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dimanche 7 juin 2020
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La Tunisie est-elle à l’abri de l’insécurité alimentaire corollaire du coronavirus ?

La pandémie du coronavirus, par-delà ses ravages sanitaires, est aussi une menace pour la sécurité alimentaire. A un point tel que l’ONU s’en est vivement alarmée à travers son secrétaire général , Antonio Guterres, appelant à l’urgence d’ « assurer le maintien des chaînes d’approvisionnement, spécialement celles de l’alimentation, de la pharmacie et des équipements médicaux, surtout dans les zones les plus pauvres et les plus vulnérables du monde ».

La tâche sera rude. « En général, nous sommes confrontés à un choc d’approvisionnement comme une sécheresse, ou un choc de demande comme une récession, mais ici « ce sont les deux à la fois et à l’échelle mondiale. C’est ce qui fait que c’est vraiment, vraiment inédit ».

Dans cette conjoncture de lutte contre l’épidémie du Covid-19 et de la perturbation de l’approvisionnement au niveau mondial, peut-t-on toujours considérer que la Tunisie est à l’abri du risque d’insécurité alimentaire », se demande l’agence TAP qui relève que la plupart des pays, surtout ceux très dépendants de l’approvisionnement, en produits alimentaires, du marché international, ne le sont pas. Les dirigeants de deux organisations onusiennes chargées de l’alimentation et de la santé (la FAO et l’OMS) et aussi l’OMC, chargée du commerce multilatéral, ont, d’ailleurs, mis en garde, dans un rare communiqué commun, le 1er avril 2020, contre un risque de crise alimentaire mondiale, à cause de la perturbation des marchés des denrées agricoles, le manque de bras dans les champs et la protection déficiente des salariés de l’agroalimentaire face au covid-19.? Qu’arrive-t-il aux pays importateurs nets de céréales de base, si certains pays exportateurs étaient tentés de retenir leurs récoltes, par crainte de manquer ou pour faire baisser les prix ? La réponse est la suivante : Les pays les plus fragiles et ceux dont l’alimentation dépend le plus de l‘étranger, risquent de traverser des pénuries graves. Ceci pourrait déclencher  » une vague de restrictions à l’exportation « , provoquant elle-même  » une pénurie sur le marché mondial « , souligne Qu Dongyu, premier responsable de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). C’est pour cette raison qu’il est temps de repenser la sécurité alimentaire, au plan national.

Repenser la sécurité alimentaire

Il est temps de repenser la sécurité alimentaire Il est grand moment, dans cette conjoncture difficile, de revenir aux piliers de la production agricole dans la perspective de les consolider davantage et tirer les leçons de la conjoncture actuelle. Selon l’ONAGRI, les enjeux liés aux céréales, par exemple, sont considérables du fait de leur poids dans l’alimentation de la population en Tunisie et dans la production agricole et agroalimentaire dans l’ensemble de l’économie, d’une façon générale. Pourtant, sur quatre baguettes consommées par les tunisiens, seulement, une est produite localement, d’après une étude de l’ITES (Institut tunisien des études stratégiques).

Ceci devrait pousser les autorités à réfléchir à la question de savoir, si vraiment la sécurité alimentaire est garantie en Tunisie, d’autant plus, que la pandémie actuelle vient de montrer, sur le plan mondial, qu’on ne doit jamais tenir celle-ci (sécurité alimentaire) pour acquise. Et si tout le monde participe à la production de la nourriture ! Sur les pages des adeptes de la permaculture (agriculture durable), sur les réseaux sociaux, toutes les voix se sont élevées pour dire : « Nous avons eu bien raison de dire que la solution est dans l’autonomie alimentaire et la durabilité ».

Cap sur la permaculture !

Abdelhamid Amami, l’un des fondateurs de l’Association tunisienne de la permaculture (ATP) et formateur en permaculture, estime que  » le moment est venu de développer des modèles d’agriculture durables à l’instar de la permaculture, l’agroécologie ou l’agroforesterie « .  » Les méthodes classiques de production alimentaire ont atteint leurs limites, et ont démontré qu’elles n’étaient ni durables, ni résilientes ». Cette pandémie a prouvé que la production alimentaire doit être locale et son objectif, nourrir les habitants de la région à partir de leurs semences d’origine « , a-t-il déclaré à l’Agence TAP. Revenant sur cette conjoncture difficile engendrée par la pandémie du Covid-19, Amami a développé  » nous ne savons pas encore combien de temps durera cette épidémie, mais près de la moitié de l’activité humaine sera en arrêt. Ceci conduira inévitablement, à la faillite de nombreuses entreprises, et par conséquent à l’augmentation de l’armée de chômeurs et à la propagation de la pauvreté et de la famine ».

Cela conduira, aussi d’après lui, à la rupture ou, dans le pire des cas, à l’effondrement des chaines d’approvisionnement et donc à la pénurie et à la flambée des prix des denrées alimentaires (hausse de 20 % déjà enregistrée en Chine).  » Cette période de crise crée un terrain fertile pour semer les graines d’un système alimentaire plus résilient et écologique. Nous avons la possibilité de transformer cette crise en opportunité. Pour cela, il faut encourager et généraliser l’idée de produire notre nourriture dans nos jardins, nous nous attelons déjà à cette tâche », affirme l’expert en permaculture.

Source : TAP

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