Authors Posts by Tunis Afrique Presse

Tunis Afrique Presse

154 POSTS 0 COMMENTAIRES

par -

La municipalité de Laâyoune nouvellement créée (11 septembre 2015) souffre d’un manque flagrant de commodités de base, déplorent les habitants de la commune.
La délégation spéciale de la commune a été désignée le 11 janvier 2016. Située dans une zone rurale au nord du gouvernorat de Kasserine, Laâyoune couvre une superficie de 411,4 km2 soit 5% de la surface totale du gouvernorat et compte 19461 habitants.
Elle comprend 6 arrondissements communaux, à savoir Laâyoune, El Grine, Ain Esselsla, El Bouajer, Tiwicha et El Brek.
Les commodités nécessaires à la vie courante (station d’épuration, marché, abattoir, moyens de transport, prestations de services) sont inexistantes dans cette municipalité à caractère rural où la plupart des habitants vivent de l’agriculture et de l’élevage.

Selon l’activiste de la société civile Anis Guesmi, la commune connait un manque total d’entreprises, d’institutions (recettes des finances, Caisse nationale d’assurance maladie et agence bancaire), ainsi que d’espaces sportifs et de divertissement.
En l’absence d’investissements, le taux de chômage s’est aggravé (500 jeunes diplômés sans emplois) et l’infrastructure s’est détériorée, ajoute-t-il.

De son côté, le professeur de collège Mounir El Kertli indique que Laâyoune est la deuxième délégation la plus pauvre en Tunisie et ses habitants ne bénéficient ni d’hôpital local, ni de décharge contrôlée, ni d’institutions de services.
On doit parcourir 65km pour arriver au chef-lieu du gouvernorat de Kasserine et bénéficier des commodités“, a-t-il expliqué.
Depuis la création de la délégation de Laâyoune, en 1980, aucune agence bancaire publique ni aucun espace de divertissement, sportifs ou pour enfants n’ont été édifiés, fait-il remarquer.
Pour ses attentes du nouveau conseil municipal, Mounir El Kertli estime que la commune a besoin de jeunes compétences visionnaires capables d’assurer une meilleure qualité de vie aux habitants.
Il incite les électeurs de Laâyoune à voter massivement pour élire leurs représentants et à s’impliquer dans la promotion de leur délégation.

Le président de la délégation spéciale, délégué de Laâyoune, Hamza Tarchoune, signale pour sa part, qu’il sera procédé à l’acquisition d’équipements de propreté et à l’entretien du réseau d’éclairage public, ainsi que la consécration d’un excédent budgétaire de 500 mille dinars enregistré en 2017 pour construire un entrepôt municipal et aménager le marché de bétail.
Passant en revue les projets en cours de réalisation, il cite la reconstruction du marché municipal (900 mille dinars) et l’asphaltage d’un tronçon de 2km de route à la cité “Al Izdihar” (712 mille dinars) et de 6 km de la route Rouabeh-Taher Ben Zaâra (1 million de dinars).
Les travaux concernent aussi la route reliant El Ghdira Bidha-Essaounia-Laâyoune d’une longueur de 10,5km (1,2 million de dinars).
Le nombre total des inscrits aux prochaines élections municipales à Laâyoune est de 8435. Huit listes sont candidates au conseil municipal (18 sièges) : trois listes partisanes (Nidaa, Ennahdha, Courant Démocratique), quatre indépendantes et une de coalition (Union civile).

par -

Quand le gouvernement a fait sa prévision de 54 dollars le baril dans son projet de la Loi de finances 2018, les experts en économie lui ont tout de suite fait savoir que cette hypothèse n’était pas réaliste et qu’on allait assurément dépasser les 60 dollars cette année. La Banque mondiale aussi était du même avis, et son avis compte. Mais voilà, le gouvernement a fait la sourde oreille. On peut aussi avancer l’explication selon laquelle l’équipe de Youssef Chahed l’aurait fait en parfaite connaissance de cause pour ne pas, d’emblée, effrayer les bailleurs et le FMI avec un déficit budgétaire qui serait encore plus important si le prix du baril avait été fixé à 60 dollars ou plus. Quoi qu’il en soit, le répit a été de courte durée, et personne ne peut plus masquer l’ampleur du problème. “Le déficit énergétique ne cesse de s’aggraver avec la hausse continue du prix du baril de pétrole, pour atteindre aujourd’hui 68 dollars, alors que le prix du baril a été fixé à 54 dollars dans le budget de l’Etat pour l’exercice 2018, ce qui aurait des répercussions négatives sur nos équilibres financiers“, a indiqué Khaled Kaddour, ministre de l’Energie, des Mines et des Energies renouvelables, jeudi 05 avril 2018, lors d’une conférence de presse, organisée en marge de la conférence “Accélération de la mise en oeuvre des programmes d’efficacité énergétique”.

Kaddour a estimé que cette différence au niveau du prix de pétrole (13 dollars) coûtera environ 121 millions de dinars (MD) au budget de l’Etat, juste pour le premier trimestre 2018.

“C‘est dans ce cadre que nous devons, impérativement, ancrer les principes de la maîtrise de l’énergie et nous orienter davantage vers les projets d’efficacité énergétique et des énergies renouvelables, afin de parvenir à maîtriser notre consommation d’énergie, et ce, dans le cadre d’une vision claire“, a-t-il noté. D’après le ministre, la Tunisie oeuvrera, d’ici 2020, à mettre en place l’ensemble des projets énergétiques annoncés par le chef du Gouvernement, lesquels permettront de réduire le recours aux énergies conventionnelles et d’édifier un nouveau modèle économique durable.
Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, avait annoncé, jeudi, le lancement, dans les prochaines semaines, de dix projets d’énergies renouvelables représentant un volume d’investissement de 200 millions de dinars (MD), ainsi que d’autres projets destinés aux régions intérieures, qui seront lancés dans le cadre d’appels d’offres, d’une capacité de 800 Mégawatts (Mw) et mobilisant un investissement de 2000 MD.

