AccueilLa UNELe cri d’alarme de Nisaf Ben Alaya, que les autorités ignorent !

Le cri d’alarme de Nisaf Ben Alaya, que les autorités ignorent !

Inconscience généralisée, absence d’un Etat fort pour faire respecter le confinement, et des villes de l’intérieur et des quartiers entiers de Tunis qui se comportent comme si le Coronavirus n’a jamais existé. C’est, depuis dimanche et en ce lundi 23 mars 2020, l’état des lieux dans un pays où chef d’Etat et chef de gouvernement se battent pour faire amende honorable au sujet des moyens qui leur manquent pour endiguer la pandémie.

Une Tunisie qui restait, ce lundi 23 mars 2020, à la proche             périphérie de la première centaine de contaminés (89 cas confirmés sur un ensemble de 126 tests, dont 14 nouveaux cas et 60 importés), insensible aux appels, au bord des larmes de Mme Ben Alaya, chargée de la conférence de presse quotidienne sur l’état épidémique de la Tunisie, ce lundi, qui suppliait ses concitoyens de rester chez eux et de respecter le confinement.

« Ce que nous constatons, c’est l’existence de beaucoup d’insuffisances dans l’application des mesures de confinement général prises par l’Etat, surtout dans les régions on a enregistré une explosion de la contamination horizontale », admet Nisaf Ben Alaya qui fait remarquer que lorsque le confinement est imposé dans une région, les habitants la quittent et s’en vont répandre la maladie dans d’autres. Et Ben Alaya de préciser, que « les 89 cas ne sont que la face immergée de l’Iceberg. Il est sûr qu’il y a une plus grande propagation du virus. Et s’il n’y a pas une plus grande astreinte aux mesures de confinement, les résultats pourraient être catastrophiques ». Ce qui semble certain, c’est que 89 sur un petit nombre de tests de 126, cela présage de rien de bon quant au chiffre réel des contaminés, et partant de la réelle dimension du danger qui guette la Tunisie.

Or, face à ce cri d’alerte d’une pandémie locale, on remarque un état de relâchement général et généralisé des forces de l’ordre, devant le non-respect des instructions, présidentielles et du gouvernement, pour le respect des ordres de confinement. A Bou Salsla, dans la banlieue nord de Tunis, des gens circulent comme s’il n’y avait pas de pandémie, se saluent et s’embrassent. A la Marsa, on fait la queue devant une marque connue de pâtisserie pour un café servi dans un gobelet. A Kalaa Kébira de Sousse, les cafés sont ouverts au vu et au su des autorités et bien sûr bondés, tout comme les marchés dans des espaces fermés. Des informations nous parviennent, décrivant la même situation à Sousse et dans les zones touristiques. Les mêmes informations nous parviennent du côté des Jardins d’El Menzah. On pourrait penser au pire dans des régions de la banlieue proche de Tunis, où même les agents de la police ne se risqueraient plus depuis belle lurette.

Beaucoup de services de l’administration ne savaient toujours pas qui va travailler et celui qui ne le devra pas. Les consignes, dont le ministre Mohamed Abbou parlait, ne seraient pas encore parvenues pour endiguer la pandémie dans des administrations généralement bondées. Idem pour des secteurs privés, où les agents attendaient toujours pour savoir s’ils allaient figurer sur les listes d’exemption du confinement que le ministère de l’Intérieur exige pour savoir contrôler. Plus de deux jours après l’annonce du confinement, total et général, on attendait toujours le détail des méthodes et structures de contrôle du confinement, pour savoir qui contrôlera qui et comment. Le chef de l’Etat avait signé un ordre fixant les conditions du confinement. Quelques séquences vidéos circulent montrant des actions policières d’exhortation au confinement, mais sans la vigueur et la répression légale exigée.

Qu’attend-on pour sévir, et faire comme le Maroc où le roi a décrété l’état d’urgence sanitaire ? Que les prédictions d’Insaf Ben Alaya se réalisent ? On vient d’apprendre, ce lundi 23 mars 2020, que le chef de l’Etat a enfin donné ses ordres de faire descendre les forces de l’ordre dans les rues. Pourquoi ne déciderait-il pas un couvre-feu complet, sauf sorties nécessaires et autorisées par les postes de police de chaque quartier, des autorisations, qui pourraient être données en ligne, ce qui faciliterait le contrôle ?

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