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La Tunisie recule de 21 points au classement mondial de la liberté de la presse

La Tunisie est placée désormais au 94e rang mondial dans le classement 2022 de la liberté de la presse. Elle a perdu 21 places par rapport au classement 2021 où elle occupait le 73 rang.

Dans le classement mondial de la liberté de la presse publié mardi par Reporters sans frontières (RSF) qui concerne 180 pays, la liberté de la presse et de l’information en Tunisie est jugée comme « un acquis incontestable de la révolution tunisienne ».

Le processus engagé en juillet 2021 par le président de la République Kais Saied « fait craindre un recul de la liberté de la presse », estime toutefois RSF dans son rapport annuel, considérant que le dispositif régissant le secteur « reste incomplet et n’assure qu’une protection minimum aux journalistes et aux médias ».

« La justice tunisienne persiste à légiférer sur la base des textes hérités de l’ère Ben Ali, au lieu de s’appuyer sur les décrets-lois plus favorables à la liberté de la presse et de l’information », ajoute le rapport.

La crise économique a fragilisé l’indépendance de nombreuses rédactions, dominées par des intérêts politiques ou économiques, et a mis à mal le pluralisme du paysage médiatique depuis la révolution de 2011, note RSF dans le même rapport.

« Les médias sont tributaires des annonceurs privés, dont une partie détient des parts dans leur capital et peuvent être proches du milieu politique », explique l’organisation pour qui ce contexte « menace l’indépendance éditoriale des rédactions ».

RSF évoque également dans son rapport les problèmes en lien avec les revenus publicitaires des médias en Tunisie qui dépendent de leur audience et dont « le calcul est peu encadré et fortement contesté ».

Selon le rapport, le modèle économique des médias écrits, basé sur les abonnements, la publicité et les ventes « est en perte de vitesse en raison de la baisse de ces dernières et du rétrécissement du marché publicitaire ».

RSF attire l’attention aussi que le fait que les réseaux sociaux sont « régulièrement utilisés par les partis politiques pour lancer des campagnes de désinformation, décrédibiliser la presse, et instiller méfiance et confusion chez les électeurs », notant que les violences verbales des leaders politiques à l’encontre des médias se sont multipliées ces dernières années.

Les intimidations envers les journalistes se banalisent, et les reporters sont confrontés à la violence des manifestants tunisiens, avertit RSF, rappelant que des journalises ont été brutalisés pendant qu’ils couvraient une manifestation le 14 janvier 2022.

Rappelons que la Tunisie avait occupé la 72e place en 2020 et en 2019, la 96e place en 2016, la 126e en 2015, la 133e place en 2014 et la 138e place en 2013.

La 20e édition du Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF tient compte de cinq nouveaux indicateurs: contexte politique, cadre légal, contexte économique, contexte socioculturel et sécuritaire.

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