Pour ce qui est de la compensation énergétique pour l’année 2018, Kaddour a estimé qu’elle dépassera de loin les prévisions du gouvernement fixées à 1500 MD (budget de l’Etat) pour atteindre les 2500 MD, au vu de la hausse continue du prix du baril de pétrole, ce qui a imposé au gouvernement de réviser, la semaine dernière, les prix des carburants à la hausse. Mais ça ne suffira pas pour éloigner les gros nuages à l’horizon, de l’aveu même du ministre chargé des grandes réformes, Taoufik Rajhi.
Sur un autre registre, le ministre a rassuré sur le fait que la production de phosphate a repris à un rythme ordinaire et que le gouvernement veille à honorer tous ses engagements envers les habitants dans les régions du bassin minier et de Tataouine pour apaiser les tensions sociales.

Il est à noter, a précisé le ministre, que les ressources énergétiques de la Tunisie n’ont permis de couvrir que près de 50% de la demande intérieure en énergie primaire, estimée à environ 9551 mille tonnes équivalent pétrole (Tep), alors que les ressources nationales n’ont pas dépassé les 4840 mille Tep, ce qui représente un déficit de l’ordre de 4711 mille Tep.
La consommation finale de l’énergie s’est élevée à 6775 mille Tep, à fin 2016, répartie essentiellement entre les secteurs du transport (35%), de l’industrie (32%), du logement (17%), des services (9%) et de l’agriculture (7%).

par -

La Tunisie a signé jeudi 05 avril 2018, avec le groupe de la BID, un document de partenariat stratégique pour la période 2018-2020, et cinq accords de crédit portant sur des projets de transport de l’électricité, de construction de deux hôpitaux régionaux, de financement du commerce extérieur et de garantie de l’investissement, outre un don au profit des régions frontalières de la Tunisie.
Zied Ladhari, ministre du développement, de l’investissement et de la coopération internationale a indiqué dans une déclaration à la presse, à l’issue de la signature de ces accords, que le document de partenariat stratégique entre la Tunisie et la Banque Islamique de Développement (BID) résume les principaux axes de travail, qui seront développés avec le groupe, au cours des trois prochaines années ainsi que les projets qui seront programmés et réalisés avec la banque islamique.

Le ministre de l’énergie, des mines et des énergies renouvelables, Khaled Kaddour, a précisé que la Tunisie a obtenu, en vertu de l’accord de transport de l’électricité, un financement d’une valeur de 121 millions d’euros (environ 360 MD) qui va contribuer avec l’autofinancement apporté par la STEG, à renforcer le réseau de transport de l’électricité de la société.
Le ministre a fait savoir que les études relatives à ce projet sont prêtes et que les travaux vont démarrer dans les plus brefs délais pour couvrir 30 stations, soulignant que cet accord va renforcer la stratégie énergétique de la Tunisie à court et long termes.

Le ministre de la santé, Imed Hammami a indiqué que le 2ème accord concerne le projet de création de deux hôpitaux régionaux à Thala (gouvernorat de Kasserine) et Dahmani (gouvernorat du Kef) pour un montant de 90 MD. Ces financements vont concerner les travaux de construction et les équipements.
Le ministre a relevé que les études sont fin prêtes et que tous les problèmes fonciers ont été résolus, annonçant que les travaux vont démarrer avant la fin de 2018, alors qu’ils avaient pris du retard depuis 2012.
De même, un accord de don d’une valeur de 280 mille dollars a été signé pour la mise en place d’un programme et l’élaboration d’une étude de faisabilité, dans l’objectif d’améliorer l’inclusion économique et sociale des catégories marginalisées dans les régions frontalières de la Tunisie.

Ladhari a affirmé que la Tunisie a encore signé un accord cadre avec la Société internationale islamique de financement du commerce (SIFC), d’une valeur de 1,5 milliard de dollar (3 750 MD), pour le financement des besoins de la Tunisie dans les domaines du commerce extérieur et le financement des importations de marchandises stratégiques, par les entreprises publiques.
Enfin, un mémorandum d’entente a été signé avec la Société islamique d’assurance des investissements et des crédits à l’exportation (SIACE), portant sur la coopération dans l’exécution des programmes,visant à relever le rythme des investissements directs extérieurs en Tunisie.
La signature de ces accords intervient dans le cadre de la clôture des travaux de la 43ème édition des Réunions annuelles du groupe de la BID qui se sont déroulés du 1er au 5 avril 2018, à Gammarth, dans la banlieue Nord de Tunis.

par -

L’ambassade de Tunisie en Tunisie a affirmé jeudi 15 mars 2018 qu’”aucune entreprise française ne bénéficie de conditions préférentielles ou de droits particuliers pour exploiter les ressources naturelles en Tunisie dans les domaines de l’eau, des phosphates ou du pétrole“.
La représentation diplomatique française réagissait sur son site officiel à la publication par l’Instance Vérité et Dignité (IVD) de documents d’archives qui confirment selon elle “l’exploitation éhontée par l’occupant français des richesses souterraines tunisiennes en vertu de privilèges accordées à la France qui n’ont pas été abolis après l’accord (d’indépendance) du 20 mars 1956“.
Selon l’ambassade de France “la (re)publication récente de documents d’archives concernant la période coloniale, connus des historiens et accessibles à tous depuis longtemps, donne lieu à de nombreux commentaires et à une lecture toujours salutaire et transparente de l’histoire“.
Comme elle l’a déjà fait en 2017 avec l’Instance Vérité et Dignité pour lui faciliter ses travaux, la France met bien volontiers à disposition des chercheurs les archives qui sont en sa possession pour éclairer les relations qui régissaient les deux pays avant 1956“, ajoute l’ambassade.

