AccueilLa UNELa sécurité aérienne est menacée en Tunisie!

La sécurité aérienne est menacée en Tunisie!

Le ministère du Transport a annoncé, vendredi 11 mars, le limogeage du directeur général de l’aviation civile, Habib Mekki, une décision prise  dans la foulée d’une succession de plaintes  déclenchées par « sa mauvaise gestion de ce secteur vital ».

Ce limogeage intervient au moment où le président de la Fédération tunisienne des pilotes de ligne (FTPL), Karim Elloumi, révélait  à African Manager que la sécurité aérienne en Tunisie est menacée depuis un temps, avertissant contre une réédition de la catastrophe aérienne de l’avion ATR de Tuninter en 2005.

Menaces pour la sécurité aérienne

Dans ce contexte, Elloumi a affirmé que la Direction générale de l’aviation civile est devenue une menace pour la sécurité aérienne en Tunisie et ce par rapport aux compagnies aériennes, qu’elles soient nationales ou  étrangères, soulignant leur adoption d’une politique d’exclusion, d’une part , et le manque de développement de leurs performances dans la gestion de l’aviation, d’autre part.

Elloumi a ajouté que l’administration précédente a délibérément puni les pilotes pour des motifs illégaux, ce qui a empreint d’une vive tension les relations entre eux et cette partie, en plus de créer un climat de méfiance.

Il a estimé nécessaire que la sanction en droit international de l’aviation soit basée sur les conseils et le développement et non pas sur la base de dissuasion injustifiée.

Dans le même contexte, il a expliqué que des demandes ont été soumises au ministère du Transport  aux fins d’une clarification de ces problèmes avant qu’il ne soit trop tard, considérant que ce qui a été fait maintenant représente un point positif en attendant la suite des réformes.

La Tunisie mal classée !

La même source a indiqué que le rapport de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale  (OACI) est négatif en référence à la gestion de l’ancien directeur général du département.

En outre, Elloumi a déclaré que l’organisation susmentionnée a décidé de dégrader  le classement de la Tunisie dans le domaine de la sécurité aérienne,  alors qu’en 2009, elle avait été créditée  du score de 71%  au titre des  normes approuvées, ce qui est considéré comme un pourcentage respectable, selon son estimation, tandis que l’aviation tunisienne n’a pu atteindre que 59 % seulement en 2020.

D’autre part, Elloumi a déclaré que la dernière inspection de l’organisation internationale remonte à 2020, après le report de sa visite en 2015 suite à la demande du ministère du Transport de l’époque, soulignant que cette inspection était négative, car le classement de la Tunisie a été abaissé dans un certain nombre d’axes tel que le « domaine de la formation » où « nous n’avons obtenu que 29 points, alors que nous avions l’habitude d’en obtenir 60  outre la baisse du classement de la Tunisie dans le domaine de la gestion et de la maintenance structurantes et   la conformité des locales avec les législations  internationales.

De plus, il a souligné dans ce contexte que la Direction générale de l’aviation civile n’a pas encore mis en œuvre les recommandations de l’Organisation de l’aviation civile internationale pour mettre à jour les lois tunisiennes avec les lois internationales dans le domaine de la sécurité aérienne

Appel à la création d’une instance dédiée

  Elloumi a souligné que dans tous les pays du monde sont dotés une autorité dédiée à l’aviation civile, jouissant de l’autonomie, qui prend en charge le développement de ce domaine afin qu’il soit efficace dans l’économie locale. Cette autorité doit être élue par les compagnies aériennes locales avec une recommandation ultérieure de la part du ministère de tutelle.

« De tout temps, il y avait un spécialiste dans ce domaine à la tête de la Direction Générale de l’Aviation, qu’il soit technicien ou ingénieur.

Donc, il est déraisonnable qu’un administratif  ait été nommé à sa tête, dès lors qu’il s’agit d’une exigence internationale qu’un spécialiste dans le domaine soit à la tête de toute autorité ou administration aéronautique », a-t-il expliqué.

La même source a, aussi, évoqué l’existence d’une crise majeure entre l’administration précédente et les pilotes, ce qui a été à l’origine d’un climat de tension entre eux et leur direction, poussant nombre d’entre de partir vers de nouvelles compagnies. Environ 220 pilotes ont officiellement quitté la Tunisie ces dernières années, est-il rappelé.

Le président de la fédération tunisienne des pilotes de ligne a appelé le ministère de la tutelle à accorder plus d’importance à ce secteur et à travailler sur l’élaboration de lois locales pour suivre le rythme des développements mondiaux, appelant à la création d’une autorité de l’aviation civile indépendante afin que la Tunisie puisse s’ouvrir sur de nouvelles destinations, à l’instar des États-Unis d’Amérique.

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