Il se confirme au fil des années que le chômage en Tunisie suit une courbe plus endémique que conjoncturelle en dépit de quelques décrues comme celle qui a marqué le quatrième trimestre de 2025, où son taux a très légèrement décroché pour se situer à 15,2%, contre 15,4% au troisième trimestre de la même année.
Selon les indicateurs de l’emploi et du chômage publiés dimanche sur la page officielle de l’Institut national de la statistique (INS), le nombre de chômeurs s’est établi à 645.2 mille, en baisse de 8.5 mille par rapport au troisième trimestre 2025 (653,7).
Le taux de chômage augmente à 12,6% pour les hommes (contre 12,1% en troisième trimestre 2025), et diminue à 20.8% après 22.4% au troisième trimestre 2025 chez les femmes. Chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, ce taux a reculé au cours du quatrième trimestre 2025, atteignant 38.4 % contre 40.1 % au troisième trimestre 2025. Il se décompose en 37 % pour les hommes et 41.3 % pour les femmes.
Les diplômés du Supérieur sont les plus touchés
Pour les diplômés de l’enseignement supérieur, le taux de chômage augmente pour atteindre 22.5% au quatrième trimestre de l’année 2025 (contre 24.9 % au troisième trimestre 2025). Ce taux est de 11.7 % chez les hommes et de 30.5 % chez les femmes.
D’après l’INS, au quatrième trimestre de 2025 la population active s’inscrit en baisse, s’établissant à 4255 mille individus contre 4259,3 mille au troisième trimestre de l’année 2025, soit une baisse de 4,3 mille individus.
Cette population se répartit en 2931.5 mille hommes et 1323.5 femmes, soit respectivement 68,9 % et 31,1 % de l’ensemble de la population active. Cependant, la baisse de la population active au cours du quatrième trimestre de l’année 2025 a entraîné un recul du taux d’activité de 0,2 point, pour s’établir à 45.9 % de la population en âge de travailler (âgée de 15 ans et plus), contre 46,1 % au troisième trimestre 2025.
Le nombre d’occupés a augmenté de 4,2 milliers, pour s’établir à 3609.8 milliers au quatrième trimestre de l’année 2025, contre 3605.6 milliers au troisième trimestre de la même année. Cette population est répartie de manière inégale entre les deux sexes : 2561.8 milliers d’hommes contre 1048.1 milliers de femmes, soit respectivement 71 % et 29 % de la population active occupée.
53,3 % des occupés travaillent dans le secteur des services, 18.9% dans les industries manufacturières, 12.9 % dans les industries non manufacturière et 14,8% dans l’agriculture et de la pêche.
Parmi les mal classés du monde arabe
La Tunisie se classe au 8e rang des pays du monde arabe présentant les taux de chômage les plus élevés, avec un taux de 15,4 % au troisième trimestre 2025.
Cela situe le pays dans la moyenne régionale, entre les pays les plus touchés et ceux où le chômage reste relativement faible.
Parmi les pays du monde arabe présentant les taux de chômage les plus élevés, la Palestine arrive en tête avec 28,6 %, un chiffre qui s’explique en partie par la guerre, les tensions économiques et les contraintes structurelles du marché du travail.
Il est suivi par Djibouti (25,9%), la Jordanie (21,4%), le Soudan (20,8%), tandis que la Libye complète le top 5 avec 18,6%.
Ces pays sont confrontés à une combinaison de défis socio-économiques qui ont un impact considérable sur l’emploi, tels que des crises politiques, des économies peu diversifiées et un accès limité aux opportunités pour les jeunes.
Viennent ensuite le Yémen, en 6e position avec 17,1 %, et l’Irak, en 7e position avec 15,5 %. Après la Tunisie, le Maroc se classe 9e avec 13,1 %, tandis que la Syrie ferme la marche du top 10 avec un taux de chômage de 13 %.
En revanche, les pays les moins touchés par le chômage se situent principalement dans les pays du Golfe. En bas du classement, le Qatar affiche un taux extrêmement bas de seulement 0,1 %, grâce notamment à une économie fortement dépendante du secteur énergétique et à une part importante de main-d’œuvre expatriée, ce qui structure son marché du travail différemment des pays connaissant un taux de chômage national élevé.








