Authors Posts by Tunis Afrique Presse

Tunis Afrique Presse

162 POSTS 0 COMMENTAIRES

par -

Une écrasante majorité PME tunisiennes-88% actives dans le secteur de l’industrie parmi un échantillon de 365 entreprises enquêtées- estime que la nouvelle loi sur l’investissement n’a pas changé grand-chose pour l’écosystème entrepreneurial ni amélioré le climat des affaires en Tunisie.

54% d’entre elles pointent du doigt la fiscalité et jugent qu’elle freine le développement des PME en Tunisie (plus de 700 nouvelles dispositions fiscales après la révolution) alors que la moitié (50 %) des entreprises sondées sont gênées et peu satisfaites des services rendus par les structures d’appui, révèle le premier baromètre climat des affaires, élaboré conjointement par le Centre des Jeunes dirigeants (CJD-UTICA) et l’Agence de promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII) et dont les résultats ont été présentés, mercredi, à l’UTICA.

Une totale ignorance de la loi sur l’investissement

Selon cette enquête, fruit d’un partenariat public privé (CJD-APII), 57% des PME (de 10 employés ou plus) ont indiqué qu’elles ignorent tout des détails de la nouvelle loi sur l’investissement. La plupart des entreprises considèrent que le climat des affaires est toujours peu favorable à l’entreprenariat et qu’il faut améliorer l’infrastructure ainsi que les services d’appui et aller vers le digital pour éviter les lourdeurs administratives, perçues comme l’un des plus grands handicaps pour le développement des affaires et le lancement rapide des projets d’investissement, en plus du problème de financement du fonds de roulement pour les nouveaux promoteurs.

Le directeur général de l’APII, Samir Bachouel, a précisé que l’enquête a été élaborée sur la base de 4 axes de l’écosystème entrepreneurial, à savoir le volet foncier, le financement, l’accompagnement post-création et l’évaluation du rôle de l’Etat, des structures d’appui et des avantages fiscaux. “Nous sommes fiers de cette première expérience et nous voulons qu’elle soit annuelle pour évaluer le climat des affaires et aussi un instrument d’aide à la décision”, a-t-il dit.

De son côté, le président national du CJD, Moez El Ghali a affirmé qu’il est temps de changer les méthodes de travail de l’administration pour inciter à l’investissement et l’entreprenariat, rappelant que la Tunisie a perdu 46 places dans le classement international “Doing Business”, à cause entre autres de la lourdeur des procédures administratives et des handicaps à l’investissement.

Le primat de la pérennité

Le baromètre a permis de cerner d’autres problèmes auxquels font face les jeunes entrepreneurs, dont les services peu satisfaisants des structures d’appui, l’inefficacité des avantages financiers et fiscaux et aussi la hausse des prix et les problèmes règlementaires et l’indisponibilité des terrains.

Le CJD a mentionné dans ses commentaires sur les résultats du baromètre, la nécessité de revoir tout le système d’encouragement et d’incitation à l’entreprenariat et à prévoir une cellule d’assistance qui se chargera de “l’accompagnement post-création” des entreprises. Car, “il ne suffit pas de créer des entreprises mais aussi assurer leur pérennité et les aider à se développer”, a commenté, le président de l’UTICA, Samir Majoul.

“Les véritables créateurs de richesses sont les entreprises. Il faut les soutenir pour consolider les emplois existants et lutter contre l’informel”, a ajouté Majoul, relevant que les PME en Tunisie “aspirent à une politique claire et à un traitement convenable de la part de l’administration”.

D’après lui, il faut aussi une visibilité et une stratégie pour la postproduction, une fiscalité de croissance et une infrastructure portuaire compétitive et surtout une lutte sans faille contre l’informel et une remise au travail des institutions d’appui.

Un accord de partenariat a été signé au terme des travaux de la rencontre de l’UTICA, entre le Centre des Jeunes dirigeants (CJD) et l’Agence de promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII).

L’accord permettra une synergie et une coopération plus étroite entre les deux parties au service des PME tunisiennes et aidera à l’élaboration de la deuxième édition “améliorée” du baromètre climat des affaires.

par -

Le Chef du gouvernement, Youssef Chahed, a appelé, jeudi 28 juin 2018 à Hammamet, les fabricants de produits pharmaceutiques en Tunisie à conclure un contrat d’objectifs avec le gouvernement dans lequel les professionnels du secteur s’engagent à atteindre un certain nombre d’objectifs en matière d’emploi, de production et d’exportation contre l’engagement du gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour impulser davantage le secteur jusqu’à la réalisation des objectifs nationaux dont en premier lieu l’approvisionnement du marché en quantités suffisantes de médicaments dont les prix seront raisonnables.
Chahed, qui s’exprimait à l’ouverture du colloque du Forum international de Réalités qui se tient les 28 et 29 juin sur le thème “l’industrie pharmaceutique tunisienne face à ses défis”, a souligné que le gouvernement attache la plus grande importance à la résolution de la crise de la Pharmacie centrale qui souffre, a-t-il dit, de grands problèmes qui ne diffèrent pas beaucoup, selon lui, des difficultés que rencontrent plusieurs institutions publiques. Il s’agit de lancer un programme de sauvetage de cette institution à travers la fourniture, à court terme, de liquidités d’une valeur de 500 millions de dinars pour résoudre, de toute urgence, le problème de manque de médicaments, estimant que cette mesure demeure insuffisante face à la nécessité de revoir la gouvernance du secteur avec la participation de toutes les parties prenantes.

Le gouvernement est soucieux, a-t-il ajouté, de mieux organiser le secteur à travers l’élaboration d’une stratégie nationale impliquant tous les participants à travers une meilleure organisation des circuits de distribution et l’adoption d’un système numérique garantissant une bonne distribution dans les secteurs public et privé, indiquant le lancement de l’expérience de distribution numérique dans les hôpitaux et les pharmacies, outre la nécessité d’œuvrer pour rationaliser la consommation de médicaments en Tunisie.
Le chef du gouvernement a mis l’accent sur l’importance stratégique et vitale du secteur de l’industrie pharmaceutique en Tunisie qui demeure lié à la sécurité médicamenteuse. Il a ajouté que le secteur qui emploie des compétences et des ressources humaines tunisiennes a réussi à atteindre un taux de croissance de 11% ainsi qu’un taux de couverture des besoins nationaux de près de 50% en production nationale, outre les exploits réalisés au niveau de l’exportation (100 millions de dinars) et des investissements (près de 500 millions de dinars).

Chahed a appelé les concessionnaires locaux et étrangers à continuer à investir dans l’industrie pharmaceutique en Tunisie et à œuvrer en vue de doubler la valeur des exportations, d’autant que l’industrie pharmaceutique tunisienne est capable, selon lui, de relever tous les défis à travers l’ouverture à l’espace maghrébin, africain et méditerranéen.
Il a souligné, dans le même contexte, la nécessité de renforcer l’exportation des médicaments et des services de santé à travers l’élaboration d’une stratégie nationale à cet effet et la création d’une société tunisienne de médicaments et produits pharmaceutiques à l’instar des pays développés.
Il a souligné que la promotion du secteur nécessite, également, la simplification des procédures en vue de réduire les délais d’octroi d’autorisations de mise sur le marché tunisien.

De son côté, le président du forum de Réalités, Taieb Zahhar, a souligné que cette rencontre à laquelle participent des experts Tunisiens et étrangers offre l’occasion de débattre des solutions qui aident les fabricants de médicaments à relever les défis auxquels ils sont confrontés, en particulier la fourniture de médicaments aux Tunisiens et le doublement des quantités de médicaments exportées.
Il a ajouté que les travaux du forum seront couronnés par des recommandations pratiques qui seront soumises à la présidence du gouvernement pour s’en inspirer lors de l’élaboration d’une stratégie nationale visant la promotion du secteur de l’industrie pharmaceutique en Tunisie, qui demeure, selon lui, l’une des industries les plus prometteuses, capable d’impulser l’emploi, l’investissement et l’exportation.

par -

Une commission consultative a été mise en place par le ministère de l’Energie, des Mines et des Energies Renouvelables, afin de trouver des solutions légales pour interrompre la convention avec la COTUSAL, l’une de ses propositions est de modifier le Code des mines pour que la “compagnie générale des salines de Tunisie” puisse s’y inscrire, sachant que cette dernière en avait fait la demande en dehors des délais légaux autorisés, par ce code.
L’observatoire Tunisien de l’Economie (OTE) explique dans une analyse publiée au mois de juin courant que cette modification “impliquera des délais importants qui aboutiront probablement à renouveler la convention de la COTUSAL“.
Intitulée “Polémique autour de la COTUSAL : Le sel marin est-il une ressource naturelle ?”, cette analyse montre que “cette modification impliquera la jouissance d’un favoritisme hors normes envers la COTUSAL, alors que toutes les autres sociétés se sont soumises au Code des mines, dans sa version actuelle“.
En effet, la convention de 1949 entre l’Etat et la COTUSAL prend fin en 2029. L’Etat doit notifier à la compagnie, 10 ans avant l’expiration de la période de prolongation en cours, c’est-à-dire avant la fin de l’année 2019, s’il a l’intention de mettre fin à cette convention, comme le stipule l’article 3, de cette même convention. Dans le cas contraire, elle sera renouvelée automatiquement pour une période de 15 ans, à savoir jusqu’à 2044.

L’observatoire souligne que la démarche nécessaire est à l’initiative du Ministère de l’Energie, des Mines et des Energies Renouvelables, s’interrogeant si ce département “souhaite véritablement, mettre fin à cette situation et rompre cette convention entre la COTUSAL et l’Etat tunisien“.
Il cite l’intervention faite récemment par la députée Samia Abbou, à l’ARP, lorsqu’elle avait attiré l’attention sur “la volonté du ministère de l’Energie de modifier le Code des mines, afin que la COTUSAL puisse s’y inclure et sur la gravité de cette modification abusive“.
A noter que le secrétaire d’Etat aux Mines, Hachem Hmidi, avait renouvelé l’engagement de son ministère à mettre fin à la reconduite de la convention de 1949, au plus tôt et à prendre l’initiative de le faire auprès de la COTUSAL.

Une affaire qui coûte cher à la Tunisie

Selon Hmidi, l’Etat a enregistré un manque à gagner annuel de l’ordre de 500 mille dinars, en raison de la poursuite du contrat avec la COTUSAL, sous la convention de 1949 et non pas sous le Code des mines, ce qui représente la somme de 7,5 Millions de Dinars (MD), depuis l’entrée en vigueur de ce code (2003), et un manque à gagner annuel de l’ordre de 400 mille dinars, des taxes dues à l’Agence de Protection et d’Aménagement du Littoral (APAL) que la COTUSAL ne paye pas sous la convention 1949. La somme totale due à l’APAL depuis sa création en 1995, se monte à 9,2 MD.
La production du sel en Tunisie a permis depuis des années de satisfaire les demandes locales et d’exporter vers d’autres pays ; cette production est estimée à 1,5 million de tonnes annuellement, dont 90% sont destinées à l’exportation. Environ 30 entreprises et 6 personnes physiques opèrent dans le secteur du sel, offrant 665 emplois dont 430 sont pourvus par la COTUSAL.
La COTUSAL réalise près de 30 MD de chiffre d’affaires avec une production annuelle de 1 million de tonnes de sel, dont 750 000 tonnes sont destinées à l’exportation. La production annuelle de sel marin par cette Compagnie représente 70% du sel produit en Tunisie.

