Le chômage ne baisse pas, sa courbe marque le pas

Le chômage ne baisse pas, sa courbe marque le pas

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La courbe du chômage peine à être inversée, toujours murée autour de 15,5% depuis plus de deux ans avec de rares variations d’une ou de deux décimales de très peu d’effet. Une stagnation qui accentue la galère des Tunisiens désespérément en quête d’emploi, et plus dramatiquement encore, des diplômés de l’enseignement supérieur.

Les dernières statistiques de l’Institut national de la statistique, celles su 4ème trimestre 2018, sont tombés comme un couperet, donnant toute la mesure de l’étendus de ce phénomène ressenti comme un fléau national auquel les politiques menées à ce jour ont failli à remédier.

D’après les chiffres de l’INS, la population active s’établit à 4152.5 mille au quatrième trimestre de 2018 contre 4145.5 mille au troisième trimestre de 2018, soit une augmentation d’environ 7 mille. Cette population se répartit en 2952.9 mille hommes et 1199,6 mille femmes, ce qui représente respectivement 71.1% et 28.9% de la population active. Au 4ème trimestre de ladite année, le nombre des occupés était de 3507.6 mille contre 3502.7 mille un trimestre plus tôt, soit une augmentation de 4.9 mille. Cette population se répartit en 2582.5 mille hommes et 925.1 mille femmes. Ce qui représente respectivement 73.6% et 26.4% de la population occupée.

Les services, le secteur le plus employeur

C’est le secteur des services qui occupe le plus de Tunisiens à hauteur de 52.0%, alors que ce taux est de 18.7% dans le secteur des industries manufacturières, de 15.3% dans celui des industries non manufacturières et de 14.0% dans l’agriculture et de la pêche.

Le nombre de chômeurs estimé pour le troisième trimestre 2018 s’établit à 644.9 mille du total de la population active, contre 642.8 mille chômeurs pour le troisième trimestre 2018. Le taux de chômage enregistré pour le quatrième trimestre est de 15.5% en stagnation par rapport au troisième trimestre de 2018. Le taux de chômage pour le troisième trimestre 2018 est estimé à 12.5% chez les hommes et 22.9% chez les femmes. Chez les jeunes, il s’est stabilisé à 33.4%, soit le même taux qu’au troisième trimestre de 2018. Ce taux est estimé à 33.6% chez les hommes et 33.1% chez les femmes.

Mais c’est le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur qui est le plus préoccupant, même s’il a signé un petit repli. En effet, le nombre des diplômés chômeurs de l’enseignement supérieur est estimé à 261.1 mille au quatrième trimestre 2018 contre 269.6 mille au troisième trimestre 2018, soit une diminution de 8.5 mille. Le taux de chômage pour cette catégorie a baissé de 29.7% à 28.8%.

Une croissance toujours peu conséquente

De toute évidence, la courbe du chômage n’a pas vocation à être inversée en l’absence d’un taux de croissance conséquent. C’ n’est pas encore le cas, car selon l’INS, l’économie nationale a réalisé un taux de croissance de 2,5%, pour toute l’année 2018, alors que ce taux a été de l’ordre de 2,2%, au cours du dernier trimestre de la même année.

Les résultats préliminaires relatifs au dernier trimestre de l’année 2018, révèlent une hausse du Produit Intérieur Brut (PIB) de 2,2% en glissement annuel en comparaison avec le dernier trimestre 2017. Le PIB en Tunisie a enregistré une croissance de 0,2% par rapport au troisième trimestre de l’année 2018, ce qui entrainé une croissance positive de l’économie nationale de l’ordre de 2,5% sur toute l’année 2018, contre 1,9% au cours de l’année 2017.

C’est insuffisant pour tempérer un tant soit peu l’ampleur du chômage, même avec un taux de 3% comme prévu pour l’année 2019 par les institutions internationales, telles que la Banque mondiale, le Fonds monétaire internationale et l’OCDE.

Et ce ne sont pas les performances économiques modestes en matière de croissance qui sont mises à l’index. Il s’y ajoute le défaut de transformation structurelle vers les activités à forte valeur ajoutée, en raison d’un environnement des affaires peu propice à l’investissement privé et à l’entrepreneuriat, qui n’ont pas permis de promouvoir l’investissement privé et la création d’emplois.

ML/INS

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