Elle précise “s’agissant de l’exploitation du sel marin, elle est assurée par de nombreux entreprises à capitaux non français. La société COTUSAL, détenue par des capitaux tunisiens et français et ne produisant du sel que sur marais salants, a indiqué à l’Ambassade avoir demandé à maintes reprises l’abandon de la convention de 1949 conclue avec l’Etat tunisien“.
L’IVD a indiqué que les documents révélés “sont des vérités qui démontrent l’ingérence de l’occupant français dans les orientations économiques de l’Etat indépendant et l’exploitation de ses richesses“.
Elle a souligné que “les autorités d’occupation française avaient créé des sociétés auxquelles elle a accordé des permis d’exploitation des champs pétroliers et des carrières dans le cadre de concessions, contrats d’exploitation ou permis de recherche pour s’assurer la mainmise sur les richesses souterraines de la Tunisie“.
L’Instance a affirmé que “l’exploitation éhontée des ressources naturelles de la Tunisie est stipulée par les articles 33 et 34 de l’accord d’indépendance économique et financier et par les accords à des conditions exorbitantes décidés par l’Etat français“.
Elle a fait remarquer que certains accords prévoient des droits limités à l’Etat tunisien lorsqu’il s’agit de concurrence à l’égard de sociétés françaises.

Reçu jeudi au palais de Carthage par le président Béji Caïd Essebsi, l’historien universitaire et expert en histoire de la Tunisie contemporaine Khaled Abid a mis l’accent sur le rôle des historiens dans l’étude et la conservation de la mémoire de la Tunisie contemporaine.
L’historien joue également un rôle clé dans la lutte contre toute tentative de falsification, de mensonge ou d’altération de l’histoire, dans la mesure où de telles pratiques risquent d’asseoir une culture de haine et d’aversion, de diviser les Tunisiens et d’instrumentaliser l’histoire pour provoquer des conflits collatéraux politiciens“, a-t-il estimé.
Les Tunisiens ont une seule histoire. Ils devraient la prendre avec ses points positifs et ses points négatifs : les points positifs pour les enrichir et les points négatifs pour en tirer les leçons“, a-t-il fait valoir, selon un communiqué de la présidence de la République.
Tous les Tunisiens doivent tourner vers l’avenir pour que le pays puisse surmonter cette étape délicate qu’il traverse“, a-t-il enchaîné.

Dans un article publié au début de la semaine dans un journal électronique, l’historien Khaled Abid a dénoncé “l’ignorance” par la présidente de l’Instance “Vérité et Dignité”, Sihem Ben Sedrine, des règles de l’écriture de l’histoire. Selon lui, Ben Sedrine “prétend s’être procurée par ses propres moyens des documents des archives volées par la France sur les richesses tunisiennes encore aux mains des Français, alors qu’ils sont connus des Tunisiens“.
Ces documents sont des documents d’archives français et n’ont pas été volés à la Tunisie, a-t-il tenu à préciser. Des copies de ces archives ont été obtenues par la Tunisie à la demande du président Habib Bourguiba lui-même dès les années 1980 et sont en possession de l’Institut national de l’histoire contemporaine. Le directeur technique de la COTUSAL, Riadh Machta, avait déclaré à l’agence TAP que “l’Etat Tunisien n’a pas résilié, en 2014, la convention permettant à cette Compagnie, dont le capital est à 65% étranger et à 35% tunisien, d’exploiter le domaine public maritime pour l’extraction du sel, ce qui a abouti au renouvellement automatique de cette convention datant de 1949, jusqu’à l’année 2029“.
Cette convention régissant l’activité de la Compagnie Générale des Salines de Tunisie, depuis l’ère coloniale, a suscité une grande polémique après la révolution, du fait qu’elle permet à la COTUSAL d’exploiter une richesse nationale (les salines) à un taux symbolique fixé, avant l’indépendance, à un franc français pour l’hectare et par an.

par -

Le chef de l’Etat, Béji Caid Essebsi, avait demandé des mesures sociales pour faire passer les pilules amères de la Loi de finances 2018 (hausse de la TVA, ponctions fiscales, etc.). Même le Fonds Monétaire International (FMI), lequel n’a pourtant pas la réputation de verser dans le socialisme, avait demandé au gouvernement tunisien des inflexions face à la situation sociale qui se tendait dangereusement. En attendant une autre fournée de mesures sociales, la SNIT (Société Nationale Immobilière de Tunisie) elle a décidé de revoir sa copie, avec une proposition novatrice que les citoyens ne bouderont certainement pas en ces temps de vaches maigres et de surcoût des matériaux de construction…

L’augmentation des prix de vente des logements proposés par la SNIT s’explique par le changement du rôle de la société par l’Etat, laquelle est devenue un simple promoteur public alors qu’elle centralisait au départ un certain nombre de fonctions (lotisseur, organisme de crédits…) lui permettant de mieux maitriser ses couts“, a indiqué, jeudi 15 mars 2018, Houda Miaoui Charfi, DGA de la SNIT.

Et d’expliquer, lors d’une journée d’étude organisée par la SNIT, sur le thème “La gouvernance et les exigences de gestion des projets publics”, que la société en tant que promoteur public, n’est plus dans une logique sociale, elle s’est plutôt placée dans une logique économique, la contraignant à calculer les couts et les prix de vente de ses logements de manière à pouvoir pérenniser ses activités, à payer ses charges et à prévoir l’achat de nouveaux terrains pour pouvoir construire de nouveaux logements” .

Charfi a, par ailleurs, fait savoir que “dans sa nouvelle stratégie d’action qui sera bientôt soumise au ministère de l’Equipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, la SNIT proposera une révision de son rôle, pour ne plus se contenter de celui d’un promoteur et mieux adapter ses prestations au pouvoir d’achat du citoyen moyen“.

