L’ambassadeur américain Rubinstein part « avec la satisfaction du devoir accompli »....

L’ambassadeur américain Rubinstein part « avec la satisfaction du devoir accompli ». Qu’en pensera son successeur ?

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Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Tunisie, Donald Blum, le premier à être nommé à ce poste sous l’Administration Trump, vient d’obtenir la confirmation de sa nomination par le Sénat. Il succède à un arabophone comme lui, Daniel Rubinstein, qui avait pris ses fonctions à Tunis, le 22 octobre 2015. Il quitte la Tunisie au terme d’un mandat de plus de trois années dont il vient de livrer le bilan dans une interview         au site de la Fondation Carnegie pour la paix internationale.

Les États-Unis sont déterminés à fournir une assistance économique consistante aux Tunisiens et à la démocratie naissante du pays qui leur procurera une marge de manœuvre pour prendre des décisions difficiles sans impacter négativement les principaux intéressés, a-t-il affirmé, précisant que l’aide étrangère peut servir d’amortisseur alors que le gouvernement tunisien s’emploie de faire face aux conséquences de la transition. Parallèlement à l’aide étrangère, « les États-Unis ont continué d’encourager nos amis tunisiens à déployer des efforts plus durables et plus complets pour combattre la corruption et à réfléchir et à améliorer leur compétitivité. Mais dans les deux domaines, nous voulons que les Tunisiens reconnaissent qu’il existe une marge pour faire mieux », souligne l’ambassadeur partant.

Sécurité et défense : un « travail conséquent »

Au rang des domaines de coopération où lui-même et son prédécesseur Jake Walles se sont signalés par un travail conséquent, dit-il, le diplomate a cité ceux de la défense et de la sécurité qui « se sont clairement développées… où la coopération avec les États-Unis est maintenant plus large, plus profonde et plus intense ». « La Tunisie dispose de bons outils pour relever ses défis en matière de défense et renforcer la sécurité nationale des États-Unis dans cette partie du monde », a-t-il dit.

Evoquant la situation intérieure dans le pays, Daniel Rubinstein a rappelé qu’en janvier 2016, la Tunisie a été aux prises avec une série de manifestations très difficiles qui se sont étendues à une large échelle, rendant hommage aux forces de sécurité qui « ont réussi à faire en sorte que les Tunisiens exercent leur droit de manifester et à utiliser des dispositifs leur permettant de gérer les manifestations de manière mesurée ». Il s’est félicité aussi que malgré l’intensité des mouvements de protestation, on n’ait déploré aucun mort par l’usage de la force par les unités de la sécurité, ce qui contrastait avec ce qui s’était passé précédemment. Il y a vu « un épisode qui marque une amélioration significative des techniques et de la discipline des forces de l’ordre tunisiennes en matière d’application de la loi, alors que de larges couches de la population exerçaient leur droit de manifester. Cela portait également le sceau d’un progrès positif dans la capacité des Tunisiens à exprimer leurs opinions dans une relative sécurité ».

La tâche n’est pas encore aisée !

Autre motif de satisfaction pour Rubinstein, « l’énergie et la soif des savoir » des jeunes filles tunisiennes qui l’ont impressionné dans le cadre du programme Technovation. « Cela m’a procuré un sentiment d’optimisme de voir une telle source d’énergie, de talent et d’intelligence, et m’a montré que la Tunisie a les outils pour réussir dans l’économie mondiale », s’est-il félicité sans regretter que les nombreuses opportunités offertes aux femmes ne sont pas souvent exploitées.

« Je suis fier que les États-Unis soutiennent un tel programme et heureux de voir le secteur privé soutenir ce travail, ce qui montre que certains acteurs du secteur privé sont conscients de l’utilité de réinvestir dans la jeunesse et me donnent encore plus d’optimisme pour la compétitivité future du pays », a-t-il affirmé.

Le diplomate a enfin appelé les amis de la Tunisie au sein de la communauté internationale à «  continuer à se concentrer sur la lutte contre la corruption et à veiller à ce que cela figure en bonne place dans l’aide étrangère ». « Il est donc important de soutenir le pays dans ses efforts pour accélérer le rythme des mesures de lutte contre la corruption, améliorer la transparence de sa gouvernance et adopter des réformes pour renforcer sa capacité et sa compétitivité ». Des efforts consistants sont nécessaires. Ce n’est pas une tâche aisée », a-t-il conclu.

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