La Tunisie compte parmi les rares principaux points de départ pour des milliers de migrants qui cherchent à se rendre en Europe. Il faut rappeler d’ailleurs que le payse, dont certaines portions du littoral se trouvent à moins de 150 km de l’île italienne de Lampedusa, enregistre très régulièrement des tentatives de départ de migrants, surtout des Subsahariens, vers l’Italie.
Cependant, dernièrement, il est de plus en plus établi que la Tunisie s’est transformée en une terre d’accueil au vu du grand nombre de familles subsahariennes installées sur son territoire.
Selon des statistiques officielles récemment annoncées par le ministère de l’Intérieur, au cours de la période allant du 1er janvier 2024 au 14 juillet, 74.464 personnes ont été arrêtées en tentant de franchir les frontières maritimes en direction de l’Europe, contre environ 45.000 pendant toute l’année 2022.
Voilà pourquoi entre autres la Tunisie renforce sa coordination avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) afin d’accélérer le rythme des retours volontaires des migrants en situation irrégulière, a affirmé Houssemeddine Jebabli, porte-parole de la Direction générale de la Garde nationale.
Dans une déclaration à l’agence TAP, en marge d’une opération de démantèlement de camps de migrants à El Amra, dans le gouvernorat de Sfax, il a précisé que deux vols par semaine sont actuellement programmés pour le rapatriement des ressortissants d’Afrique subsaharienne, dans le cadre du programme de retour volontaire.
À cela s’ajoutent les départs individuels, ainsi que ceux effectués via des vols commerciaux, notamment pour les migrants arrêtés et expulsés pour atteinte à l’ordre public.
Il a rappelé que le démantèlement des camps situés au point kilométrique 21 dans la délégation d’El Amra, qui abritaient environ 3 500 migrants de différentes nationalités africaines, a été mené conjointement par les différents corps de sécurité, avec le soutien d’équipes médicales, des Scouts tunisiens, du Croissant-Rouge, ainsi que des autorités régionales et municipales. Outre la suppression des camps anarchiques, les opérations ont également porté sur le nettoyage des lieux, la collecte et la destruction des déchets.
Il s’agit là de la onzième opération inscrite dans une stratégie nationale visant à évacuer les camps informels et à favoriser le retour volontaire des migrants dans leurs pays d’origine, a ajouté Jebabli.
Il a souligné que cette opération est conduite dans le strict respect des droits de l’homme et sous la supervision de hauts cadres du ministère de l’Intérieur.
Par ailleurs, il a fait savoir qu’un grand nombre de migrants ont exprimé leur volonté de retourner volontairement dans leur pays d’origine. À cet effet, l’État tunisien a mis à leur disposition des bus pour leur permettre de rejoindre les bureaux de l’OIM à El Hazeg, Sfax et Tunis, afin de faciliter les démarches de retour.
De leur côté, plusieurs migrants subsahariens en situation irrégulière ont confié à la TAP leur désir de rentrer chez eux, invoquant les conditions de vie particulièrement difficiles, notamment le manque de nourriture, d’eau, et l’insécurité permanente.
Ils ont insisté sur le fait que leur présence en Tunisie n’avait pas pour but de s’y établir ni de troubler l’ordre public, mais plutôt de transiter vers l’Europe pour y trouver du travail et venir en aide à leurs familles restées au pays.
2500 étrangers ont regagné leurs pays depuis début 2024
La Direction générale de la Garde nationale a indiqué que près de 2500 étrangers ont regagné leurs pays depuis le début de cette année, dans le cadre du retour volontaire des Africains subsahariens.
Elle a expliqué, dans un communiqué, que plusieurs migrants irréguliers des pays de l’Afrique subsaharienne se sont présentés aux postes de police et de la Garde nationale pour demander une intervention auprès des organisations opérant dans la migration en Tunisie pour retourner dans leurs pays.
Une coordination a été établie avec les représentations diplomatiques de nombreux migrants et un plan stratégique a été mis en place pour assurer leur retour dans leurs pays d’origine dont un vol, le 9 mai 2024, vers un pays africain avec 166 migrants irréguliers à bord.
Le retour volontaire de migrants, explique la même source, s’effectue sur 3 étapes : l’accueil par les unités de sécurité et l’enregistrement des volontaires, puis le contact avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) afin de faciliter leur retour et enfin la coordination avec la police des frontières pour fixer les horaires des vols.







