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La résolution des problèmes économiques du pays et des déséquilibres financiers ne doit pas se faire au détriment de l’entreprise économique et à travers une augmentation de l’imposition ayant porté la pression fiscale à des niveaux records, menaçant non seulement la compétitivité des entreprises, mais aussi leur survie et leur pérennité“, a déclaré, mercredi, la présidente de l’Utica, Wided Bouchamaoui, dans son discours d’ouverture du 16ème congrès de l’organisation patronale.
Bouchamaoui a également évoqué les difficultés rencontrées par les entreprises économiques durant les dernières années, notamment “la dégradation du climat des affaires, la défaillance des services logistiques liés à l’export (services portuaires et aériens), la vétusté des infrastructures, l’ampleur prise par la contrebande et le commerce parallèle, et les revendications démesurées
Et de poursuivre : “malgré toutes ces difficultés, l’entreprise économique a continué à faire des sacrifices énormes, à l’instar de la contribution exceptionnelle de 7,5% inscrite dans la loi de finances 2017, dans l’espoir que cette contribution puisse favoriser la croissance, l’investissement et l’emploi. Un espoir qui a été trahi par la loi de Finances 2018, qui a apporté son lot de nouvelles impositions“.

La présidente du bureau sortant de l’UTICA, a ainsi, considéré que “l’entreprise économique ne peut plus supporter plus d’imposition“, rappelant “le rôle que devrait jouer l’Etat dans l’application de la loi et la protection de l’économie organisée et des secteurs fragilisés“.
Elle a, encore, affirmé que “les priorités de l’organisation patronale durant les dernières années ont été axées autour du rétablissement de la valeur travail, de la lutte contre les grèves anarchiques et des dépassements de la loi, de l’encouragement de l’initiative privée, de l’amélioration du climat des affaires et du climat social, et du soutien de la lutte contre l’économie parallèle
Déplorant des résultats qui n’étaient pas à la hauteur des attentes, la présidente du bureau exécutif sortant a souligné toutefois “qu’il y a eu, au moins, une prise de conscience générale quant à l’importance de ces défis“, formulant l’espoir que cette conscience puisse se traduire en actions et en engagements en faveur de la relance de l’économie nationale.

Bouchamaoui a en outre rappelé le rôle joué par l’organisation patronale dans le dialogue national, et dans la résolution des crises politiques ayant secoué le pays après la révolution, appelant les affiliés de l’organisation patronale à la maintenir loin des tractations et des calculs politiques. “Tous ceux qui veulent faire de la politique, qu’ils la fassent loin de l’Utica“.
Elle a aussi estimé que “les efforts des organisations nationales et des partis politiques doivent être orientés durant la prochaine étape vers des programmes et des visions capables de faire sortir le pays de sa crise“, appelant à “faire du pari sur le secteur privé un choix stratégique national“.
Elle a aussi fait savoir qu’une étude sur la perception de l’UTICA par l’opinion publique a été confiée à un bureau d’étude spécialisé, son élaboration a atteint aujourd’hui ses phases finales et elle sera mise à la disposition du nouveau bureau qui sera élu lors du congrès.

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45 petites et moyennes entreprises tunisiennes bénéficieront du Programme “Export Lab” lancé, en septembre dernier, par la Chambre américaine de commerce en Tunisie (AmCham), et dont l’appel à candidatures vient d’être ouvert.
Ce programme constitue l’action phare du Plan d’action de l’AmCham pour l’année 2018, présenté lors d’une conférence de presse organisée, mardi 16 janvier 2018, à Tunis. Doté d’une enveloppe globale de 500 mille dinars, ce projet d’une durée de 18 mois consiste à aider et former ces entreprises à exporter leurs produits et services aux Etats-Unis. Il se focalisera principalement sur les PME opérant dans trois secteurs d’activités (15 entreprises de chaque secteur), à savoir l’agroalimentaire, les nouvelles technologies et l’artisanat. Il ciblera particulièrement les jeunes et les femmes entrepreneurs dans les régions.

Il va “mettre à disposition de ces PME, le coaching nécessaire pour répondre aux exigences du marché américain et acquérir les certificats qui, par la suite, vont ouvrir des opportunités de partenariat avec des entités américaines“, a précisé le président de la Chambre, Naceur Hidoussi.
Hidoussi a, par ailleurs, fait savoir que “l’appel à candidatures à été ouvert il y a une semaine et il sera clos le 30 janvier 2018. Les procédures de sélection seront entamées la première semaine de février. Un comité de sélection regroupant le Cepex, l’Office national du tourisme tunisien et l’AmCham a été mis en place à cette fin. Il prendra sa décision en fonction des possibilités de vente des produits et services en question sur le marché américain et de la capacité des entreprises candidates à honorer les engagements pris“.
Hidoussi a encore souligné que “l’approche de la Chambre consiste à favoriser l’action concrète en fournissant l’accompagnement nécessaire aux entreprises sélectionnées, mais également en leur garantissant l’accès aux principales plateformes de vente électronique opérant sur le marché américain. Nos objectifs doivent se traduire en ventes“.

S’agissant des échanges commerciaux, Hidoussi a affirmé “que les échanges entre les deux pays enregistrent un grand déficit en faveur du côté américain“, rappelant “qu’en 2016 la valeur des importations tunisiennes en provenance des USA s’est établie à 1,1 milliard de dinars, contre 460 millions de dinars d’exportation“.
Et de poursuivre : “on n’a encore pas les chiffres exacts de 2017 mais on s’attend à ce que le gap se rétrécisse un peu grâce à la récolte exceptionnelle de dattes et de l’huile d’olive. Toutefois, le déficit persistera aussi en 2018 et c’est la raison pour laquelle nous nous employons, au sein de la Chambre à booster les capacités exportatrices des entreprises tunisienne“.

Interrogé sur les barrières à l’export auxquelles font face les entreprises tunisiennes désireuses d’exporter sur le marché américain, il a fait savoir “qu’une commission commerciale commune entre le gouvernement tunisien et le gouvernement américain se déploie actuellement pour obtenir le FDA (Free Trade Agreement) qui va permettre à la Tunisie d’exporter vers les Etats-Unis sans payer les taxes d’accès au marché américain. Les pourparlers économiques avec l’administration américaine ont été engagés depuis une année et demie. Ils vont se poursuivre cette année dans l’objectif d’obtenir cet agrément mais rien n’est gagné d’avance“.
Des pays comme la Jordanie et le Maroc ont bien décroché cet agrément. Pour le cas de la Tunisie, le changement successif des gouvernements n’était pas pour faciliter les choses, car il fallait redémarrer les négociations, avec l’arrivée de chaque nouvelle administration“, a-t-il encore précisé.

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Alors que les mouvements de contestation se multiplient dans tout le pays contre les augmentations des prix et que des bandes suspectes sortent nuitamment, sous couvert de protestation, pour piller et détruire les biens publics et privés, le ministre du Commerce, Omar El Béhi, considère dans une interview accordée à l’Agence TAP que les récentes augmentations des prix sont “louables”, puisqu’elles visent à réduire les déficits commercial et budgétaire.
Il a rappelé que ces augmentations, qui ne concernent pas les produits subventionnés, “ont été largement discutées dans le cadre de la loi de finances 2018“. Une façon de mettre dans l’embarras le parti qui a voté le texte à l’ARP et le conteste dans la rue

Pourquoi le gouvernement a décidé ces augmentations au lieu d’entreprendre d’autres réformes ?

Depuis sept ans, on vit dans le même cercle vicieux, le pays souffre d’un déficit de la balance commerciale et d’un déficit budgétaire qui créent de l’inflation, aggravent l’endettement et provoquent la dépréciation du dinar. Pour arrêter cette spirale, on prévoit de baisser le déficit du budget à 4,9% en 2018 et 3% en 2020.
Le but est de rétablir les équilibres financiers du pays et de stabiliser le dinar. Nous devons augmenter les taxes pour pouvoir générer plus de ressources au profit de l’Etat. Le fardeau fiscal, qui ne concerne pas les produits de base, est partagé entre tous. Les catégories défavorisées ou la classe moyenne ne sont pas les seules à faire face à ces taxes, les entreprises sont également concernées par ces augmentations, cela veut dire que même la classe aisée est concernée par ces augmentations.

Les augmentations des prix, décidées dans le cadre de la loi des finances 2018, consistent en une augmentation de 1% de la TVA sur plusieurs produits dont les médicaments, la hausse du droit de consommation sur certains produits ainsi que des droits de Douane, surtout pour les produits de luxe.
Les objectifs du gouvernement sont également de limiter les importations et les contrôler, d’où le rétablissement des droits de douane sur les produits d’origine turque à hauteur de 90% des tarifs appliqués dans le régime commun, à partir du 1er janvier 2018.
N’oublions pas que les produits subventionnés ne sont pas concernés par ces augmentations. L’Etat supporte un coût de subvention de 3520 millions de dinars : 1570 MD de subventions des produits de base et un montant de 1500 MD pour les hydrocarbures et un autre de 450 MD pour le transport. Il y a aussi la subvention par l’Etat du sucre qui coûte 100 MD ainsi que celles de l’eau, de l’électricité… Comment un Etat libéral peut supporter un tel niveau de subventions ?

Pour faire baisser les prix pour le consommateur, on est également en train d’importer 2300 tonnes de viandes rouges qui sont vendues à des prix étudiés (17 dinars/kg).
En ce qui concerne les augmentations dans le secteur immobilier, l’instauration d’une TVA de 13% aidera à organiser davantage le secteur et aura réellement un impact de 3% sur le prix de l’immobilier.

Quelles sont les mesures prises par l’Etat pour faire face aux augmentations incontrôlées des prix ?

Ces augmentations sont accompagnées d’une intensification du contrôle des prix. Tout cas de dépassement doit être dénoncé. Les citoyens, les médias et les politiciens sont tous concernés et sont appelés à signaler les cas d’augmentations illégales et dénoncer chaque cas de dépassement, afin de limiter les cas d’augmentation illégale des prix.
L’Etat surveille la distribution de certains produits comme le sucre ou l’huile végétale. De grandes campagnes sont organisées dans les régions pour contrôler la distribution de ces produits. Nous procédons au contrôle continu de tous les produits, même de ceux importés et ce depuis la première ligne, par exemple dans les ports, dans le but de réguler l’importation.
Le but étant de limiter ces importations, surtout que le déficit avec certains pays comme la Turquie a atteint 1850 MD. Nous procédons aussi à l’attribution de certificat de vente libre et à l’augmentation des taxes douanières afin de pouvoir rationaliser les importations et protéger l’industrie locale.
La spéculation est le résultat du manque de la production ou de l’offre, mais l’Etat fait des efforts pour faire face à ce phénomène et intervient à chaque fois pour lutter contre ce fléau. C’est un travail de tous les jours pour le département.