Le sel marin est-il une ressource naturelle ?

Selon l’article 13 de la Constitution, l’octroi des concessions d’exploitation des ressources naturelles est désormais plus transparent et ses conditions sont soumises à l’approbation du Parlement. Ainsi, l’exploitation du sel en Tunisie, qu’il s’agisse d’exploitation de gisement ou de marais salants devrait dorénavant être discutée et approuvée par l’ARP.
Pour sa défense, la COTUSAL argumente que l’extraction du sel des marais tunisiens ne relève pas de l’article 13, car cette exploitation ne repose que sur l’exploitation de l’eau de mer, du soleil et du vent par évaporation et qu’elle ne consomme que des énergies renouvelables, sans aucun risque de priver les générations futures d’une telle richesse.

Pour l’observatoire, “il parait indispensable de leur rappeler que le soleil, l’air, et la mer font partie du territoire national et par conséquent leur exploitation est régie par l’article 13. De plus, il faut aussi, attirer l’attention sur le fait que l’article 13 n’a pas été rédigé uniquement, pour protéger les générations futures, mais principalement, pour garantir la propriété des ressources du territoire national au peuple tunisien ainsi que la souveraineté de l’Etat sur ces ressources“.
Au regard des chiffres, il est clair que l’exploitation du sel marin en Tunisie est une richesse nationale à partir du moment où il s’agit d’une richesse produite par des facteurs de production résidents, à savoir les entreprises résidentes sur le territoire“.
Quant à la polémique récente autour de la COTUSAL, ainsi que celle qui a éclaté en 2014, elle reste toujours une affaire sans suite. Du fait d’être régie par la convention de 1949, pour les salins de Sousse et Sfax, ce qui représente la moitié de la production de la COTUSAL, cette dernière s’est vue obtenir le droit exclusif d’extraire le sel marin pendant 50 ans, en occupant le domaine public à un prix symbolique et le droit exclusif d’exporter le sel marin pendant 30 ans“, constate l’observatoire.

La compagnie exploite également le sel marin sous la convention de 1949 et ne se soumet pas pour les salins de Sousse et Sfax, au Code des mines par rapport à tous les autres exploitants de sel marin tunisien.
Face à cette convention inégalitaire, l’application de l’article 13 prend tout son sens. L’article 13 concrétise la souveraineté permanente sur des ressources naturelles, principe émanant de la volonté des Etats de revoir les contrats inégaux de la période coloniale, ici parfaitement concrétisé par la convention 1949.

Le sel est bien une richesse nationale

Pour l’observatoire “puisque le sel est bien une richesse nationale et une ressource naturelle, il semble que l’affirmation du contraire par certaines parties prenantes du débat autour de la COTUSAL est un argument avancé pour ne pas se soumettre à l’article 13 de la Constitution Tunisien“.
Dans le cadre de ses activités visant à “révéler la vérité sur les violations du passé“, l’Instance Vérité et Dignité (IVD) a récemment présenté des documents qui révélaient l’exploitation abusive des richesses naturelles tunisiennes par le colonisateur français. Parmi les documents sur lesquels l’IVD appuie ses conclusions, une convention datant de 1949, relative au droit d’exploitation de la Compagnie Générale des Salines de Tunisie, a été rendue publique.
Il ressort de cette publication que “par cette convention, le Résident Général de France à Tunis a approuvé la fusion de 4 sociétés françaises de salinité qui exploitaient les salines de Khniss, Sidi Salem, Sfax (Thyna) et de Mégrine constituant ainsi la COTUSAL et organisant son activité“.

La convention de 1949 a suscité une grande polémique, elle a permis à la COTUSAL de détenir le monopole du marché de l’exploitation du sel en Tunisie jusqu’en 1994, date à laquelle son premier concurrent est entré sur le marché. De plus, depuis l’ère coloniale et jusqu’à nos jours, cette convention octroie une taxe d’exploitation calculée sur la base du prix le plus bas de la grille afférente à l’exploitation du sol tunisien, à la COTUSAL, ce qui autorise cette compagnie à exploiter un domaine public maritime à un prix symbolique.
Ainsi, la compagnie dont le capital actuel est de 65% étranger et 35% tunisien exploite les salines tunisiennes de ” Thyna ” et de ” Sahline ” à un franc français par hectare et par an.

par -

La production industrielle a enregistré une baisse de 2,8%, au cours des trois premiers mois de l’année 2018, due principalement à la régression de la production dans le secteur de l’industrie chimique (-25,2%), a fait savoir vendredi 1er mai 2018 l’Institut national de la statistique (INS).
L’industrie chimique a en fait enregistré une régression dans la production de dérivés phosphatés, le secteur de fabrication d’autres produits minéraux non métalliques (-5,4%), le secteur du raffinage de pétrole (-80,7%), le secteur des industries extractives (-8,0%), due à la baisse de la production du secteur de l’extraction des produits non énergétiques (-40,1%), suite au repli observé dans la production de phosphate brut (468.6 mille tonnes au cours de trois premiers mois de l’année 2018 contre 1328.7 mille tonnes au cours de trois premiers mois de l’année 2017) et le secteur de l’extraction de produits énergétiques (-2,4%).

En revanche, la production industrielle a enregistré une augmentation dans le secteur de l’industrie agroalimentaire de 16,5%, suite à la hausse enregistrée dans la production de l’huile d’olive et le secteur de l’industrie mécanique et électrique de 5,7% et le secteur de l’industrie du textile habillement et cuir de 0,2%.

La production industrielle en recul de 0,9% en un seul mois

La production industrielle a enregistré une baisse de 0,9%, au cours du mois de mars 2018, due principalement à la chute de la production dans le secteur de l’industrie chimique (-33,0%), résultant de la baisse observée dans la production de dérivés phosphatés, le secteur de fabrication d’autres produits minéraux non métalliques (-10,3%), le secteur de l’extraction des produits non énergétiques (-18,8%) suite au repli de la production de phosphate brut (291.3 mille tonnes au cours du mois de mars 2018 contre 413.7 mille tonnes au cours du mois de mars 2017) et le secteur de l’extraction de produits énergétiques (-0,2%), en raison du fléchissement de la production de pétrole brut.
En revanche, la production industrielle a progressé dans le secteur de l’industrie agroalimentaire de 7,9%, à la faveur de la hausse enregistrée dans la production d’huile d’olive, le secteur de l’industrie mécanique et électrique de 3,1% et le secteur de l’industrie de textile habillement et cuirs de 0,3%.

Les patrons ont le moral !

Les chefs d’entreprises opérant dans le secteur des industries manufacturières ont exprimé leur optimisme concernant l’amélioration des indicateurs de la production industrielle au cours du premier trimestre 2018, selon une enquête sur la situation et les perspectives des entreprises industrielles, réalisée par l’Institut national de la statistique (INS).
Les 943 chefs d’entreprises opérant dans le secteur des industries manufacturières interviewés ont constaté une légère amélioration du rythme de croissance de la production industrielle, au cours du premier trimestre 2018 par rapport au quatrième trimestre 2017.
Environ 27% des chefs d’entreprises interrogés ont prévu une légère amélioration de la croissance de la production industrielle, au cours du premier trimestre 2018 et 46% se sont dits satisfaits de la performance de l’indicateur de la production pour le deuxième trimestre 2018.

Selon l’enquête, 28% des chefs d’entreprises interviewés ont confirmé une amélioration du niveau de la croissance de la demande destinée aux produits industriels, au cours du premier trimestre 2018 alors que 36% des personnes interrogées prévoient une hausse de la demande pour le deuxième trimestre de l’année en cours.
Pour la demande extérieure en produits industriels, 27% des interviewés ont constaté une amélioration remarquable du rythme de croissance de la demande, au cours du premier trimestre 2018 et une performance de 40%, au cours du deuxième trimestre 2018.
Les chefs d’entreprises (20% des interrogés) ont relevé une stabilité au niveau de la situation générale du secteur industriel, au cours du premier trimestre 2018. De même, pour le deuxième trimestre 2018 (34% des interviewés).

En ce qui concerne le développement de la production industrielle par secteur, l’enquête a montré une amélioration des taux de croissance des industries agroalimentaires, mécaniques et électriques ainsi que des diverses industries.
Le secteur de l’industrie du textile, de l’habillement et du cuir a enregistré une stabilisation au niveau de sa production.
En revanche, l’industrie des matériaux de construction et les industries chimiques ont vu une baisse de leur production.
Quant au développement attendu de la production par secteur, au cours du deuxième trimestre 2018, les industriels s’attendent à une amélioration du rythme de croissance qui différera selon les secteurs, à l’exception de celui du textile, de l’habillement et du cuir dont le niveau de production resterait stable.

par -

Les réservations des touristes français pour passer l’été en Tunisie ont augmenté de plus de 200 % par rapport à l’année dernière“, a déclaré à l’agence TAP, mercredi 30 mai 2018, le président du Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto), René-Marc Chikli, à Paris.
Les touristes français reprennent confiance en la destination Tunisie. Presque 650 mille touristes y passeront leurs vacances cet été. Cela s’explique par le fait qu’il “ n’y a pas eu d’événements particuliers “, d’après le président du Seto, tout en indiquant que ” les Français ont redoublé leur confiance vis-à-vis de la destination, en partie et pas en totalité “. ” Il y aura encore beaucoup de chemin à faire pour convaincre les Français de partir en Tunisie et atteindre les chiffres enregistrés en 2010 “, selon Chikli.

Le président du Seto a ajouté que ” la destination a retrouvé des couleurs grâce aux efforts qui ont été faits au niveau de la communication depuis trois ans “.
Autre élément fort, les destinations concurrentes de la Tunisie ont profité de sa crise pour augmenter leurs prix, en revanche, elles n’ont pas forcément le même niveau de qualité, c’est ce qui explique le retour naturel des Français vers la Tunisie, explique le président du Seto.
Aujourd’hui, l’ensemble des ingrédients pour un vrai redémarrage est prêt et disponible, il n’y a pas de raison pour ne pas faire de bons résultats pour l’arrière saison et de ne pas retrouver en 2019 le même niveau de 2010 “, note Chikli tout en appelant les acteurs du tourisme tunisien à développer d’autres produits que le balnéaire pour capter davantage les Français, à maintenir le niveau de qualité au niveau des services et de l’infrastructure et à réadapter la capacité du transport aérien.

Pour le directeur de l’Office du tourisme tunisien (ONTT) à Paris, Sami Gharbi, les touristes français ont repris confiance en la destination ” parce qu’elle est incontournable pour plusieurs raisons : le bon rapport qualité/prix, la proximité géographique et culturelle, la langue, la diversité des produits touristiques, la bonne desserte aérienne et l’amélioration de l’aspect sécuritaire “.
Sami Gharbi a déclare à l’agence TAP que ” des mesures sont prises pour bien accueillir les touristes français et réussir la saison, notamment assurer la qualité de l’accueil et des services sur place, avec un suivi quotidien de la part des inspecteurs du tourisme et offrir un large choix de découvertes “.
Le directeur de l’ONTT Paris indique que ” la programmation aérienne de la Tunisie à partir de la France pour l’été 2018 dégage une tendance positive de l’ordre de 9 % par rapport à 2017 pour répondre à la demande croissante des TO “.