Concrètement, la SNIT se proposera d’agir sur deux niveaux. Le premier concerne la maitrise des couts des logements en agissant sur le niveau de prestations alors que le deuxième niveau consiste en l’introduction parmi les prérogatives de la SNIT de la réhabilitation des immeubles en ruine et le relogement de leurs habitants de manière à améliorer l’environnement urbain, renouant ainsi avec son rôle social“.

La DGA de la SNIT a, en outre, évoqué le problème de la société pour liquider son stock de logements (économiques et économiques améliorés) en raison du blocage actuel généré par la nouvelle clause de la loi de finances 2018 sur l’application de la TVA appliquée aux promoteurs immobiliers.

Elle a, également, rappelé les procédures légales entreprises par la SNIT pour récupérer ses logements squattés suite à la révolution, précisant “qu’au niveau de la SNIT centrale, les 800 logements squattés ont été récupérés. Reste qu’au niveau des régions, il y a encore des logements squattés (une trentaine à Bizerte, mais aussi d’autres à Sfax, à Kasserine…)“.

Toujours selon elle, “le plus grave c’est le squat des terrains relevant de la SNIT. Nous avons encore 70 hectares squattés à Mhamdia, dont la récupération sera difficile, parce qu’à défaut d’intervention au début, tout un village y était installé anarchiquement et illégalement“.

Charfi a ainsi fait un appel aux autorités compétences pour régler la situation.

S’agissant du thème choisi pour la journée d’étude, la DGA de la SNIT a souligné qu’il s’agit d’une tentative de vulgariser les principes de la gouvernance chez les cadres et agents de la société.

Elle a, ainsi, rappelé que “suite aux difficultés rencontrées par la SNIT après la révolution, (les occupations, les squats), elle a pu rebondir grâce à la mise en place d’une stratégie de mise à niveau et de modernisation, s’articulant autour de la mise à niveau de ses archives, la mise en œuvre d’un schéma directeur informatique pour maitriser toute la chaine de production, l’adoption de la charte de conduite des agents, la mise en place d’une cellule de bonne gouvernance conformément à la circulaire gouvernementale relative à la mise en place de cellules de bonne gouvernance dans les structures publiques…” .

Toutes ces actions réunies et bien d’autres ont jeté les bases d’un climat de bonne gouvernance et de transparence au sein de la SNIT, lui permettant de surmonter les années de crise. La SNIT est aujourd’hui une entreprise qui gagne de l’argent et qui ambitionne de mieux satisfaire les besoins et les demandes du citoyen“-a-t-elle conclu.

par -

Le taux de croissance réel du PIB de la Tunisie pourrait atteindre 2,8 % en 2018 et 3,5 % en 2019. Toutefois, cette tendance haussière “demeure encore faible“, a indiqué Assitan Diarra -Thioune, économiste régional pour l’Afrique du Nord à la Banque africaine de développement (BAD), en présentant, lundi 13 mars 2018, le rapport sur “les Perspectives économiques en Afrique 2018”, dédié à l’Afrique du Nord. “Cette réalisation est sous réserve d’une accélération des réformes structurelles, d’une montée en puissance de l’appareil industriel pour répondre à la demande extérieure et de l’atténuation du caractère cyclique de la croissance du secteur agricole“, lit-on dans le rapport sur les Perspectives économiques en Afrique 2018 dédié à l’Afrique du Nord et couvrant l’Algérie, l’Egypte, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie.
D’après le rapport, atteindre les taux de croissance ambitionnés sera conditionné par la capacité du pays à conforter et poursuivre la croissance, notamment de l’industrie manufacturière et non manufacturière (phosphate, pétrole et gaz) ainsi que des services marchands.

Les bons points

Le rapport montre que plusieurs facteurs positifs devraient soutenir la croissance de la Tunisie en 2017 puis en 2018-2019. La politique de sécurité instaurée après les attentats de 2015 a clairement porté ses fruits, s’agissant surtout du tourisme avec une augmentation du flux touristique de 32 % en 2017, ce qui devrait améliorer la balance des paiements et contribuer à stabiliser le dinar. La production et les exportations de phosphate ont fortement rebondi et l’investissement (étranger et national) commence à afficher des signes de reprise. La Tunisie continue également à bénéficier d’un solide appui de la communauté internationale. La croissance devrait également bénéficier de la poursuite de la reprise dans la zone euro, amorcée en 2012, en particulier en Espagne, Allemagne et France, et qui devrait tirer les exportations à la hausse.
Enfin, la Tunisie pourrait également toucher les dividendes de certaines réformes stratégiques adoptées depuis 2015, telles que la loi du 27 novembre 2015 sur les partenariats public-privé et celle du 30 septembre 2016 sur l’investissement visant à dynamiser le taux d’investissement, conformément au Plan de développement 2016-2020, taux dont la part qui était de 19 % du PIB en 2016 passerait à 24 % en 2020.

Les motifs d’inquiétude

En contrepartie, le rapport a cité les facteurs négatifs, indiquant, à cet effet, que depuis 2011, les comptes publics du pays ont continué à se détériorer. Dominée par les dépenses courantes (72 % du budget en 2017), la dépense publique ne correspond pas aux besoins d’investissement, notamment dans les infrastructures. Malgré quelques avancées, les progrès des réformes structurelles engagées, depuis 2013, demeurent limités en raison de la résistance au changement du modèle de développement qui a accompagné l’économie tunisienne depuis les années 70.
L’accélération des réformes demeure incontournable pour que la Tunisie continue de bénéficier de l’appui des partenaires au développement et de la confiance des marchés pour le (re)financement de sa dette.

Les autres facteurs négatifs à moyen terme sont une détérioration de la sécurité due à la crise libyenne et une possible résurgence de conflits sociaux liés à la réforme du secteur public et à la détérioration du pouvoir d’achat. Les vulnérabilités macroéconomiques se sont aggravées.
La dette publique était estimée à 70 % du PIB à la fin de 2017, le compte courant affiche un déficit à deux chiffres et les réserves en devises de la Banque centrale ont baissé. En outre, la loi de finances 2018 vise à réduire le déficit budgétaire à moins de 5 % du PIB, mais cet ambitieux objectif ne sera pas facile à atteindre. La stratégie fiscale de l’Etat et une réforme complète de la fonction publique devront être mises en œuvre. Une réduction des subventions à l’énergie, qui profitent de manière disproportionnée aux plus riches, et la poursuite de la réforme de la sécurité sociale peuvent aider à stabiliser les déficits publics et la dette.