Quelle solution a prévu l’Etat pour faire face au problème du commerce parallèle qui représente plus de 50% de l’économie nationale ?

L’Etat n’épargne aucun effort pour lutter contre ce fléau. Un nouveau décret gouvernemental relatif à la création des bureaux de change a été récemment promulgué, dans ce cadre, par le chef du gouvernement.
Cette mesure permettra l’orientation des opérations de change effectuées illégalement vers les circuits légaux, ainsi que de soutenir les efforts de l’Etat dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Un projet de loi relatif à l’amnistie de change est également proposé à l’ARP. Il est relatif à l’amnistie des infractions de change commises par les Tunisiens résidents à l’étranger.
Il faut créer des alternatives pour les personnes actives dans le secteur informel, la répression n’est pas la seule solution. Il faut les pousser à intégrer le secteur formel et ce en restreignant leurs activités, tout en leur offrant des incitations pour entrer dans la légalité.

L’Etat fait des efforts énormes pour assurer le contrôle économique des importations et aussi pour booster les exportations vu leur importance dans la lutte contre le chômage. Toutes les parties concernées sont appelées à combiner leurs efforts pour améliorer le secteur de l’exportation, essentiel pour la croissance économique du pays.
Au cours de la première réunion du Conseil supérieur de l’exportation, tenue récemment, sous la présidence du chef du gouvernement, Youssef Chahed, 20 mesures importantes en faveur de l’export ont été annoncées. Elles concernent essentiellement l’amélioration du climat général à l’export et l’élimination des obstacles auxquels sont confrontés les exportateurs, outre la mise en place d’un cadre général pour la réforme législative et administrative de l’activité d’exportation.
L’Etat a, ainsi, mis en place un plan qui vise à relever la valeur des exportation à plus de 50 milliards de dinars, d’ici 2020.

Comment évaluez-vous la situation actuelle de l’économie nationale ?

Des signes de reprise économique sont enregistrés, c’est ainsi que nous avons réalisé une croissance de près de 2% et une augmentation des exportations de 4% à prix constants et de 18% à prix courants, en 2017.
Pour l’avenir, l’Inflation étant liée à la dépréciation du dinar, il faut sortir de cette spirale, en maîtrisant les déficits budgétaire et commercial.

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Aucun ministre des Finances n’aurait souhaité faire passer une loi de Finances pareille, mais aucun ministre n’aurait aimé non plus hériter d’une situation aussi difficile que celle des finances publiques aujourd’hui“, a déclaré, ce mardi, le ministre des Finances, Mohamed Ridha Chalghoum, en réaction aux inquiétudes manifestées par des représentants des chambres mixtes, lors d’un débat organisé par le Conseil des Chambres mixtes (CCM) sur la Loi de Finances 2018.
Réagissant aux interventions de ces représentants qui ont essentiellement déploré l’instabilité du cadre fiscal et la montée de la pression fiscale sur les entreprises, le ministre, qui était sur la défensive, a estimé que “face à un endettement qui avoisine les 70%, à un déficit courant s’établissant à 10%, que le flux des investissements directs n’arrive pas à couvrir, ainsi qu’aux alertes mensuellement émises par la CNRPS (Caisse Nationale de Retraite et de Prévoyance Sociale), quant au manque de liquidité, nous nous sommes trouvés dans une situation où nous ne pouvons plus reporter les réformes qui auraient dû être engagées depuis plusieurs années“.

Chalghoum a aussi considéré que “la LF 2018 n’apporte aucun élément qui affecte l’activité des entreprises“, rappelant que “l’augmentation des droits de douanes n’implique ni les intrants de production ni les biens d’équipements qui demeurent exonérés“.
Estimant que la réalisation d’un taux de croissance de l’ordre de 3% en 2018 reste possible au vu des indicateurs actuels, il a souligné que “la LF 2018 a aussi pour objectif de soutenir les secteurs dont leur vulnérabilité pourrait les empêcher de profiter de l’amélioration de la donne économique. Ainsi des mesures sont prises en faveur des PME, du secteur touristique, de l’artisanat et de l’agriculture“.

Toujours selon le ministre, “le plan de relance préconisé par le gouvernement prévoit également des actions visant à favoriser les Partenariats Public-Privé, et partant, à consacrer un certain désengagement de l’Etat en faveur de l’investissement privé, dans l’objectif de booster la croissance mais aussi d’alléger les charges de l’Etat“.
Le gouvernement a encore proposé 15 mesures visant à lutter contre l’évasion fiscale et à élargir l’assiette imposable de manière à alléger la pression fiscale qui est aujourd’hui de l’ordre 22%“, a-t-il précisé.
Toujours dans le cadre de la diversification de ses ressources, l’Etat compte, selon le ministre des finances, “poursuivre le traitement des dossiers des entreprises publiques au cas par cas, pour décider d’un éventuel désengagement de l’Etat de ces entreprises. Pour le secteur bancaire, trois banques sont aujourd’hui en vente ( Zitouna, BTE et TF Bank), les participations minoritaires de l’Etat dans certaines banques seront également cédées. Le sort des banques publiques sera décidé en fonction des résultats de leurs plans de restructuration déjà engagés“.
Le ministre a, en outre, affirmé que “le gouvernement accorde une priorité à l’amélioration de l’environnement des affaires“, faisant savoir que “les semaines à venir apporteront de bonnes nouvelles aux investisseurs en matière d’allègement des procédures administratives“.

Intervenant, le président du CCM, Foued Lakhoua, a rappelé que “511 mesures fiscales ont été prises depuis la révolution, sans aucune étude d’impact. La pression fiscale sur les entreprises est déjà assez élevée et les mesures décidées vont la rendre intenable“.
Et d’ajouter : “les investisseurs sont aussi pénalisés par la persistance de l’instabilité des règles juridiques et fiscales qui régissent l’investissement avec pour corollaire un manque de visibilité qui les empêche de se projeter dans l’avenir et de construire avec la fiabilité requise leurs budgets annuels et leurs plans d’investissement. Une législation fiscale changeante tous les ans commence à semer le doute et la méfiance et risque à terme de freiner les investissements“.
Lakhoua a considéré que “plusieurs solutions existent pour combler le déficit fiscal et relancer l’économie à travers une meilleure application des anciennes dispositions fiscales propices à la relance des investissements, une amélioration du recouvrement des créances fiscales, un élargissement de la liste des contribuables soumis à l’impôt à l’ensemble des catégories socio-professionnelles, une optimisation de la gestion de la caisse de compensation, l’encouragement des PPP et le désengagement progressif de l’Etat des entreprises publiques“.

Pour sa part, le vice-président de la Chambre Tuniso-allemande de l’industrie et du commerce, Ferdinand Terburg, a souligné : “nous comprenons parfaitement que la situation économique est dure, mais tous les investisseurs se demandent aujourd’hui quel argument nous reste pour promouvoir le site Tunisie auprès de nos maisons mères afin de garantir leur engagement en Tunisie“.
Et de poursuivre : “chaque investisseur tunisien ou étranger a besoin d’un cadre juridique solide, fiable, stable et sûre. Toutefois, c’est ce qui a manqué dans les lois de finances précédentes et qui manque encore davantage dans la loi actuelle. La Tunisie a perdu sa stabilité fiscale et juridique“.
Terburg a en outre affirmé que “les nouvelles mesures douanières suscitent également un flou auprès des investisseurs et donne une image négative du climat des affaires en Tunisie“.
Ainsi au lieu d’alourdir systématiquement la charge fiscale du contribuable, nous souhaitons que le gouvernement ait le courage de diminuer les dépenses et de générer de nouvelles recettes par l’encouragement de l’initiative privée et le désengagement de certaines entreprises publiques“, a-il soutenu.

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La présidente de l’Association des magistrats tunisiens (AMT), Raoudha Grafi, a évoqué samedi un travail en cours pour mettre en place un régime salarial autonome et une grille de salaires spécifique aux magistrats.
Le but est, a-t-elle expliqué, de protéger les magistrats contre toute forme de pression et de tentation au regard de la grande responsabilité qui leur est dévolue dans le traitement des conflits et cela en toute impartialité et indépendance.
Grafi s’exprimait en marge du Conseil national de l’AMT tenu aujourd’hui au club des magistrats à la Soukra (gouvernorat de l’Ariana).
Elle a, à cet égard, fait part des “pas positifs accomplis pour améliorer la situation financière des magistrats”. Il y a lieu aussi, a-t-elle dit, d’améliorer les conditions de travail dans les tribunaux à travers la création d’un fonds pour l’amélioration de la qualité de la justice. Ce fonds devra être financé de façon permanente, a-t-elle proposé.

La présidente de l’AMT a déclaré, d’autre part, que le Conseil national de l’association a été l’occasion d’évoquer le projet de loi sur l’inspection générale des services judiciaires proposé par le ministère de la Justice. Pour elle, l’inspection générale doit être un service autonome vis-à-vis du pouvoir exécutif. Ce service doit repérer les dysfonctionnements dans le système judiciaire et avancer des propositions aussi bien en ce qui concerne l’évolution du secteur judiciaire que le recensement des dépassements pour une meilleure qualité de la justice.

Au sujet de la mise en place des juridictions administratives régionales en prévision des élections municipales prévues en mai prochain, le secrétaire général de l’AMT Hamdi Mrad a indiqué que la majorité des tribunaux administratifs dans les régions ont été installés. Des travaux d’aménagement se poursuivent toutefois à Kairouan et à Monastir.
Notons que le Conseil national de l’AMT a évoqué également les préparatifs pour l’organisation du 13e congrès de l’association.

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La hausse des prix des produits de consommation, due à l’augmentation de la TVA décidée dans le cadre de la loi de finances 2018, entrainera une aggravation de l’inflation, d’au moins 1%, par rapport aux niveaux moyens de l’inflation enregistrés en 2017, a indiqué jeudi un responsable de l’Institut national de la statistique (INS), dans une déclaration à l’agence TAP.

Selon ce responsable, qui a requis l’anonymat, nous devons nous attendre à partir du mois de janvier 2018 à une inflation persistante. De fait, la hausse de 1% de la taxation de différents produits (passant de 6 à 7% pour certains, de 12 à 13% pour d’autres et de 18 à 19% pour d’autres encore) engendrera une hausse minimale de l’inflation de 0,5%. A cela s’ajoute la dernière hausse des prix du carburant qui sera à l’origine d’un accroissement d’au moins 0,5% de l’inflation.
L’augmentation des prix des produits pétroliers aura un impact direct sur le pouvoir d’achat du citoyen, mais aussi, un impact indirect sur le coût du transport des personnes et des marchandises et sur le coût de la production et de la compétitivité des entreprises.

