La montée des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et dans les pays du Golfe ravive les inquiétudes autour de la fluidité du commerce international et de la solidité des chaînes d’approvisionnement. Pour les entreprises tunisiennes actives dans le commerce international, la conjoncture pourrait se traduire par une série de défis supplémentaires : hausse des prix de l’énergie, renchérissement des coûts du transport aérien et maritime, mais aussi perturbations des transactions financières.
Interrogé par African Manager, Ziad Jouadi, vice-président de la Chambre nationale des sociétés de commerce international relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), estime toutefois que la situation reste, pour l’instant, relativement maîtrisée. « La situation actuelle de ce type d’entreprises demeure stable, dans la mesure où près de 80 % de leurs exportations sont orientées vers l’Afrique subsaharienne », explique-t-il.
Cette orientation vers les marchés africains limite en partie l’exposition directe aux tensions qui secouent la région du Golfe. Mais l’impact du conflit reste perceptible pour les entreprises tunisiennes qui y exportent.
– Exportations perturbées et transferts financiers bloqués
Selon Jouadi, les perturbations ont commencé à se faire sentir dès la fin du mois de février, avec l’escalade des tensions dans la région. « Depuis la fin du mois de février et le début des tensions dans la zone, les exportations de produits tunisiens vers les marchés du Golfe ont été perturbées et les transferts financiers se sont trouvés bloqués », affirme-t-il.
Les difficultés ne sont pas uniquement financières. Les liaisons logistiques ont également été affectées. « Les opérations de transport aérien ont été interrompues avec plusieurs pays de la région », précise le responsable, soulignant que cette situation a particulièrement touché les produits alimentaires destinés à être exportés par voie aérienne.
Les flux maritimes n’ont pas été épargnés non plus. « Les marchandises expédiées par conteneurs ont également été retardées à la suite de la fermeture du détroit d’Ormuz », ajoute Jouadi.
Ces perturbations logistiques risquent d’affaiblir la compétitivité des exportateurs tunisiens sur ces marchés. « Le blocage du transport et du fret aérien rendra les produits tunisiens moins compétitifs et plus difficiles à acheminer vers ces marchés », avertit-il.
– Transactions financières suspendues
Au-delà des difficultés logistiques, les entreprises sont confrontées à un autre obstacle majeur : la suspension des transferts financiers.
Selon Jouadi, « les transactions financières avec les pays du Golfe sont interrompues depuis le déclenchement de la guerre iranienne ». Plusieurs États de la région ont suspendu les transferts de fonds vers la Tunisie, dans le cadre de mesures destinées à protéger leurs marchés financiers et à prévenir d’éventuelles tensions sur la liquidité.
Une situation qui complique davantage les opérations commerciales et accroît l’incertitude pour les entreprises exportatrices.
– L’énergie, un facteur d’inquiétude supplémentaire
La flambée des prix de l’énergie constitue une autre source d’inquiétude pour l’économie tunisienne. Le responsable rappelle que le secteur énergétique pèse lourdement sur l’équilibre extérieur du pays. « Les importations énergétiques contribuent à plus de 50 % du déficit de la balance commerciale », souligne-t-il.
Or la loi de finances pour 2026 a été bâtie sur l’hypothèse d’un prix moyen du pétrole de 69,9 dollars le baril. Toute variation pourrait avoir un impact significatif sur les finances publiques.
« Chaque augmentation d’un dollar du prix mondial du pétrole coûte environ 164 millions de dinars au budget de l’État », rappelle Jouadi.
– Diversification des marchés et accélération des énergies renouvelables
Face à cette conjoncture incertaine, le vice-président de la Chambre nationale des sociétés de commerce international estime que la Tunisie doit accélérer certains choix stratégiques.
« La situation actuelle exige plus que jamais de s’orienter vers l’investissement dans les énergies renouvelables afin de réduire les importations d’énergie », affirme-t-il.
Dans le même temps, il plaide pour une diversification des débouchés commerciaux. « Il est également nécessaire de diversifier les marchés, notamment vers les marchés africains, le COMESA et les États-Unis », indique-t-il.
Pour Jouadi, la conjoncture actuelle peut aussi être perçue comme une opportunité. « Cette situation constitue une occasion de redéfinir nos priorités, de mieux promouvoir la Tunisie et d’accélérer l’attraction des investissements, notamment dans les énergies renouvelables », estime-t-il.
L’objectif, selon lui, est clair : renforcer l’indépendance énergétique du pays et réduire sa vulnérabilité face aux crises géopolitiques.
– Un appel au secteur privé
Enfin, Jouadi appelle les entreprises tunisiennes à adapter leurs stratégies commerciales. « Le secteur privé doit rechercher de nouveaux marchés et diversifier les destinations d’exportation et d’importation », insiste-t-il.
Une démarche qu’il juge essentielle pour limiter l’exposition de l’économie tunisienne aux perturbations qui peuvent affecter les grandes routes maritimes stratégiques.
Dans un contexte international marqué par l’incertitude, la capacité des entreprises à s’adapter et à élargir leurs horizons commerciaux pourrait s’avérer déterminante pour préserver la dynamique du commerce extérieur tunisien.









Situation inquiétante, depuis des décennies, le gouvernement n’a cessé d’appeler les entreprises à diversifier leurs marchés à la suite de la crise de l’expotation d’huile d’iloive période de l’ancien premier ministre Hedi Nouira.
Le gouvernement actuel doit aider et accompagner les entreprises tunisiennes ayant un potentiel d’exportation d’une part, d’autre part, il doit interdire les manifestants qui importaient la crise de la guerre du moyen orient en Tunisie, un poigner d’individus sous développés qui crient et manifestent, la Tunisie n’a rien avoir avec cette guerre, occupons nous de notre économie et de nos finances.