AccueilLa UNELa Tunisie, pays où les décisions importantes manquent à être prises !

La Tunisie, pays où les décisions importantes manquent à être prises !

Au contraire de nombreux pays du Printemps arabe  tombés dans la guerre civile comme le Yémen et dans des dictatures comme l’Egypte, les forces politiques tunisiennes ont suivi la voie du  dialogue et de la coopération qui ont permis à la démocratie de survivre. Une nouvelle constitution a été élaborée qui prévoit les libertés civiles et les droits des femmes tout en limitant le pouvoir des forces armées. Des centaines de nouveaux journaux ont été lancés, ainsi que des partis politiques et des groupes de la société civile. La Tunisie est devenue l’épicentre  de changement et de réforme politique arabe, avec des groupes de réflexion et de promotion de la démocratie  et  de publications venus de l’étranger qui en ont fait leur quartier général.

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L’un d’eux « The Citizen », souligne que la Tunisie a connu plusieurs élections depuis lors, la dernière ayant eu lieu en 2019. Mais le résultat de ces élections avait créé un Parlement amèrement divisé, les partis étant incapables de former un gouvernement pendant des mois. Mais l’efficacité de la gouvernance a été entravée par des querelles incessantes au sujet des portefeuilles au sein du gouvernement, ce qui a eu pour conséquence que des décisions importantes pour le pays n’ont pas été prises.

Les manigances des partis politiques avaient créé un sentiment de désaffection au sein de la population, qui voyait les promesses de la révolution de jasmin non tenues. La population est aujourd’hui forcée de faire face à la sobre réalité que la stagnation économique, la corruption et la polarisation politique et culturelle n’ont pas été abordées. Une vague de protestations publiques a eu lieu ces dernières semaines dans les régions pauvres du sud de la Tunisie, notamment à Sidi Bouzid, où le suicide d’un vendeur de rue a déclenché le Printemps arabe. Aujourd’hui, de grandes affiches sont apparues sur les murs : « … Nous avons préparé le chemin de la liberté, mais vous vous en êtes éloignés » et « Les slogans doivent être traduits en actions ».

L’espoir anéanti de réformes fondamentales

Les observateurs ont fait remarquer que la colère est plus grande aujourd’hui que par le passé, alors qu’il y avait eu l’espoir que les choses s’améliorent après l’introduction d’une véritable démocratie. Il y a eu des grèves, des blocages de routes et des protestations ces dernières semaines alors que les gens réclamaient des emplois, plus d’investissements, de meilleures conditions de travail et des améliorations aux services publics qui s’effritent. Les salaires ont été dépréciés par l’inflation, tandis que l’instabilité politique a anéanti les espoirs de réformes fondamentales. La corruption n’a pas été maîtrisée. On a de plus en plus le sentiment que quelque chose a mal tourné avec la révolution et que les rêves et les aspirations des gens restent insatisfaites.

Dans un rapport publié en février 2020, Human Rights Watch a exhorté le gouvernement tunisien à faire des droits de l’homme une priorité dans le pays, et lui a demandé de protéger les droits fondamentaux dans huit domaines clés : mettre fin aux poursuites pénales pour discours pacifique, aux arrestations arbitraires par la police, aux abus sous l’état d’urgence…., Malgré la démocratie, il reste un vestige de l’autoritarisme, illustré par les restrictions imposées à la liberté d’expression par les décrets d’urgence.

La pandémie de coronavirus faisait encore plus de mal que prévu. La Tunisie a connu  plus de 4000 décès. Selon un rapport de la Banque mondiale, l’économie s’est contractée de 21 %. Les revenus du tourisme ont diminué de 47 % et les exportations ont chuté de 27 % à partir du milieu de l’année. La dette publique est montée en flèche, limitant les dépenses publiques potentielles. Le pays s’est adressé au Fonds monétaire international pour obtenir une aide financière, ainsi qu’aux banques de développement dirigées par la Chine.

Sur le plan international, des pressions ont été exercées sur la Tunisie pour qu’elle suive l’initiative parrainée par les États-Unis pour que les pays arabes établissent des relations avec Israël. Le Maroc a été le quatrième État arabe cette année, après les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Soudan, à accepter de normaliser ses relations avec Israël. Mais tout en respectant le choix du Maroc, le Premier ministre tunisien a clairement indiqué que la normalisation des relations avec Israël n’était pas à l’ordre du jour, conclut Te Citizen.

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