Le droit au choix du consommateur, balayé !

Pour Foued Ajroudi, porte-parole de l’Organisation Tunisienne pour informer le consommateur (OTIC), “le droit au choix du consommateur qui lui donne accès à une variété de produits et services correspondant à ses besoins, à des prix compétitifs, n’existe plus en Tunisie, surtout avec la hausse continue des prix et la dernière augmentation de la TVA qui a engendré un renchérissement excessif et incontrôlé de certains produits“.
Cela constitue désormais un réel problème en Tunisie, puisque des commerçants ont profité de cette situation pour augmenter abusivement les prix de certains produits d’usage quotidien. Confronté à la hausse des prix de la majorité des produits, le consommateur se retrouve dans une situation difficile avec la détérioration de son pouvoir d’achat“, a-t-il relevé.

La hausse de la TVA n’est pas la solution à adopter en pareille situation de crise. Imposer plus d’impôts au consommateur et au secteur organisé est une démarche erronée et inopportune, qui peut obliger certains à recourir à la fraude ou à la fermeture” s’est-il indigné.
Et de rappeler que “54% de l’économie tunisienne ne sont pas soumis actuellement, à la TVA alors que le pays souffre déjà des phénomènes de l’expansion du marché parallèle et du flux des importations anarchiques“.
La vie est chère pour le consommateur au moment où les phénomènes de fraude et de spéculation prennent de plus en plus d’importance et nécessitent des interventions fortes de la part de l’Etat. Les prix sont contrôlés et manipulés par les grands spéculateurs, à l’exemple des centaines de tonnes de pommes de terre saisies récemment et qui étaient stockées illégalement, dans le but de manipuler les prix sur le marché. Toute personnes impliquée dans des fraudes doit figurer sur une liste noire et privée de toute opération avec l’Etat“, a t-il estimé.
Il a appelé à cet effet à réviser les mécanismes de concession et de régulation ainsi que les systèmes de sous-traitance au niveau des marché de gros en particulier et des autres marchés en général, étant donné qu’ils ont laissé libre cours à la spéculation et aux fraudes.

L’enchérissement des prix touche aussi de plein fouet le secteur de l’automobile. En effet, face à la hausse de la TVA, la classe moyenne ou le fonctionnaire ordinaire trouvera des difficultés à acheter une nouvelle voiture populaire, dont le prix atteint actuellement plus de 30 mille dinars.
Il convient de rappeler que l’UGTT a estimé que les mesures prises par le gouvernement ont entraîné une forte hausse des prix de plusieurs produits de consommation quotidienne et prédit comme corolaire une hausse du taux d’inflation, une détérioration du pouvoir d’achat des Tunisiens et une amplification des disparités sociales.

Pour rappel, la BCT avait fait état, fin décembre 2017, de la poursuite de l’accélération de l’inflation pour atteindre 6,3%, en glissement annuel, en novembre 2017 contre 5,8% en octobre, 5% en avril et 4,6% en janvier 2017. L’institut d’émission a souligné l’accentuation des pressions inflationnistes en perspective, qui s’établirait en moyenne à 6,1%, en glissement annuel, en 2018 contre 5,2% attendue en 2017.
Dans une interview à l’Agence TAP, l’expert comptable Walid Ben Salah avait mis en garde contre l’augmentation du taux d’inflation, laquelle pousserait le citoyen à recourir à l’économie informelle, alors que l’un des principaux objectifs du gouvernement est de lutter contre l’économie parallèle.

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Le Cepex a annoncé, sur son site web, son plan ” Turbo-Africa ” 2018 pour donner de l’élan à l’action nationale sur l’Afrique. Il présente une gamme de services assez diversifiée pour soutenir et accompagner les efforts des PME sur le marché africain et fournir une assistance particulière au profit des institutions publiques et privées à qui incombe le marketing du ” made in Tunisia ” sur l’Afrique.

Il s’articule autour de six axes majeurs qui touchent à tous les niveaux la chaine de valeur de la promotion de l’offre tunisienne des biens et services à l’export. Le Cepex a adapté ses mécanismes de soutien en faveur de cette orientation africaine et a opté pour le principe de la discrimination positive en faveur des marchés émergents de l’Afrique Sub-saharienne s’agissant de l’octroi des subventions au titre de promotion et d’accès aux marchés extérieurs, l’expansion de son réseau de représentations sur le territoire africain et la contribution substantielle et effective dans le renforcement des requis de la diplomatie économique.

Cette dynamique de conquête s’opère sur la base d’un programme annuel confectionné selon une démarche de concertation entre les différentes parties prenantes (Représentations diplomatiques tunisiennes en Afrique, Associations patronales, secteur privé…). Ce programme tient compte de la présence géographique de nos bureaux en Afrique, à savoir en Côte d’Ivoire, au Cameroun et en République Démocratique du Congo. Ces trois pays accueilleront 6 actions sur 9 programmées en 2018 eu égard à leur apport considérable dans la préparation et l’organisation de ce type de manifestations.

Le Cepex tisse sa toile depuis 2010

La vocation panafricaine de cette action s’est matérialisée depuis 2010. En effet, le Cepex s’est employé à assurer une présence permanente ” sur place ” en procédant à l’ouverture d’un bureau à Abidjan, capitale de la Côte d’Ivoire, dans le but d’assurer un accompagnement singulier en faveur des opérateurs économiques tunisiens en quête de contacts d’affaires et de mettre à leur disposition un point d’appui pour leur faciliter la tâche à tous les stades du process.
Dans cette même optique, son réseau vient d’être étoffé par deux nouvelles antennes à Douala et Kinshasa, respectivement capitale économique du Cameroun et capitale de la République Démocratique du Congo. Elles seront opérationnelles dès le début de l’année 2018 et représenteront l’amorce d’une stratégie irréversible d’expansion sur le continent africain avec, en perspective, l’ouverture prochaine de nouveaux bureaux.

Les antennes du Cepex en Afrique sont investies d’une triple mission, à savoir :
– Informer sur les opportunités d’affaires que recèlent ces marchés en procédant à une analyse de concordance de l’offre tunisienne avec la demande locale et en tenant compte de leur niveau de compétitivité et des avantages concurrentiels dont ils peuvent se prévaloir sur ces marchés.
– Accompagner l’appareil exportateur tunisien dans sa quête des marchés africains en facilitant l’organisation du voyage d’affaire en termes de logistique d’accueil, de mise en relation commerciale, d’introduction dans les milieux d’affaires, de networking… Bref, en fournissant toutes les conditions favorables à la réussite et à l’optimisation des missions d’affaires en Afrique, qui ne sont pas de tout repos.
-Promouvoir les produits et services ” made in Tunisia ” auprès des milieux d’affaires et consolider l’image de la Tunisie comme provenance idéale pour des importations best-cost.

Cet appui a pour objectif la promotion des capacités des groupements sectoriels de PME proposant des produits ou services complémentaires pour l’ouverture conjointe de nouveaux marchés en Afrique, l’étude du potentiel d’exportation en biens et services tunisiens sur le Cameroun et la RDC ainsi qu’un programme d’actions triennal et du dispositif tunisien et de l’expérience tunisienne (publique et privée) durant ces dernières années sur le marché ivoirien et l’adoption d’une approche commune entre les différents acteurs pour optimiser le potentiel du marché et d’un programme de formation-action (coaching) des nouveaux représentants du CEPEX en Tunisie et sur les marchés ciblés en collaboration avec le réseau des chambres mixtes allemandes dans ces pays.

Bien qu’il s’agisse d’une mesure appliquée depuis longue date, le bonus de 10% accordé aux taux de subventions du Foprodex dont bénéficient les PME exportatrices au titre d’actions promotionnelles qui s’opèrent sur les marchés de l’Afrique subsaharienne sera d’un apport considérable, particulièrement en cette période de multiplication des actions à caractère promotionnel sur l’Afrique. Cette discrimination positive en faveur des pays de l’Afrique subsaharienne fut décrétée dans le but d’encourager les PME tunisiennes à conquérir les destinations peu familières et lointaines et à mettre en application la politique de diversification des marchés que le Cepex s’efforce de consolider.

Le Cepex a évoqué également le programme PEMA ou programme pour la promotion des activités d’export impactant l’emploi vers de nouveaux marchés africains, lequel est le fruit d’une collaboration entre le Cepex et GIZ, bureau allemand de coopération internationale. Ce programme a pour objectif de soutenir les PME Tunisiennes pour accéder à de nouveaux marchés à l’exportation en Afrique Subsaharienne, en renforçant les services d’appui conformes aux besoins ainsi que les initiatives et consortiums d’export.

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Une année très rude, à tous les niveaux, va bientôt s’achever. Mais celle qui pointe le bout de son nez, hélas pour le chef du gouvernement, Youssef Chahed, risque d’être encore plus difficile à négocier. Certes il s’est tiré avec des dégâts mineurs des griffes des parlementaires, alors qu’ils promettaient l’enfer à sa Loi de finances, mais c’est loin d’être la fin des mauvaises nouvelles, malgré la bonne humeur apparente de la délégation du FMI. La mobilisation des ressources pour financer le budget 2018 sera un véritable casse-tête, alors que selon toute vraisemblance les hypothèses sur lesquelles est bâtie la Loi de finances seront explosées par des facteurs endogènes et exogènes, dont le premier sera sans doute sans nul doute l’envolée des dépenses publiques à cause, notamment, des cours internationaux du pétrole lesquels sont, déjà, à plus de 60 dollars le baril, autant dire à mille lieues des prévisions de Chahed. C’est la dernière chose dont ce dernier voulait entendre parler en cette fin d’année, mais on y est. Et il a très peu de temps pour réagir.

Le gouvernement est appelé à préparer un “Plan B” pour faire face à la crise qui va s’aggraver et qui ne sera pas résolue par la loi de finances 2018 (LF2018) approuvée par l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), soulignent des chefs d’entreprises et des experts comptables.
Intervenant vendredi 22 décembre 2017 à Sfax, lors d’une rencontre-débat organisée à l’initiative de la Section régionale de l’IACE (Institut Arabe des Chefs d’Entreprises), ils ont souligné que ce “Plan B” nécessite la mise en place d’une panoplie de mesures courageuses engageant, entre autres, le processus de privatisation d’un nombre d’entreprises publiques, la révision du système de compensation, la réforme du système administratif jugé très en retard par rapport aux aspirations des investisseurs et une vraie lutte contre le commerce parallèle, la contrebande et la corruption.