Un autre défi majeur pour les années à venir est de lever les principaux obstacles à la croissance et à la création d’emplois – notamment en simplifiant le cadre réglementaire pour résoudre les problèmes de prêts non productifs et de gouvernance des banques publiques, et ainsi élargir l’accès des petites et moyennes entreprises (PME) au financement bancaire. La Tunisie pourrait également adopter un plan pour stimuler de nouvelles industries à fort potentiel compétitif, susceptibles d’absorber le vaste réservoir de travailleurs qualifiés sous-employés du pays.

Le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Zied Laâdhari, qui assistait au lancement du dit rapport, a mis l’accent sur l’impératif de s’orienter vers le marché africain pour mieux renforcer les échanges commerciaux et la coopération économique, qui est un choix stratégique pour le pays. L’économie africaine est une économie vitale et sera plus dynamique au cours des prochaines années, d’autant plus que la croissance mondiale sera tirée principalement du continent africain.
De son côté Mohamed El Azizi, directeur général de la BAD pour la Région Afrique du nord, a fait savoir que la stratégie de la banque en Tunisie est de se focaliser sur les secteurs industriels, notamment dans les régions intérieures, pour y promouvoir la création d’emplois.

par -

La Tunisie participe pour la sixième année consécutive au salon ‘’Mobile World Congress’’, la plus importante manifestation au niveau mondial pour la promotion de l’univers de la téléphonie mobile, qui se tient du 26 Février au 1er Mars 2018, à Barcelone.
Dix entreprises tunisiennes aux activités variées (Mobile Service Cloud, Mobile Network Monitoring, Swarming Drones Communication Modems, développement des logiciels Web Mobile, solutions M-Business, développement d’applications d’ingénierie des services financiers, paiement mobile, Cloud Computing) participent au pavillon national à ce salon, qui est organisé par le Centre de promotion des exportations (CEPEX) sur 74m².

Le CEPEX a fait savoir jeudi 1er mars 2018, dans un communiqué, qu’il s’est allié avec ses partenaires institutionnels et privés pour stimuler les synergies des participants tunisiens, à “la plus grande messe de l’industrie de la téléphonie mobile à l’échelle mondiale“. Pour ce faire, le Pôle el-Gazala des Technologies de la Communication et le Pôle de Compétitivité de Sousse se sont attelés, depuis des mois, à mobiliser 13 Start-ups tunisiennes pour faire le déplacement à Barcelone, afin de présenter leurs dernières solutions mobile aux leads et prospects croisés aux abords du pavillon Tunisie, mais aussi pour vivre une expérience commerciale et technologique unique qui enrichira leur connaissance du business international.

Pour le CEPEX, le salon ’’MWC 2018’’ est l’occasion de mettre en application la nouvelle vision qui prône l’intégration graduelle des activités du fonds “Tasdir+” dans les actions du centre. C’est ainsi que ce fonds a mis à contribution son réseau local et international pour l’inscription de ses adhérents à ce salon et l’invitation au pavillon national de donneurs d’ordre et professionnels d’envergure internationale lors de deux séances de networking et de mises en relation organisées, les 27 et 28 février dernier.
La rencontre du 27 février a été marquée par une grande affluence de personnalités, donneurs d’ordre et bailleurs de fonds étrangers venus pour établir des réseaux avec les chefs et délégués des PME tunisiennes, présentes au salon.
Ont pris part à cette séance de networking des partenaires européens et africains, des personnalités de la région MENA (ministres des TIC de la Palestine et de l’Egypte ainsi que le secrétaire général de l’association arabe des TIC -AITCO-), le président du patronat ivoirien, le président de l’instance de coopération internationale de Russie, le président de la région Est de l’investissement canadienne et le président de l’instance de l’export du Québec.

La séance du 28 février a été consacrée aux rencontres B to B et le partenariat avec l’Afrique a été au cœur de ces rencontres. Un accord entre l’entreprise tunisienne “Omniacom”, fournisseur de solutions et services de télécommunication et la compagnie ivoirienne Enova a été signé lors de cette journée.
Un autre pavillon tunisien, au nom du consortium “Get’it” qui abrite sept entreprises, participe au salon ‘’MWC 2018’’, pour présenter le savoir-faire de ces sociétés dans les domaines des Solutions Telecom, de la Transformation digitale et de l’Outsourcing & Services.
Pour le CEPEX, il s’agit là d'”un exemple d’une initiative privée qui démontre la possibilité de se distinguer, sans forcément recourir à l’assistance de l’Etat“.

Etant membre du réseau Europe Entreprise Network (EEN) depuis 2015 (4000 experts au sein de 600 organisations partenaires dans plus de 50 pays), le Cepex a co-organisé avec l’Agence Catalane pour la Compétitivité des Entreprises (ACCIO) le plus grand événement de rencontres BtoB entreprises par ce réseau, au salon ‘’MWC’’.
Cet événement a été l’occasion idoine pour les exposants tunisiens de marquer leur présence parmi les acteurs de la téléphonie mobile dans le monde et révéler tout leur potentiel particulièrement en termes de rapport qualité/prix“.
En effet, un travail de collaboration fut initié quelques semaines avant le début du MWC entre le Cepex et l’Ambassade du Canada à Tunis, en vue d’identifier les intérêts communs des PME exposantes au MWC des deux pays et de créer un planning de rendez-vous d’affaires aussi bien au sein du pavillon Tunisie que de celui du Canada“.
L’édition 2018 du salon MWC a choisi comme slogan “Creating a Better Future“. C’est exactement à quoi on s’attend en Tunisie pour une filière naissante et prometteuse, a souligné le CEPEX.

par -

La Tunisie ne sera pas épargnée par les conséquences du changement climatique, même si elle commence, dès aujourd’hui, à réduire considérablement, les émissions des gaz à effet de serre, a déclaré l’expert national Nidhal Attia.
Intervenant, mardi 27 février 2018, à un séminaire sur “Le changement climatique en Tunisie : gestion des impacts“, Attia a souligné la nécessité de prendre en considération le facteur prévention, de contribuer aux efforts internationaux (rejoindre la vague mondiale de lutte contre le changement climatique) et être prêt à gérer les éventuels impacts (adaptation).

