La Tunisie aux immanquables exercices militaires « African Lion »

La Tunisie aux immanquables exercices militaires « African Lion »

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Les exercices militaires conjoints « African Lion » dont c’est la 16ème édition ont commencé le 6 mars au Maroc, plus précisément dans la région méridionale d’Agadir. Outre les forces armées marocaines et américaines, y participent des unités et des observateurs venus de Tunisie, du Sénégal, mais aussi d’Espagne, du Royaume-Uni et du Canada.

Officiellement et comme l’a affirmé un communiqué des Forces armées royales (FAR), il s’agit de «  «valider les concepts d’emploi des forces terrestres, renforcer l’interopérabilité des moyens et des systèmes de commandement aéroterrestres utilisés par les deux nations, entraîner la composante aérienne à la conduite des opérations de chasse et de ravitaillement en vol, et enfin, mener des activités d’ordre humanitaire». Surtout, l’exercice met l’accent sur «la formation aux activités du commandement et des entraînements sur les opérations de lutte contre les organismes terroristes violents», parallèlement à « des exercices terrestres, aériens aéroportés et une simulation tactique».

Ce n’est pas la première fois que les forces armées tunisiennes sont associées à ces manœuvres militaires qui se tiennent en Afrique sous la houlette des Etats-Unis. L’année dernière, la Tunisie a abrité sur son sol une partie de ces exercices, ce qui lui a valu l’hommage appuyé du sous-secrétaire adjoint américain à la Défense, chargé des affaires africaines, Alan Patterson, qui s’est déclaré « impressionné par ses réalisations au titre de l’intégration de ses efforts avec ceux des ses voisins de la région pour faire face aux menaces communes ». Une collaboration qu’il a jugée comme « le seul moyen de lutter contre les menaces transnationales » tout en soulignant que «  ce n’est que par la coopération et l’assistance régionales et mondiales que nous pourrons arrêter la prolifération de groupes extrémistes violents, assurer la sécurité des citoyens de notre pays et prévenir d’horribles attaques terroristes contre des civils innocents ».

Nul besoin de comprendre dès lors que la diplomatie américaine vis-à-vis du Maghreb et de l’Afrique telle que conçue par l’administration de Donald Trump, s’ordonne et tire son essence de la lutte commune contre le terrorisme et les groupes qui y sont disséminés. D’autant que d’après les constats du Pentagone, les organisations terroristes du monde entier continuent de se transformer, se réalignant sur des intérêts partagés et répandant leur idéologie répréhensible aux quatre coins du globe. Et malgré les succès remportés contre l’Etat islamique au Levant (Daech), les groupes affiliés du Maghreb et du Sahel trouvent toujours un refuge dans des zones sous-gouvernées et éloignées dotées de services de sécurité mal équipés et sous-formés, comme en Libye, au Mali et le Niger. Les décideurs militaires américains répètent d’ailleurs avec une vigoureuse constance que «  la lutte contre la propagation de l’extrémisme violent restera une priorité à la fois pour les États-Unis et nos partenaires africains ».

Le triptyque «Trois D»

La Tunisie, déjà allié majeur non-membre de l’Otan, y figure en bonne place, au même titre que la Maroc, du reste, tous deux associés à une approche régionale globale basée sur le triptyque «Trois D» adopté par les USA dans leurs engagements régionaux, à savoir Développement, Diplomatie et Défense. Tout en prenant acte que la Tunisie est « activement engagée dans la lutte contre les menaces terroristes internes », elle a entrepris de moderniser son armée, ce qui, reconnaît le Pentagone, n’est pas une tâche facile, que ce soit par l’achat d’armes plus sophistiquées sur le plan technologique, la restructuration d’organisations existantes ou la création de nouvelles entités conçues pour fonctionner plus efficacement.

En tout cas, les États-Unis se déclarent « déterminés à renforcer les capacités militaires tunisiennes pour permettre au ministère de la Défense de vaincre les organisations extrémistes violentes, de sécuriser les frontières nationales et de faire face aux menaces existantes et émergentes ». Un processus qui implique le renseignement, la lutte antiterroriste, les forces conventionnelles, les capacités air-sol, la sécurité des frontières et le renforcement des institutions de défense.

Dons et ventes d’équipements militaires

L’approche américaine est désignée sous l’appellation « Intelligence Surveillance Reconnaissance » (ISR) dont le volet principal a consisté à doter les forces armées tunisiennes de capacités de reconnaissance par des dons ou des ventes d’équipements avec des financements avantageux dans le cadre du programme EDA (Excess Defence Articles pour les dons) et FMS (Foreign Military Sales pour les ventes). Un package de vingt millions de dollars de dons militaires a été ficelé par le Pentagone pour la fourniture de Jeeps, d’équipements de communication et surtout douze petits avions monomoteurs Maule MX-12 équipés de caméras de surveillance. Un deal suivi par la vente de 24 hélicoptères de reconnaissance et d’attaque Kiowa retirés du service aux États-Unis et surtout par la livraison de huit hélicoptères UH-60M Black Hawk, l’été dernier.

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