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Henley & Partners et AlphaGeo ont publié le 21 octobre 2025 le Global Investment Risk and Resilience Index (GIRRI), un cadre inédit conçu pour aider investisseurs, groupes de familles et gouvernements à naviguer dans la volatilité mondiale. Une édition spéciale actualisée a été publiée en mai 2026, intégrant les données de prime de risque pays au 1er avril 2026. L’indice couvre 226 pays et territoires, à condition qu’ils présentent un score de confiance d’au moins 85%.
– Ce que mesure l’indice
Le GIRRI repose sur deux paramètres composites. Le premier mesure le risque, c’est-à-dire les vulnérabilités susceptibles de peser sur la performance des investissements. Le second mesure la résilience, soit la capacité d’un pays à absorber les chocs économiques, géopolitiques et climatiques. Les classements de mai 2026 reflètent un positionnement relatif entre pays, et non des variations absolues de risque ou de résilience, comme le précise la note méthodologique publiée sur le site.
– La Tunisie : 166e mondiale, absente du top africain
La Tunisie se positionne au 166e rang mondial avec un score de 52,39 points. Ce résultat la place dans le tiers inférieur du classement global, bien au-delà du top 10 africain. Elle ne figure ni parmi ni les pays ayant le plus progressé, ni parmi ceux dont le profil est mis en avant dans les analyses régionales publiées par Henley. Son score reflète des vulnérabilités persistantes sur les indicateurs de risque, notamment la volatilité monétaire, la pression inflationniste et la fragilité des comptes extérieurs, sans que les indicateurs de résilience, gouvernance, innovation, complexité économique, ne viennent compenser suffisamment.
– Le Maroc : le grand bond de la mise à jour de mai 2026
Le contraste avec le Maroc est saisissant. Dans l’édition originale d’octobre 2025, le Maroc était classé 148e mondial. Dans la mise à jour de mai 2026, il gagne 28 places pour atteindre le 70e rang mondial, figurant explicitement parmi les Top Risers, les pays ayant le plus progressé en résilience relative. La page dédiée aux Top Risers sur le site Henley cite directement comme source de cette progression la révision par Moody’s des perspectives du Maroc à « positives » en mars 2026, signe que les marchés financiers internationaux ont intégré une amélioration structurelle de la trajectoire du Royaume. Le Maroc se positionne ainsi comme le premier pays d’Afrique du Nord dans ce classement, et l’un des pays émergents dont la trajectoire est la plus remarquée dans cette édition spéciale.
– L’Algérie absente des analyses publiées
L’Algérie ne figure dans aucune des analyses textuelles publiées sur le site Henley, ni parmi les Top Risers, ni parmi les Top Fallers, ni encore dans les tendances régionales commentées. Son absence des focus éditoriaux du GIRRI est en elle-même un signal : les pays qui progressent ou qui se dégradent significativement captent l’attention analytique. L’Algérie reste dans une zone grise, vraisemblablement pénalisée par sa forte dépendance aux hydrocarbures, ses restrictions structurelles sur l’investissement étranger et son exposition limitée aux marchés de capitaux internationaux, sans que ces éléments soient suffisamment compensés par des facteurs de résilience documentés.

– Une divergence redéfinit la carte de l’Afrique du Nord
Ce que révèle la comparaison entre ces trois pays nord-africains est une divergence de trajectoire qui s’est creusée en quelques années. Le Maroc a engagé une stratégie cohérente d’ouverture commerciale, d’investissement dans les infrastructures et de crédibilité de politique économique qui lui vaut aujourd’hui une reconnaissance explicite de la part des marchés internationaux et des institutions de notation. Cette lisibilité se traduit directement dans le GIRRI par une montée en flèche dans la catégorie des pays gagnant en résilience relative.
La Tunisie, dont le potentiel économique était comparable à celui du Maroc il y a vingt ans, se retrouve aujourd’hui à 96 rangs derrière lui dans ce même classement. L’écart n’est pas conjoncturel. Il est le produit d’une accumulation de fragilités structurelles, une dette publique dépassant 80% du PIB, une inflation persistante, une réglementation des changes restrictive, et un environnement d’affaires perçu comme peu prévisible, que les indicateurs de l’indice capturent précisément.
La mise à jour de mai 2026 du GIRRI envoie un message clair aux décideurs tunisiens : pendant que le Maroc monte de 28 places en quelques mois sur la base de signaux de marché tangibles, la Tunisie reste stationnaire dans le bas du classement. La résilience ne s’improvise pas. Elle se construit sur des réformes dont les effets se mesurent en années, pas en déclarations.
*Résumé du rapport de Henley & Partners








