AccueilLa UNELa Tunisie 89ème dans l'indice mondial de progrès social

La Tunisie 89ème dans l’indice mondial de progrès social

L’ONG américaine The Social Progress Imperative vient de publier son Indice mondial de progrès social, un classement international qui évalue les pays non seulement sur la base de leur économie, mais surtout sur leur capacité à améliorer la qualité de vie et le bien-être de leurs populations.

Au contraire des indicateurs purement économiques comme le PIB, cet indice se concentre sur des aspects concrets de la vie quotidienne et du développement humain.

Il est basé sur 57 indicateurs sociaux et environnementaux regroupés en trois dimensions principales : les besoins humains fondamentaux (accès à l’alimentation, à la santé, au logement et à la sécurité), les fondements du bien-être (éducation, accès à l’information et qualité de l’environnement) et les opportunités (droits personnels, liberté individuelle, inclusion sociale et accès à l’enseignement supérieur).

 Progrès social intermédiaire en 2026

En 2026, la Tunisie se classait 89e sur 171 pays évalués par l’indice de progrès social. Sur le continent africain, elle occupait la 3e place, juste derrière Maurice et l’Algérie. Avec un score global de 66,53/100, la Tunisie se situait dans le troisième groupe du classement mondial.

L’indice classe les pays en six « niveaux », du niveau le plus élevé (niveau 1, pays avec un progrès social très élevé) au niveau le plus bas (niveau 6, pays avec des difficultés sociales majeures).

Le niveau 3 correspond à un niveau intermédiaire. La Tunisie affiche de bonnes performances dans certains aspects du bien-être, tout en présentant d’importantes marges de progression dans d’autres domaines.

Le rapport met en lumière plusieurs points positifs pour la Tunisie : l’accès à l’électricité et aux services de base est globalement satisfaisant, et les besoins humains fondamentaux sont généralement bien couverts, avec des progrès notables dans les domaines de la santé primaire et du logement.

Cependant, les perspectives restent limitées, notamment dans l’enseignement supérieur, l’inclusion sociale et les libertés individuelles. La participation citoyenne et les droits civiques sont encore loin d’être à la hauteur des attentes. La Tunisie est également confrontée à des défis en matière de qualité environnementale et de confiance dans les institutions.

L’île Maurice, toujours le pays le mieux classé d’Afrique

À l’échelle africaine, l’île Maurice domine le classement du progrès social. Selon le rapport, elle occupe la 56e place mondiale avec un score de 72,28/100 et fait partie du deuxième groupe, qui regroupe les pays affichant un progrès social élevé, juste en dessous des leaders mondiaux (premier groupe).

Le pays se distingue notamment par ses excellentes performances dans les domaines de la santé, de l’éducation et des infrastructures, qui contribuent à un niveau de bien-être général élevé pour sa population.

L’Algérie suit, classée 79e avec un score de 67,62, puis la Tunisie. Le top 5 africain est complété par l’Afrique du Sud (66,25 – 91e mondiale) et le Cap-Vert (65,79 – 94e mondiale).

Ces quatre pays, à l’exception de Maurice, appartiennent au niveau 3, correspondant à un niveau intermédiaire de progrès social, avec des atouts dans certains domaines mais des lacunes à combler dans d’autres.

D’autres pays africains figurent dans le top 10, mais avec des scores et des classements plus modestes : le Maroc (63,19, 99e mondial, 6e africain, niveau 4), le Botswana (62,96, 100e mondial, niveau 4), la Libye (60,43, 104e mondial, niveau 4), la Namibie (60,06, niveau 4) et le Ghana (59,35, 106e et 107e mondiaux). Quant à l’Égypte, elle se situe plus bas dans le classement, à la 119e place, avec un score de 56,49.

Les pays nordiques restent en tête

À l’échelle mondiale, le classement du progrès social reste globalement stable d’une année sur l’autre. Les pays nordiques dominent régulièrement ce classement, la Norvège occupant la première place (score de 91,73), suivie du Danemark (91,16) et de la Finlande (90,83).

Le top 5 est complété par la Suède (90,47) et la Suisse (90,41). Ces pays se distinguent par des systèmes sociaux solides, un niveau élevé de protection des droits individuels, l’accès universel à l’éducation et aux soins de santé, ainsi qu’une forte inclusion des populations vulnérables.

À l’autre extrémité du spectre, certaines grandes puissances économiques affichent des scores bien plus faibles en matière de progrès social. Les États-Unis, malgré leur poids économique mondial, n’occupent que la 32e place, loin derrière les pays nordiques et européens.

Dans le monde arabe, les Émirats arabes unis occupent la première place régionale, la 44e place mondiale avec un score de 74,68, suivis du Qatar (48e, 74,12) et du Koweït (49e, 74,06).

À l’autre extrémité du classement mondial, les pays les plus faibles en matière de progrès social se situent principalement en Afrique subsaharienne. Le Soudan du Sud obtient un score extrêmement bas de 27,71, suivi de la République centrafricaine (28,78), du Tchad (29,60) et du Burundi (33,43).

Ces pays partagent des problèmes structurels communs : conflits prolongés, institutions fragiles, extrême pauvreté, faible accès aux services de santé et d’éducation, ainsi qu’infrastructures insuffisantes.

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