AccueilLa UNEL’austérité, le mot qui fâche et l’option à bannir!

L’austérité, le mot qui fâche et l’option à bannir!

La Tunisie ne devrait pas opter pour les politiques d’austérité, malgré la crise qu’elle traverse et le dérapage inquiétant de sa dette publique, car ces politiques ralentissent sensiblement la reprise et pénalisent les plus vulnérables et la majorité des citoyens, c’est ce qui ressort d’un rapport sur la « Cartographie de la dette publique extérieure tunisienne »  publié par la fondation Heinrich Böll Stiftung.

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D’après ce rapport élaboré en avril 2021 et dont les résultats ont été présentés dernièrement, par son auteur Mohamed Haddad dans le cadre d’un webinaire, le taux d’endettement de la Tunisie est autour de 100% du PIB en 2021, alors qu’il était à peine à 40% en 2011. La dette extérieure représente presque trois quarts de la dette tunisienne et la moitié des créanciers sont des institutions financières internationales (FMI, la Banque mondiale, Banque africaine de développement) ou rattachées à des pays partenaires (AFD, KFW), viennent ensuite, les prêts sur les marchés financiers et les prêts directs entre Etats.

A peine 15% de la dette publique extérieure est détenue directement par des pays. La France et l’Arabie Saoudite sont les premiers créanciers de la Tunisie.

Selon ce rapport, la Tunisie se retrouve embourbée dans un « debt trap » ou piège de la dette qui se traduit par des dettes de plus en plus volumineuses et des échéances de remboursement de plus en plus rapprochées. 

Toutefois, l’austérité, à savoir la baisse des dépenses de l’État, souvent présentée comme la solution pour rétablir l’équilibre des comptes, ne servira qu’à compliquer davantage la donne, estime l’auteur du rapport.

Face à ce dérapage de la dette publique tunisienne, la première recommandation du rapport est de construire et de penser une stratégie nationale de l’action publique, pour éviter de naviguer à vue et de gaspiller temps, argent et énergie.

Vers un observatoire de la dette !

Le rapport recommande aussi, d’instaurer un observatoire non étatique de la dette qui permet aux citoyens de suivre et d’évaluer sur le terrain l’avancement des projets financés par les prêts contractés et de demander au ministère des finances, de publier régulièrement les données relatives à l’endettement.

L’auteur du rapport appelle également, à éviter les prêts à taux élevés, tout en prenant garde aux prêts aux conditionnalités contre-productives et contraignantes et de mesurer l’impact non financier du fardeau du service de la dette sur la nature et les générations futures.

A ce titre, il propose d’effectuer un plaidoyer auprès des créanciers bilatéraux, puis multilatéraux pour améliorer la qualité de l’endettement et son impact sur l’économie et veiller à ce que les prêts et les décaissements ne dépendent pas des affinités politiques entre individus ou gouvernements.

Demander des « années blanches » aux créanciers !

Il propose par ailleurs, de revoir le rôle des collectivités locales et régionales pour garantir plus de marges de manœuvre dans l’épanouissement et le développement des communautés locales, de mener une politique fiscale qui garantit une égalité et une équité entre les différentes classes sociales et d’intégrer le secteur informel et les activités non-comptabilisées telles que les services à la personne au PIB.  

Haddad appelle aussi, à saisir l’opportunité de la pandémie mondiale pour élargir l’Initiative de suspension du service de la dette de la Banque Mondiale à la Tunisie.

La Tunisie devrait, en outre, selon Haddad, négocier plus temps et moins d’argent, c’est à dire, demander des « années blanches » à ses créanciers, afin de penser, concevoir et mettre en place sa stratégie d’émancipation et de maturation de son économie.

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