Déjà mise au rebut indistinctement par tous les budgets de l’Etat autant qu’ils étaient, la culture ne trouve pas grâce non plus aux yeux des investisseurs. Le mécénat n’est pas e reste, dès lors que très peu d’entreprises s’y livrent, pour des raisons qu’elles ne sont pas les seules à savoir, d’ailleurs.
Des réflexions, du restes éparses et peu conséquentes ont été engagées pour redonner à l’industrie culturelle, car c’en est une, le statut qui lui sied, et le potentiel de créer d’insoupçonnables opportunités d’emplois, dans le secteur du cinéma surtout, comme en ont administré la preuve des pays comme le Maroc.
C’est sans doute pour pallier cette béante insuffisance qu’a été tenu le Forum « BA’DER » Entreprendre dans L’Economie créative à l’initiative du Centre international de Tunis pour l’économie culturelle numérique (TICDCE), auquel ont pris part les divers intervenants dans le secteur des Industries culturelles et créatives (ICC), aux côtés de deux ministres, celle des Affaires culturelles, celui de l’Economie et de la Planification et du Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT).
Il s’est agi de convenir de l’importance d’un cadre de travail propice à l’investissement dans le secteur des ICC et d’opter pour une restructuration du modèle économique en lien avec le secteur, en vue d’encourager les investisseurs à se distinguer dans les productions créatives.
En fait, la Tunisie est appelée à adopter des approches économique assez développées, en tirant profit des larges perspectives offertes par les technologies numériques pour un produit culturel diversifié et un véritable marché qui coïncide avec les développement actuels et futurs dans le monde.
Les autorités ont dit être conscientes de l’urgence de procéder à la réforme du cadre législatif qui est l’un des aspects à prendre en considération dans l’objectif de mettre en place des lois plus souples répondant aux besoins des investisseurs potentiels.
Le ministre de l’Economie et de la Planification a reconnu que « la contribution des ICC en Tunisie demeure assez timide sur le marché national, malgré étant l’un des secteurs prioritaires». Le secteur des ICC ne représente que 1% du PNB alors qu’au niveau mondial, sa contribution est de 3% du PIB, a-t-il avancé.
Selon les statistiques officielles présentées par le gouverneur de la BCT, la Tunisie consacre un budget de « 44.8 millions de dinars pour les 646 startups nationales actives dans le secteur des ICC ». En vue de remédier aux lacunes et simplifier les procédures d’investissement dans le secteur, il a estimé crucial de rapprocher les points de vues des différentes parties concernées.
La directrice générale du Centre international de Tunis pour l’économie culturelle numérique (TICDCE) a affirmé que les startups tunisiennes ont besoin de soutien de la part des institutions de l’Etat, dont le ministère de l’Economie et de la Planification et celui des Finances. Les obstacles se rapportent notamment à la difficulté d’accéder aux ressources financières auprès des banques « pour lesquelles ce genre d’investissement présente des risques », selon ses dires.
A la lumière de ces constats, elle a préconisé la révision des textes de loi qui régissent l’investissement, l’ouverture sur les marchés extérieurs et l’encouragement les étrangers à s’investir dans les ICC.
La responsable a notamment mis en cause un cadre législatif qui ne permet pas de recourir au mode de paiement électronique ce qui constitue, d’après elle, l’une des entraves qui freinent l’évolution et la bonne marche du secteur.
Un ambassadeur pour les ICC !
Tous les participants étaient unanimes pour affirmer qu’il s’agit d’un secteur offrant de larges perspectives pour la création d’emploi et le développement socio-économique en général. En vue de surmonter les difficultés qui se posent aux investisseurs dans les ICC, ils ont préconisé de leur accorder le soutien nécessaire de la part des différents intervenants des secteurs public et privé.
Les principales recommandations ont également porté sur la création d’un comité de travail composé des représentants des structures administratives et des startups dans le secteur afin qu’ils œuvrent ensemble à la modernisation des procédures et du climat des affaires via un nouveau cadre législatif.
La désignation d’un ambassadeur pour les ICC tunisiennes dans les divers pays du monde et la promotion de la destination Tunisie comme étant une plateforme de référence, sont également parmi les recommandations faites. A cet effet, les participants souhaitent la création d’un label, « CREATIV’ ACT », pour les startups dans les ICC qui leur offrirait des facilités accrues et une simplification des procédures administratives.
Les institutions du secteur public sont également appelée à reconsidérer la classification traditionnelle des arts et à y inclure la créativité numérique.
Cette nouvelle orientation devrait aider à une installation rapide des startups via l’octroi des licences nécessaires et un accès plus facile aux marchés publics et aux fonds de soutien.
Mais il est certainement plus important encore de se persuader que la pierre angulaire de la promotion de l’investissement privé dans le secteur culturel est la politique fiscale. La législation fiscale est cruciale pour l’accroissement de l’indépendance financière du secteur
En tant que moyen de canaliser l’aide publique à destination des arts, le principal avantage de la politique fiscale est sa neutralité, en ce sens que les incitations fiscales ne sont pas liées au contenu artistique. Les critères sont plutôt généraux et davantage liés au domaine ou aux types de bénéficiaires. Il appartient aux particuliers, aux entreprises et aux fondations à but non lucratif de prendre leurs propres décisions en la matière.