Le budget de l’Etat est “sans vision stratégique, sans qualification politique et il a été élaboré sur la base d’hypothèses non confirmées et des réalisations incertaines…“, a estimé l’expert comptable Walid Ben Salah, qui a présenté une analyse critique du budget de l’Etat et de la loi de finances 2018.
Et d’ajouter que ce budget qui a été préparé et approuvé “sous tensions politique, connaîtra des difficultés de levée de fonds, avec une pression fiscale et une dette publique trop élevées”.

Ben Salah, qui intervenait en présence du Conseiller du Chef du gouvernement chargé des réformes fiscales, Fayçal Derbal et de la consultante Habiba Louati, a fait savoir que les objectifs ambitieux de la LF 2018 n’auront pas de chances de réalisation – à l’image du taux de croissance de 3% – tant que les entreprises publiques continuent à peser lourdement sur le budget de l’Etat alors qu’elles étaient une source considérable pour l’Etat et la mobilisation des fonds propres..
Le budget de compensation qui s’élève à 3,3 % du PIB, l’évolution des dépenses et des rémunérations publiques qui ont évolué de 65% et l’augmentation de l’endettement de 25 points en 5 ans, en plus du déficit des caisses sociales, sont autant de facteurs qui ne peuvent permettre un redressement de la situation économique du pays et une vraie réforme du système que prévoit le budget de 2018“, a mis en garde M. Ben Salah..

Commentant cette analyse, le conseiller du Chef du gouvernement chargé des réformes fiscales, Fayçal Derbal a fait savoir que même si les analyses et données présentées par Ben Salah sont dans l’ensemble véridiques, le tableau n’est pas aussi sombre qu’il a été présenté.
Faisant illusion aux plateaux télévisés et aux hommes politiques qui se sont attaqués à la nouvelle loi de finances, Derbal a affirmé que “la politique pollue l’économique “, qualifiant la LF 2018 ” d’audacieuse et ambitieuse…“.
Pour lui, elle ne doit pas être examinée de manière déconnectée du programme économique du gouvernement 2018/ 2020 qui trace un véritable chemin de sortie de crise de la Tunisie. Ce programme, a-t-il encore indiqué, prévoit à l’horizon 2020 un taux de croissance de 5% (augmentation d’un point par an), un déficit budgétaire de 3% maximum et un taux d’endettement plafonné à 70%.
La nouvelle loi comporte 56 articles qui traitent de la fiscalité, répartis presqu’à parts égales entre les dispositions destinées à mobiliser plus de ressources fiscales, celles visant la lutte contre la fraude et le renforcement de l’équité et enfin celles visant le soutien de l’investissement et l’encouragement, a-t-il expliqué. “C’est vrai que 13 dispositions vont augmenter la pression fiscale mais elles vont permettre d’améliorer la contribution de l’impôt“, reconnaît-il.

Le Conseiller du Chef du gouvernement n’a pas manqué de rappeler les conditions contraignantes de préparation de la loi de finances en disant: “c‘est vrai la situation est très critique, mais c’est à cause de la lourdeur de l’héritage et de la pression du FMI qui exige une capacité de mobilisation des ressources propres“. “Le FMI reste quand même la locomotive des autres bailleurs de fonds et la mission des ses experts du 28 novembre au 13 décembre en Tunisie, était une des plus lourdes“, a-t-il encore expliqué, estimant qu’il faut “rester optimiste”.

Cet optimisme n’était pas partagé par le reste des intervenants. Le Président de la Section régionale de Sfax de l’IACE Ahmed Masmoudi a considéré que la LF 2018 propose “des mesures fortement contestées et surtout douloureuses pour les contribuables, des mesures enveloppées dans un projet de texte qui ne plait qu’à son auteur…et encore“.
Pour lui, “nul n’était satisfait du projet, les patrons comme les salariés, les entreprises comme les ménages“.

L’ancien ministre et membre fondateur de l’IACE Hedi Zeghal a, pour sa part, tiré la sonnette d’alarme quant à la situation économique du pays.
Les ressources sont chez les voleurs et les contrebandiers qui sont toujours là alors que les chefs d’entreprises et les employés souffrent“, a affirmé le responsable, ajoutant que “malgré la bonne volonté du Chef de l’Etat, la corruption est toujours de mise“.
Faisant illusion à la non-approbation par la commission des finances relevant de l’ARP de la disposition relative à la révision du système forfaitaire dans le cadre de la réforme fiscale , Zeghal a appelé le gouvernement à dénoncer le comportement des députés qui s’opposent aux initiatives de réformes visant à permettre au pays d’éviter la dérive et le chaos..
Pour qu’il y ait une vraie réforme et équité fiscales, il est impérativement d’instaurer des terminaux de paiement chez les commerçants et les professions libérales“, a recommandé l’un des intervenants.

Notons que la consultante Habiba Louati a analysé nombre de dispositions de la LF 2018 de point de vue technique et fiscaliste. Ses éclairages ont touché particulièrement la question de l’extension du champ d’application de l’Impôt sur les sociétés de 25 à 35%, l’augmentation du taux de la retenue à la source libératoire sur les dividendes distribués, l’institution d’une contribution sociale de solidarité (art 53) visant à atténuer le déficit des caisses sociales, la révision du régime forfaitaire, (art 16), la révision des taux de la TVA, et des taux du droit de consommation (art 45), visant à faire face au marché parallèle et à la contrebande.

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L’attaque du chevalier blanc de la lutte anti-corruption, Chawki Tabib, contre les responsables du ministère des Finances, a été d’une redoutable efficacité. Moins de 24 heures après les missiles balancés sur la forteresse de Ridha Chalghoum, en pleine conférence de presse, ce dernier rend les armes et signe, ce vendredi 22 décembre 2017, un accord de coopération et de partenariat avec l’Instance Nationale de Lutte Contre la Corruption (INLUCC) visant à renforcer la bonne gouvernance et les principes de transparence au sein des structures relevant de ce département. Il n’aura pas fallu beaucoup de temps à celui qui terrorise ces Messieurs/Dames les ministres pour venir à bout des réserves du département des Finances.

Cet accord, paraphé par le ministre en personne et Chawki Tabib président de l’INLUCC, a également pour but de mettre en place des principes d’orientation visant à faire face et à lutter contre la corruption. Autre objectif assigné à cet accord : l’élaboration d’un programme bilatéral de formation dans les domaines de la bonne gouvernance et les règles de prévention des risques de la corruption.
L’accord stipule l’élaboration et la concrétisation de programmes de sensibilisation aux risques de la corruption et leurs impacts sur les structures relevant du ministère des finances. Il s’agit, en outre, d’établir un programme de coopération entre le ministère des finances et le centre des études, de la formation et de l’information au sein de l’INLUCC, en matière de recherches, de publication et d’élaboration d’études, outre la mise en place d’une base de données sur la bonne gouvernance et la transparence.

Le ministre des Finances a indiqué dans une allocution, prononcée à cette occasion, que l’accord permettra de mettre en place un cadre de coopération pérenne avec l’INLUCC, en vue de mettre en place les principes de transparence et d’intégrité dans tous les domaines d’intervention du ministère.
Il a souligné l’importance de cet accord dans le renforcement de l’ouverture des structures du ministère sur les activités de l’INLUCC et la consolidation de ses capacités à identifier les dangers de la corruption, le cadre légal y afférent en Tunisie ainsi que les normes internationales et la manière de les mettre à profit.
Chalghoum a fait remarquer que la concrétisation des principes d’intégrité et de transparence permettra au fonctionnaire de travailler dans un climat sain.
Il a ajouté que tous les Etats ont convenu que la corruption est une affaire qui impacte l’économie dans plusieurs pays, précisant que le coût annuel des pots-de-vin qui constitue l’une des formes de la corruption oscille entre 1,5 et 2 trillions de dollars, soit 2% du total du Produit intérieur mondial.

De son côté Tabib a indiqué que le ministère des Finances est le 13ème ministère à avoir conclu un accord de coopération avec l’Instance.
Cet accord de coopération est une concrétisation de la stratégie nationale de lutte contre la corruption signée par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, le 9 décembre 2016.
Et d’avancer que le ministère des Finances et les administrations y afférentes comptent parmi les principaux ministères dans l’action pour lutter contre la corruption et l’instauration des principes d’intégrité ainsi que des règles de bonne gestion, soulignant que le régime fiscal tunisien nécessite d’être réformé et modernisé pour une plus grande équité fiscale.

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Une part de “l’argent sale” qui a quitté la Russie, entre 2011 et 2014, vers l’Europe et d’autres pays, à travers “l’un des schémas de blanchiment d’argent les plus importants de l’histoire”, est bien arrivé en Tunisie. Il a transité par le biais de transferts bancaires, à partir de pays de l’Europe de l’Est vers des comptes de “non résidents” et de transactions effectuées au profit de deux société exportatrices tunisiennes.
D’après les documents auxquels ont eu accès le journal russe “Novaïa Gazeta” et le Projet de reportages sur le Crime Organisé et la Corruption (OCCRP), lesquels ont exposé, de façon détaillée, le fonctionnement d’une machine russe à blanchir l’argent, près de 70000 transactions bancaires, impliquant 120 comptes bancaires et sociétés offshores ont permis à près de 500 personnalités russes de sortir de Russie plus de 20 milliards de dollars (environ 50 milliards de dinars), pour les placer à l’abri dans plusieurs Etats ouest-européens et d’autres pays, dont la Tunisie.

Entre l’automne 2011 et le printemps 2014, le journal indépendant moscovite Novaia Gazeta a révélé un des plus importants trafics de blanchiment d’argent de l’histoire, baptisé “Russian Laundromat” (Laverie russe), dans lequel ont été impliquées 4 banques tunisiennes aux côtés de centaines d’autres banques et 5 140 sociétés, dont des offshores, dans 96 pays.
L’implication de ces banques tunisiennes constitue bel et bien un témoignage de la faiblesse de l’application des lois, du contrôle et des mesures de traçabilité des flux d’argent provenant de l’extérieur, vers la Tunisie. Elle alerte sur la défaillance de l’arsenal juridique mis en place en Tunisie pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Bien que cet arsenal soit renforcé après la révolution (17 décembre 2010-14 janvier 2011) et la chute de la dictature, la vigilance demeure de rigueur.
Par ailleurs, au moment où nous nous apprêtons à publier l’enquête, le 4 décembre 2017, le Conseil Ecofin, une formation du Conseil des ministres de l’Economie et des Finances de l’Union européenne (UE), classe la Tunisie sur la liste noire des paradis fiscaux.

