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Le bon résultat de Mondher Lakhal, malgré le lourd poids de l’Office des céréales

Le bilan de la Banque Nationale Agricole (BNA), l’une des principales banques du pays, pour la période allant du 1er janvier au 30 juin 2021, fait apparaître un total bilan de 15,217.074 Milliards DT et un bénéfice net s’élevant à 94,782 MDT.

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Le même bilan semestriel affichait un PNB de 383,124 MDT, en hausse de 23,2 % par rapport au 1er semestre 2020, après un total PEB (Produit d’exploitation bancaire) de 718,413 MDT en hausse de 8,2 % et malgré une hausse de 5 % de ses charges d’exploitation.

La banque est  bénéficiaire de presque 121,5 MDT à l’exploitation, malgré une hausse de 49 % des dotations aux provisions et résultat des corrections de valeurs de créances hors bilan et passif (104,3 MDT), et une autre dotation aux provisions et résultat des corrections de valeurs sur portefeuille d’investissement (3,892 MDT en hausse de 73,5 %).

Le bénéfice n’en enregistrera pas moins une hausse de 41,9 % par rapport à la même période de 2020. Une hausse à mettre sûrement à l’actif de Mondher Lakhal, promu à la tête de la banque par intérim en octobre 2020 en remplacement de Habib Benhaj Kouider qui lui a plutôt laissé un bon legs, et qui a été ensuite confirmé en mars 2021 au poste de DG.

 A la même date de fin juin 2021, la BNA affichait aussi un ratio de liquidité de 160,19%, un taux de créances classées de 18,3 %, contre 17,17 % une année auparavant % à la fin de tout l’exercice 2020, avec un ratio de couverture des actifs classés de 62,31 %, en amélioration après les 59,99 % du 1er semestre 2020.

  • Le lourd poids des entreprises publiques, et principalement l’Office des céréales

Cette performance cache cependant ce qui peut s’apparenter à des cadavres dans le placard, même s’ils sont loin d’être le fait des dirigeants de la banque. Les engagements des entreprises publiques totalisent en effet 4.000.774 mDT au 30 juin 2021.

Ils sont constitués à hauteur de 71 % des engagements de l’Office des céréales, et sont refinancés auprès de la Banque centrale de Tunisie à hauteur de 1,692 Milliard DT. Les garanties de l’Etat reçues par la banque en couverture des risques de contrepartie sur les engagements des entreprises publiques totalisent 2.417.905 mDT au 30 juin 2021. L’OC (Office des céréales) ne s’en présente pas moins au-dessus du ratio de concentration de 25 %.

Et ce sont d’ailleurs les commissaires aux comptes qui font noter, dans les états financiers intermédiaires, que les engagements de l’OC envers la Banque totalisent 2,861.482 Milliards DT au 30 juin 2021, soit environ 19% du total des engagements de la clientèle, en bilan et hors bilan, et avec un dépassement considérable du seuil de 25% des fonds propres nets de la Banque imposé par la BCT depuis juin 2018.

Ces engagements, notons-le, sont refinancés directement auprès de la BCT pour un montant de 1,465.463 Milliard DT au 30 juin 2021. Ils ont connu une hausse de 315.815 KDT (+12%) par rapport à leur niveau au 30 juin 2020.

Les créances sur l’Office des céréales comprennent l’équivalent de plusieurs chèques tirés pour la somme de 865 MDT. Ce montant a été considéré par la Banque comme étant une garantie financière reçue. Par ailleurs, la Banque a procédé à la comptabilisation, en hors bilan, d’une garantie de l’État s’élevant à 1,996 Milliard DT, en couverture des engagements de l’Office des céréales, lors de l’arrêté des états financiers intermédiaires au 30 juin 2021 et du calcul des ratios prudentiels à cette même date, ce qui porte le total des garanties prises en compte en couverture du risque de contrepartie sur les engagements de l’Office des céréales à 2,861 Milliards DT.

  • Pourquoi le ministère des Finances tarde-t-il à signer ?

