La Tunisie est confrontée à cinq risques climatiques majeurs : des vagues de chaleur récurrentes, la sécheresse et la raréfaction des ressources qui en découle face à une demande accrue de la population, les inondations et l’érosion côtière, selon le spécialiste de la modélisation des risques environnementaux et climatiques, Hazem Krichène. Il a expliqué qu’entre 1986 et 2016, la Tunisie a enregistré un taux d’érosion annuel moyen de 70 cm de son littoral, le plus élevé de la région.
Sur Express Fm, il a souligné qu’en 2024, la Tunisie a connu les vagues de chaleur les plus intenses de l’histoire parmi les pays africains, comparées aux deux décennies précédentes. Il a averti que si ce phénomène se poursuit au même rythme qu’au cours des vingt dernières années, il pourrait entraîner une baisse annuelle du PIB de 5,9 %.
Il a également expliqué que les vagues de chaleur entraînent une augmentation de 40 à 50 % de la consommation d’énergie, ce qui représente un lourd fardeau pour le pays, déjà fragilisé par son manque d’indépendance énergétique. Il a également souligné que le stress thermique a un impact direct et mesurable sur la productivité du travail.
Il a fait remarquer que les répercussions de la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran, notamment dans le secteur pétrolier, se répercutent directement sur la balance commerciale de la Tunisie, compte tenu de sa dépendance aux importations d’énergie et de son manque d’indépendance énergétique. Il a expliqué que le déficit énergétique a atteint 53 %, ce qui indique que la Tunisie n’a pas encore réalisé de progrès tangibles en matière d’efficacité énergétique.
L’expert a insisté sur le fait que la Tunisie est également appelée à faire progresser sa politique énergétique, à stimuler la transition énergétique, à miser sur les énergies nouvelles et renouvelables et à financer des projets innovants adaptés aux défis posés par les changements climatiques et technologiques.