De son côté, la rédactrice en chef de “L’Echo Touristique”, Linda Lainé, a déclaré à l’agence TAP que “ la Tunisie bénéficie d’un regain de succès auprès des Français, parce que le climat sécuritaire est apaisé depuis trois années “. ” Il y a également une affection historique des Français à l’égard de la destination. Cela est vrai du point de vue des voyageurs et des professionnels. La Tunisie fait partie des destinations plébiscitées depuis toujours parce qu’elle offre des séjours balnéaires à des prix très compétitifs “, souligne Lainé.
Et d’ajouter : ” Les derniers chiffres publiés indiquent que 578 mille Français se sont rendus en Tunisie en 2017, soit une croissance de 46 %, contre 1,4 million de Français en 2010. Donc, la destination n’a pas encore rattrapé les performances des années passées “.
La Tunisie doit miser sur la qualité, diversifier les produits, entretenir un climat sécuritaire stable et continuer à développer des relations pérennes et durables avec les tours opérateurs et les agences de voyage “, recommande la rédactrice en chef de l’Echo Touristique, tout en estimant ” qu’il y a aujourd’hui des signes très encourageants avec le retour des tours opérateurs en Tunisie, tels que Fram, TUI, Go Voyage qui vient de publier une brochure de 44 pages pour atteindre l’objectif de 30 mille clients cette année “.

Le PDG d’Authentique voyages, Hakim Tounsi, confirme la reprise. Toutefois, il estime que les tarifs, notamment hors saison, sont très bas. ” Les entreprises de distribution de voyages qui ont bâti leurs business-modèles sur les ventes dégriffées ont prospéré, profitant de la crise, et ont imposé un niveau de prix très bas pour tout le marché conduisant même les distributeurs classiques à ne plus parler que de ventes dégriffées pour ne pas dire bradées “, selon Hakim Tounsi. Il “ espère que cette reprise de la demande vers la Tunisie va mettre un frein à cette situation qui n’arrange les affaires que du distributeur qui se fait payer par un pourcentage sur le chiffre d’affaires et ne se soucie pas forcément du prix de revient du produit vendu “.

par -

La députée Yamina Zoghlami a demandé, au début d’une plénière au Parlement ce mercredi, à voir le contenu de la correspondance envoyée par le président de l’ARP, Mohamed Ennaceur, à la présidence du gouvernement concernant le vote contre la prolongation du mandat de l’instance Vérité et Dignité (IVD).
Dans son intervention, la députée s’est, notamment, interrogée sur la légalité de ce vote et des procédures de la correspondance adressée par le président du Parlement au chef du gouvernement, appelant au droit d’accès à ce document.
Zoghlami a, aussi, critiqué le vote du Parlement le 26 mars contre la prolongation du mandat de l’IVD. Elle a relevé qu’un vote avec seulement 65 voix contre la prolongation est “un vote étrange et un précédent jamais enregistré dans les annales du Parlement“.
Ceux qui cherchent à entraver le travail l’instance conduiront le pays à une catastrophe qui fera de nouvelles victimes, a-t-elle mise en garde.

Une source de la présidence du gouvernement avait affirmé mardi soir à la TAP que le gouvernement a demandé à l’Instance de déposer ses archives à l’institution des Archives nationales de Tunisie, conformément à l’article 68 de la loi sur la justice transitionnelle.
La présidence du gouvernement avait également appelé l’instance à remettre son rapport administratif et financier aux trois présidences à la fin du mois courant (31 mai), date de la fin du mandat de l’IVD.
Selon la même source, toutes les mesures administratives prises par le gouvernement concernant l’IVD s’inscrivent dans le cadre du suivi de la décision du Parlement lors d’une plénière en date du 26 mars 2018, lorsque les députés ont voté contre la prolongation du mandat de l’instance.
La source de la présidence du gouvernement avait tenu, cependant, à assurer que le processus de transition démocratique ne sera pas affecté et qu’il se poursuivra normalement.

De son côté, Adel Maizi, membre de l’instance avait déclaré à la TAP que l’Instance poursuivra ses activités jusqu’au 31 décembre 2018 tel qu’il a été décidé au sein du conseil de l’instance, réuni le mois de février dernier.
Durant cette période restante, l’instance focalisera ses travaux sur la finalisation de son rapport final et sa publication ainsi que sur la mise au point de ses archives qu’elle remettra aux Archives nationales. Elle préparera, aussi, la passation des activités aux structures qui se chargeront du dossier de la justice transitionnelle, avait-t-il ajouté.

par -

Alors que le dinar tunisien n’a de cesse de plonger, se dépréciant d’environ 64% en comparaison avec l’année 2010, la nécessité se fait de plus en plus impérieuse d’arrêter cette descente aux enfers. Forcément, la communauté des experts s’est saisie de la question pour dresser l’état des lieux et faire des préconisations. Mustapha Kamel Nabli, clerc en la matière pour avoir été surtout gouverneur de la Banque centrale a livré les siennes assorties d’un diagnostic qu’il a posé lors d’une rencontre organisée, récemment, par l’association DREAM (Dynamique de Réflexions Economiques à Mahdia).

L’interrogation centrale à laquelle il a fallu répondre était de savoir si la fixité du taux de change par rapport aux monnaies étrangères pourrait être la solution à la dépréciation accélérée du dinar. Tout en se ralliant à l’idée que les autorités de change peuvent décider de fixer le taux de change d’une monnaie, vis-à-vis d’une monnaie donnée, d’un panier de monnaies ou des droits de tirage spéciaux, l’ex patron de l’Institut d’émission a jugé qu’il encore beaucoup plus important de savoir si les collatéraux de la fixation du taux de change, sont défendables et soutenables dans le temps.

Il a d’abord fait remarquer que « le taux de change n’est pas une variable indépendante étant intimement lié à l’ensemble de la politique macroéconomique du pays ». Et ceci implique que si les conditions de stabilité macroéconomique ne sont pas suffisamment solides en termes d’inflation, de déficit budgétaire, de déficit de la balance de paiement, « le taux de change ne peut pas être fixé et les autorités seront tôt ou tard obligées de le changer ».

Moins généralement et s’agissant précisément du dinar tunisien, il a rappelé que le taux de change du dinar s’est déprécié, en deux phases. La première s’étale sur les 5 premières années 2010-2015, où la dépréciation en moyenne a été de 30%, soit une dépréciation moyenne annuelle de 6%. La deuxième phase, à partir de la fin 2016, jusqu’à aujourd’hui, la dépréciation moyenne a été de 28%, soit un rythme 3 fois plus rapide que celui des 5 premières années. « Et c’est la raison pour laquelle l’opinion publique est devenue plus sensible à cette question de dépréciation », a-t-il expliqué.

« Non seulement l’inflation a augmenté, mais les déficits jumeaux et l’endettement intérieur et extérieur aussi, sapant ainsi toutes les conditions de maintien de la stabilité du taux de change. Ce qui veut dire que la Tunisie n’a pas les moyens de maintenir la stabilité du taux de change ” a-t-il affirmé.

Les options ou scenarii possibles

Nabli estime que trois options sont possibles. La première consiste à ” fixer le taux de change et à forcer la stabilité du dinar. Cette option a d’ailleurs, été retenue il y a quatre mois. Le taux de change n’a pas beaucoup bougé depuis. Mais est-ce soutenable à long terme », s’est-il interrogé.

La deuxième, possible mais difficile à faire passer, consiste à ” fixer le taux de change, mais tout en mettant en place les politiques appropriées pour le soutenir. Pour ce faire, il faut que la politique monétaire soit plus restrictive pour baisser l’inflation, c’est-à-dire qu’il faut augmenter les taux d’intérêt de façon significative. Il va falloir aussi, réduire le déficit budgétaire. C’est la seule manière de maîtriser le déficit de la balance de paiement et de protéger ainsi, les réserves en devises et donc défendre le taux de change. Ce sont des mesures qui ne sont pas faciles à faire passer mais possibles »”.

La troisième option c’est de se retrouver “dans l’incapacité de maîtriser le déficit budgétaire et l’inflation parce qu’on ne peut pas poursuivre une politique monétaire très restrictive et augmenter fortement les taux d’intérêt. On sera, ainsi obligé d’accepter un déficit budgétaire important et de faire avec une politique monétaire laxiste. Dans ce cas là, on n’aura plus d’autres choix que de laisser le taux de change se déprécier pour ajuster la balance de paiement. Des politiques monétaire et budgétaire laxistes ne peuvent pas défendre un taux de change fixe” a-t-il regretté.

Une telle option ne peut, selon Nabli, que pousser l’économie tunisienne dans un cercle vicieux où la dépréciation accélérée du dinar génère une inflation accélérée qui alimente de nouveau la dépréciation.

De fausses solutions souvent proposées

Nabli a critiqué les fausses solutions souvent proposées pour résorber ce problème de dépréciation. ” La première fausse solution consiste à ouvrir des bureaux de change pour intégrer dans le circuit organisé les devises circulant dans le marché parallèle. On oublie là que le marché parallèle obéit à un taux déprécié par rapport au taux officiel. Supposons qu’on va réussir à canaliser tous les flux de devises vers le circuit officiel. Si l’Etat va le faire en fonction du taux de change officiel, il risque d’aggraver le déficit commercial du pays parce qu’il va vendre des devises à un taux plus intéressant pour le marché parallèle “.

La deuxième fausse solution consiste, selon lui, ” à imposer des limitations aux importations qui ne sont pas nécessaires. Cette solution a été essayée partout dans le monde mais elle n’a jamais marché parce que les causes fondamentales de la dépréciation ne sont pas résolues. Si la demande sur les importations est forte, imposer des restrictions par les voies officielles, revient à favoriser les importations par les voies parallèles, favorisant ainsi, le commerce parallèle et la corruption. Les mécanismes de contrôle quantitatifs ne marchent, généralement, pas “

La troisième solution ” c’est de décider une amnistie de change pour pouvoir augmenter les réserves de change. Supposons que cette amnistie va drainer des flux de devises vers le pays, ce qui n’est pas évident. Le niveau de devises va croître, provisoirement, et très vite l’Etat va se retrouver dans la même situation. On ne résout jamais, un problème de flux par un phénomène de stock. L’amnistie change le stock de devises mais pas les flux. Les causes fondamentales de la dépréciation restent inchangées et donc le problème n’est pas résolu “, a-t-il estimé.

par -

Le ministre du commerce, Omar Behi, a annoncé, mardi 24 avril 2018, à l’ouverture des travaux du Forum économique africain à Tunis le lancement, le 04 juin prochain, d’une ligne maritime directe reliant la Tunisie au Sénégal, à la Cote d’Ivoire et au Ghana pour faciliter le transport de marchandises et ce, en partenariat avec la compagnie tunisienne de navigation (CTN) et le ministère du transport.
Le ministre a ajouté que de nouvelles lignes aériennes seront créées au cours de cette année à destination de pays africains comme le Soudan, rappelant qu’une dizaine de lignes aériennes à destination de pays africains existent déjà, dont l’ouverture récemment des lignes de Conakry et Cotonou.
Il a, en outre, signalé que la Tunisie sera officiellement membre du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) à partir du mois de juin prochain lors de la prochaine réunion des chefs d’Etats membres du COMESA.