Parmi ces impacts sur la Tunisie, l’expert a évoqué une baisse de 28% des ressources en eau à l’horizon de 2030, alors que notre pays est déjà en situation de stress hydrique. Le littoral va aussi être sérieusement touché par le changement climatique (érosion, retrait de la ligne des côtes, salinisation des nappes côtières et submersion des terres agricoles dans les zones côtières).
L’agriculture va aussi être impactée par les effets du changement climatique et la production agricole va régresser, ainsi que le secteur de la santé (apparition de maladies résultant de la pollution de l’eau et des maladies respiratoires)“.
Si le littoral est touché par les effets du changement climatique, le tourisme balnéaire sera également menacé. En plus, les deux tiers du territoire tunisien seront touchés par la désertification” a fait savoir l’expert.
Attia a rappelé par ailleurs que “la Tunisie a ratifié, en octobre 2017, l’accord de Paris sur le changement climatique et dispose de plusieurs stratégies et rapports sur l’adaptation et la lutte contre le changement climatique“, soulignant “la nécessité de les mettre aujourd’hui en application“.
Il a dans ce cadre relevé l’urgence de désigner une entité qui se chargera du dossier du changement climatique, de l’harmonisation et de la concrétisation des stratégies sectorielles.

Le ministre des affaires locales et de l’environnement, Riadh Mouakhar, a indiqué que la Tunisie doit établir une politique permettant la concrétisation et l’harmonisation des politiques des différents départements en matière d’adaptation et de lutte contre le changement climatique (transport, énergie, santé….).
Il a réitéré par ailleurs que son département dispose de trois stratégies majeures, à savoir la stratégie de développement durable, de changement climatique et l’économie verte, inscrites au plan de développement 2016/2020, tout en les jugeant insuffisantes car il faut, aussi, élaborer des stratégies sectorielles.
Rappelant que la CNDD, la Commission Nationale de Développement Durable, présidée par le Chef du Gouvernement et regroupant tous les secteurs dont le secteur privé, ne s’est pas réunie, depuis 2009, il a indiqué que son département a appelé cette commission à concrétiser ces stratégies.

De son côté, le ministre de la santé, Imed Hammemi, a rappelé que le changement climatique entraine des risques importants sur la santé de l’homme, citant à titre d’exemple la leishmaniose, la fièvre de la Vallée du Rift (FVR) et la fièvre de nil occidental.
Il a fait savoir dans ce sens que son département œuvre au développement de la médecine préventive via des études prospectives et coopère avec le ministère des affaires locales et de l’environnement pour élaborer une stratégie nationale d’adaptation du secteur de la santé, face aux changements climatiques.
Cette stratégie est basée notamment sur le renforcement du contrôle des maladies et épidémies causées par le changement climatique et le développement des capacités en terme de détection précoce des épidémies.
Il a rappelé par ailleurs la création de l’Observatoire National des Maladies Nouvelles et Emergentes chargé de collecter et d’analyser les données relatives à ces maladies, de la réalisation des travaux de recherche et des études et du suivi de la situation épidémiologique internationale…

par -

La Tunisie a un rendez-vous de la plus haute importance avec le GAFI (Groupe d’action financière) en avril 2018, pour, espère-t-elle, décrocher son ticket pour entrer dans le club des pays qui ne prêtent pas le flanc au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme. En attendant les autorités tunisiennes travaillent leur dossier, très sérieusement, aux dernières nouvelles, pour peut-être une délivrance dès mai 2018. Les experts aussi carburent. Réactiver la diplomatie et le lobbying économiques, mettre en place une structure rattachée à la présidence du gouvernement destinée à suivre la gestion des différentes évaluations et classements externes de la Tunisie, bâtir une stratégie de “décashing” en encourageant les moyens de paiements électroniques pour limiter l’abondance du cash et assurer une meilleure traçabilité de l’argent qui circule dans le pays, sont autant de recommandations qui ont été formulées par les experts et universitaires réunis autour d’une table ronde organisée mercredi 21 février 2018 par l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES) sur le thème “la Tunisie sur la liste de l’Union européenne des pays tiers les plus exposés au blanchiment de capitaux et au financement de terrorisme : les causes, les enjeux et les conséquences“, pour faire sortir la Tunisie de cette liste et éviter d’autres classements négatifs.

Il s’agit aussi, selon ces experts, de généraliser, moderniser et connecter les systèmes d’information entre les différentes structures et administrations, améliorer la coordination entre les régulateurs et les cercles de décision, mieux coordonner les visites des institutions de classement et de notation et sensibiliser les différents intervenants quant à l’importance des propos communiqués aux experts de ces institutions dans les entrevues organisées par ces derniers lors de leurs déplacements en Tunisie, réviser les textes législatifs bloquant la réalisation de certaines réformes (digitalisation…), faire preuve d’effectivité et d’efficacité dans l’application des décisions prises et lutter contre l’informel.
Les experts et universitaires participant au débat ont aussi été unanimes pour épingler “la portée politique du classement de la Tunisie dans cette liste noire“.