La CTAF a fait ce qu’elle a pu

La Commission tunisienne des Analyses Financières (CTAF), relevant de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), avait déjà reconnu, dans son rapport publié en avril 2017, que le risque de blanchiment d’argent est “relativement élevé” et que la place bancaire tunisienne est attractive à ce genre d’opérations illicites.
Quatre banques tunisiennes et des transferts “douteux” d’environ 1 million de dollars
Les documents dont nous disposons, par le biais d”ARIJ” (Arab Reporters For Investigative Journalism), et leur source l’OCCRP (Organised Crime and Corruption Reporting Project), montrent que 4 banques tunisiennes, parmi les premières dans le pays, selon le classement bancaire de 2016, ont reçu, entre 2013 et 2014, des transferts “douteux” d’argent, d’un montant global estimé à 1 million de dollars ( 2,49 millions de dinars). Quatre transferts en dollars et en euro ont été effectués au profit d’une société serbe non résidente en Tunisie.

Cette enquête, qui compte parmi 6 autres investigations menées dans des pays arabes et 30 pays du monde entier, pointe la défaillance des autorités financières locales en ce qui concerne la vérification des sources de l’argent, et de la conformité des factures et des transactions relatives à ces transferts, que ce soit au niveau de la Douane ou encore au niveau des établissements financiers.
L’absence de traçabilité pourrait faire de la Tunisie une destination ouverte aux flux d’argent de sources illicites. Des entreprises tunisiennes peuvent se trouver, ainsi, même à leur insu, impliquées dans des affaires de blanchiment d’argent.
Selon le rapport de la CTAF, le montant de l’argent gelé en Tunisie au cours des cinq dernières années est estimé à 18 millions de dinars tunisiens (environ 7,37 millions de dollars US).
Les résultats de ce rapport sont le fruit de l’analyse stratégique de plus de 460 dossiers de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme soumis à la justice, de 2000 comptes bancaires et de milliers d’opérations bancaires (dépôt, retrait et transfert) d’une valeur globale avoisinant les 10 milliards de dinars.

Un circuit rodé : Moldavie-Lettonie-Tunisie

Les documents obtenus dans le cadre de cette enquête montrent qu’une banque privée tunisienne, filiale d’un grand groupe arabe présent dans 30 pays, a reçu 4 transferts d’argent d’un montant global de 441 920 dollars ( environ 1102 mille dinars), deux de ces transferts ont été effectués en 2014 (13 et 24 mars).
Un transfert d’un montant de 171 499,01 dollars ( environ 427 662 dinars) au profit de la société serbe a été effectué, en juin 2013, par la société “Westburn Entreprises Limited”, à partir de la Moldavie vers son compte en Tunisie, au titre d’une transaction relative à des “équipements de bâtiments”. Cette société enregistrée en Lettonie a été dissoute en février 2016.
Deux autres transferts d’un montant global de 270 421 dollars (674 584 dinars) provenaient de la société “Alaro Business”, créée en 2014, et enregistrée le 11 décembre 2013, à Glasgow, en Ecosse. Cette société a été évoquée dans un article publié sur le portail d’affaires danois.
Il y a été indiqué que la banque des pays nordiques “Nordea” a fermé la porte devant la société “Alaro Business”, début 2017, après avoir demandé d’amples détails sur les sources de ses capitaux. La banque nordique a soupçonné l’implication de la société dans le blanchiment d’argent provenant d’actes criminels commis par des mafias russes.

Les autorités tunisiennes financières et bancaires, n’ont pas réagi de la même manière, et n’ont pas barré la route à la société “Alaro Business”, alors qu’elles se sont engagées dans le cadre d’accords internationaux tels que la convention de Bâle 3 et des accords de coopération avec l’Union européenne, à favoriser la transparence financière. La banque tunisienne qui a reçu l’argent n’a pas vraisemblablement vérifié l’origine des fonds qui lui sont destinés.
La société “Moninvest AD” a aussi reçu un troisième transfert de 166 615,50 euros (environ 490 015 dinars) à son compte en Tunisie, en novembre 2013, au titre d’une transaction relative à des “équipements industriels”. L’argent provient d’une société chypriote, également, impliquée dans le blanchiment d’argent, “Crystalord Limited”. Il a été transféré via la banque “Trasta KomercBanka”, dont le siège est en Lettonie.
Cette banque a joué un rôle crucial dans la vaste opération de blanchiment d’argent et dans le mouvement des fonds à partir de la Russie vers l’Europe et d’autres pays du monde.
Elle a été contrainte de fermer en vertu d’une décision de la Banque Centrale Européenne (BCE). Sa licence lui a été retirée en 2016, après la publication de l’enquête de l’OCCRP qui a dévoilé son rôle (de la banque) dans des opérations compliquées d’escroquerie, permettant le blanchiment de sommes colossales d’argent.

Des failles à la pelle

L’entreprise serbe “Moninvest AD” a profité du climat “révolutionnaire” et de l’existence en Tunisie, à cette époque, d’une loi interdisant la levée du secret bancaire. Les dispositions autorisant la levée de ce secret n’ont été introduites qu’une première fois en janvier 2015, à l’occasion de l’adoption de la loi de finances complémentaire 2014, mais ont soumis cette mesure à un recours à la justice. Ce n’est qu’en décembre 2016, et après avoir fait l’objet de tergiversations et de controverses, que la voie judiciaire a été enlevée dans le cadre de la loi de finances 2017.
En effet, la coalition au pouvoir en Tunisie, composée essentiellement des partis Ennahdha et Nidaa Tounes, majoritaires au Parlement, avait rejeté en 2016 les articles de la loi de finances de 2017, relatifs à la levée du secret bancaire et les ont remplacé par des clauses qui les “vident de leur sens“, selon une députée de l’opposition. Ils avaient avancé des arguments relatifs à la protection des données personnelles et de la vie privée des citoyens, argument mis en avant également par l’organisation patronale.

L’opposition et des forces de la société civile avaient accusé les deux partis “d’hostilité à la transparence financière“, de volonté de “protéger la corruption” et de permissivité en ce qui concerne l’introduction de fonds d’origine délictueuse pour le financement de l’action politique. A cet égard, l’Institut Tunisien des Conseillers Fiscaux (ITCF) avait proposé dans une note baptisée “les réformes intentionnellement négligées” dans le cadre de la loi de finances pour l’exercice 2017 la levée du secret bancaire et professionnel sans conditions et la limitation à titre d’exemple du secret médical à des cas exceptionnels, et ce pour conférer davantage d’efficacité à la lutte contre l’évasion fiscale.

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L’intervention du programme national de la propreté et de l’esthétique de l’environnement (PNPEE), lancé au début de l’année 2017, contribue à collecter 600 mille tonnes de déchets ménagers par an, soit 20% des 3 millions de tonnes produites annuellement, et par conséquent à améliorer la propreté des villes et des espaces urbains“, a indiqué, jeudi, Chokri Necib, conseiller du ministre des Affaires locales et de l’Environnement et coordinateur général du programme.
Participant à un atelier dédié à l’évaluation des réalisations de ce programme, il a précisé que “le PNPEE, qui consiste essentiellement en l’appui aux municipalités et aux communes en matière de propreté et de collecte de déchets à travers la conclusion de marchés cadres d’un coût annuel de 25 millions de dinars, s’étalera sur trois ans et vise essentiellement à améliorer l’esthétique urbaine et la qualité de vie des citoyens”.

Ce programme vise à mettre en place des espaces verts dans les différentes régions du pays, à travers des interventions et des fonds publics mais aussi à travers le mécénat vert impliquant des partenaires privés souhaitant soutenir le travail municipal“, a-t-il affirmé.
Interrogé sur les réalisations du programme durant l’année 2017, il a souligné que “des appels d’offres ont été lancés, en matière de collecte des déchets ménagers et de balayage manuel et ont permis d’engager plus de 700 ouvriers sur toute la République. D’autres appels d’offres ont également eu lieu en matière de balayage mécanique, et les entreprises retenues dans le cadre de ces appels entameront bientôt leurs activités
” Des appels d’offres vont bientôt être lancés pour la collecte des gravats et des déchets de démolition afin de réduire leur impact sur l’environnement. Un système durable de gestion des gravats sera également mis en place”, a-t-il précisé.
Et d’ajouter “Le PNPEE a permis jusque-là de créer plusieurs espaces verts, notamment dans les quartiers populaires dans certaines régions intérieures. 20 conventions de mécénat vert ont été conclues dans ce sens“.

Necib a aussi fait savoir que “30 mille conteneurs de déchets ont été achetés, et 10 mille autres seront bientôt acquis pour appuyer les moyens d’intervention des municipalités”
Pour l’année 2018, le programme ambitionne d’élargir davantage la portée de son appui avec des actions mieux ciblées et mieux coordonnées entre les différents acteurs et partenaires du programme. Un programme de communication et de sensibilisation sera également mis en œuvre dans l’objectif de soutenir l’instauration d’une meilleure culture environnementale“, a encore souligné le coordinateur général du programme.
2018 connaitra également le lancement par le ministère des Affaires locales et de l’Environnement, en partenariat avec la coopération allemande, d’un projet baptisé “L’école de propreté”, qui consiste en la mise en place d’organismes de formation au profit des agents, techniciens et cadres opérant dans le domaine de la propreté. Ces formations vont être dispensées, en premier lieu, dans le Grand Tunis, en attendant d’être généralisées au reste du territoire. L’ambition est d’imposer, dans une étape ultérieure, la formation dans ce domaine comme critère déterminant des évolutions professionnelles“, a-t-il aussi mentionné.

Necib a par ailleurs estimé que les premiers feedbacks recueillis sur le PNPEE sont encourageants et positifs mais que beaucoup reste à faire par le programme mais aussi par les municipalités, car “l’objectif du PNPEE c’est d’appuyer l’action municipale et non pas de la remplacer“.
Les résultats de ce programme vont être plus ressentis avec le temps, car il s’agit d’un processus à engager et d’une culture à instaurer” a-t-il conclu.

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Conect International organise, du 26 au 29 novembre 2017, une mission de prospection multisectorielle à Dakar, au Sénégal et ce dans le cadre de son plan d’actions sur l’Afrique.
La confédération des entreprises citoyennes de Tunisie a précisé lundi 27 novembre 2017 dans un communiqué qu’une importante délégation économique tunisienne composée d’une quarantaine d’opérateurs représentant différents secteurs d’activité (industries mécaniques et électriques, métallurgie, agro-alimentaire, enseignement supérieur, santé, consulting, formation infrastructure et BTP, télécommunications et matériaux de construction…) participent à cette mission de prospection, organisée dans le cadre des Journées économiques et commerciales tunisiennes qui se tiendront les 28 et 29 novembre à Dakar.