Il est à signaler que ces garanties de l’État, prises en compte par la Banque, devraient faire l’objet de décisions du ministre des Finances au titre de l’année 2021 qui n’est pas concernée par les dispositions de l’article 13 du contrat programme signé entre l’État et la Banque pour la période 2016-2020, aux termes duquel l’État s’engage pour le renouvellement et le maintien, pendant la période du contrat programme, des garanties accordées à la Banque au titre des engagements des entreprises publiques. Aucun nouveau contrat programme n’a été signé entre l’État et la Banque pour la période 2021-2025, jusqu’à la date de l’émission du présent rapport.

Et pourtant, le management de la banque publique qui ne peut en aucun cas et sous couvert de n’importe laquelle des logiques, arrêter ou simplement suspendre le financement de l’importation des céréales pour le pays, affirme avec une forte assurance, que « l’office des céréales, qui est actionnaire à 7% dans le capital de la banque, représente 2,8 Milliards sur un total en engagements de 15 Milliards DT. Avec lui, je n’ai pas d’impayé, mais simplement une compensation décalée ». Tenant compte, à juste titre faut-il le rappeler, de l’importance et du poids de la garantie de l’Etat, la créance de l’OC est simplement considérée comme une créance courante, qui a parfois tardé, mais a été toujours honorée par l’Etat, par ailleurs principal actionnaire de la banque. Sinon, « on a déjà entamé les négociations avec le ministère des Finances pour le renouvellement de la garantie de l’Etat, et cela se passe jusqu’ici sans incident. Cela va être signé et nous avons l’accord du ministère pour que cela continue ainsi. Et dire que tel ou tel autre engagement garanti par l’Etat est en danger, c’est mettre en doute la capacité de l’Etat à honorer ses engagements, ce que je ne ferai jamais, quitte à quitter mon poste », dit le DG de la BNA, toujours aussi serein et confiant.

  • Une banque, presque seule à être exposée

Notons, cependant, que les engagements des autres entreprises publiques envers la Banque totalisaient au 30 juin 2021, plus de 1,139 Milliard DT. Notons également  qu’ils ont aussi enregistré une hausse de 15 % (147,954 MDT). Les garanties retenues par la Banque en couverture du risque de contrepartie sur ces engagements totalisaient au même moment plus de 423 MDT, dont des garanties de l’État pour un montant cumulé de 421.423 KDT. Le reliquat de 247,399 MDT devrait également faire l’objet de décisions du ministre des Finances au titre de l’année 2021.

Signalons enfin, comme l’ont fait les commissaires aux comptes de la banque, que « certaines entreprises publiques présentaient au 30 juin 2021 des engagements qualifiés d’irréguliers, devant être impérativement couverts par des garanties de l’État afin de ne pas impacter, de manière significative, la performance financière et les capitaux propres de la Banque ».

Tout cela, de l’avis de plus d’un expert, pose avec acuité le problème de l’exposition inégale et mal répartie, des engagements des entreprises publiques, entre les trois banques publiques. La plus grande partie est financièrement mal en point, et couverte par un Etat, financièrement tout aussi mal en point, ce qui nécessiterait une nouvelle répartition des engagements, et rééquilibrage des risques pris sur les bilans de certaines, comme la BNA, au profit d’autres, moins exposées au risque souverain.

  • La décision de l’APTBEF a coûté 12 MDT à la BNA

Les frais de personnel se sont élevés à 113,746 MDT au 30 juin 2021 contre 102,457 MDT à la même période de l’exercice 2020, soit une augmentation de 11,289 MDT. En effet, suite à l’accord signé le 26 juillet 2021 entre l’Association professionnelle tunisienne des banques et des établissements financiers (APTBEF), la Fédération générale des banques et des établissements financiers et l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), il a été décidé, d’abord, une première augmentation de 5,3% relative à l’exercice 2020 applicable du 1er septembre 2020 au 30 avril 2021. Ensuite une deuxième augmentation de 6,7% relative à l’exercice 2021 applicable du 1er mai 2021 au 30 avril 2022.

Le montant relatif à cette augmentation jusqu’au 30/06/2021 s’élève à 6.684 mDT. Par ailleurs, l’indemnité servie aux employés des banques et des établissements financiers à l’occasion de leur départ en retraite (IDR) a été portée de six à douze mois de salaire, et ce, à compter du 31 mai 2021.

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