AccueilLa UNELe FMI, unique voie passante mais douloureuse pour la Tunisie !

Le FMI, unique voie passante mais douloureuse pour la Tunisie !

Pour tumultueuses voire toxiques  qu’il leur arrive d’être, les relations avec le Fonds monétaire international n’en sont pas moins incontournables pour maints pays, qui, à l’égal de la Tunisie, sous l’effet de divers affres économiques,  font, à leur corps défendant, recours à la « munificence » de l’institution de Bretton Woods.

Depuis des longs mois, le gouvernement tunisien fait le pied de grue à la périphérie du FMI, dans l’espoir d’arracher son feu vert pour un crédit qui atténuerait ses tourments budgétaires et lui ouvrirait grande la voie du marché financier international. Une quête  à nulle autre pareille et  à ce point unique  que l »économiste, universitaire et ancien ministre, Elyes Jouini  pense, sans contredit, que la Tunisie n’a aucune alternative aujourd’hui, que de recourir au soutien du Fonds Monétaire International et de parvenir à conclure un accord avec lui.

Intervenant à un webinaire sur le thème «Tunisie- FMI : Entre leçons du passé et perspectives d’avenir», il a estimé qu’il est indispensable actuellement, de prendre des décisions et des mesures douloureuses.
«Il est impératif d’agir rapidement et d’avoir la volonté et l’audace de prendre les mesures adéquates sans craindre de perdre le soutien populaire », a-t-il affirmé.
Et de préciser que toutes les parties prenantes, notamment la présidence de la République, la présidence du Gouvernement et les partenaires sociaux, doivent collaborer ensemble, durant la prochaine étape, dans le cadre d’un consensus.

Il s’agit d' »élaborer un programme de réformes basé sur l’identification des priorités du pays, et non pas sur un agenda de réformes irréalisables ».
«La Tunisie doit rembourser des sommes considérables en devises, durant les années à venir, au titre du l’acquittement de ses dettes étrangères, il est donc nécessaire de bénéficier d’un soutien financier, d’autant plus que la situation ne cesse de se compliquer de jour en jour».
« En fait, la conclusion d’un accord avec le FMI, nous permettra non seulement d’obtenir les financements nécessaires, mais aussi d’atténuer les pressions sur marché financier en général », a-t-il dit.
Il a appelé, en outre, à contrôler au mieux les dépenses de l’Etat et à œuvrer à impulser l’investissement, pour assurer la relance économique.

Où est passée la diplomatie économique ?

De son côté, l’économiste, Fethi Nouri a rappelé la position du FMI quant au dossier de la compensation en Tunisie, estimant que le Fonds n’est pas favorable à la compensation des hydrocarbures pour des considérations environnementales.
Il a souligné que le renforcement de l’efficacité énergétique est de nature à  conforter la position de la Tunisie dans ses négociations avec le FMI, appelant la partie tunisienne à revoir sa  politique de négociations.
Et d’expliquer « à cet égard la diplomatie économique et très importante. La solution est à la fois politique et économique et le président de la République et la Cheffe du gouvernement sont appelés à redoubler d’efforts  pour sauver  le pays  ».
En plus de l’engagement politique, l’économiste a appelé à adopter une bonne politique de communication et à expliquer au peuple l’importance et l’étendue des réformes qui doivent être mises en place.

L’impératif d’ajustement budgétaire

Pour sa part, l’économiste et ex-ministre, Taoufik Rajhi a souligné l’importance d’un ajustement budgétaire, d’une réforme de la politique monétaire, d’une réduction de la masse salariale et de la réforme des entreprises publiques.
«Mais au-delà des considérations budgétaires, des efforts doivent être déployés pour améliorer le climat des affaires et favoriser l’investissement pour  faire sortir le pays de sa crise structurelle qui a été aggravée par le retard accusé en matière de réalisation des réformes et la pandémie du coronavirus». a-t-il ajouté.

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1 COMMENTAIRE

  1. Un proverbe Tunisien dit l’équivalent de : Nu est celui qui porte des vêtements qui ne lui appartiennent pas.
    Il y a aussi : Bouzid Habillé = Bouzid nu. (Tellement Bouzid est démuni et pauvre). Nous sommes donc au club de nudisme financier et économique à cause de la mauvaise perception collective du travail productif des richesses en biens et services et ce à cause de l’ignorance, de l’incompétence ou à l’impuissance d’agir des officiellement chargés de ce dossier.
    Il y a aussi : un nu qui porte une bague. (L’ambition qui dépasse démesurément les moyens disponibles).
    Nous ne sommes pas très éloignés des proverbes populaires Tunisiens.

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