Le ministre de la Santé Mustapha Ferjani a souligné au cours d’une Plénière de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) qu’un jeune médecin touche, pendant l’exercice du service national, un salaire mensuel de 1450 dinars, 1250 du ministère de la Santé et 200 du ministère de la Défense.
Il a ajouté que le gouvernement espère augmenter le plafond salarial pour le médecin résident à 1950 dinars avec 80 dt à titre de prime de permanence. « Un médecin résident perçoit au cours de ses deux premières années 1794 dinars », a-t-il dit.
Il a, en revanche, souligné que les salaires sont versés avec un peu de retard et que ces médecins touchent leurs dus tous les trois mois.
Dans ce contexte, le ministre a indiqué que les étudiants touchent au cours du deuxième cycle (à partir de la 6e année) 1545 dinars, hors primes de permanence et de garde, soulignant que les jeunes médecins tunisiens sont les mieux payés dans les pays du Maghreb.
Sur un autre plan, Mustapha Ferjani a fait savoir que son département a octroyé des avantages considérables aux médecins qui exercent dans les régions intérieures, dont une prime de permanence qui peut atteindre les 600 dinars et un plafond salarial de 3000 dinars. Il a ajouté que ces médecins ont le droit d’exercer dans le privé deux fois par semaine…
Ils seront en grève de 5 jours !
Rappelons que le président de l’Organisation tunisienne des jeunes médecins, Wajih Dhakar, a annoncé, au micro de Mosaïque FM, une grève de cinq jours dans tous les établissements hospitaliers et boycott des centres de stages, à compter du 12 juin courant.
Il a affirmé que cette action protestataire est soutenue par les médecins hospitaliers et le Conseil national de l’Ordre national des médecins.
Wajih Dhakar a rappelé que les jeunes médecins réclament l’amélioration des conditions de travail civil, la majoration des primes, l’application de l’exemption du service national etc.
Les médecins spécialistes absents dans les régions
La simple idée de s’installer dans des zones rurales rebute encore un grand nombre de jeunes médecins spécialistes qui refusent de travailler dans les hôpitaux régionaux à cause des mauvaises conditions de travail et de l’absence de plateau technique dans certains services.
Le paradoxe, c’est que le pays ne manque pas de médecins spécialistes, puisque ses quatre facultés de médecine en forment chaque année des dizaines. Malheureusement, cette richesse extraordinaire est mal répartie car la quasi-majorité est déployée dans les grandes villes et les régions côtières alors que les régions intérieures restent désertes ou presque.
C’est vrai que le manque de moyens, les agressions répétitives à l’encontre des médecins, l’absence d’une vision claire pour le secteur figurent parmi les entraves qui se dressent devant les médecins et les obligent à ne pas travailler dans les régions internes de la République.
Mais l’accueil chaleureux connu chez les citoyens de ces régions et leur générosité peuvent compenser ces difficultés et permettre aux jeunes médecins de vivre une expérience professionnelle et personnelle unique et enrichissante…
D’autre part, en quittant son pays d’origine, ce praticien emporte avec lui son talent mais aussi toute la formation et l’apprentissage qu’il a reçus et permet à un autre pays d’en bénéficier.
Plutôt que de partir vers l’autre bout du monde pour saisir de nouvelles opportunités professionnelles, pourquoi ne pas créer les siennes ici ?