Cette mission de prospection se tient en partenariat avec l’Ambassade du Sénégal à Tunis, le CEPEX, l’Ambassade de Tunisie à Dakar et la Chambre Tuniso-Sénégalaise de Commerce et d’Industrie (CTSCI), la Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal (CNES), la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar-CCIAD, la Banque Régionale de Marchés et Tunisair (Transporteur Officiel).
Au programme, des audiences avec des hauts responsables et ministres sénégalais et une visite du parc industriel international de Diamadio. Il est également prévu des rencontres avec des entrepreneurs tunisiens installés au Sénégal, et une réunion à la Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal (CNES).

Le forum économique se tiendra le 28 novembre 2017 à Dakar, sur le thème “Pour un partenariat gagnant-gagnant tuniso-sénégalais” avec la présence de Tarak CHERIF, Président de la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie (CONECT), de Mansour CAMA, Président de la Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal (CNES) et de Daouda THIAM, Président par Intérim de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (CCIAD).
Ce forum sera l’occasion, de présenter les mécanismes d’accompagnement bancaire, la fiscalité et les opportunités d’investissement au Sénégal. Ce sera une occasion de développer les perspectives d’avenir de la coopération tuniso-sénégalaise..
Il est également prévu des séances de Networking et des rencontres B2B entre les opérateurs économiques tunisiens et sénégalais. La deuxième journée sera consacrée à des audiences avec plusieurs hauts responsables sénégalais et à des visites personnalisées d’entreprises et usines (Door to Door).

S’agissant des échanges commerciaux entre la Tunisie et le Sénégal, la balance commerciale est en faveur de la Tunisie. En Afrique subsaharienne, le Sénégal est le premier client de la Tunisie et son 8ème fournisseur. Entre 2011 et 2016, la croissance annuelle moyenne des exportations tunisiennes vers le Sénégal est estimée à 10%. Pour la même période, la croissance annuelle moyenne des importations tunisiennes depuis le Sénégal est de 26%.
Les produits agroalimentaires (Margarine, pâte alimentaire, conserves, l’huile d’olive…) représentent la plus grande part des exportations tunisiennes vers le Sénégal, suivis par les produits chimiques (0,65%), les machines et les produits pharmaceutiques (0,58%). Les poissons représentent 93% des importations tunisiennes du Sénégal.

Les principaux secteurs porteurs au Sénégal sont les TIC, le textile et habillement, les équipements mécaniques, les produits pharmaceutiques, la santé et les services de soin, la gestion de réseaux de distribution des eaux, l’enseignement supérieur, le BTP…
Pour la CONECT, “le Sénégal est un terrain fertile pour les investisseurs. Les perspectives de croissance de l’économie sénégalaise restent favorables grâce au soutien accordé à l’activité économique par une amélioration du climat des affaires qui est susceptible d’encourager l’investissement privé“.
En outre, “une poursuite des grands chantiers de l’Etat et surtout le soutien accordé aux secteurs stratégiques (agriculture, agro-industrie, énergie, extraction minière, tourisme) permettent de garantir une accélération et un rythme satisfaisant de cette activité économique“.

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La Commission des finances, de la planification et du développement a adopté, vendredi, l’article 45 du projet de la loi de finances (PLF) pour l’exercice 2018, relatif à la révision du taux de la valeur ajoutée (TVA) dans sa version amendée tout en maintenant le plus bas taux (6%), après un débat houleux marqué par la divergence d’opinion entre les députés .
L’article 45 prévoit l’augmentation de 1% de la TVA pour s’établir respectivement à 13% et 19% au lieu 12% et 18%, tout en maintenant le plus bas taux à 6%.
Les avis et les orientations des membres de la commission ont divergé, même parmi les députés du groupe Ennahdha, dont certains ont rejeté la décision d’augmentation de la TVA, notamment le plus bas taux (6%) alors que d’autres ont soutenu l’augmentation compte tenu de son impact sur les équilibres financiers.

Pour le président de la commission, Mongi Rahoui, l’augmentation de la TVA est une mesure inflationniste, non populaire et démontre l’échec des politiques économiques de l’Etat. Cette mesure, a-t-il encore dit, impactera le pouvoir d’achat du citoyen et n’aura pas d’impact positif sur la consommation.

Pour sa part, Rim Mahjoub a souligné que l’augmentation incitera davantage à la non facturation des ventes et l’orientation vers le marché parallèle, ajoutant que cette décision démontre l’absence d’une vision claire chez le gouvernement, lequel opte pour la solution de facilité pour la mobilisation de ressources .

Samia Abbou a de son coté dénoncé la politique de l’Etat dans ce domaine évoquant la farce du projet de la loi de finances qui défend uniquement l’intérêt de l’Etat au détriment du citoyen.
Elle a appelé à identifier d’autres ressources pour les finances publiques et à lutter contre l’évasion fiscale.

Quant au député Mohamed Ben Salem, il a proposé l’augmentation des taux de la TVA à l’exception du plus bas taux (6%) compte tenu de l’impact qu’il risque d’avoir sur les prix des produits de base sans pour autant apporter un plus significatif aux ressources de l’Etat.

Idem pour Slim Besbes, qui a adhéré à la proposition du ministère en vue de s’aligner avec les pays avec lesquels la Tunisie entretient des relations commerciales importantes (Europe, Maroc et Algérie…).
Cette mesure aurait dû être appliquée, progressivement, depuis des années afin de ne pas avoir un impact sur l’inflation, a-t-il avancé.

Le rapporteur de la commission, Houssem Bouneni, a noté que cette augmentation aura un impact positif sur la finance publique et son impact sur les prix ne sera pas “catastrophique“.
Pour Bouneni, l’augmentation constitue une décision politique saine et à même de contribuer à calmer la tension sociale mais l’exclusion du taux (6%) de cette augmentation risque de porter préjudice aux équilibres financiers de l’Etat et de réduire l’efficience de cette mesure.

Mohamed Fakhfekh s’est interrogé sur la possibilité de la réduction des dépenses de certains ministères pour mobiliser plus de ressources et le report de paiement de certains crédits, d’autant que les dettes qui seront remboursées par le pays en 2018 seront de l’ordre de 8 Milliards de dinars.

La directrice générale des études et de la législation fiscale au ministère des Finances, Sihem Nemsia, a fait savoir que le taux de la TVA (6%) n’a pas été révisé, depuis son adoption en 1988, et le taux de 18%, depuis 20 ans.
Et d’ajouter que la décision d’augmentation de la TVA a été bien étudiée, ajoutant que le maintien de la TVA de 6% à son niveau risque de paralyser les équilibres financiers et fera perdre à l’Etat près de 25 Millions de Dinars (MD).
Elle a affirmé que l’augmentation du plus bas TVA (6%) n’aura pas de répercussions sur les prix des produits de base lesquels sont exonérés, ajoutant que la majorité des intrants agricoles bénéficient de l’exonération, les secteurs agricoles et de la pêche n’étant pas soumis à la TVA, selon ses propos.

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La Tunisie est classée 110ème à l’échelle mondiale sur un total de 201 pays, par le rapport publié, récemment, par Fitch Ratings sur “Tunisie : les risques opérationnels“. Au niveau de la région Mena (18 pays), notre pays est classé 9ème, avec un score de 47,8/100, alors que le score moyen de toute la région Mena est de 47,4/100.
Selon l’agence de notation, la Tunisie présente un grand nombre d’avantages, dont l’ouverture sur l’investissement étranger, la proximité de l’Europe et des marchés africains, et son adhésion à une multitude d’accords de libre échange.
La Tunisie s’est investie en créant plusieurs zones de libre échange en dehors de la capitale, ce qui reflète son engagement à attirer de nouveaux investisseurs dans des activités prometteuses, en l’occurrence les télécommunications“, a encore noté Fitch Ratings.

Toutefois, l’économie du pays fait face à plusieurs risques relatifs notamment, au marché du travail (manque de main d’œuvre qualifiée, faible niveau de participation de la femme au marché de l’emploi…), aux conditions logistiques et à la sécurité du climat d’affaires.
Au niveau du risque du marché du travail, la Tunisie est classée 15ème dans la région Mena avec un score de 43,6. Fitch a pointé du doigt, à ce niveau, l’inadéquation entre les compétences humaines et les besoins du marché du travail, le niveau élevé des impôts appliqués au contribuable et l’importante contribution qu’il assure au profit des caisses sociales, outre la prédominance des syndicats de base dans les secteurs public et privé, ce qui constitue un grand risque pour les investisseurs.

Par ailleurs, l’agence a critiqué la hausse continue du nombre de mouvements sociaux observés dans les différents secteurs depuis 2015.
Pour ce qui est du risque en matière de logistique (le score tunisien est de 46,9 alors que le score de la région MENA se situe au niveau de 48,4/100). Fitch a fait remarquer que les entreprises sont confrontées à des risques élevés de survenue de grèves, affectant les réseaux de transport. A cela s’ajoute la qualité modeste des routes et du réseau ferroviaire, et le problème de congestion dans les principaux ports du pays.
En revanche, l’agence a valorisé les efforts déployés par le pays, en vue de réduire le niveau de la bureaucratie dans l’activité commerciale, et d’améliorer la qualité des services publics.

S’agissant du risque de sécurité et de cybercriminalité (score de 46,7 par rapport un score régional de 43,9/ 100), le rapport a fait état de la détérioration de la sécurité dans le pays, en raison de la proximité de la Libye qui présente un risque élevé d’attaques terroristes et d’intrusions sur les frontières nationales, et aussi, la proximité de l’Algérie, avec les risques accrus de la contrebande.

Fitch a noté, en outre, que la Tunisie fait face, également, à la hausse des risques de délits financiers, car la Tunisie ne respecte pas les normes internationales d’information financière.
En ce qui concerne le risque dans les domaines du commerce et de l’investissement (un score de 53,8 par rapport à un score régional de 47,4/100), l’agence de notation a révélé que ce risque est le moins pesant pour la Tunisie, au vu que cette dernière offre un environnement d’investissement ouvert et des incitations fiscales importantes dans les secteurs industriels clés.

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Plus de 60% des Tunisiens comptent voter durant les prochaines élections municipales prévues pour mars 2018, révèle une étude élaborée par le réseau Mourakiboun.
Lors d’un point de presse tenu jeudi à Tunis, Mourakiboun a présenté les résultats d’une étude sur la perception du citoyen tunisien de la représentativité politique et les élections locales élaborée en collaboration avec l’institut d’étude ” one to one ” et l’organisation Heinrich Böll Stiftung.

