L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié l’édition 2025 de son rapport « Statistiques des recettes fiscales en Afrique 2025 », accompagnée de synthèses détaillées par pays.
Ce document de référence offre un aperçu précis et comparatif de la capacité des États africains à mobiliser leurs ressources fiscales nationales, un enjeu crucial pour le financement des politiques publiques et la viabilité des finances publiques.
Le rapport met en lumière d’importantes disparités entre les pays du continent. Alors que le ratio impôts/PIB moyen en Afrique (recettes fiscales en pourcentage du PIB) n’était que de 16,1 % en 2023, plusieurs pays présentent des niveaux nettement supérieurs.
Il convient de noter que le ratio impôts/PIB désigne la part de la richesse nationale effectivement perçue par l’État sous forme d’impôts, de droits et de cotisations sociales. Il reflète la capacité d’un pays à mobiliser ses propres ressources fiscales nationales.
La pression fiscale ramenée à 34% en Tunisie
Selon l’OCDE, la Tunisie se singularise comme le pays africain présentant le ratio impôts/PIB le plus élevé. Après avoir culminé à 34,8 % en 2022, le taux a légèrement diminué en 2023 pour se stabiliser à 34 %.
Ce niveau demeure nettement supérieur à la moyenne africaine, qu’il dépasse de 17,9 points de pourcentage. À l’échelle continentale, cette moyenne de 16,1 % résulte d’une hausse cumulée de 5,7 points depuis 2013.
Dans le détail, la structure des recettes fiscales tunisiennes diffère sensiblement du modèle africain dominant. Les cotisations de sécurité sociale constituent la principale source de recettes, représentant 27 % du total, devant l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP), qui contribue à hauteur de 23 %.
Cette configuration est totalement différente de la moyenne africaine, où les cotisations sociales ne représentent qu’environ 7 % des recettes fiscales. En Tunisie, le poids des cotisations sociales est près de quatre fois supérieur à la moyenne africaine, et la part de l’impôt sur le revenu des personnes physiques est également plus élevée que dans la plupart des pays du continent. À l’inverse, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), principale source de recettes fiscales sur le continent avec une moyenne de 27 %, occupe une place plus modérée en Tunisie, autour de 20 %.
La Tunisie talonnée pat les Seychelles et le Maroc
Derrière la Tunisie, les Seychelles occupent la deuxième place sur le continent, avec un ratio impôts/PIB de 29,1 %. Leur modèle fiscal contraste fortement avec celui de la Tunisie. La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) y constitue la principale source de recettes, représentant 34 % du total.
En troisième position, le Maroc affiche un ratio de 28,5 % du PIB, malgré une baisse de 1,4 point de pourcentage en 2023. Là aussi, la structure des recettes repose principalement sur la TVA, qui représente 26 % des recettes fiscales.
Le classement se poursuit avec l’Afrique du Sud, en quatrième position avec un ratio de 26,5 % du PIB. Son profil fiscal se caractérise par une forte prédominance de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, qui représente 34 % des recettes fiscales. L’île Maurice complète le top 5 africain avec un ratio impôts/PIB de 23,1 %, en hausse de 0,8 point de pourcentage en 2023, atteignant ainsi son plus haut niveau historique. Son modèle fiscal est similaire à celui des Seychelles, reposant largement sur la TVA (34 %) et d’autres taxes sur les biens et services (23 %).
D’autres pays figurent également parmi ceux affichant les ratios impôts/PIB les plus élevés. Le Lesotho présente un ratio de 22,7 %, tandis que la Namibie, classée 7e, possède une structure fiscale dominée par l’impôt sur le revenu des personnes physiques (37 %) et la TVA (34 %).
Enfin, le Burkina Faso, avec un ratio de 19,5 % du PIB, compte lui aussi parmi les pays africains présentant les niveaux de mobilisation des recettes fiscales les plus élevés.








