AccueilLa UNELa crise politique en Tunisie: La communauté internationale appelée à la rescousse!

La crise politique en Tunisie: La communauté internationale appelée à la rescousse!

Encore un appel à la communauté internationale  pour l’amener à s’impliquer avec détermination dans la crise politique en Tunisie  et  trouver une solution, pas nécessairement convenue,  à la situation enfantée par les décisions exceptionnelles du 25 juillet 2021. C’est, dans une large mesure, à cause de la  crise économique persistante dans laquelle la Tunisie est embourbée. Les responsables du Fonds monétaire international (FMI) sont actuellement en pourparlers avec l’Etat tunisien aux fins de la conclusion d’un accord d’assistance financière , qui est de nature à ouvrir aux Tunisiens les portes du marché financier international, sous la formes d’emprunts obligataires et de prêts auprès d’autres bailleurs de fonds  dont la Banque mondiale. Cependant, de tels renflouements économiques ne résoudront pas tous les problèmes de la Tunisie, en particulier si le gouvernement n’obtient pas l’adhésion de l’opposition afin d’entreprendre des réformes difficiles – ce que le FMI exige, estime  le site Inside Arabia.

La même source note que « les décideurs politiques aux États-Unis et dans d’autres pays occidentaux sont divisés sur la question de savoir s’il faut condamner sans équivoque la prise de pouvoir unilatérale de Saied et/ou menacer de retirer l’aide s’il ne prenait  pas certaines mesures ».

Le processus de réforme constitutionnelle proposé par Saied a été critiqué pour ne pas être suffisamment inclusif, ajoute-telle. Par exemple,  les Tunisiens sont d’abord censés être « consultés par voie électronique  » dans le cadre d’une enquête en ligne afin de recueillir des idées pour une nouvelle constitution. Ensuite, une commission entièrement nommée par Saied rédigera une nouvelle constitution qui sera soumise à un référendum en juillet.

Les observateurs ont souligné qu’un tiers des Tunisiens n’ont pas accès à l’internet, ce qui ôte tout crédit et pertinence à la consultation en ligne, et que la sélection du comité de rédaction par le président lui donne un pouvoir incontrôlé sur la forme du nouveau document. Le plan prévoit également le gel du Parlement pendant plus d’un an. Les groupes de défense des droits de l’homme ont également critiqué le fait que Saied muselle les opposants par des assignations à résidence arbitraires et le recours à des tribunaux militaires pour juger les civils qui ont publiquement dénoncé le gouvernement.

Saied , une figure hautement « polarisée » !

La réaction de la communauté internationale aux actions  décidées par Kais Saied, le 25 juillet  a été embroussaillée par deux facteurs, souligne Inside Arabia . Premièrement, il a conservé un soutien populaire assez important malgré ses mesures antidémocratiques. Les résultats d’une récente enquête auprès des ménages indiquent que près de 80 % des personnes interrogées ont une opinion positive des décisions du président depuis le gel initial du Parlement.

Dans l’ensemble, Saied semble être devenu une figure hautement polarisée entre ceux qui considèrent que ses actes sauvent la transition démocratique de la Tunisie des multiples crises économiques, politiques et sanitaires, et ceux qui les considèrent comme nuisant à la transition et annulant les acquis démocratiques du pays.

Cette polarisation est liée au deuxième facteur de complication pour la communauté internationale : une condamnation sévère et/ou une aide étrangère conditionnelle pourraient donner à Saied une plateforme pour attiser le sentiment populiste, ce qui pourrait provoquer davantage de violence. Certains décideurs occidentaux craignent que Saied ne se serve du mécontentement lié aux réformes comme d’une excuse pour sévir contre ses ennemis tout en prétendant éradiquer la corruption.

Saied et la communauté internationale : chacun son dilemme

Les acteurs internationaux qui soutiennent une transition démocratique en Tunisie sont donc pris dans un dilemme. Condamner le président pourrait lui donner encore plus de pouvoir, mais ne pas le condamner ne fera rien pour le déresponsabiliser et rétablir un équilibre des pouvoirs, en particulier étant donné l’incapacité de l’opposition à proposer des solutions et des politiques alternatives.

Pourtant, Saied, lui aussi, est dans un dilemme. La conclusion de nouveaux accords de renflouement avec le FMI et d’autres donateurs internationaux pourrait nuire à sa popularité, étant donné que certains Tunisiens ont l’impression que ces prêts perpétuent la domination occidentale. Pourtant, sans ces prêts et ces réformes, il sera impossible de maintenir l’économie à flot. En effet, la désillusion à l’égard de ses propositions commence déjà à s’installer parmi ses partisans alors que l’économie continue de stagner.

En réfléchissant à la manière de s’engager avec Saied, les décideurs politiques occidentaux devraient garder deux choses à l’esprit, pense le site. Premièrement, il est dangereux de permettre à Saied de poursuivre son projet de réforme constitutionnelle, non seulement en raison du manque apparent d’inclusivité de son plan, mais aussi parce que la constitution de 2014 n’a pas besoin d’être amendée. La constitution existante va loin dans la protection des libertés individuelles, alors que le processus de réforme de Saied inclut la mise en œuvre d’une constitution révisée qui rétablirait un exécutif puissant et limiterait les droits individuels. De plus, même les partisans de Saied reconnaissent qu’une nouvelle constitution ne les aidera pas nécessairement à trouver un emploi.

Deuxièmement, la transition politique entamée en 2011 ne pourra pas réussir tant que le gouvernement ne s’attaquera pas aux problèmes économiques critiques auxquels les Tunisiens sont confrontés. Les défenseurs des droits de l’homme et les experts ont critiqué l’administration Biden pour ne pas avoir donné suite à sa promesse d’une politique étrangère centrée sur les droits de l’homme. Ils craignent que l’incapacité de l’administration à condamner plus fermement les actions de Saied n’entraîne un nouveau recul de la démocratie au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Les appels à utiliser le désespoir économique de Saied comme levier pour imposer des réformes démocratiques ne sont pas malavisés, mais les États-Unis et les autres partenaires internationaux devraient se concentrer tout aussi fermement sur la nécessité de s’assurer que le gouvernement met en place des mesures pour remettre l’économie sur les rails avant tout, conclut Inside Arabia.

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