A cet égard, Karim Ben Kahla, universitaire et expert auprès de l’ITES, estime “qu’objectivement, il y a de quoi se poser des questions quant à ce classement, surtout quand on voit que 3 pays seulement sont listés, comme s’il n’y a que ces trois petites taches sombres dans un monde quasiment parfait, mais aussi quand on voit que des pays comme la Turquie ou les Etats-Unis ne figurent pas sur la liste“.
Ben Kahla reproche aussi au GAFI “le fait qu’il fait beaucoup de recommandations sans avoir vraiment les moyens de sa politique, c’est-à-dire les moyens de vérifier si ces recommandations ont été véritablement respectées“.
Pour lui “le moment doit être à la réflexion sereine sur les moyens à même de faire sortir le pays de cette liste sans tomber ni dans l’auto-flagellation ni dans le déni“.

Adhérant au même constat, Nabil Chahdoura, membre fondateur du cercle des financiers tunisiens, a considéré que “le classement de la Tunisie dans cette liste est une décision pénalisante“, n’écartant pas “la possibilité qu’elle soit influencée par certains groupes de lobbying œuvrant pour le compte de certains pays“.
Il a recommandé à cet égard recommandé de “réactiver l’effort diplomatique pour neutraliser l’influence de ces groupes“.

De son côté, l’économiste Abdejlil Bedoui, a mis l’accent sur “la complexité de la situation parce que la Tunisie a choisi de s’engager dans un processus néolibéral, contraignant et asymétrique, qui la soumet constamment aux arbitrages externes, courant ainsi le risque de se trouver dans des listes noires répétitives“.
Selon lui, il va falloir “repenser tout le système et réformer la relation de l’Etat avec la société et l’économie, mais surtout avec l’extérieur“, affirmant que l’Etat “ne doit plus se soumettre aux contraintes et diktats extérieurs, mais il doit savoir les négocier et les contourner“.
Si on veut intégrer la mondialisation, il faut savoir négocier ses contraintes“, a-t-conclu.

Prenant part au débat, Abdelkader Boudriga, vice-président du Cercle des financiers tunisiens, estime pour sa part que la Tunisie a payé le prix de son ambition et de sa sur-confiance, rappelant que c’est elle qui a demandé d’être évaluée selon la nouvelle méthodologie du GAFI publiée en 2013 et que c’est l’unique pays de la région MENA à être évalué conformément à cette nouvelle méthodologie.
L’ambition est louable mais elle doit être efficacement gérée. La Tunisie a fait des progrès en matière de législation liée au blanchiment d’argent et au financement de terrorisme, mais du travail reste à faire“, a-t-il fait valoir, faisant remarquer que l’alignement sur les normes internationales est “un travail continu, difficile qui nécessite du suivi“, tout en recommandant de mettre en place une structure permanente au sein de la Présidence du gouvernement destinée à gérer cette question.

Réagissant aux propos des experts, Mounir Ben Rjiba, responsable des relations avec l’Union européenne au ministère des Affaires étrangères, a fait savoir que “suite aux efforts diplomatiques déployés par les autorités tunisiennes auprès de l’Union européenne, cette dernière s’est indirectement engagée à faire sortir la Tunisie de la liste noire des pays les plus exposés au blanchiment de capitaux, dès que ses engagements avec le GAFI seront remplis“.
Il a à ce titre rappelé que “l’Union européenne, qui n’a pas un système d’évaluation de blanchiment d’argent et de financement de terrorisme et qui se base pour ses classements sur les classements du Gafi, a mis en place en 2015 une directive instaurant un système de précaution contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. En vertu de cette directive, tout pays classé dans une liste noire par le GAFI est automatiquement listée par l’UE, mais sa sortie de cette liste ne s’effectue pas d’une manière automatique une fois qu’il est sorti de la liste du GAFI, à cause dudit principe de précaution“.
Il a également évoqué “le plan d’action mis en place par le gouvernement depuis le 3 novembre 2017 qui contient tous les détails de mise en œuvre des 40 recommandations du Gafi“, rappelant que 26 recommandations ont été jusque-là respectées.
De plus, un décret concernant le gel des avoirs de terroristes a été émis en janvier 2018, et d’autres mesures imminentes seront prises ; le gouvernement s’étant engagé à tenir tous ses engagements avant fin avril 2018“, a-t-il encore précisé.

par -

Le ministère de l’Industrie et des Petites et Moyennes Entreprises, l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), la Banque Tunisienne de Solidarité (BTS) et la Banque de financement des petites et moyennes entreprises (BFPME) ont signé, mardi 20 février 2018, quatre conventions de coopération en matière d’appui à la création et d’accompagnement des PME.
Intervenant lors de la cérémonie de la signature des accords, le ministre de l’Industrie et Petites et Moyennes Entreprises, Slim Feriani, a fait savoir que la première convention s’inscrit dans le cadre de la 2ème phase du programme “ISECO” (Initiative pour la stabilisation économique et l’emploi des jeunes) financé grâce à un don de 4 millions d’euros (environ 12 millions de dinars).
La première phase du programme (2015/2017), précise encore le ministre, a permis de garantir un appui technique et financier au profit de 308 entrepreneurs dans 14 gouvernorats de l’intérieur, la création de 828 postes d’emploi et l’entrée en production de plus de 90 entreprises.
S’agissant de cette 2ème phase qui se poursuivra jusqu’à 2021, le ministre a souligné qu’elle favorisera l’appui technique à près de 500 jeunes entrepreneurs, outre l’accompagnement des PMEs durant la phase post-création et l’entrée en production de 150 nouvelles entreprises avant la fin 2021.
Et d’ajouter que l’objectif final du programme ISECO est de garantir un appui à 800 jeunes entrepreneurs, favoriser l’entrée en production de plus de 240 entreprises et créer 2300 emplois à l’horizon 2021.

