Le câble sous-marin ViaTunisia reliant Marseille à Bizerte a officiellement été mis en service. Il l’a été par Orange, opérateur multinational français de télécommunications, marquant ainsi l’achèvement du projet et le début de l’exploitation commerciale de cette nouvelle liaison de télécommunications entre l’Europe du Sud et l’Afrique du Nord. Ce câble a été développé comme un système ouvert point à point, avec une durée de vie opérationnelle prévue de 25 ans.
Techniquement, le câble est directement connecté à l’infrastructure réseau d’Orange à Marseille via une boucle de fibre optique métropolitaine redondante reliant les centres de données de la ville. Cette connexion assure la distribution de capacité internationale vers les réseaux européens et crée une liaison supplémentaire entre l’Afrique du Nord et l’Europe. La construction a nécessité des levés hydrographiques, des tests d’équipement, le chargement du câble, son installation sous-marine, les raccordements à terre et l’intégration finale au réseau. Les travaux d’installation sous-marine ont été réalisés par les navires câbliers Sophie Germain d’Orange Marine et Teliri d’Elettra TLC. Elettra TLC a coordonné les opérations maritimes, tandis qu’Alcatel Submarine Networks (ASN) a fourni la conception du système et les équipements de transmission.
Une liaison directe, sécurisée et résiliente
Cité par w.media, le PDG d’Orange Wholesale, Michaël Trabbia a assuré que «ViaTunisia, nouveau segment du système Medusa, offre une liaison directe, sécurisée et résiliente entre l’Europe et l’Afrique du Nord, avec un accès facilité au hub numérique de Marseille et à ses capacités d’interconnexion avec l’Europe. »
Cofinancée par l’Union européenne, ViaTunisia répond au défi concret que représente le soutien à l’augmentation de l’utilisation, la sécurisation des flux de données et l’accroissement des options de routage dans une zone stratégique.
Ce projet a bénéficié d’un financement de l’Union européenne dans le cadre du programme « Mécanisme pour l’interconnexion en Europe » (MIE numérique). Aux termes d’une convention de subvention signée en décembre 2022, l’UE a pris en charge 30 % des coûts de construction et de gestion du projet.
Les parties prenantes du projet ont indiqué que le nouveau câble accroît les options de connectivité disponibles dans la région et offre une voie alternative pour le trafic en cas de perturbations affectant les infrastructures sous-marines existantes. Ce tracé vise à répondre à la demande croissante en capacité de transmission de données internationales, alimentée par les services numériques, le cloud computing et les applications d’intelligence artificielle.
Un « véritable progrès » pour l’Afrique
L’arrivée d’un câble sous-marin sur les côtes africaines n’améliore pas automatiquement l’accès à Internet pour les entreprises et les particuliers. Les pays ont toujours besoin de fibre optique terrestre, de centres de données locaux et d’infrastructures de dernier kilomètre abordables pour acheminer cette capacité à l’intérieur des terres. Comme l’affirme un expert du secteur : « Nous disposons de centaines de térabits sous-marins, mais nous peinons à en acheminer un seul au Nigéria.»
L’Afrique bénéficie d’une bande passante internationale accrue, et ce, plus rapidement que jamais auparavant dans son histoire numérique. La mise en service de ViaTunisia représente un véritable progrès, notamment pour l’Afrique du Nord, une région historiquement sous-desservie par les capacités sous-marines par rapport aux côtes est et ouest du continent. Reste à savoir si cette capacité atteindra les populations et les entreprises qui en ont le plus besoin.