Le ministre a indiqué que le forum traitera cinq secteurs économiques stratégiques qui reflètent les besoins profonds des populations du continent africain et constituent les moteurs de développement pour la période à venir, notamment le secteur des bâtiments et des travaux publics, le secteur des services et des technologies de l’information, le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire, le secteur de la santé et les industries pharmaceutiques ainsi que le secteur de l’enseignement supérieur.
Omar Béhi a estimé que les indicateurs de coopération entre les pays africains sont très faibles signalant que le taux d’échanges commerciaux ne dépasse pas les 13% du total de leurs échanges avec le reste du monde.
Dans ce contexte, il a souligné l’importance de renforcer les efforts pour améliorer ces indicateurs et développer le volume des échanges commerciaux entre les pays africains dans tous les secteurs et les domaines prometteurs et prioritaires.

Le ministre a indiqué que le forum économique africain sera une occasion importante pour l’échange des expériences et l’ouverture du dialogue entre les secteurs public et privé en vue de conclure des partenariats pour la réalisation de projets à intérêt mutuel.
Organisé conjointement par le ministère du Commerce, la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA), l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) et la Société Internationale Islamique de Financement du Commerce (ITFC), le forum enregistre la participation de 38 pays africains et 140 responsables de haut niveau représentant les secteurs public et privé ainsi que des bailleurs de fonds et des hommes d’affaires.
Quelque 800 participants sont attendus lors de cette manifestation qui se poursuit pendant deux jours à Tunis. Ils prendront part à des ateliers sectoriels sur le bâtiment et les travaux publics en Afrique, la technologie moderne, la santé en Afrique, l’enseignement supérieur et l’emploi, outre les technologies et le développement durable.

Le son de cloche de Majoul, Meddeb et Azzi

Dans la même journée et dans la même rencontre, Samir Majoul, président de l’Union tunisienne de l’industrie du commerce et de l’artisanat (UTICA), a déclaré ceci : “Le manque de lignes aériennes, les difficultés logistiques et de financements entravent l’exportation vers l’Afrique “.
Majoul a souligné l’importance du marché africain pour l’économie tunisienne, notamment si les difficultés logistiques sont simplifiées.

De son côté, Radhi Meddeb, commissaire du forum a souligné que la faiblesse du volume des échanges économiques et commerciaux entre la Tunisie et les pays africains alors que ce continent enregistre une croissance importante et un développement dans tous les secteurs.
Dans ce contexte, il a mis l’accent sur l’importance de trouver les mécanismes nécessaires pour garantir la présence des entreprises tunisiennes et des produits tunisiens sur les marchés africains, appelant à ouvrir les horizons aux jeunes pour faire d’eux de futurs entrepreneurs.
Meddeb a indiqué que le continent africain a besoin d’une grande volonté de la part de tous pour polariser les investissements et créer les opportunités de travail notamment aux jeunes pour garantir l’égalité économique et sociale pour tous.

Pour sa part, Samir Azzi, directeur général par intérim du CEPEX, a souligné que ce forum s’inscrit dans le cadre d’une stratégie visant à renforcer la présence de la Tunisie sur les marchés africains et à développer les exportations à destination des pays africains.
Selon lui, les exportations vers l’Afrique ne dépassent pas actuellement 2,2% du total des exportations contre 75% d’exportations vers les marchés européens.

par -

La municipalité de Laâyoune nouvellement créée (11 septembre 2015) souffre d’un manque flagrant de commodités de base, déplorent les habitants de la commune.
La délégation spéciale de la commune a été désignée le 11 janvier 2016. Située dans une zone rurale au nord du gouvernorat de Kasserine, Laâyoune couvre une superficie de 411,4 km2 soit 5% de la surface totale du gouvernorat et compte 19461 habitants.
Elle comprend 6 arrondissements communaux, à savoir Laâyoune, El Grine, Ain Esselsla, El Bouajer, Tiwicha et El Brek.
Les commodités nécessaires à la vie courante (station d’épuration, marché, abattoir, moyens de transport, prestations de services) sont inexistantes dans cette municipalité à caractère rural où la plupart des habitants vivent de l’agriculture et de l’élevage.

Selon l’activiste de la société civile Anis Guesmi, la commune connait un manque total d’entreprises, d’institutions (recettes des finances, Caisse nationale d’assurance maladie et agence bancaire), ainsi que d’espaces sportifs et de divertissement.
En l’absence d’investissements, le taux de chômage s’est aggravé (500 jeunes diplômés sans emplois) et l’infrastructure s’est détériorée, ajoute-t-il.

De son côté, le professeur de collège Mounir El Kertli indique que Laâyoune est la deuxième délégation la plus pauvre en Tunisie et ses habitants ne bénéficient ni d’hôpital local, ni de décharge contrôlée, ni d’institutions de services.
On doit parcourir 65km pour arriver au chef-lieu du gouvernorat de Kasserine et bénéficier des commodités“, a-t-il expliqué.
Depuis la création de la délégation de Laâyoune, en 1980, aucune agence bancaire publique ni aucun espace de divertissement, sportifs ou pour enfants n’ont été édifiés, fait-il remarquer.
Pour ses attentes du nouveau conseil municipal, Mounir El Kertli estime que la commune a besoin de jeunes compétences visionnaires capables d’assurer une meilleure qualité de vie aux habitants.
Il incite les électeurs de Laâyoune à voter massivement pour élire leurs représentants et à s’impliquer dans la promotion de leur délégation.

Le président de la délégation spéciale, délégué de Laâyoune, Hamza Tarchoune, signale pour sa part, qu’il sera procédé à l’acquisition d’équipements de propreté et à l’entretien du réseau d’éclairage public, ainsi que la consécration d’un excédent budgétaire de 500 mille dinars enregistré en 2017 pour construire un entrepôt municipal et aménager le marché de bétail.
Passant en revue les projets en cours de réalisation, il cite la reconstruction du marché municipal (900 mille dinars) et l’asphaltage d’un tronçon de 2km de route à la cité “Al Izdihar” (712 mille dinars) et de 6 km de la route Rouabeh-Taher Ben Zaâra (1 million de dinars).
Les travaux concernent aussi la route reliant El Ghdira Bidha-Essaounia-Laâyoune d’une longueur de 10,5km (1,2 million de dinars).
Le nombre total des inscrits aux prochaines élections municipales à Laâyoune est de 8435. Huit listes sont candidates au conseil municipal (18 sièges) : trois listes partisanes (Nidaa, Ennahdha, Courant Démocratique), quatre indépendantes et une de coalition (Union civile).

par -

Quand le gouvernement a fait sa prévision de 54 dollars le baril dans son projet de la Loi de finances 2018, les experts en économie lui ont tout de suite fait savoir que cette hypothèse n’était pas réaliste et qu’on allait assurément dépasser les 60 dollars cette année. La Banque mondiale aussi était du même avis, et son avis compte. Mais voilà, le gouvernement a fait la sourde oreille. On peut aussi avancer l’explication selon laquelle l’équipe de Youssef Chahed l’aurait fait en parfaite connaissance de cause pour ne pas, d’emblée, effrayer les bailleurs et le FMI avec un déficit budgétaire qui serait encore plus important si le prix du baril avait été fixé à 60 dollars ou plus. Quoi qu’il en soit, le répit a été de courte durée, et personne ne peut plus masquer l’ampleur du problème. “Le déficit énergétique ne cesse de s’aggraver avec la hausse continue du prix du baril de pétrole, pour atteindre aujourd’hui 68 dollars, alors que le prix du baril a été fixé à 54 dollars dans le budget de l’Etat pour l’exercice 2018, ce qui aurait des répercussions négatives sur nos équilibres financiers“, a indiqué Khaled Kaddour, ministre de l’Energie, des Mines et des Energies renouvelables, jeudi 05 avril 2018, lors d’une conférence de presse, organisée en marge de la conférence “Accélération de la mise en oeuvre des programmes d’efficacité énergétique”.

Kaddour a estimé que cette différence au niveau du prix de pétrole (13 dollars) coûtera environ 121 millions de dinars (MD) au budget de l’Etat, juste pour le premier trimestre 2018.

“C‘est dans ce cadre que nous devons, impérativement, ancrer les principes de la maîtrise de l’énergie et nous orienter davantage vers les projets d’efficacité énergétique et des énergies renouvelables, afin de parvenir à maîtriser notre consommation d’énergie, et ce, dans le cadre d’une vision claire“, a-t-il noté. D’après le ministre, la Tunisie oeuvrera, d’ici 2020, à mettre en place l’ensemble des projets énergétiques annoncés par le chef du Gouvernement, lesquels permettront de réduire le recours aux énergies conventionnelles et d’édifier un nouveau modèle économique durable.
Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, avait annoncé, jeudi, le lancement, dans les prochaines semaines, de dix projets d’énergies renouvelables représentant un volume d’investissement de 200 millions de dinars (MD), ainsi que d’autres projets destinés aux régions intérieures, qui seront lancés dans le cadre d’appels d’offres, d’une capacité de 800 Mégawatts (Mw) et mobilisant un investissement de 2000 MD.

Pour ce qui est de la compensation énergétique pour l’année 2018, Kaddour a estimé qu’elle dépassera de loin les prévisions du gouvernement fixées à 1500 MD (budget de l’Etat) pour atteindre les 2500 MD, au vu de la hausse continue du prix du baril de pétrole, ce qui a imposé au gouvernement de réviser, la semaine dernière, les prix des carburants à la hausse. Mais ça ne suffira pas pour éloigner les gros nuages à l’horizon, de l’aveu même du ministre chargé des grandes réformes, Taoufik Rajhi.
Sur un autre registre, le ministre a rassuré sur le fait que la production de phosphate a repris à un rythme ordinaire et que le gouvernement veille à honorer tous ses engagements envers les habitants dans les régions du bassin minier et de Tataouine pour apaiser les tensions sociales.

Il est à noter, a précisé le ministre, que les ressources énergétiques de la Tunisie n’ont permis de couvrir que près de 50% de la demande intérieure en énergie primaire, estimée à environ 9551 mille tonnes équivalent pétrole (Tep), alors que les ressources nationales n’ont pas dépassé les 4840 mille Tep, ce qui représente un déficit de l’ordre de 4711 mille Tep.
La consommation finale de l’énergie s’est élevée à 6775 mille Tep, à fin 2016, répartie essentiellement entre les secteurs du transport (35%), de l’industrie (32%), du logement (17%), des services (9%) et de l’agriculture (7%).

par -

La Tunisie a signé jeudi 05 avril 2018, avec le groupe de la BID, un document de partenariat stratégique pour la période 2018-2020, et cinq accords de crédit portant sur des projets de transport de l’électricité, de construction de deux hôpitaux régionaux, de financement du commerce extérieur et de garantie de l’investissement, outre un don au profit des régions frontalières de la Tunisie.
Zied Ladhari, ministre du développement, de l’investissement et de la coopération internationale a indiqué dans une déclaration à la presse, à l’issue de la signature de ces accords, que le document de partenariat stratégique entre la Tunisie et la Banque Islamique de Développement (BID) résume les principaux axes de travail, qui seront développés avec le groupe, au cours des trois prochaines années ainsi que les projets qui seront programmés et réalisés avec la banque islamique.

