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La Tunisie indésirable au Sommet mondial sur la démocratie promis et organisé par Biden

Il y a un peu plus d’un an, on prêtait à Joe Biden l’intention d’organiser en Tunisie un sommet mondial sur la démocratie au cours de la première année de son mandat s’il était élu  président des Etats-Unis. Ces assises  vont effectivement avoir lieu, mais point en Tunisie, pas plus qu’elle n’y est invitée.  Le sommet,  virtuel,  se tiendra  les 9 et 10 décembre, et pour l’instant, seuls Israël et l’Irak figurent sur la liste des pays du Moyen-Orient qui y participeront.

Une volte-face , sans doute, un camouflet , indiscutablement, dans la foulée de ce qui s’est passé le 25 juillet 2021, et des « bouleversements politiques qui nous ont rappelé que la démocratie est aux prises avec de grandes difficultés  dans le monde arabe instable », explique le think tank Wilson Center  qui pense que la Tunisie, mais aussi le Soudan « risquent de peser lourdement sur les débats en tant que derniers exemples en date de transitions manquées de la  dictature vers la démocratie ».

Le groupe de réflexion  rappelle que sur le continent africain, cinq coups d’État ont déjà eu lieu l’année dernière, soit le plus grand nombre depuis des décennies. De nombreux militants pro-démocratie ont été particulièrement contrariés par le soutien tiède de l’administration à la lutte pour le rétablissement d’un régime démocratique en Tunisie, ajoute-t-il, sans omettre de rappeler que « dans ce pays, le président civil en exercice a dissous le parlement et le gouvernement en juillet et s’est attribué l’élaboration de toutes les lois ».

« Le retour du régime autocratique en Tunisie a été particulièrement déchirant pour les militants et a placé l’administration Biden devant un dilemme quant à la manière de gérer un « coup d’État civil », affirme  Wilson Center, au motif que la Tunisie a été le berceau de la vague pro-démocratique qui a déferlé sur le monde arabe à partir de 2011 et a renversé quatre dictateurs de longue date. Elle a donné naissance à la seule véritable démocratie multipartite qui a réussi à survivre pendant une décennie, mais qui «  glisse maintenant vers le régime autocratique que  Biden décrie si bruyamment et qu’il a promis de confronter avec son Sommet pour la démocratie ».

Le pourquoi des réserves de l’Administration US

Cependant,  l’administration Biden s’est gardée de désigner la prise de pouvoir comme un « coup d’État ». Cela peut s’expliquer par le fait que la section 508 de la loi américaine sur l’aide étrangère stipule que l’aide américaine doit être interrompue « à tout pays dont le gouvernement dûment élu est déposé par un coup d’État ou un diktat  militaire », et qu’il n’existe aucune disposition prévoyant une dérogation présidentielle. Il n’y a pas de stipulation similaire, cependant, si un président civil dépose un gouvernement dûment élu comme cela s’est produit en Tunisie, fait remarquer le think tank.

L’administration Obama a été confrontée au même dilemme lorsqu’en juillet 2013, les militaires ont renversé le gouvernement élu des Frères musulmans en Égypte. Elle a éludé la question en refusant simplement de déterminer si cela constituait un « coup d’État ». Jusqu’à présent, l’administration Biden a évité de qualifier de « coup d’État » ce qui s’est passé en Tunisie, mais elle a  mis en attente 500 millions de dollars au titre d’une  nouvelle aide économique pour la Tunisie en juin dernier, en plus des 1,5 milliard de dollars déjà fournis depuis son soulèvement pro-démocratique de 2011.

Les partis peinent à faire lever les foules

Le président tunisien, Kais  Saied, un professeur de droit de 61 ans, a remporté l’élection présidentielle de 2019 de manière écrasante, avec 73 % des voix. Il n’appartenait à aucun des partis politiques existants dont les chamailleries avaient éloigné la grande majorité des Tunisiens du processus politique. (Seuls 41 pour cent des électeurs inscrits ont pris la peine de participer aux élections législatives de 2019). 

Les partis politiques privés de leurs droits ont périodiquement organisé des manifestations dans la capitale et les grandes villes, mais les taux de participation n’ont pas été impressionnants ni durables. Le plus remarquable est que la puissante Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), qui a joué un rôle déterminant dans le soulèvement de 2011, n’a jusqu’à présent pas pesé de tout son poids dans la lutte pro-démocratique. Par exemple, elle n’a pas encore appelé à une grève générale ou même limitée. 

La raison pour laquelle la puissante UGTT, qui compte un million de membres, a montré si peu d’enthousiasme à défendre la démocratie n’est pas claire. Mais sa direction nettement pro-socialiste n’a aucune sympathie pour le parti islamiste Ennahdha dont le chef, Rachedid Ghannouchi, était président du parlement dissous. Si le président Saied devait démissionner, le président du Parlement serait en mesure de devenir président temporaire, souligne le think tank Wilson Center.

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1 COMMENTAIRE

  1. De toute façon les États-Unis savent très bien que enahda c’est fini et se pseudo sommet de la fausse démocratie na pas de valeur les États-Unis ne représente rien pour la tunisie les échanges commerciaux se font avec ue points bar

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