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La crise de la Banque centrale libyenne rejaillit sur la Tunisie

La hache de guerre semble avoir été déterrée entre les parties Est et Ouest de Libye, avec des répercussions de divers ordres non seulement pour les Libyens dans leur entièreté, mais aussi pour leurs voisins. La crise qui vient d’éclater au niveau de la Banque centrale de Libye (CBL) induit de semblables retombées.   

Le président du Conseil d’affaires tuniso-libyen, Abdel Hafedh Al-Sakroufi, a déclaré que cette crise a un effet sur les échanges économiques, la Tunisie exprimant son inquiétude quant à la poursuite de cette crise.

Il a indiqué que les crédits documentaires ouverts par les banques pour gérer les transactions commerciales ont été suspendus depuis le début de la crise de la CBL.
Il a également affirmé que le retard dans le décaissement des fonds au titre du budget libyen et les crises successives pourraient entraver les objectifs d’augmentation des transactions économiques entre les deux pays, expliquant que le flux des biens et des personnes entre la Tunisie et la Libye s’est amélioré récemment après la réouverture du poste frontalier de Ras Jdir après une fermeture qui a duré plus de trois mois.
Al-Sakroufi a indiqué que les relations économiques et commerciales entre les deux pays nécessitent le démantèlement de tous les obstacles, y compris la circulation de l’argent entre les deux pays, soulignant la nécessité de lever les restrictions sur la circulation de l’argent pour les activités commerciales qui se déroulent à travers les frontières terrestres.
La crise de la CBL ne serait pas, au demeurant, proche de son épilogue, et l’impasse dans laquelle elle se  trouve la banque s’aggrave même, son gouverneur Sadok El Kabir ne voulant pas faire marche arrière. Il s’accroche ux tentatives de l’évincer, aggravant l’impasse de plus d’une semaine entre les factions rivales pour le contrôle des vastes revenus pétroliers de ce pays fracturé de l’OPEP.

Sadok El Kabir, que les autorités de la capitale, Tripoli, tentent de remplacer, a déposé dimanche une plainte auprès du procureur général de la Libye dans ce qui semble être une ultime tentative pour mettre fin à la prise d’assaut du siège de l’autorité de régulation, ont rapporté les médias locaux.

La banque centrale est devenue le dernier enjeu en date pour le contrôle de la Libye, en  proie à des troubles depuis le soulèvement de 2011, soutenu par l’OTAN, contre le dirigeant de longue date Moammar Al Kadhafi, et divisé entre les gouvernements de l’est et de l’ouest qui s’affrontent.

Les relations entre  El Kabir et le premier ministre Abdul Hamid Dbeibah, basé à Tripoli, n’ont cessé de se détériorer au cours de l’année écoulée, ce qui a abouti à l’ordre, le 18 août, de remplacer le banquier central à la suite d’accusations concernant sa mauvaise gestion des fonds.

 Al-Kabir estime que cette décision est illégitime. Son soutien aux factions de l’est de la Libye a ravivé les tensions entre les administrations concurrentes, mettant en péril l’accord conclu en 2020 sous l’égide des Nations unies pour réunifier un pays déchiré par la guerre et qui abrite les plus grandes réserves de pétrole d’Afrique.
Dimanche, une délégation du gouvernement a tenté d’entrer dans les bureaux de la banque à Tripoli pour installer un nouveau conseil d’administration, mais elle a été bloquée par le personnel de sécurité, ont indiqué les médias libyens, y compris l’agence de presse Al Marsad. Les banques libyennes ont déclaré que la suspension des opérations par le régulateur avait affecté les services, notamment les achats de devises étrangères et les transferts d’argent.

Les champs pétroliers fermés

Les champs pétroliers de l’Est de la Libye, sites de la quasi-totalité de sa production, seront fermés et la production et les exportations seront interrompues, a déclaré l’administration basée dans l’Est du pays, après un regain de tension concernant la direction de l’Institut d’émission.
Le conflit politique pourrait affecter la quasi-totalité de la production de 1,17 million de barils par jour du pays  selon les données de la dernière enquête Reuters sur la production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en juillet.
Alors qu’une demande baissière pourrait peser sur les prix du pétrole, la demande chinoise ayant un impact considérable, la fermeture potentielle des champs pétroliers libyens resserrerait l’offre et freinerait la baisse des prix du pétrole, a déclaré Serena Huang, analyste chez Vortexa.
« D’autres producteurs de pétrole se réjouiraient de la hausse des prix du pétrole et n’apporteraient pas nécessairement une offre supplémentaire dans l’immédiat.
Efforts conjoints USA-ONU
Les Etats-Unis ont soutenu mardi les efforts de l’ONU pour résoudre les divergences entre les administrations rivales de la Libye sur la gestion de la banque centrale sans interrompre les revenus pétroliers vitaux.

L’ambassade américaine a déclaré que l’initiative de la Mission de soutien des Nations unies en Libye « offre une voie vers la résolution de la crise » déclenchée par l’annonce faite lundi par l’administration de l’Est de suspendre les opérations dans tous les champs pétroliers et les terminaux d’exportation sous son contrôle.
Le général Michael Langley du commandement américain pour l’Afrique et le chargé d’affaires Jeremy Berndt ont également rencontré le commandant de l’armée nationale libyenne, Khalifa Haftar, a indiqué l’ambassade américaine en Libye sur le média social X mardi.

Les Etats-Unis exhortent toutes les parties prenantes libyennes à s’engager de manière constructive dans le dialogue, avec le soutien de la Mission de soutien des Nations Unies en Libye (UNSMIL) et de la communauté internationale, indique le message relayé par The Arab Weekly.
Dans un communiqué publié lundi en fin de journée, l’UNSMIL a indiqué qu’elle « convoquait une réunion d’urgence pour toutes les parties impliquées » dans la crise.
Elle a également appelé à « lever immédiatement la force majeure sur les champs pétroliers et à s’abstenir d’utiliser la principale source de revenus du pays à des fins politiques ».

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