Le ministère du Commerce et du Développement des exportations a confirmé que le taux d’inflation en Tunisie s’est inscrit à la hausse au cours des sept premiers mois de cette année, avec un glissement mensuel qui a oscillé entre 0,7 et 1,4%, pour atteindre les limites de 8,2% au cours du mois de juillet, alors qu’il était de l’ordre de 8,1 % en juin de la même année.
Le ministère du Commerce a souligné dans un communiqué, que les différents pays du monde ont connu des pressions inflationnistes continues dues aux répercussions de la pandémie de Covid-19 et aux répercussions de la crise russo-ukrainienne sur les marchés mondiaux d’approvisionnement en matières premières, en produits de consommation, en produits industriels et énergétiques. Ce faisant, l’inflation a enregistré des taux record dans la plupart des pays.
Ce haut niveau d’inflation n’a pas épargné, en particulier, la zone euro, s’y élevant à 8,9 % au cours du mois de juillet 2022, enregistrant ainsi son taux le plus élevé depuis 1997.
Les taux d’inflation dans la plupart des pays européens ont remarquablement doublé, et la région africaine et arabe a connu la même tendance à la hausse, avec une inflation dépassant les deux chiffres dans de nombreux pays.
La Tunisie n’est nullement à l’abri de cette situation mondiale et régionale ni des répercussions de l’inflation sur les marchés internationaux et les pays partenaires économiques, avec un taux d’inflation continuellement sur une courbe ascendante.
En comparant les deux mois de juillet et de juin 2022, les prix du groupe des produits alimentaires ont augmenté de 1,9%, les prix de celui des loisirs et culture ont évolué de 1,5%, les prix des restaurants et des hôtels ont augmenté de 1,4%, ceux des meubles et des produits domestiques de 1,1 %, et les prix des autres marchandises et services de 1,2 %, par rapport à une augmentation des prix du reste des groupes, avec des taux variant entre 0,1 et 0,6 %.
La faute aux produits libres !
Cette évolution relative à des indicateurs d’inflation au cours du mois de juillet 2022 est principalement due à celle des prix des produits libres de 1,2 %, alors que le taux d’évolution des prix des produits encadrés n’a pas dépassé 0,3 %, les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 2,2 % et les articles non alimentaires libres de 0,8 %, tandis que les prix des denrées alimentaires homologuées ont augmenté de 0,1 % et les articles non alimentaires de 0,4 %.
L’évolution enregistrée par les prix des produits agricoles de 3,1% est également due à la hausse de ceux de la volaille, de la viande et des légumes compte tenu de la baisse notable des niveaux de production de ces matières, qui a coïncidé avec la forte demande et la haute saison touristique et de l’Aïd al-Idha, tandis que les prix des denrées alimentaires transformées, des produits manufacturés et des services, ont affiché un taux d’amélioration de 0,6 % pour chaque ensemble.
Le ministère a souligné que ses services travaillent en coordination avec les différentes autorités réglementaires et sectorielles pour intensifier leurs efforts afin de continuer à réduire les répercussions de cette situation structurelle et conjoncturelle sur le pouvoir d’achat du consommateur, par l’adoption d’un ensemble de mesures réglementaires et de contrôle visant à contenir le rythme d’évolution du taux d’inflation dans des limites raisonnables, en tenant compte des données économiques externes et internes, et à intensifier la lutte contre le monopole et la spéculation .
Saut « qualitatif et quantitatif »
A cet égard, il a, également, mentionné la poursuite de la mise en œuvre du programme national conjoint de lutte contre le monopole, la spéculation et la contrebande, qui a permis un saut qualitatif et quantitatif dans le travail de contrôle. Le taux de détection des infractions a augmenté de 49 % par rapport à la même période l’année dernière (59 626 infractions contre 40 150 infractions), en particulier les infractions liées à des infractions graves dans la distribution et l’utilisation de produits de base et subventionnés, puisque 18 879 infractions ont été enregistrées dans ce domaine au cours des sept premiers mois de 2022.
Il est à noter qu’en plus de la hausse des prix, le marché tunisien connaît depuis un certain temps une pénurie notable d’un certain nombre de produits de consommation de base, notamment le sucre en vrac, l’huile végétale subventionnée, la farine et le café.








