AccueilLa UNELa transformation digitale, un défi pour le secteur bancaire, dixit Enneifer 

La transformation digitale, un défi pour le secteur bancaire, dixit Enneifer 

Le numérique s’impose peu à peu comme un pilier de l’économie tunisienne. Entre secteurs déjà en pointe et branches encore à la traîne, il révèle à la fois ses promesses et ses défis. Coûts initiaux élevés, bénéfices différés, besoin de compétences et d’infrastructures :

–    La Tunisie est à un tournant stratégique.

Aujourd’hui, le numérique contribue directement à hauteur de 7,5 % du produit intérieur brut (PIB) et emploie près de 86 000 personnes. Plus de 2 000 entreprises privées et plusieurs centres de services internationaux y sont actifs, ce qui témoigne d’un dynamisme certain.
Mais la valeur ajoutée du numérique dépasse son poids direct dans l’économie : en s’intégrant à la finance, à l’industrie, au tourisme ou encore à l’administration publique, il agit comme un levier de transformation globale. Reste que cette diffusion demeure contrastée, limitant encore l’impact d’ensemble sur la croissance.
Dans ce contexte, l’expert économique Bassem Enneifer a fait savoir, dans une interview accordée ce mercredi 25 février 2026 à Africanmanager, que l’économie numérique n’est plus une option secondaire, mais est devenue un véritable levier pour l’économie tunisienne afin d’augmenter les taux de croissance et de créer de nouvelles opportunités d’emploi, notamment pour les jeunes et ceux qui ont des projets émergents.

Et d’assurer que la transformation numérique ne se limite plus à l’administration ; elle englobe désormais le secteur financier et bancaire. Ces dernières années ont été marquées par une expansion des services de paiement électronique et des portefeuilles numériques, dans le cadre d’une stratégie menée par la Banque centrale de Tunisie visant à promouvoir l’inclusion financière et à réduire la dépendance aux espèces.

–    Banques numériques : un levier pour l’économie

L’expert a également indiqué que « Selon le dernier rapport de la Banque centrale, les paiements mobiles numériques ont connu une forte croissance en 2025, avec une augmentation du nombre de portefeuilles électroniques et de transactions à distance(…) Ceci reflète une évolution progressive des comportements des consommateurs et une confiance accrue dans les solutions numériques(…) Le réseau de prestataires de services de paiement s’est également étendu, avec l’arrivée d’institutions financières et non financières sur le marché des services bancaires numériques » a-t-il encore expliqué.
Il a, sur un autre volet, estimé que les experts affirment que le développement des banques numériques et des services FinTech facilitera la création de startups et permettra aux jeunes d’accéder plus rapidement et à moindre coût aux services financiers et bancaires, notamment en zones rurales.

Par ailleurs, Enneifer a assuré que la Tunisie progresse régulièrement vers la construction d’une économie numérique intégrée basée sur le thème de « vos transactions numériques », comme l’indiquent les chiffres officiels qui font état de l’inclusion de 192 projets numériques dans le plan de développement pour la période 2026-2030, ouvrant ainsi la voie à la numérisation de divers services administratifs et publics, de la délivrance de documents à l’octroi de licences et aux services fiscaux et douaniers.

–    De grandes ambitions et défis en cours de réalisation

En effet, il n’a pas manqué d’assurer que le succès de la numérisation reste toutefois tributaire de la mise en place d’une infrastructure numérique performante, de la garantie de la sécurité des données personnelles et de la promotion de la culture numérique auprès des citoyens et de l’administration. Il est également nécessaire de moderniser le cadre législatif afin de suivre le rythme des progrès technologiques et de garantir la protection des transactions électroniques.
Et d’ajouter que « La Tunisie semble avoir une occasion unique de repenser son modèle de développement grâce à la numérisation complète de son administration et de ses services financiers, ce qui pourrait contribuer à une économie plus transparente, plus efficace et plus créatrice de richesse » selon ses dires.

–    Zaafrani promet une transformation numérique de l’administration

Rappelons que la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a récemment présidé au palais du gouvernement à La Kasbah, un conseil ministériel consacré au suivi de l’avancement des projets de transformation numérique de l’administration.
Dans son allocution d’ouverture, elle a souligné que le numérique constitue une priorité stratégique pour l’État. La réalisation dans les délais de tous les projets liés à la transformation digitale est considérée comme un levier essentiel pour l’économie nationale.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme économique et social de l’État et vise à lutter contre la corruption, assurer la transparence des transactions administratives, améliorer la qualité des services offerts aux citoyens, simplifier les procédures et réduire les délais de traitement des dossiers.
La cheffe du gouvernement a précisé que l’État a défini, dans le cadre du plan de développement 2026-2030, une vision nationale unifiée de la transformation numérique, incluant objectifs, priorités et calendrier de réalisation des projets.
L’année 2026 marque le lancement effectif de la digitalisation complète de l’administration, avec pour objectifs la lutte contre la corruption, le monopole et la fraude fiscale, ainsi que la simplification des procédures. La digitalisation est ainsi considérée comme un pilier central pour renforcer la croissance économique (…).

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