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Le gouvernement encore au pas de sénateur !

Tenacement chevillé à sa douce béatitude, le chef du gouvernement désigné, Habib Jemli, veut toujours croire qu’il n’est qu’à quelques enjambées de l’issue de l’office pour lequel il a été missionné. Il s’est même fixé un délai d’une dizaine de jours au terme duquel la composition de la nouvelle équipe ministérielle sera fin prête, pour que le pays puisse passer à autre chose.

Ne trouverait-on pas que Jemli va un peu vite en besogne alors qu’il venait tout juste de solliciter du président de la République un moratoire pour aller au bout de sa tâche qui s’est avérée hérissée des difficultés, comme il l’a avoué lui-même. On ignore ce qui a pu se produire dans l’entretemps, mais le fait que l’on est reparti pour un nouveau round de consultations que toute le monde espère aussi bref que possible.

Le politologue Abdellatif Hannachi, dans une déclaration à TAP, trouve « naturel et prévisible » le blocage dans la formation du prochain gouvernement à l’issue du marathon des concertations entrepris depuis un mois et l’échec du chef du gouvernement désigné Habib Jemli, en raison , explique, de « la forme mosaïque du gouvernement ». Convenons, au demeurant, que la Constitution permet au chef du gouvernement désigné une prolongation d’un mois pour la formation de son cabinet.

Il a, toutefois, fait observé qu’il a été difficile pour Habib Jemli de parvenir à un accord sur la formation du gouvernement, en l’absence d’une majorité confortable au parlement et face aux fortes divergences qui divisent les partis majoritaires (Ennahdha et Qalb Tounes avec respectivement 54 et 38 députés).

Le politologue estime que la loi électorale et le système politique sont à l’origine du blocage. Et d’ajouter qu’il aurait été plus judicieux de mettre sur la table des concertations les grandes questions économiques et sociales, tout en évitant les conflits idéologiques.

Une étape cruciale

L’élite politique doit prendre conscience du caractère crucial et délicat de l’étape présente tant à l’échelle internationale que régionale, a préconisé Abdellatif Hannachi qui a notamment soulevé les répercussions de la crise économique mondiale ainsi que les évènements en Libye et en Algérie.

Le 15 novembre dernier, Jemli a été choisi par Ennahdha, le parti qui a obtenu le plus de sièges au parlement, pour former le gouvernement.

Reçu jeudi au palais de Carthage, il a demandé au président de la République Kais Saied de lui accorder un délai supplémentaire, soulignant son souhait que le gouvernement soit formé au plus tôt pour le présenter au Parlement.

Selon la constitution, le président de la République charge le candidat du parti ou de la coalition électorale ayant le plus grand nombre de sièges à l’Assemblée des représentants de former un gouvernement dans un délai d’un mois, renouvelé une fois.

L’article 89 de la constitution stipule que le gouvernement « se compose d’un président, de ministres et de secrétaires d’Etat choisis par le chef du gouvernement en consultation avec le président de la république pour les ministères des affaires étrangères et de la défense ».

De quoi sera fait l’avenir proche ?

Dans la semaine qui suit l’annonce des résultats définitifs des élections, le Président de la République charge le candidat du parti ou de la coalition électorale ayant le plus grand nombre de sièges à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), est chargé de former un gouvernement dans un délai d’un mois, renouvelé une fois. En cas d’égalité de sièges, la désignation du chef du gouvernement se fera sur la base du nombre de voix obtenues.

Lorsque le délai spécifié est dépassé sans formation du gouvernement, ou dans le cas où l’ARP ne gagnerait pas la confiance, le Président de la République tiendra, dans un délai de dix jours, des consultations avec les partis, coalitions et blocs parlementaires pour désigner la personne la plus apte à former un gouvernement dans un délai maximum d’un mois.

Et si quatre mois se sont écoulés depuis la désignation du chef du gouvernement et que les députés de l’ARP populaire n’ont pas accordé la confiance au gouvernement, le président de la République a le droit de dissoudre le Parlement et de convoquer de nouvelles élections législatives dans un délai de 45 jours et 90 jours maximum ».

AM & TAP

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