La Tunisie a officiellement mis en œuvre le Système arabe unifié de vérification de l’authenticité des diplômes, s’alignant ainsi sur les autres nations arabes pour simplifier la validation des diplômes.
Introduit le 28 février 2025 dans le cadre des efforts de transformation numérique de la Tunisie, le système permet aux agences et aux recruteurs d’authentifier efficacement les diplômes des établissements d’enseignement supérieur locaux.
Cette décision fait suite à une enquête menée en 2023 par l’Association tunisienne de lutte contre la corruption, qui a révélé qu’entre 120 000 et 200 000 fonctionnaires auraient été employés entre 2011 et 2021 en utilisant des diplômes frauduleux, précise le site BitcoinKe.
Le système protège les dossiers académiques en stockant chaque diplôme sous la forme d’un bloc unique, sécurisé et inviolable, empêchant ainsi la falsification, la fraude et les modifications non autorisées. Cela permet aux institutions, aux employeurs et aux parties prenantes de vérifier instantanément l’authenticité des diplômes, éliminant ainsi la nécessité de longues procédures administratives.
Le projet est un élément clé de la stratégie de transformation numérique du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, conçue pour protéger l’intégrité des diplômes, améliorer les compétences numériques et moderniser le système de gestion de l’enseignement supérieur.
L’Algérie, l’Égypte et la Libye aussi
Il est issu d’un accord de coopération signé en novembre 2024 entre la Tunisie et l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO). Un programme pilote mené dans trois institutions tunisiennes a démontré avec succès l’efficacité du système, ouvrant la voie à son adoption à l’échelle nationale. L’Algérie, l’Egypte et la Libye ont suivi ce programme pilote.
Outre la lutte contre la fraude, cette innovation devrait renforcer la mobilité académique et professionnelle en garantissant la reconnaissance immédiate et incontestable des diplômes, tant au niveau national qu’international. Elle marque également une avancée stratégique pour le système éducatif tunisien, en renforçant la crédibilité et la compétitivité mondiale de ses universités.
« La mise en œuvre de ce système unifié représentera une avancée significative pour l’enseignement supérieur dans notre région. Il permettra de lutter contre la falsification des certificats, renforçant ainsi la crédibilité de nos établissements d’enseignement. Ce système permettra également de rationaliser l’inscription des étudiants dans les universités arabes grâce à la reconnaissance mutuelle et rapide des certificats, d’accroître la confiance des employeurs dans les qualifications des diplômés et de renforcer la transparence des processus académiques et administratifs », a déclaré Mohamed Ould Amar, directeur général de l’ALECSO.
En Afrique, des initiatives similaires voient le jour. Par exemple, certaines universités nigérianes seraient en train d’expérimenter des diplômes enregistrés sur la blockchain pour garantir l’authenticité et simplifier la vérification.
Une étude de Market Research Future prévoit que le marché de la blockchain appliquée à l’éducation pourrait atteindre 1,3 milliard de dollars d’ici 2030, avec un taux de croissance annuel estimé à 33,7 %. Cette croissance reflète l’adoption accrue de la technologie par les établissements d’enseignement à la recherche d’une gestion sécurisée et simplifiée des diplômes.