Il s’agit d’une étude quantitative faite sur un échantillon de 10 032 citoyens tunisiens de plus de 18 ans dans la période s’étalant du 28 juin au 28 aout 2017. Le contexte de l’étude a été marqué par le report des élections régionales, la démission du président de l’Instance Supérieure Indépendante pour les Elections (ISIE) et une instabilité politique et économique, affirme Mohamed Marzouk, vice président de Mourakiboun dans une déclaration aux médias. Selon lui, cette étude a démontré que d’une part, le Tunisien manque d’information sur les élections municipales et le paysage politique mais qu’il a, d’une autre part, l’intention de voter.

Selon cette étude, plus de 32% des Tunisiens ne comptent pas voter durant les élections régionales et 6,7% ne se sont pas encore décidés. De ceux qui ne vont pas voter, presque 30% pensent que les élections ne vont rien changer et 25,5% n’ont pas confiance en les politiciens.
Cependant, 16,3% ne voteront pas pour manque d’information et “difficulté” de l’opération électorale.
Sur les intentions de vote, plus de 49% des électeurs comptent voter pour des listes d’indépendants face à 27% qui comptent voter pour des listes partisanes.
Plus de 57% pensent que le candidat aux municipales doit connaitre la région et la réalité vécue par les habitants et 46% pensent qu’il doit disposer d’un bon programme électoral pour la région.

Néanmoins, 12% des interviewés estiment que le candidat aux municipales doit avoir de l’argent et 10% seulement pensent qu’il doit être une femme. Plus de 76% des Tunisiens acceptent que le président de leur municipalité soit une femme.
Plus de 73% acceptent que leur candidat soit âgé de moins de 35 ans et 60% acceptent qu’il ait un handicap physique. Plus de 17% des Tunisiens acceptent qu’il soit un extrémiste religieux et 16% seulement acceptent qu’il ait plus de 70 ans.
Plus de 57% des Tunisiens pensent, par ailleurs, que les élections municipales changeront pour le mieux la situation, 2,6% pour le pire et plus de 28% pensent qu’elles ne changeront rien.

Vous avez dit tous citoyens ?

Pour les Tunisiens, un bon citoyen dans un pays démocratique doit payer ses impôts. En effet, selon l’étude, 79% des recensés pensent que le Tunisien doit payer ses impôts afin d’être un bon citoyen. 72% pensent qu’il doit participer aux élections et 43% pensent qu’il doit protester contre les décisions qu’il n’accepte pas.
Plus de 90% des Tunisiens acceptent de payer des amendes pour avoir déposé les ordures ménagères dans les lieux publics. 77% sont prêt à payer plus d’impôt pour garantir plus de propreté dans les zones où ils habitent contre 20% qui refuseront de le faire.
Plus de 73% affirment qu’ils dénonceront un fonctionnaire de la municipalité en cas de malversation. Mais, 48% de l’échantillon seulement sont prêts à dénoncer un voisin pour construction sans autorisation.

L’étude a également démontré que presque 70% des Tunisiens ne sont pas au courant de la nouvelle répartition territoriale des municipalités. Plus de 77% ne connaissent pas les nouvelles prérogatives et responsabilités des municipalités. Plus de la moitié de l’échantillon acceptent de donner plus d’indépendance et de moyen financier aux municipalités.

Le désenchantement et ses raisons

Sur la perception du citoyen de la situation générale dans le pays, plus de 64% des citoyens pensent que la Tunisie est sur la mauvaise voie face à 25% qui pensent le contraire et 10% qui n’ont aucune idée. Plus de 77% de l’échantillon sont satisfait de la situation sécuritaire. Cependant, 17% seulement sont satisfaits de la situation économique et 25% sont satisfaits de la situation politique du pays.
Plus de 42% semblent s’intéresser à la vie politique en Tunisie face à 40,3% qui ne s’intéressent pas du tout à ce qui se passe au niveau du paysage politique tunisien. Selon la même étude, plus de 56% des Tunisiens n’ont pas du tout confiance en les partis politiques. 5% seulement ont beaucoup de confiance, 14% ont une confiance moyenne et 10% ont peu de confiance dans les partis politiques.
Après les démissions du président et 2 membres de l’ISIE, la confiance en cette instance constitutionnelle a régressé, affirme Youssef Meddeb, représentant du centre d’étude One to One. En effet, selon la même étude, 20,4% seulement ont beaucoup de confiance en l’ISIE face à plus de 27% qui n’ont pas du tout confiance dans cette instance.
Sur l’échantillon…

L’échantillon est formé de citoyens dans 24 gouvernorats, 260 délégations et 749 localités. 30,7% de l’échantillon ont un niveau d’étude primaire, 27,2% ont fait des études secondaires et 16,7% ont un niveau supérieur d’étude. 14,2% ne sont jamais allés à l’école. Les tranches d’âge des questionnés varient entre 18 et 24 ans (9,6%), 25 et 34 ans (17,7%), 35 et 44 ans (24,5%), 45 et 54 ans (22,1%), 55 et 65 ans (14,9%) et plus de 65 ans (10,7%). 67,8% de l’échantillon habitent dans des zones urbaines et 32,2% viennent de milieux ruraux. 42 % d’entre eux ont un salaire de moins de 600 dinars. Plus de 31% de l’échantillon sont des ouvriers, agriculteurs et commerçants. Les fonctionnaires administratifs et les hauts cadres ne dépassent pas les 14% de l’échantillon. Plus de 10% de l’échantillon est formé de chômeurs alors que 31% sont des femmes au foyer.

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L’autonomie financière de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (HAICA) est une condition sine qua non pour qu’elle puisse jouer pleinement son rôle en tant qu’instance de régulation“, a souligné, vendredi 03 novembre 2017, Nouri Lajmi, président de la HAICA.
Lors d’une conférence de presse tenue à Tunis, Nouri Lajmi a indiqué que l’autonomie financière de la HAICA et la mise à sa disponibilité des ressources nécessaires et suffisantes lui permettront d’accomplir sa mission principale en tant qu’instance de régulation crédible et ce, dans l’objectif de promouvoir le rendement des médias audiovisuels.
Dans ce contexte, il s’est dit étonné de voir le budget réservé à la HAICA au titre de l’année 2018 réduit à environ le quart de ce qui a été convenu auparavant et ce sans aucun justificatif. “La réduction du budget de gestion de la HAICA pourra affecter son rendement et ses engagements avec ses partenaires et collaborateurs“, a-t-il dit.

Le président de la HAICA a, aussi, signalé que l’instance a relevé certains dépassements graves et des tentatives de mainmise du pouvoir sur les médias publics alors que les Tunisiens seront bientôt appelés aux urnes pour les élections municipales.
Dans ce cadre, Nouri Lajmi a cité en exemple la révocation de certains responsables de médias audiovisuels de leurs postes sans consulter la HAICA, outre certaines plaintes dénonçant le retour aux directives du pouvoir et l’atteinte aux droits et aux libertés.
L’intervenant a, également, souligné la difficulté du passage du “média gouvernemental” au “média public“, mettant l’accent sur l’importance de renforcer la formation des journalistes. “Il convient de mentionner que la HAICA a constaté un manque de professionnalisme et l’absence de neutralité notamment lorsqu’il s’agit des activités des pouvoirs exécutifs“, a-t-il dit.

S’agissant de la transparence financière des médias audiovisuels, Nouri Lajmi s’est interrogé sur la survie de certaines chaînes qui continuent de diffuser leurs programmes alors qu’elles n’ont pas de ressources publicitaires. Il a, en outre, déploré le manque de coordination avec les institutions publiques chargées du financement et du contrôle dans ce sens.
D’autres chaines continuent à enfreindre la loi en continuant à diffuser leurs programmes sans avoir de licence, a signalé Nouri Lajmi citant la chaîne de Télévision “la Zitouna” et la radio “Al Quran Al karim”.
Malgré toutes les décisions de la HAICA, la chaîne de télévision “la Zitouna” continue à diffuser ses programmes et à ne pas respecter la loi, alors même que ses ressources financières ne sont pas connues“, a-t-il dit.
Concernant la radio “Al Quran Al karim”, Nouri Lajmi a fait savoir qu’en date du 2 novembre 2017, la HAICA a saisi le matériel de diffusion radiophonique de la chaine après la prise de toutes les mesures juridiques.

Par ailleurs, Nouri Lajmi a déploré le retard dans l’élaboration du projet de loi alternatif du décret loi 116 de 2011 faisant remarquer que cela est dû à la différence dans les points de vue entre la HAICA et le ministère des Relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et des droits de l’Homme.
Le ministère tient à ce que cette loi soit divisée en deux parties. La première concernera l’instance de régulation et la deuxième concernera les médias audiovisuels alors que les deux parties sont liées“, a indiqué Nouri Lajmi.
La séparation entre ces deux parties aura des effets négatifs sur l’application de la loi“, a-t-il ajouté.

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L’accès au crédit constitue un frein majeur à la croissance du secteur agricole, la proportion d’agriculteurs bénéficiant de prêts bancaires ne dépasse pas les 7%, pour des raisons telles que la faible marge bénéficiaire, les sécheresses fréquentes, l’endettement des agriculteurs et un mécanisme de garantie agricole mal conçu, d’où la nécessité de mettre en place une nouvelle approche de financement de proximité des petits agriculteurs, basée sur le développement des chaines agricoles“, a souligné Raouf Laajimi, DG du Financement, des Investissements et des Organismes professionnels, au ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche.
A cette fin, “une Initiative pour la promotion des filières agricoles ” (IPFA) a été mise en place par la GIZ, en coopération avec le département de l’agriculture. Ce projet lancé en 2015 se poursuivra jusqu’à 2019. Sa zone d’intervention couvre 7 gouvernorats, à savoir Kairouan, Kasserine, Sidi Bouzid, Béjà, Siliana, Kef et Jendouba. Cette initiative a été présentée lors d’une journée organisée en marge du “SIAMAP” sur “le financement des chaînes de valeur agricoles“.

