Et les CC d’ajouter que « il nous semble cependant important de mentionner également que cette situation pourrait conduire à la soumission de la Banque à un plan de redressement ou à un plan de résolution ». Avec la reprise de la BTK par le groupe Elloumi, le plan de résolution nous semble plus improbable que celui du redressement.

Les CC indiquent d’ailleurs à ce propos que « cette reprise repose sur un plan de relance ambitieux visant à redresser la banque en lui donnant les moyens d’assurer la pérennité de son activité et de son développement futur. Dans le cadre de ce projet de cession, les bailleurs de fonds internationaux ont manifesté leur intention d’activer les clauses de changement de contrôle leur permettant d’exiger le remboursement anticipé de leurs prêts en cas de sortie de l’actionnaire de référence. Afin de combler ce besoin de financement et assurer une transition sécurisée pour la BTK, BPCE International a prévu un dispositif consistant en la mise en place de nouveaux financements par celle-ci permettant le refinancement complet des bailleurs de fonds (y compris les coûts de rupture) selon des conditions déterminées de sorte que la charge de remboursement soit inchangée pour la BTK (maintien de l’échéancier actuel après swaps synthétiques de taux). Les nouveaux prêts et les prêts existants de BPCE International seraient par la suite cédés au nouvel acquéreur concomitamment à la réalisation de l’opération de cession et pourraient ainsi être utilisées pour souscrire à une augmentation de capital de la BTK ». Tout est donc prévu et tout irait bien pour la BTK, où les Etats tunisien et koweitien garderont chacun 20 % du capital avec les Elloumi.

Cela n’empêche, les Fonds Propres Nets de Base ainsi que les Fonds Propres Nets de la Banque accusent respectivement un solde de 41,641 MDT et 65,999 MDT et représentent respectivement 3,55 % et 5,62 % du total des actifs pondérés par les risques, niveaux qui sont en deçà des seuils exigés. Une insuffisance passible de pénalité pécuniaire conformément à la réglementation en vigueur. Pénalités aussi encourues pour les seuils de division des risques où le total de dépassements s’élève à plus de 35 MDT.

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