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La loi de finances 2022 inapplicable et incohérente, selon le président de l’IACE

Singulier voire atypique ce budget dont la Tunisie s’est dotée en cet exercice 2020. Il résume, pour en avoir été le creuset, bien des errements, des contretemps et des péripéties, qui donnent forcément à penser que le pays a davantage besoin d’autre chose que d’une loi des finances  dont ne sait pas où elle va le mener.

On n’y décèle aucune vision, peu de cohérence et une mosaïque de mesures, si mal assemblées qu’elles ne prêteraient à aucune conséquence d’intérêt, si peu pertinent soit-il. Surtout, comme l’a estimé le président de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), Taïeb Bayahi, elle reste irréaliste par rapport aux changements qui s’opèrent au niveau mondial et comporte de nombreuses contradictions dans les hypothèses sur la base desquelles elle a été adoptée.

 « La LF 2022 ne peut jouer un rôle d’incitateur pour les entreprises notamment avec les contraintes qu’elle recèle et le manque de clarté qui permettrait de parvenir à un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) », a-t-i dit dans une interview à TAP où il souligne qu’une lecture de la LF 2022, met en lumière cinq erreurs qui se répètent dans chaque projet de loi de finances et remet en cause leur crédibilité. La première erreur, a-t-il noté,  est le manque de précision dans les hypothèses retenues lors de son élaboration, ce qui nécessite l’adoption d’hypothèses objectives basées sur des prévisions acceptables et claires et ce dans l’objectif de réduire la marge d’erreur entre ces hypothèses et les résultats effectifs.

Pour Bayahi, la deuxièmement erreur est la contradiction qui existe entre la LF 2022 et le programme de réforme annoncé avec le FMI.

Parmi les autres éléments, il a cité le degré de la crédibilité et d’efficacité des mesures prises en matière d’identification des sources de l’endettement extérieure et de l’appui aux entreprises en difficulté, outre l’absence d’évaluation des risques potentiels.

Aucune vision réformiste

Sur un autre volet, Bayahi a estimé que les mesures fiscales de la LF 2022 qui ne reflètent aucune vision réformiste du gouvernement, ne sont qu’une continuité par rapport au parcours des anciens gouvernements qui se sont succédés depuis la révolution jusqu’à maintenant.

A cet égard, il a critiqué les mesures fiscales de la LF de 2022, notamment, l’article 52 qui annule le régime suspensif de la TVA pour les sociétés de commerce international et les entreprises de services exportatrices.

Point de pression exercée par le FMI

En ce qui concerne l’évaluation de l’IACE de la situation économique actuelle dans le cadre de la polémique relative aux négociations entre la Tunisie et le FMI, et la capacité de la Tunisie à appliquer les consignes du fonds en matière de mise en œuvre de réformes douloureuses pour obtenir un financement extérieur, Bayahi s’est inscrit en faux contre  l’existence de pression exercée par l’Institution de Bretton Woods, en expliquant que tout prêteur impose l’obtention de garanties quant à la capacité de remboursement de l’Emprunteur.

Et de poursuivre que le FMI veut des garanties sur la capacité de l’État tunisien à rembourser ses emprunts, et ce, soit à travers l’amélioration de ses ressources fiscales, ou la réduction de ses dépenses, soit les deux ensemble.

Selon le président de l’IACE,  les réformes doivent être importantes et convaincantes et capables de restaurer la croissance économique et de fournir l’environnement approprié pour les générations futures avant de dire qu’il s’agit de réformes douloureuses ou non.

« Si elle est mise en œuvre de manière claire et efficace, le bénéfice de toute réforme est supérieur à ses répercussions » a-t-il encore souligné.

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