La Tunisie dispose désormais d’une stratégique pour l’industrie et l’innovation à l’horizon 2035, et ses résultats finaux viennent d’être actés par le ministère de tutelle.Elle , a pour vision de développer l’industrie sur la base des nouvelles forces distinctives, notamment la capacité d’innovation et les domaines d’excellence technologique pour produire et exporter des biens et services à forte valeur ajoutée, a déclaré à l’agence TAP, la directrice générale de l’Infrastructure industrielle et technologique au sein du ministère de l’Industrie, des mines et de l’Energie, Nada Lachaal.
L’élaboration de cette étude, financée par la BAD, a commencé en septembre 2019 et s’est déroulée en 5 phases, a rappelé la responsable.
La première phase était celle de l’évaluation des politiques industrielles publiques des 20 dernières années pour en tirer les enseignements. La deuxième phase était celle du dialogue régional, où le tour de tous les gouvernorats a été fait pour débattre avec la société civile, les industriels, les structures d’appui et tous les acteurs de développement régional des problèmes, contraintes et perspectives du secteur industriel.
La troisième phase était celle du dialogue sectoriel avec les organisations professionnelles (UTICA, IACE, CONECT…). Des ateliers de concertation ont été organisés et ont concerné 14 secteurs industriels. Lors de ces ateliers, les participants ont discuté des problèmes et des solutions possibles pour faire avancer le secteur industriel et échapper au phénomène de désindustrialisation qui a été soulevé par tous les industriels.
Durant la quatrième phase de cette étude, il y a eu la fixation des orientations stratégiques de la stratégie industrielle à l’horizon 2035, en commun accord avec tous les acteurs du secteur et des autres secteurs économiques vu l’interaction forte du secteur industriel avec le reste des secteurs.
« La vision stratégique retenue consiste à développer l’industrie sur la base des nouvelles forces distinctives, notamment la capacité d’innovation et les domaines d’excellence technologique pour produire et exporter des biens et services à forte valeur ajoutée. Les objectifs stratégiques retenus sont l’augmentation de la part de l’industrie manufacturière dans le PIB pour échapper au phénomène de désindustrialisation, l’accélération de la croissance des exportations manufacturières et la création de plus d’emplois notamment d’emplois qualifiés », a développé Nada Lachaal.
Et d’enchaîner «la stratégie retenue a été ainsi articulée autour de 5 orientations stratégiques qui consistent à : Mettre en place un environnement favorable aux affaires ; Encourager l’innovation dans les entreprises notamment dans les domaines de numérisation et de transition énergétique et environnementale ; Donner un nouvel élan à l’internationalisation des entreprises ; Renforcer de nouvelles spécialisations verticales et Développer une image attractive de la Tunisie à travers la stratégie de communication autour de la stratégie industrielle et de la Tunisie en tant que site industriel et technologique ».
La cinquième et dernière phase de cette étude était l’identification de la stratégie de marketing et du plan d’action autour de la stratégie industrielle à l’horizon 2035 et du pays.
Système de gouvernance transversal
S’agissant de la gouvernance de la mise en œuvre de cette stratégie, un accord a été réalisé sur la nécessité de créer un mécanisme et un système de gouvernance transversal. Ainsi, l’étude a proposé la création d’un Conseil national de développement industriel qui sera présidé par la Cheffe du gouvernement et chargé de la gouvernance, du suivi et de l’évaluation de la stratégie et de son plan d’action. Ce Conseil doit également canaliser le dialogue public-privé autour des thématiques industrielles.
L’étude a, en outre, proposé la création d’une unité de gestion par objectifs qui sera présidée par la ministre de l’industrie, des mines et de l’énergie et qui assurera l’exécution opérationnelle de la stratégie et de son plan d’action.
Une fois approuvée par le gouvernement, le département de l’industrie entamera la mise en œuvre de cette stratégie en collaboration avec tous les acteurs concernés, selon la responsable.
Pour ce qui est du financement de la mise en œuvre de cette stratégie, elle a fait savoir que «la ministre de tutelle a déjà effectué des contacts avec les bailleurs de fonds pour étudier la possibilité d’un accompagnement financier. Des accords de principe ont été donnés par la BAD, l’ONUDI, la GIZ et nous allons essayer de nous rapprocher davantage de nos partenaires pour concrétiser ces accords
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Dans cette étude stratégique, je n’ai pas trouvé l’axe fondamental qui consiste à réviser les structures publiques liées au développement de la stratégie de façon à optimiser leurs activités, éviter le double emplois améliorer la gestion des budgets et mettre fin au gaspillage des dépenses. Un seul organisme chargé de la promotion de l’investissement et de l’innovation suffit en regroupant dans le même lieu et sous le même toit au niveau de Tunis et dans les 24 régions les institutions suivantes :l’APII avec ses pépinières, les centres Techniques, FIPA, les centres d’affaires, le Cepex, les Offices de développement et l’APIA. Toutes les décisions seront décentralisées afin de se rapprocher des investisseurs régionaux. Cette fusion sera renforcée par la digitalisation de tous les services, ce qui facilitera les services de l’information et des déclarations d’investissement et tout autre service lié à la promotion. En France, il y eu ce genre de regroupement dans les années 2000 avec la fusion de l’ANVAR, la BDPME et les services technologiques à haute valeur ajoutée en une seule institution qui s’appelle « OSEO ». Cette organisation utile devrait être menée avec intelligence et courage et sa mise en oeuvre dépend d’une volonté politique et de cadres de haut niveau.