Le ministre de l’énergie, des mines et des énergies renouvelables, Khaled Kaddour, a précisé que la Tunisie a obtenu, en vertu de l’accord de transport de l’électricité, un financement d’une valeur de 121 millions d’euros (environ 360 MD) qui va contribuer avec l’autofinancement apporté par la STEG, à renforcer le réseau de transport de l’électricité de la société.
Le ministre a fait savoir que les études relatives à ce projet sont prêtes et que les travaux vont démarrer dans les plus brefs délais pour couvrir 30 stations, soulignant que cet accord va renforcer la stratégie énergétique de la Tunisie à court et long termes.

Le ministre de la santé, Imed Hammami a indiqué que le 2ème accord concerne le projet de création de deux hôpitaux régionaux à Thala (gouvernorat de Kasserine) et Dahmani (gouvernorat du Kef) pour un montant de 90 MD. Ces financements vont concerner les travaux de construction et les équipements.
Le ministre a relevé que les études sont fin prêtes et que tous les problèmes fonciers ont été résolus, annonçant que les travaux vont démarrer avant la fin de 2018, alors qu’ils avaient pris du retard depuis 2012.
De même, un accord de don d’une valeur de 280 mille dollars a été signé pour la mise en place d’un programme et l’élaboration d’une étude de faisabilité, dans l’objectif d’améliorer l’inclusion économique et sociale des catégories marginalisées dans les régions frontalières de la Tunisie.

Ladhari a affirmé que la Tunisie a encore signé un accord cadre avec la Société internationale islamique de financement du commerce (SIFC), d’une valeur de 1,5 milliard de dollar (3 750 MD), pour le financement des besoins de la Tunisie dans les domaines du commerce extérieur et le financement des importations de marchandises stratégiques, par les entreprises publiques.
Enfin, un mémorandum d’entente a été signé avec la Société islamique d’assurance des investissements et des crédits à l’exportation (SIACE), portant sur la coopération dans l’exécution des programmes,visant à relever le rythme des investissements directs extérieurs en Tunisie.
La signature de ces accords intervient dans le cadre de la clôture des travaux de la 43ème édition des Réunions annuelles du groupe de la BID qui se sont déroulés du 1er au 5 avril 2018, à Gammarth, dans la banlieue Nord de Tunis.

par -

L’ambassade de Tunisie en Tunisie a affirmé jeudi 15 mars 2018 qu’”aucune entreprise française ne bénéficie de conditions préférentielles ou de droits particuliers pour exploiter les ressources naturelles en Tunisie dans les domaines de l’eau, des phosphates ou du pétrole“.
La représentation diplomatique française réagissait sur son site officiel à la publication par l’Instance Vérité et Dignité (IVD) de documents d’archives qui confirment selon elle “l’exploitation éhontée par l’occupant français des richesses souterraines tunisiennes en vertu de privilèges accordées à la France qui n’ont pas été abolis après l’accord (d’indépendance) du 20 mars 1956“.
Selon l’ambassade de France “la (re)publication récente de documents d’archives concernant la période coloniale, connus des historiens et accessibles à tous depuis longtemps, donne lieu à de nombreux commentaires et à une lecture toujours salutaire et transparente de l’histoire“.
Comme elle l’a déjà fait en 2017 avec l’Instance Vérité et Dignité pour lui faciliter ses travaux, la France met bien volontiers à disposition des chercheurs les archives qui sont en sa possession pour éclairer les relations qui régissaient les deux pays avant 1956“, ajoute l’ambassade.

Elle précise “s’agissant de l’exploitation du sel marin, elle est assurée par de nombreux entreprises à capitaux non français. La société COTUSAL, détenue par des capitaux tunisiens et français et ne produisant du sel que sur marais salants, a indiqué à l’Ambassade avoir demandé à maintes reprises l’abandon de la convention de 1949 conclue avec l’Etat tunisien“.
L’IVD a indiqué que les documents révélés “sont des vérités qui démontrent l’ingérence de l’occupant français dans les orientations économiques de l’Etat indépendant et l’exploitation de ses richesses“.
Elle a souligné que “les autorités d’occupation française avaient créé des sociétés auxquelles elle a accordé des permis d’exploitation des champs pétroliers et des carrières dans le cadre de concessions, contrats d’exploitation ou permis de recherche pour s’assurer la mainmise sur les richesses souterraines de la Tunisie“.
L’Instance a affirmé que “l’exploitation éhontée des ressources naturelles de la Tunisie est stipulée par les articles 33 et 34 de l’accord d’indépendance économique et financier et par les accords à des conditions exorbitantes décidés par l’Etat français“.
Elle a fait remarquer que certains accords prévoient des droits limités à l’Etat tunisien lorsqu’il s’agit de concurrence à l’égard de sociétés françaises.

Reçu jeudi au palais de Carthage par le président Béji Caïd Essebsi, l’historien universitaire et expert en histoire de la Tunisie contemporaine Khaled Abid a mis l’accent sur le rôle des historiens dans l’étude et la conservation de la mémoire de la Tunisie contemporaine.
L’historien joue également un rôle clé dans la lutte contre toute tentative de falsification, de mensonge ou d’altération de l’histoire, dans la mesure où de telles pratiques risquent d’asseoir une culture de haine et d’aversion, de diviser les Tunisiens et d’instrumentaliser l’histoire pour provoquer des conflits collatéraux politiciens“, a-t-il estimé.
Les Tunisiens ont une seule histoire. Ils devraient la prendre avec ses points positifs et ses points négatifs : les points positifs pour les enrichir et les points négatifs pour en tirer les leçons“, a-t-il fait valoir, selon un communiqué de la présidence de la République.
Tous les Tunisiens doivent tourner vers l’avenir pour que le pays puisse surmonter cette étape délicate qu’il traverse“, a-t-il enchaîné.

Dans un article publié au début de la semaine dans un journal électronique, l’historien Khaled Abid a dénoncé “l’ignorance” par la présidente de l’Instance “Vérité et Dignité”, Sihem Ben Sedrine, des règles de l’écriture de l’histoire. Selon lui, Ben Sedrine “prétend s’être procurée par ses propres moyens des documents des archives volées par la France sur les richesses tunisiennes encore aux mains des Français, alors qu’ils sont connus des Tunisiens“.
Ces documents sont des documents d’archives français et n’ont pas été volés à la Tunisie, a-t-il tenu à préciser. Des copies de ces archives ont été obtenues par la Tunisie à la demande du président Habib Bourguiba lui-même dès les années 1980 et sont en possession de l’Institut national de l’histoire contemporaine. Le directeur technique de la COTUSAL, Riadh Machta, avait déclaré à l’agence TAP que “l’Etat Tunisien n’a pas résilié, en 2014, la convention permettant à cette Compagnie, dont le capital est à 65% étranger et à 35% tunisien, d’exploiter le domaine public maritime pour l’extraction du sel, ce qui a abouti au renouvellement automatique de cette convention datant de 1949, jusqu’à l’année 2029“.
Cette convention régissant l’activité de la Compagnie Générale des Salines de Tunisie, depuis l’ère coloniale, a suscité une grande polémique après la révolution, du fait qu’elle permet à la COTUSAL d’exploiter une richesse nationale (les salines) à un taux symbolique fixé, avant l’indépendance, à un franc français pour l’hectare et par an.

par -

Le chef de l’Etat, Béji Caid Essebsi, avait demandé des mesures sociales pour faire passer les pilules amères de la Loi de finances 2018 (hausse de la TVA, ponctions fiscales, etc.). Même le Fonds Monétaire International (FMI), lequel n’a pourtant pas la réputation de verser dans le socialisme, avait demandé au gouvernement tunisien des inflexions face à la situation sociale qui se tendait dangereusement. En attendant une autre fournée de mesures sociales, la SNIT (Société Nationale Immobilière de Tunisie) elle a décidé de revoir sa copie, avec une proposition novatrice que les citoyens ne bouderont certainement pas en ces temps de vaches maigres et de surcoût des matériaux de construction…

L’augmentation des prix de vente des logements proposés par la SNIT s’explique par le changement du rôle de la société par l’Etat, laquelle est devenue un simple promoteur public alors qu’elle centralisait au départ un certain nombre de fonctions (lotisseur, organisme de crédits…) lui permettant de mieux maitriser ses couts“, a indiqué, jeudi 15 mars 2018, Houda Miaoui Charfi, DGA de la SNIT.

Et d’expliquer, lors d’une journée d’étude organisée par la SNIT, sur le thème “La gouvernance et les exigences de gestion des projets publics”, que la société en tant que promoteur public, n’est plus dans une logique sociale, elle s’est plutôt placée dans une logique économique, la contraignant à calculer les couts et les prix de vente de ses logements de manière à pouvoir pérenniser ses activités, à payer ses charges et à prévoir l’achat de nouveaux terrains pour pouvoir construire de nouveaux logements” .

Charfi a, par ailleurs, fait savoir que “dans sa nouvelle stratégie d’action qui sera bientôt soumise au ministère de l’Equipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, la SNIT proposera une révision de son rôle, pour ne plus se contenter de celui d’un promoteur et mieux adapter ses prestations au pouvoir d’achat du citoyen moyen“.

Concrètement, la SNIT se proposera d’agir sur deux niveaux. Le premier concerne la maitrise des couts des logements en agissant sur le niveau de prestations alors que le deuxième niveau consiste en l’introduction parmi les prérogatives de la SNIT de la réhabilitation des immeubles en ruine et le relogement de leurs habitants de manière à améliorer l’environnement urbain, renouant ainsi avec son rôle social“.

La DGA de la SNIT a, en outre, évoqué le problème de la société pour liquider son stock de logements (économiques et économiques améliorés) en raison du blocage actuel généré par la nouvelle clause de la loi de finances 2018 sur l’application de la TVA appliquée aux promoteurs immobiliers.

Elle a, également, rappelé les procédures légales entreprises par la SNIT pour récupérer ses logements squattés suite à la révolution, précisant “qu’au niveau de la SNIT centrale, les 800 logements squattés ont été récupérés. Reste qu’au niveau des régions, il y a encore des logements squattés (une trentaine à Bizerte, mais aussi d’autres à Sfax, à Kasserine…)“.

Toujours selon elle, “le plus grave c’est le squat des terrains relevant de la SNIT. Nous avons encore 70 hectares squattés à Mhamdia, dont la récupération sera difficile, parce qu’à défaut d’intervention au début, tout un village y était installé anarchiquement et illégalement“.

Charfi a ainsi fait un appel aux autorités compétences pour régler la situation.

S’agissant du thème choisi pour la journée d’étude, la DGA de la SNIT a souligné qu’il s’agit d’une tentative de vulgariser les principes de la gouvernance chez les cadres et agents de la société.

Elle a, ainsi, rappelé que “suite aux difficultés rencontrées par la SNIT après la révolution, (les occupations, les squats), elle a pu rebondir grâce à la mise en place d’une stratégie de mise à niveau et de modernisation, s’articulant autour de la mise à niveau de ses archives, la mise en œuvre d’un schéma directeur informatique pour maitriser toute la chaine de production, l’adoption de la charte de conduite des agents, la mise en place d’une cellule de bonne gouvernance conformément à la circulaire gouvernementale relative à la mise en place de cellules de bonne gouvernance dans les structures publiques…” .

