AccueilLa UNELa réforme du système de santé doit être progressive, selon les pharmaciens

La réforme du système de santé doit être progressive, selon les pharmaciens

L’ancien président du Syndicat des officines privées, Naoufel Amira, a affirmé que la crise actuelle dans le secteur des médicaments est avant tout structurelle et complexe, étroitement liée à l’imbrication du système de santé avec celui de la sécurité sociale, ce qui a nui à son efficacité.

Il a précisé dans une interview récemment accordée à Express Fm, que parmi les principaux points positifs du dernier conseil ministériel, tenu sous la présidence de la cheffe du gouvernement et consacré au système de santé, figure la présence du ministère des Finances, notamment en raison du besoin urgent de mobiliser les financements nécessaires, en particulier pour couvrir le coût élevé des médicaments que les caisses sociales ne parviennent plus à supporter. Cela est d’autant plus crucial au regard des décisions judiciaires obligeant la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) à fournir des médicaments à caractère vital aux patients.

Amira a également salué la décision permettant au ministère des Finances de contribuer au financement de ces dépenses, estimant qu’elle pourrait alléger la pression sur la CNAM et permettre à la Pharmacie centrale de retrouver un rythme normal d’approvisionnement en médicaments.

Il a par ailleurs commenté les six points mentionnés dans le communiqué de la Présidence du gouvernement, portant notamment sur la mobilisation des ressources financières, la constitution d’un stock stratégique de médicaments, le renforcement du contrôle, la digitalisation des circuits de distribution, l’accélération des procédures d’autorisation, ainsi qu’une réforme globale du système.

Revoir la politique de subvention des médicaments

Selon lui, ces mesures constituent une étape importante, mais nécessitent une mise en œuvre effective et une volonté politique claire. Il a insisté sur la nécessité de revoir la politique de subvention des médicaments, appelant à orienter les aides directement vers les patients qui en ont réellement besoin, plutôt que de subventionner les médicaments de manière générale, notamment lorsqu’il existe des alternatives tunisiennes. Une telle orientation permettrait de soutenir l’industrie locale et de réduire le coût des subventions pour l’État.

Certains médicaments sont vendus à des prix symboliques

Amira a également expliqué que certains médicaments sont vendus à des prix symboliques pour les citoyens, alors que leur coût réel est très élevé, une différence prise en charge par l’État à travers le système de subvention, ce qui pose d’importants problèmes d’équilibre financier. Il a ainsi appelé à une révision de la structuration du système de santé, estimant que le rattachement de la couverture sanitaire au ministère des Affaires sociales plutôt qu’au ministère de la Santé, constitue une anomalie structurelle. Selon lui, les politiques de santé doivent être unifiées sous une seule autorité afin de garantir leur efficacité.

Et de souligner que la réforme doit être progressive et bien étudiée, à travers des étapes claires incluant l’organisation des circuits de distribution des médicaments, la rationalisation des dépenses et la définition des priorités du système de santé. Il a insisté sur le fait que les solutions existent, tant au niveau des réformes que des mécanismes de financement, mais que l’essentiel réside dans la qualité de l’exécution et la volonté politique.

A noter que la pénurie de médicaments continue de peser lourdement sur le quotidien des patients tunisiens, révélant une fragilité persistante de la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique.

Selon Hichem Boughanmi, membre de la Fédération générale de la santé et secrétaire général du syndicat des agents des pharmacies privées en Tunisie, le système national du médicament traverse une phase d’instabilité profonde, touchant particulièrement les médicaments dits vitaux.

Ila alerté sur un marché « perturbé et imprévisible », notamment au niveau des pharmacies privées, qui assurent l’essentiel de la distribution des médicaments aux citoyens. Il a souligné que la disponibilité de certains produits peut être ponctuelle avant de disparaître brusquement, un phénomène qui illustre, selon lui, les dysfonctionnements structurels de la chaîne d’approvisionnement.

Le responsable syndical a également précisé que les ruptures de stock apparaissent d’abord dans les pharmacies publiques et les hôpitaux avant de se répercuter, quelques semaines plus tard, sur les pharmacies privées. Quant à la présence de certains médicaments dans les grandes surfaces, elle resterait marginale et liée à des stocks anciens, sans véritable régularité d’approvisionnement.

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