Selon Neil Fourati, responsable du Projet IPFA, “cette initiative vise à faciliter l’accès de groupements de petits agriculteurs et de PME aux financements par leur intégration dans un processus de développement de filières. Les filières soutenues par le projet sont l’huile d’olive, les fruits et légumes, les produits forestiers non ligneux et les produits laitiers“.
Pour ce faire, le projet forme les agriculteurs et agricultrices à développer et mettre en œuvre des projets d’investissement et soutient la réalisation de projets pilotes de développement durable de chaine de valeur. Par ailleurs, il encourage le développement d’une approche régionale de financement des chaines de valeur à travers des cellules régionales réunissant les principaux intervenants du secteur financier agricole ainsi que les structures de conseil et d’appui“, a-t-il précisé.
Fourati a encore indiqué “qu’au total, le projet vise à faciliter l’accès au financement pour au moins 20 groupements de petits producteurs et PME dans des filières agricoles du Nord-ouest et du centre-ouest. Au moins 20 groupements de petits producteurs et PME bénéficieront, également, d’un conseil en matière de planification de modèles d’affaires et de dépôt de projets d’investissements. Il vise à augmenter le revenu d’au moins 1500 petits agriculteurs et petites agricultrices“.

L’approche de l’IPFA repose sur des partenariats avec les institutions de financements nationales et locales. Ainsi, des modèles de financement innovants des filières agricoles ont pu être mis en place, en coopération avec la BNA, Zitouna Tamkeen, Taysir Microfinance…
Intervenant pour présenter le modèle BNA pour le financement des filières agricoles, Kamel Mabrouk, directeur régional de BNA à Kasserine, a fait savoir que l’expérience de sa banque en matière de Financement de la filière laitière à Kasserine a permis d’identifier au départ un certain nombre d’obstacles qui sont derrière la fragilité de cette filière, à savoir une forte activité informelle, une multitude d’intervenants dans la chaine de valeur, une mauvaise gestion de la filière, une tendance baissière de la productivité et de la production, une absence de politique publique adéquate pour la promotion des filières agricoles, un échec de la micro-finance à apporter les solutions adéquates …

En tenant compte de tous ces obstacles, la BNA a mis en place, selon son responsable, de nouveaux produits de financement pour les petits agriculteurs, pour pouvoir répondre à leurs besoins.
Parmi ces produits, Mabrouk a cité le crédit Interface qui est un crédit de gestion accordé à l’opérateur chargé de la valorisation d’une filière. Ce crédit est destiné à couvrir les besoins d’exploitation des petits agriculteurs. Il a aussi évoqué le crédit tripartite, un prêt d’investissement accordé aux éleveurs pour l’acquisition du cheptel, du matériel d’élevage…

Telle que présentée, l’approche de Zitouna Tamkeen et de Taysir Microfinance pour le financement des filières agricoles obéit à un schéma tripartite qui repose sur des partenariats stratégiques avec des partenaires locaux, capables de jouer le rôle d’intermédiaire entre l’organisme de financement et les groupements d’agriculteurs, voire les agriculteurs eux-mêmes, mais aussi d’assurer la garantie et le suivi des investissements en question.

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Le niveau des investissements orientés vers le secteur agricole reste très en-deçà des attentes et du potentiel de ce secteur, se situant entre 8 et 10% de l’ensemble des investissements réalisés durant la dernière décennie“, a regretté, mercredi 1er novembre 2017, le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Samir Taieb, invitant les investisseurs aussi bien nationaux qu’étrangers à saisir les larges opportunités d’investissement qu’offre l’agriculture.
Présidant l’ouverture d’une journée de rencontres de partenariat B2B entre les investisseurs agricoles tunisiens et leurs homologues d’autres pays (Qatar, Côte d’Ivoire…), tenue dans le cadre du Salon international de l’agriculture, du machinisme agricole et de la pêche (SIAMAP 2017), organisé par l’UTAP, du 31 octobre au 5 novembre 2017 au palais des expositions du Kram, Taieb a affirmé l’engagement des autorités à intensifier les efforts visant à améliorer le positionnement du secteur agricole sur la carte des investissements et à renforcer sa contribution au développement régional et rural et à la garantie de la sécurité alimentaire.

Lesquels efforts ont permis selon le ministre d'”accélérer le rythme des investissements privés dans ce secteur qui ont atteint 58% de l’ensemble des investissements réalisés dans le secteur agricole durant les 5 dernières années
Le ministre a par ailleurs souligné que “grâce aux incitations spécifiques accordées aux investisseurs étrangers, le volume des investissements à participation étrangère dans le secteur agricole a atteint, à fin 2016, 540 millions de dinars, soit 6% de l’ensemble des investissements approuvés. L’Espagne, la France, l’Italie, la Hollande, l’Allemagne, l’Arabie saoudite et le Maroc sont les premiers investisseurs dans ce sens, et nous espérons pouvoir attirer d’autres pays“.
Pour ce faire, les autorités comptent beaucoup, selon le ministre, sur le nouveau lot d’incitations dédiées au secteur agricole inscrites dans le cadre de la nouvelle loi sur l’investissement, mais aussi sur les atouts de la Tunisie dans ce domaine, son positionnement stratégique en tant que trait d’union entre l’Europe et l’Afrique, mais aussi sur les opportunités qu’offrira l’ALECA dont les négociations sont en cours entre la Tunisie et l’Union européenne.

De son côté, le directeur général de l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA), Abderrahmane Shafai, a estimé qu’au-delà des incitations fiscales et autres, l’investisseur aussi bien national qu’international s’intéresse en premier lieu au climat des affaires, qui doit être amélioré davantage pour attirer plus d’investissements.
Il a aussi fait un rappel des principales incitations fiscales et financières accordées aux investissements dans le cadre de la nouvelle loi sur l’investissement dont les dégrèvements fiscaux, l’exonération des droits de douanes pour les importations des équipements, les primes d’augmentation de la valeur ajoutée et de la compétitivité, de rendement économique, de développement de l’employabilité, de développement régional, de développement durable….

A l’extérieur des salles abritant les conférences organisées en marge du salon se poursuivent les diverses activités et expositions meublant le SIAMAP 2017, avec une organisation qui laisse beaucoup à désirer et une communication défaillante livrant les visiteurs du salon à eux-mêmes et les obligeant à user les semelles de leurs chaussures, pour explorer les accès du labyrinthe qui leur fait face.

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Des accords de coopération pour financer des projets dans le secteur de l’éducation dans le but d’offrir une meilleure qualité d’enseignement pour chaque enfant en Tunisie ont été signés ce vendredi 27 octobre 2017 entre le ministère de l’Education, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), l’Union européenne (UE) et l’Agence de coopération et de développement au ministère des Affaires étrangères italien ainsi que le Programme alimentaire mondial (PAM).
Ces accords ont pour objectif la consolidation du système éducatif et l’amélioration de l’infrastructure de base dont les équipements sanitaires et les espaces de loisirs dans les écoles primaires, a indiqué Mohamed Hédi Sehili, chargé de mission au ministère de l’Education.

Le but de ces accords est aussi l’amélioration des prestations accordées aux élèves et aux enseignants sur le plan formation et ce moyennant une enveloppe globale estimée à 12,6 millions euro, l’équivalent de 36 millions dinars, selon la même source.
Le ministre de l’Education, Hatem Ben Salem, a indiqué à cette occasion que malgré les réalisations enregistrées dans le secteur éducatif, plusieurs défis sont à relever et nécessitent le déploiement des efforts des différentes parties intervenantes.
Les accords signés contribueront à assurer une meilleure qualité d’enseignement pour chaque enfant en Tunisie, a encore estimé le ministre de l’Education.

L’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Raimondo De Cardona, a mis en relief l’attachement de l’Italie à soutenir le système éducatif tunisien en assurant une meilleure qualité d’enseignement et accordant davantage d’attention aux écoles primaires à travers un don d’une valeur de 7 millions euros, soit l’équivalent de 20 millions dinars. L’objectif est de lutter notamment contre le décrochage scolaire et offrir de meilleures conditions d’éducation, a-t-il précisé.

Pour sa part, Patrice Bergamini, ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, a déclaré que l’UE vise la promotion de la qualité de l’enseignement en Tunisie avec la garantie d’une meilleure qualité d’enseignement dans le secteur public et la lutte contre le décrochage scolaire.
Bergamini a ajouté à ce propos que le soutien accordé par l’UE s’inscrit dans le cadre d’un programme intégral avec la présentation de don d’une valeur global de 60 millions euros visant la contribution à la réforme du système éducatif. Il a rappelé à ce propos l’engagement de l’UE à soutenir les jeunes dans le cadre de l’initiative partenariat pour la jeunesse Tunisie-UE, lancé le 1er décembre 2016 et visant la consolidation des échanges des universitaires dans le cadre du programme erasmus, en plus de l’élaboration d’une stratégie tunisienne intégrée pour les jeunes à l’horizon 2030.

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Six bureaux d’assistance aux bénéficiaires d’une peine de substitution à la peine de prison seront mis en place à partir de la fin de l’année 2017 dans nombre de juridictions, a annoncé vendredi le directeur général des prisons, Ilyes Zallagui.
Ces bureaux auront pour mission de contrôler, d’orienter et d’encadrer les bénéficiaires de cette peine, aux fins de favoriser leur intégration sociale et de prévenir la récidive, a-t-il expliqué lors d’une table ronde à Tunis sur le thème ” Les peines alternatives et le rôle des bureaux d’assistance et les établissements nationaux “.
Mobilisant 20 assistants judiciaires, ces bureaux seront installés dans les Tribunaux de première instance de la Manouba, de Monastir, de Kairouan et de Gabès ainsi que dans les Cours d’appel de Tunis et de Bizerte “, a-t-il ajouté.

Selon lui, 29,3% des détenus condamnés pour un délit mineur pourraient prétendre juridiquement à bénéficier de ce programme.
Les statistiques disponibles sur les détenus, toutes peines confondues, sont venues démontrer l’incapacité du système judiciaire traditionnelle à empêcher la récidive “, a-t-il souligné.
Les peines liberticides n’ont pas réussi à produire les résultats escomptés particulièrement en matière d’infractions et de délits mineurs “, a-t-il encore ajouté.
L’absence d’un cadre législatif régissant les services d’assistance judiciaire aux bénéficiaires d’une peine de substitution à la peine de prison n’a pas empêché l’institution carcérale d’adopter de bonnes pratiques et de s’imprégner des expériences pilotes dans ce domaine, a-t-il indiqué, rappelant le lancement depuis 2013 du premier bureau d’assistance judiciaire dans la Cour d’appel de Sousse.

Le programme d’exécution des peines alternatives est appuyé par le programme d’appui à la réforme judiciaire et financé par l’Union européenne et l’Organisation internationale pour la réforme pénale (PRI).
La Table ronde devrait se poursuivre demain samedi. Elle se penchera notamment sur le rôle du juge d’exécution des peines et ses prérogatives, le rôle des composantes de la société civile et les établissements publics ainsi que sur le cadre juridique régissant l’intervention de la société civile dans l’exécution des peines alternatives.

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