Toutes ces actions réunies et bien d’autres ont jeté les bases d’un climat de bonne gouvernance et de transparence au sein de la SNIT, lui permettant de surmonter les années de crise. La SNIT est aujourd’hui une entreprise qui gagne de l’argent et qui ambitionne de mieux satisfaire les besoins et les demandes du citoyen“-a-t-elle conclu.

par -

Le taux de croissance réel du PIB de la Tunisie pourrait atteindre 2,8 % en 2018 et 3,5 % en 2019. Toutefois, cette tendance haussière “demeure encore faible“, a indiqué Assitan Diarra -Thioune, économiste régional pour l’Afrique du Nord à la Banque africaine de développement (BAD), en présentant, lundi 13 mars 2018, le rapport sur “les Perspectives économiques en Afrique 2018”, dédié à l’Afrique du Nord. “Cette réalisation est sous réserve d’une accélération des réformes structurelles, d’une montée en puissance de l’appareil industriel pour répondre à la demande extérieure et de l’atténuation du caractère cyclique de la croissance du secteur agricole“, lit-on dans le rapport sur les Perspectives économiques en Afrique 2018 dédié à l’Afrique du Nord et couvrant l’Algérie, l’Egypte, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie.
D’après le rapport, atteindre les taux de croissance ambitionnés sera conditionné par la capacité du pays à conforter et poursuivre la croissance, notamment de l’industrie manufacturière et non manufacturière (phosphate, pétrole et gaz) ainsi que des services marchands.

Les bons points

Le rapport montre que plusieurs facteurs positifs devraient soutenir la croissance de la Tunisie en 2017 puis en 2018-2019. La politique de sécurité instaurée après les attentats de 2015 a clairement porté ses fruits, s’agissant surtout du tourisme avec une augmentation du flux touristique de 32 % en 2017, ce qui devrait améliorer la balance des paiements et contribuer à stabiliser le dinar. La production et les exportations de phosphate ont fortement rebondi et l’investissement (étranger et national) commence à afficher des signes de reprise. La Tunisie continue également à bénéficier d’un solide appui de la communauté internationale. La croissance devrait également bénéficier de la poursuite de la reprise dans la zone euro, amorcée en 2012, en particulier en Espagne, Allemagne et France, et qui devrait tirer les exportations à la hausse.
Enfin, la Tunisie pourrait également toucher les dividendes de certaines réformes stratégiques adoptées depuis 2015, telles que la loi du 27 novembre 2015 sur les partenariats public-privé et celle du 30 septembre 2016 sur l’investissement visant à dynamiser le taux d’investissement, conformément au Plan de développement 2016-2020, taux dont la part qui était de 19 % du PIB en 2016 passerait à 24 % en 2020.

Les motifs d’inquiétude

En contrepartie, le rapport a cité les facteurs négatifs, indiquant, à cet effet, que depuis 2011, les comptes publics du pays ont continué à se détériorer. Dominée par les dépenses courantes (72 % du budget en 2017), la dépense publique ne correspond pas aux besoins d’investissement, notamment dans les infrastructures. Malgré quelques avancées, les progrès des réformes structurelles engagées, depuis 2013, demeurent limités en raison de la résistance au changement du modèle de développement qui a accompagné l’économie tunisienne depuis les années 70.
L’accélération des réformes demeure incontournable pour que la Tunisie continue de bénéficier de l’appui des partenaires au développement et de la confiance des marchés pour le (re)financement de sa dette.

Les autres facteurs négatifs à moyen terme sont une détérioration de la sécurité due à la crise libyenne et une possible résurgence de conflits sociaux liés à la réforme du secteur public et à la détérioration du pouvoir d’achat. Les vulnérabilités macroéconomiques se sont aggravées.
La dette publique était estimée à 70 % du PIB à la fin de 2017, le compte courant affiche un déficit à deux chiffres et les réserves en devises de la Banque centrale ont baissé. En outre, la loi de finances 2018 vise à réduire le déficit budgétaire à moins de 5 % du PIB, mais cet ambitieux objectif ne sera pas facile à atteindre. La stratégie fiscale de l’Etat et une réforme complète de la fonction publique devront être mises en œuvre. Une réduction des subventions à l’énergie, qui profitent de manière disproportionnée aux plus riches, et la poursuite de la réforme de la sécurité sociale peuvent aider à stabiliser les déficits publics et la dette.

Un autre défi majeur pour les années à venir est de lever les principaux obstacles à la croissance et à la création d’emplois – notamment en simplifiant le cadre réglementaire pour résoudre les problèmes de prêts non productifs et de gouvernance des banques publiques, et ainsi élargir l’accès des petites et moyennes entreprises (PME) au financement bancaire. La Tunisie pourrait également adopter un plan pour stimuler de nouvelles industries à fort potentiel compétitif, susceptibles d’absorber le vaste réservoir de travailleurs qualifiés sous-employés du pays.

Le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Zied Laâdhari, qui assistait au lancement du dit rapport, a mis l’accent sur l’impératif de s’orienter vers le marché africain pour mieux renforcer les échanges commerciaux et la coopération économique, qui est un choix stratégique pour le pays. L’économie africaine est une économie vitale et sera plus dynamique au cours des prochaines années, d’autant plus que la croissance mondiale sera tirée principalement du continent africain.
De son côté Mohamed El Azizi, directeur général de la BAD pour la Région Afrique du nord, a fait savoir que la stratégie de la banque en Tunisie est de se focaliser sur les secteurs industriels, notamment dans les régions intérieures, pour y promouvoir la création d’emplois.

par -

La Tunisie participe pour la sixième année consécutive au salon ‘’Mobile World Congress’’, la plus importante manifestation au niveau mondial pour la promotion de l’univers de la téléphonie mobile, qui se tient du 26 Février au 1er Mars 2018, à Barcelone.
Dix entreprises tunisiennes aux activités variées (Mobile Service Cloud, Mobile Network Monitoring, Swarming Drones Communication Modems, développement des logiciels Web Mobile, solutions M-Business, développement d’applications d’ingénierie des services financiers, paiement mobile, Cloud Computing) participent au pavillon national à ce salon, qui est organisé par le Centre de promotion des exportations (CEPEX) sur 74m².

Le CEPEX a fait savoir jeudi 1er mars 2018, dans un communiqué, qu’il s’est allié avec ses partenaires institutionnels et privés pour stimuler les synergies des participants tunisiens, à “la plus grande messe de l’industrie de la téléphonie mobile à l’échelle mondiale“. Pour ce faire, le Pôle el-Gazala des Technologies de la Communication et le Pôle de Compétitivité de Sousse se sont attelés, depuis des mois, à mobiliser 13 Start-ups tunisiennes pour faire le déplacement à Barcelone, afin de présenter leurs dernières solutions mobile aux leads et prospects croisés aux abords du pavillon Tunisie, mais aussi pour vivre une expérience commerciale et technologique unique qui enrichira leur connaissance du business international.

Pour le CEPEX, le salon ’’MWC 2018’’ est l’occasion de mettre en application la nouvelle vision qui prône l’intégration graduelle des activités du fonds “Tasdir+” dans les actions du centre. C’est ainsi que ce fonds a mis à contribution son réseau local et international pour l’inscription de ses adhérents à ce salon et l’invitation au pavillon national de donneurs d’ordre et professionnels d’envergure internationale lors de deux séances de networking et de mises en relation organisées, les 27 et 28 février dernier.
La rencontre du 27 février a été marquée par une grande affluence de personnalités, donneurs d’ordre et bailleurs de fonds étrangers venus pour établir des réseaux avec les chefs et délégués des PME tunisiennes, présentes au salon.
Ont pris part à cette séance de networking des partenaires européens et africains, des personnalités de la région MENA (ministres des TIC de la Palestine et de l’Egypte ainsi que le secrétaire général de l’association arabe des TIC -AITCO-), le président du patronat ivoirien, le président de l’instance de coopération internationale de Russie, le président de la région Est de l’investissement canadienne et le président de l’instance de l’export du Québec.

La séance du 28 février a été consacrée aux rencontres B to B et le partenariat avec l’Afrique a été au cœur de ces rencontres. Un accord entre l’entreprise tunisienne “Omniacom”, fournisseur de solutions et services de télécommunication et la compagnie ivoirienne Enova a été signé lors de cette journée.
Un autre pavillon tunisien, au nom du consortium “Get’it” qui abrite sept entreprises, participe au salon ‘’MWC 2018’’, pour présenter le savoir-faire de ces sociétés dans les domaines des Solutions Telecom, de la Transformation digitale et de l’Outsourcing & Services.
Pour le CEPEX, il s’agit là d'”un exemple d’une initiative privée qui démontre la possibilité de se distinguer, sans forcément recourir à l’assistance de l’Etat“.

Etant membre du réseau Europe Entreprise Network (EEN) depuis 2015 (4000 experts au sein de 600 organisations partenaires dans plus de 50 pays), le Cepex a co-organisé avec l’Agence Catalane pour la Compétitivité des Entreprises (ACCIO) le plus grand événement de rencontres BtoB entreprises par ce réseau, au salon ‘’MWC’’.
Cet événement a été l’occasion idoine pour les exposants tunisiens de marquer leur présence parmi les acteurs de la téléphonie mobile dans le monde et révéler tout leur potentiel particulièrement en termes de rapport qualité/prix“.
En effet, un travail de collaboration fut initié quelques semaines avant le début du MWC entre le Cepex et l’Ambassade du Canada à Tunis, en vue d’identifier les intérêts communs des PME exposantes au MWC des deux pays et de créer un planning de rendez-vous d’affaires aussi bien au sein du pavillon Tunisie que de celui du Canada“.
L’édition 2018 du salon MWC a choisi comme slogan “Creating a Better Future“. C’est exactement à quoi on s’attend en Tunisie pour une filière naissante et prometteuse, a souligné le CEPEX.

par -

La Tunisie ne sera pas épargnée par les conséquences du changement climatique, même si elle commence, dès aujourd’hui, à réduire considérablement, les émissions des gaz à effet de serre, a déclaré l’expert national Nidhal Attia.
Intervenant, mardi 27 février 2018, à un séminaire sur “Le changement climatique en Tunisie : gestion des impacts“, Attia a souligné la nécessité de prendre en considération le facteur prévention, de contribuer aux efforts internationaux (rejoindre la vague mondiale de lutte contre le changement climatique) et être prêt à gérer les éventuels impacts (adaptation).

