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Le FMI recadre les observateurs : « Ce n’est pas catastrophique, c’est gérable »

Représentant du FMI en Tunisie, pas prolixe du tout, sauf instructions de son employeur, le Français Jérôme Vacher présentait devant l’objectif de l’AFP, un visage marqué par le temps. Celui d’une Tunisie restée résiliente au changement depuis le départ en 2018 de Robert Blotevogel.

Vacher, arrivé en Tunisie fringant, au visage rasé et la coupe de cheveux bien faite, a désormais une barbe, blanchie par de vains efforts de lutte contre l’attentisme de l’économie tunisienne à toute réforme. Et trois ans après son arrivée, il se livre à dire qu’ « il y a d’abord besoin de comprendre les intentions des autorités tunisiennes sur la question des réformes ». Bienvenue M. Vacher. Cela fait aussi plus de deux ans qu’on s’y essaie de notre côté.

« C’est une économie qui a besoin de réformes structurelles très profondes, en particulier pour améliorer l’environnement des affaires », a  affirmé le représentant de ‘institution de Bretton Woods en Tunisie au terme d’une mission de trois ans dans le pays, citant notamment la réduction de la masse salariale du secteur public.

Il a  ajouté  que la pandémie de coronavirus a  contribué à donner lieu  à la « pire récession depuis l’indépendance » du pays en 1956, rappelant que la Tunisie « traînait déjà des problèmes préexistants, en particulier des déficits budgétaires et une dette publique, qui se sont aggravés »

La dette de la Tunisie a grimpé en flèche pour atteindre près de 100 % du produit intérieur brut. Son PIB a chuté de près de 9 % en 2020, le pire taux d’Afrique du Nord, à peine compensé par un rebond de 3 % l’année dernière.

C’est « très faible et loin d’être suffisant » pour créer des emplois et contrecarrer un taux de chômage de 18 %, a affirmé  Vacher.

Selon lui, les jeunes diplômés ont particulièrement du mal à trouver du travail, bien que le pays soit en mesure d’offrir « une main-d’œuvre qualifiée et une situation géographique favorable ».

Depuis que l’ex- président Zine El Abidine Ben Ali a été renversé par des manifestations de masse en 2011, la transition démocratique troublée de la Tunisie n’a pas réussi à relancer l’économie.

Le président Kais Saied a limogé le gouvernement et suspendu le parlement le 25 juillet dernier, et le gouvernement a depuis demandé au FMI un plan de sauvetage — le quatrième depuis la révolution.

Les autorités tunisiennes se disent optimistes quant à la conclusion d’un accord d’ici la fin du trimestre, indique l’AFP. Néanmoins,  Vacher a  souligné que les discussions n’en étaient qu’à leurs débuts et que le FMI voulait d’abord « comprendre ce qu’ils prévoient en termes de réformes économiques ».

« C’est une économie qui a besoin de réformes structurelles très profondes, en particulier pour améliorer l’environnement des affaires », a déclaré l’économiste français.

 Une masse salariale publique importante

Mais Vacher a ajouté que le gouvernement « comprend les principaux défis et problèmes, ce qui est déjà une bonne base », exhortant la Tunisie à présenter un plan de réforme « solide et crédible ».

Pour ce faire, elle doit s’attaquer à ses énormes dépenses en matière de salaires du secteur public.

« La masse salariale du secteur public est l’une des plus élevées au monde », a-t-il rappelé.

Dans un pays de 12 millions d’habitants, plus de la moitié des dépenses publiques servent à payer les salaires d’environ 650 000 fonctionnaires, un chiffre qui n’inclut pas les salaires des autorités locales, ni n’englobe  les lourdes entreprises publiques tunisiennes, qui détiennent souvent des positions monopolistiques dans des secteurs allant des télécommunications au transport aérien et emploient au moins 150 000 personnes aux frais de l’État.

Tout cela draine des ressources que l’État pourrait investir dans l’éducation, la santé et les infrastructures, selon  Vacher. « Il faut un grand effort d’efficacité dans le secteur public (pour répondre) aux attentes des citoyens  en termes de services », a-t-il déclaré.

Le FMI appelle depuis longtemps à une restructuration du système tunisien de subventions sur les produits de base tels que l’essence et les denrées alimentaires essentielles, qui consiste essentiellement à distribuer davantage de fonds publics aux plus gros consommateurs,  un système que Vacher a qualifié d’inéquitable.

Le bailleur de fonds international  recommande de supprimer les subventions et de créer en lieu et  place un système de paiements en espèces ciblés pour les groupes nécessiteux.

Les recommandations du FMI sont importantes car non seulement il pourrait prêter des milliards de dollars supplémentaires à la Tunisie, mais d’autres organismes, dont l’Union européenne, ont déclaré qu’ils conditionneraient leur aide future au feu vert du prêteur mondial.

Pour  Vacher, la plus grande responsabilité est entre les mains des décideurs tunisiens. « C’est à eux d’agir pour trouver des solutions, proposer des réformes, une vision et une ambition », a-t-il déclaré.

Alors que de nombreux observateurs ont prédit l’apocalypse pour les finances publiques de la Tunisie, Vacher a déclaré que la situation n’était « pas optimale, mais gérable ».

Mais « il y a un besoin urgent de rendre les finances publiques plus durables ».

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1 COMMENTAIRE

  1. tout ce qu’il dit est vrai et très connu des experts locaux et étrangers sauf les nouveaux politiciens en particulier les islamistes et leurs différents alliés qui ont rendu en dix ans de mauvaise gestion un pays très endetté en panne de croissance et les tunisiens pauvres ils n’ont de programmes que de reprendre le pouvoir politique ou d’y accéder , les manifestations du 14 janvier pendant que la pandémie sévit dans le pays par le variant Omicron est un exemple parmi d’autres

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