Parmi ces impacts sur la Tunisie, l’expert a évoqué une baisse de 28% des ressources en eau à l’horizon de 2030, alors que notre pays est déjà en situation de stress hydrique. Le littoral va aussi être sérieusement touché par le changement climatique (érosion, retrait de la ligne des côtes, salinisation des nappes côtières et submersion des terres agricoles dans les zones côtières).
L’agriculture va aussi être impactée par les effets du changement climatique et la production agricole va régresser, ainsi que le secteur de la santé (apparition de maladies résultant de la pollution de l’eau et des maladies respiratoires)“.
Si le littoral est touché par les effets du changement climatique, le tourisme balnéaire sera également menacé. En plus, les deux tiers du territoire tunisien seront touchés par la désertification” a fait savoir l’expert.
Attia a rappelé par ailleurs que “la Tunisie a ratifié, en octobre 2017, l’accord de Paris sur le changement climatique et dispose de plusieurs stratégies et rapports sur l’adaptation et la lutte contre le changement climatique“, soulignant “la nécessité de les mettre aujourd’hui en application“.
Il a dans ce cadre relevé l’urgence de désigner une entité qui se chargera du dossier du changement climatique, de l’harmonisation et de la concrétisation des stratégies sectorielles.

Le ministre des affaires locales et de l’environnement, Riadh Mouakhar, a indiqué que la Tunisie doit établir une politique permettant la concrétisation et l’harmonisation des politiques des différents départements en matière d’adaptation et de lutte contre le changement climatique (transport, énergie, santé….).
Il a réitéré par ailleurs que son département dispose de trois stratégies majeures, à savoir la stratégie de développement durable, de changement climatique et l’économie verte, inscrites au plan de développement 2016/2020, tout en les jugeant insuffisantes car il faut, aussi, élaborer des stratégies sectorielles.
Rappelant que la CNDD, la Commission Nationale de Développement Durable, présidée par le Chef du Gouvernement et regroupant tous les secteurs dont le secteur privé, ne s’est pas réunie, depuis 2009, il a indiqué que son département a appelé cette commission à concrétiser ces stratégies.

De son côté, le ministre de la santé, Imed Hammemi, a rappelé que le changement climatique entraine des risques importants sur la santé de l’homme, citant à titre d’exemple la leishmaniose, la fièvre de la Vallée du Rift (FVR) et la fièvre de nil occidental.
Il a fait savoir dans ce sens que son département œuvre au développement de la médecine préventive via des études prospectives et coopère avec le ministère des affaires locales et de l’environnement pour élaborer une stratégie nationale d’adaptation du secteur de la santé, face aux changements climatiques.
Cette stratégie est basée notamment sur le renforcement du contrôle des maladies et épidémies causées par le changement climatique et le développement des capacités en terme de détection précoce des épidémies.
Il a rappelé par ailleurs la création de l’Observatoire National des Maladies Nouvelles et Emergentes chargé de collecter et d’analyser les données relatives à ces maladies, de la réalisation des travaux de recherche et des études et du suivi de la situation épidémiologique internationale…

par -

La Tunisie a un rendez-vous de la plus haute importance avec le GAFI (Groupe d’action financière) en avril 2018, pour, espère-t-elle, décrocher son ticket pour entrer dans le club des pays qui ne prêtent pas le flanc au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme. En attendant les autorités tunisiennes travaillent leur dossier, très sérieusement, aux dernières nouvelles, pour peut-être une délivrance dès mai 2018. Les experts aussi carburent. Réactiver la diplomatie et le lobbying économiques, mettre en place une structure rattachée à la présidence du gouvernement destinée à suivre la gestion des différentes évaluations et classements externes de la Tunisie, bâtir une stratégie de “décashing” en encourageant les moyens de paiements électroniques pour limiter l’abondance du cash et assurer une meilleure traçabilité de l’argent qui circule dans le pays, sont autant de recommandations qui ont été formulées par les experts et universitaires réunis autour d’une table ronde organisée mercredi 21 février 2018 par l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES) sur le thème “la Tunisie sur la liste de l’Union européenne des pays tiers les plus exposés au blanchiment de capitaux et au financement de terrorisme : les causes, les enjeux et les conséquences“, pour faire sortir la Tunisie de cette liste et éviter d’autres classements négatifs.

Il s’agit aussi, selon ces experts, de généraliser, moderniser et connecter les systèmes d’information entre les différentes structures et administrations, améliorer la coordination entre les régulateurs et les cercles de décision, mieux coordonner les visites des institutions de classement et de notation et sensibiliser les différents intervenants quant à l’importance des propos communiqués aux experts de ces institutions dans les entrevues organisées par ces derniers lors de leurs déplacements en Tunisie, réviser les textes législatifs bloquant la réalisation de certaines réformes (digitalisation…), faire preuve d’effectivité et d’efficacité dans l’application des décisions prises et lutter contre l’informel.
Les experts et universitaires participant au débat ont aussi été unanimes pour épingler “la portée politique du classement de la Tunisie dans cette liste noire“.

A cet égard, Karim Ben Kahla, universitaire et expert auprès de l’ITES, estime “qu’objectivement, il y a de quoi se poser des questions quant à ce classement, surtout quand on voit que 3 pays seulement sont listés, comme s’il n’y a que ces trois petites taches sombres dans un monde quasiment parfait, mais aussi quand on voit que des pays comme la Turquie ou les Etats-Unis ne figurent pas sur la liste“.
Ben Kahla reproche aussi au GAFI “le fait qu’il fait beaucoup de recommandations sans avoir vraiment les moyens de sa politique, c’est-à-dire les moyens de vérifier si ces recommandations ont été véritablement respectées“.
Pour lui “le moment doit être à la réflexion sereine sur les moyens à même de faire sortir le pays de cette liste sans tomber ni dans l’auto-flagellation ni dans le déni“.

Adhérant au même constat, Nabil Chahdoura, membre fondateur du cercle des financiers tunisiens, a considéré que “le classement de la Tunisie dans cette liste est une décision pénalisante“, n’écartant pas “la possibilité qu’elle soit influencée par certains groupes de lobbying œuvrant pour le compte de certains pays“.
Il a recommandé à cet égard recommandé de “réactiver l’effort diplomatique pour neutraliser l’influence de ces groupes“.

De son côté, l’économiste Abdejlil Bedoui, a mis l’accent sur “la complexité de la situation parce que la Tunisie a choisi de s’engager dans un processus néolibéral, contraignant et asymétrique, qui la soumet constamment aux arbitrages externes, courant ainsi le risque de se trouver dans des listes noires répétitives“.
Selon lui, il va falloir “repenser tout le système et réformer la relation de l’Etat avec la société et l’économie, mais surtout avec l’extérieur“, affirmant que l’Etat “ne doit plus se soumettre aux contraintes et diktats extérieurs, mais il doit savoir les négocier et les contourner“.
Si on veut intégrer la mondialisation, il faut savoir négocier ses contraintes“, a-t-conclu.

Prenant part au débat, Abdelkader Boudriga, vice-président du Cercle des financiers tunisiens, estime pour sa part que la Tunisie a payé le prix de son ambition et de sa sur-confiance, rappelant que c’est elle qui a demandé d’être évaluée selon la nouvelle méthodologie du GAFI publiée en 2013 et que c’est l’unique pays de la région MENA à être évalué conformément à cette nouvelle méthodologie.
L’ambition est louable mais elle doit être efficacement gérée. La Tunisie a fait des progrès en matière de législation liée au blanchiment d’argent et au financement de terrorisme, mais du travail reste à faire“, a-t-il fait valoir, faisant remarquer que l’alignement sur les normes internationales est “un travail continu, difficile qui nécessite du suivi“, tout en recommandant de mettre en place une structure permanente au sein de la Présidence du gouvernement destinée à gérer cette question.

Réagissant aux propos des experts, Mounir Ben Rjiba, responsable des relations avec l’Union européenne au ministère des Affaires étrangères, a fait savoir que “suite aux efforts diplomatiques déployés par les autorités tunisiennes auprès de l’Union européenne, cette dernière s’est indirectement engagée à faire sortir la Tunisie de la liste noire des pays les plus exposés au blanchiment de capitaux, dès que ses engagements avec le GAFI seront remplis“.
Il a à ce titre rappelé que “l’Union européenne, qui n’a pas un système d’évaluation de blanchiment d’argent et de financement de terrorisme et qui se base pour ses classements sur les classements du Gafi, a mis en place en 2015 une directive instaurant un système de précaution contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. En vertu de cette directive, tout pays classé dans une liste noire par le GAFI est automatiquement listée par l’UE, mais sa sortie de cette liste ne s’effectue pas d’une manière automatique une fois qu’il est sorti de la liste du GAFI, à cause dudit principe de précaution“.
Il a également évoqué “le plan d’action mis en place par le gouvernement depuis le 3 novembre 2017 qui contient tous les détails de mise en œuvre des 40 recommandations du Gafi“, rappelant que 26 recommandations ont été jusque-là respectées.
De plus, un décret concernant le gel des avoirs de terroristes a été émis en janvier 2018, et d’autres mesures imminentes seront prises ; le gouvernement s’étant engagé à tenir tous ses engagements avant fin avril 2018“, a-t-il encore précisé.

par -

Le ministère de l’Industrie et des Petites et Moyennes Entreprises, l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), la Banque Tunisienne de Solidarité (BTS) et la Banque de financement des petites et moyennes entreprises (BFPME) ont signé, mardi 20 février 2018, quatre conventions de coopération en matière d’appui à la création et d’accompagnement des PME.
Intervenant lors de la cérémonie de la signature des accords, le ministre de l’Industrie et Petites et Moyennes Entreprises, Slim Feriani, a fait savoir que la première convention s’inscrit dans le cadre de la 2ème phase du programme “ISECO” (Initiative pour la stabilisation économique et l’emploi des jeunes) financé grâce à un don de 4 millions d’euros (environ 12 millions de dinars).
La première phase du programme (2015/2017), précise encore le ministre, a permis de garantir un appui technique et financier au profit de 308 entrepreneurs dans 14 gouvernorats de l’intérieur, la création de 828 postes d’emploi et l’entrée en production de plus de 90 entreprises.
S’agissant de cette 2ème phase qui se poursuivra jusqu’à 2021, le ministre a souligné qu’elle favorisera l’appui technique à près de 500 jeunes entrepreneurs, outre l’accompagnement des PMEs durant la phase post-création et l’entrée en production de 150 nouvelles entreprises avant la fin 2021.
Et d’ajouter que l’objectif final du programme ISECO est de garantir un appui à 800 jeunes entrepreneurs, favoriser l’entrée en production de plus de 240 entreprises et créer 2300 emplois à l’horizon 2021.

Pour sa part, l’ambassadeur d’Allemagne en Tunisie, Andreas Reinicke a mis l’accent sur la réussite de la première phase du programme ISECO, notamment dans les régions. L’importance de ces conventions, a-t-il avancé, réside dans l’accompagnement des jeunes non seulement au niveau financement.
Les accords conclus favoriseront une gestion plus rapide des dossiers présentés aux banques concernées, appelées (banques) à donner une réponse soit positive ou négative aux jeunes porteurs d’idées qui ont déjà développé leurs business plans et l’ont soumis aux banques pour bénéficier des financements. Le délai de réponse ne doit pas dépasser un mois, a-t-il encore précisé.
Une fois le financement accordé, les jeunes bénéficieront également de l’accompagnement, a souligné le diplomate, rappelant que les trois premières années de la vie d’une jeune entreprise sont très importantes pour sa survie et sa pérennité.

Au cours de la même cérémonie, les 4 parties ont signé une convention en vertu de laquelle sera achevée la deuxième phase du programme de coopération Innovation, Développement économique régional et Emploi (IDEE) qui s’étale sur la période 2018 /2021 avec un budget total de 11,9 millions d’euros.
Ce programme a permis dans sa première phase de présenter l’appui technique à 49 entreprises en matière de gestion des ressources humaines, 40 entreprises opérant dans le domaine de commercialisation et 31 entreprises spécialisées dans le secteur du transfert technologique.
Il s’agit en outre de la réalisation d’une opération de diagnostic de quatre secteurs industriels (industries électroniques et électriques, textile et habillement, industries agroalimentaires et industries pharmaceutiques), outre l’élaboration des études de diagnostic de 10 chaines de valeur.

par -

On doit très sérieusement penser, spécialistes et acteurs politiques, au changement du mode de scrutin avant les élections législatives et présidentielle de 2019 pour aboutir à un gouvernement de législature pouvant compter sur une majorité cohérente, stable et forte“, a préconisé Rafaa Ben Achour, professeur émérite à la faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis et juge à la Cour africaine des droits de l’Homme et des Peuples.
Dans une déclaration à l’agence TAP, Ben Achour a expliqué que le mode de scrutin à la proportionnelle, adopté depuis les élections des membres l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), était requis pour élaborer une constitution consensuelle et permettre à la minorité de participer à l’élaboration du contrat social. “Cependant, pour faire face au glissement de la monnaie nationale et pour sortir le pays de ses crises sociale et économique, nous devons faire en sorte que le Parlement dégage un vrai gouvernement de législature après les élections de 2019, comme cela se voit dans les pays scandinaves et l’Italie“, a-t-il soutenu.

Ben Achour s’exprimait à l’occasion d’un colloque international sur “Les institutions constitutionnelles quatre ans après l’adoption de la Constitution tunisienne de 2014”, organisé par la faculté des sciences juridiques politiques et sociales de Tunis et la fondation Konrad-Adenauer.
Selon lui, le gouvernement doit pouvoir compter sur une vraie majorité. “Je pense que dans une démocratie, la proportionnalité est nécessaire mais elle doit être accompagnée d’un mode de scrutin qui favorise la majorité“. Si la révision de la Constitution s’avère difficilement envisageable pour des raisons juridiques ou politiques, le mode de scrutin en général devrait être révisé.

Selon Rafaa Ben Achour, le régime politique en place doit être redéfini. “La Constitution a mis en place un régime hybride et non pas mixte, le régime actuel n’est ni parlementaire, ni présidentiel, ni d’assemblée. Il ne se base ni sur une réelle séparation ni sur une réelle interférence des pouvoirs“, a-t-il regretté faisant observer que ce régime “papillonne” entre les différents types de régimes politiques.
Dans ce type de régime, le chef du gouvernement se trouve dans l’incapacité de prendre des décisions salutaires pour le pays et de mobiliser les moyens nécessaires pour exécuter réellement sa politique. Des réaménagements techniques doivent être apportés à la Constitution et ensuite au règlement intérieur de l’ARP, a-t-il recommandé.

Selon Rafaa Ben Achour, 4 ans après l’adoption de la Constitution de la deuxième République, l’ingénierie constitutionnelle a fait preuve de défaillance sur un certain nombre de points, nécessitant des réaménagements techniques qui ne portent pas atteinte à la séparation des pouvoirs.
Pour Ben Achour, en cas de remaniement ministériel, le chef de gouvernement ne devrait plus solliciter l’approbation de l’ARP, accordée principalement sur la base d’un programme ministériel et non en fonction des ministres.

Abordant le retard dans la mise en place de la Cour constitutionnelle, Ben Achour a noté que jusqu’à ce jour, la Constitution de 2014 n’est pas encore totalement appliquée dans la mesure où d’une part les dispositions transitoires sont toujours en vigueur, ce qui fait que nous vivons encore avec des institutions anciennes comme la HAICA et le Comité des droits de l’Homme et des droits fondamentaux, et que d’autre part, des instances constitutionnelles tardent à voir le jour à l’instar de la Cour constitutionnelle.
Cela dit Ben Achour estime que la Constitution tunisienne demeure une excellente Loi fondamentale et comporte un grand projet politico-juridique, à savoir l’instauration d’une démocratie de droit.
Le colloque a été organisé à l’occasion du 4e anniversaire de l’adoption de la Constitution. Des experts égyptiens, marocains et allemands en droit constitutionnel ont participé à cette rencontre de deux jours (15 et 16 février).

par -

Souffler le chaud et le froid, alternativement ou l’un après l’autre, c’est tout un art, pas à la portée du commun des mortels, mais que manifestement le Fonds monétaire international (FMI) maitrise à merveille. Après avoir félicité Youssef Chahed pour son tour de vis – les réformes, surtout les ponctions fiscales et le gel des recrutements dans le public -, Christine Lagarde et ses collaborateurs insistent pour un virage social. La raison ? Ce n’est pas de la philanthropie, que tout le monde se rassure, mais une inflexion que dicte la conjoncture. En effet les risques d’explosions sociales sont réels, ici en Tunisie et ailleurs, et les dernières éruptions dans les gouvernorats et la capitale le démontrent. D’ailleurs cela n’a pas échappé à Jihad Azour, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI. Les réformes que soutiennent son institution sont censées être une thérapie qui va guérir le malade, et non l’achever. C’est important pour préserver l’économie mondialisée de fièvres très mauvaises pour sa santé – la consommation, la circulation des capitaux, les gros profits des financiers et bailleurs de fonds, et tout le toutim… – et aussi pour que les Etats emprunteurs (et de ce point de vue la Tunisie est aux premières loges !) puissent être suffisamment viables pour honorer leurs échéances de remboursement.

Les réformes économiques adoptées par la Tunisie devraient être accompagnées par des réformes sociales afin d’alléger la pression sur les catégories vulnérables, a affirmé Azour.
Dans une interview accordée à l’agence TAP, le responsable a estimé que le gouvernement tunisien est sur la bonne voie, ajoutant que les réformes nécessitent du temps et de l’appui. Il a, dans ce cadre, exprimé la volonté du FMI de soutenir les efforts du gouvernement tunisien dans ce domaine, tout en prenant en considération la réaction du citoyen qui n’a pas encore senti d’améliorations notables de sa situation.
En Tunisie et dans la région arabe, il est nécessaire de hisser le niveau de croissance à un niveau oscillant entre 5 et 5,5% afin de permettre à ces pays de résoudre les problèmes existants“. Il a, en outre, mis l’accent sur la nécessité d’adopter une approche participative de développement qui bénéficiera à toutes les catégories sociales, notamment, les plus vulnérables comme les jeunes qui font face, dans certains de ces pays, à des taux de chômage atteignant les 25%.

Avec l’appui du FMI, la Tunisie a entamé la concrétisation d’un 2ème programme de réformes, mais elle ne parvient pas encore à booster la croissance, l’investissement et l’emploi. Quels sont les obstacles qui entravent la réalisation de ces objectifs tracés ?

Le niveau de croissance en Tunisie constitue encore le principal obstacle entravant la création d’emplois qui doit être la priorité absolue.
Il ne faut pas oublier que la difficile transition par laquelle est passé le pays a posé plusieurs défis liés aux répercussions des opérations terroristes, notamment sur le secteur touristique.
Le peuple et le gouvernement tunisiens déploient des efforts considérables pour garantir la stabilité dans une conjoncture difficile, caractérisée par l’augmentation
du budget, au cours des dernières années.
Cette situation nécessite une maitrise des dépenses publiques afin de permettre à l’Etat de mobiliser une partie du budget pour appuyer les dispositions sociales et l’investissement dans les jeunes et la création d’emplois.
Dans tous les pays du monde et pas seulement en Tunisie, le processus de transition prend du temps et il est normal que le citoyen ne sente pas les résultats de cet effort sur sa vie de tous les jours.
Les gouvernements sont appelés à alléger la pression causée par les réformes à travers des programmes sociaux ciblant les catégories vulnérables.

Dans une conjoncture ou les ressources financières de l’Etat tunisien se font de plus en plus rares, quelles sont les mesures qui doivent être prises en vue de concrétiser les réformes sociales ?

Comme je l’ai déjà mentionné, l’Etat est appelé à alléger les impacts des réformes économiques sur les catégories vulnérables à travers la mise en place de programmes sociaux visant à garantir un appui financier direct ciblant quelques catégories.
Dans ce même cadre il faut souligner que la baisse du taux de chômage représente la principale cible des programmes de réforme, d’autant plus que la création d’opportunités d’emplois nécessite une amélioration de l’infrastructure de base, la modernisation du climat d’affaires et l’incitation du secteur privé.
Les autres volets sociaux concernent, notamment, la couverture sociale afin de permettre aux citoyens de tout âge de se sentir protéger. En effet, il est primordial de mettre en place des réformes ciblant la couverture sociale et le système de retraite.
Le gouvernement tunisien est sur la bonne voie, mais les réformes nécessitent du temps et de l’appui. Et c’est pour cette raison que nous œuvrons à appuyer ces efforts, tout en prenant en considération la réaction du citoyen tunisien qui n’a pas encore senti d’améliorations notables de sa situation.
Outre l’appui financier, nous sommes prêts à fournir une aide technique afin de permettre à la Tunisie de concrétiser ces réformes.

La Tunisie a décidé une hausse des impôts afin de mobiliser des revenues supplémentaires, ce qui ne manquera pas d’élever les couts de production de l’entreprise, décourager l’investissement et limiter la création d’emplois. La Tunisie n’est pas dans un cercle vicieux, avec un manque d’investissements, d’une part et une baisse des recrutements dans l’administration publique, d’autre part?

Je crois que l’investisseur ne met pas l’accent seulement sur les pressions fiscales. Il y a les démarches administratives et la qualité de l’infrastructure.
Autre préoccupation de l’investisseur, c’est la stabilité économique, car si l’inflation est importante et le déficit budgétaire en hausse, le facteur confiance sera ébranlé.
Le gouvernement est appelé à mettre en place des politiques globales qui ne doivent pas être basées sur une seule ou deux dispositions.

Estimez-vous que la Tunisie soit en mesure de réussir son programme de réforme économique comme c’est le cas au niveau politique ?

Il y a une volonté au sein de la société tunisienne de garantir la réussite des réformes économiques et une prise de conscience de plus en plus forte auprès des Tunisiens, spécialement les jeunes de la nécessité de mettre en place des réformes afin de sortir de la situation actuelle.
Actuellement, les perspectives sont positives, d’autant plus que la Tunisie devrait bénéficier de l’amélioration du niveau de croissance dans le monde qui a concerné des pays partenaires de la Tunisie, notamment l’Union Européenne, ce qui permettra une amélioration de la croissance économique dans le pays.

FOCUS 🔍

La BIAT, qui apporte depuis s plusieurs années, un soutien à la culture et aux industries créatives allant au-delà du mécénat, a lancé une...

Le meilleur des RS

Notre rubrique «Le meilleurs des réseaux Sociaux », début de la saison estivale oblige, choisit de mettre en lumière une initiative citoyenne, soutenue par un...

INTERVIEW

Walid Ben Salah, expert comptable, a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont l'augmentation et à plusieurs reprises...

AFRIQUE

La Côte d'Ivoire et le Niger veulent booster les voies de transport et de communication communes. C'est ce qui ressort des échanges ce mardi...

Reseaux Sociaux

SPORT