Pour sa part, l’ambassadeur d’Allemagne en Tunisie, Andreas Reinicke a mis l’accent sur la réussite de la première phase du programme ISECO, notamment dans les régions. L’importance de ces conventions, a-t-il avancé, réside dans l’accompagnement des jeunes non seulement au niveau financement.
Les accords conclus favoriseront une gestion plus rapide des dossiers présentés aux banques concernées, appelées (banques) à donner une réponse soit positive ou négative aux jeunes porteurs d’idées qui ont déjà développé leurs business plans et l’ont soumis aux banques pour bénéficier des financements. Le délai de réponse ne doit pas dépasser un mois, a-t-il encore précisé.
Une fois le financement accordé, les jeunes bénéficieront également de l’accompagnement, a souligné le diplomate, rappelant que les trois premières années de la vie d’une jeune entreprise sont très importantes pour sa survie et sa pérennité.

Au cours de la même cérémonie, les 4 parties ont signé une convention en vertu de laquelle sera achevée la deuxième phase du programme de coopération Innovation, Développement économique régional et Emploi (IDEE) qui s’étale sur la période 2018 /2021 avec un budget total de 11,9 millions d’euros.
Ce programme a permis dans sa première phase de présenter l’appui technique à 49 entreprises en matière de gestion des ressources humaines, 40 entreprises opérant dans le domaine de commercialisation et 31 entreprises spécialisées dans le secteur du transfert technologique.
Il s’agit en outre de la réalisation d’une opération de diagnostic de quatre secteurs industriels (industries électroniques et électriques, textile et habillement, industries agroalimentaires et industries pharmaceutiques), outre l’élaboration des études de diagnostic de 10 chaines de valeur.

par -

On doit très sérieusement penser, spécialistes et acteurs politiques, au changement du mode de scrutin avant les élections législatives et présidentielle de 2019 pour aboutir à un gouvernement de législature pouvant compter sur une majorité cohérente, stable et forte“, a préconisé Rafaa Ben Achour, professeur émérite à la faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis et juge à la Cour africaine des droits de l’Homme et des Peuples.
Dans une déclaration à l’agence TAP, Ben Achour a expliqué que le mode de scrutin à la proportionnelle, adopté depuis les élections des membres l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), était requis pour élaborer une constitution consensuelle et permettre à la minorité de participer à l’élaboration du contrat social. “Cependant, pour faire face au glissement de la monnaie nationale et pour sortir le pays de ses crises sociale et économique, nous devons faire en sorte que le Parlement dégage un vrai gouvernement de législature après les élections de 2019, comme cela se voit dans les pays scandinaves et l’Italie“, a-t-il soutenu.

Ben Achour s’exprimait à l’occasion d’un colloque international sur “Les institutions constitutionnelles quatre ans après l’adoption de la Constitution tunisienne de 2014”, organisé par la faculté des sciences juridiques politiques et sociales de Tunis et la fondation Konrad-Adenauer.
Selon lui, le gouvernement doit pouvoir compter sur une vraie majorité. “Je pense que dans une démocratie, la proportionnalité est nécessaire mais elle doit être accompagnée d’un mode de scrutin qui favorise la majorité“. Si la révision de la Constitution s’avère difficilement envisageable pour des raisons juridiques ou politiques, le mode de scrutin en général devrait être révisé.

Selon Rafaa Ben Achour, le régime politique en place doit être redéfini. “La Constitution a mis en place un régime hybride et non pas mixte, le régime actuel n’est ni parlementaire, ni présidentiel, ni d’assemblée. Il ne se base ni sur une réelle séparation ni sur une réelle interférence des pouvoirs“, a-t-il regretté faisant observer que ce régime “papillonne” entre les différents types de régimes politiques.
Dans ce type de régime, le chef du gouvernement se trouve dans l’incapacité de prendre des décisions salutaires pour le pays et de mobiliser les moyens nécessaires pour exécuter réellement sa politique. Des réaménagements techniques doivent être apportés à la Constitution et ensuite au règlement intérieur de l’ARP, a-t-il recommandé.

Selon Rafaa Ben Achour, 4 ans après l’adoption de la Constitution de la deuxième République, l’ingénierie constitutionnelle a fait preuve de défaillance sur un certain nombre de points, nécessitant des réaménagements techniques qui ne portent pas atteinte à la séparation des pouvoirs.
Pour Ben Achour, en cas de remaniement ministériel, le chef de gouvernement ne devrait plus solliciter l’approbation de l’ARP, accordée principalement sur la base d’un programme ministériel et non en fonction des ministres.

Abordant le retard dans la mise en place de la Cour constitutionnelle, Ben Achour a noté que jusqu’à ce jour, la Constitution de 2014 n’est pas encore totalement appliquée dans la mesure où d’une part les dispositions transitoires sont toujours en vigueur, ce qui fait que nous vivons encore avec des institutions anciennes comme la HAICA et le Comité des droits de l’Homme et des droits fondamentaux, et que d’autre part, des instances constitutionnelles tardent à voir le jour à l’instar de la Cour constitutionnelle.
Cela dit Ben Achour estime que la Constitution tunisienne demeure une excellente Loi fondamentale et comporte un grand projet politico-juridique, à savoir l’instauration d’une démocratie de droit.
Le colloque a été organisé à l’occasion du 4e anniversaire de l’adoption de la Constitution. Des experts égyptiens, marocains et allemands en droit constitutionnel ont participé à cette rencontre de deux jours (15 et 16 février).

par -

Souffler le chaud et le froid, alternativement ou l’un après l’autre, c’est tout un art, pas à la portée du commun des mortels, mais que manifestement le Fonds monétaire international (FMI) maitrise à merveille. Après avoir félicité Youssef Chahed pour son tour de vis – les réformes, surtout les ponctions fiscales et le gel des recrutements dans le public -, Christine Lagarde et ses collaborateurs insistent pour un virage social. La raison ? Ce n’est pas de la philanthropie, que tout le monde se rassure, mais une inflexion que dicte la conjoncture. En effet les risques d’explosions sociales sont réels, ici en Tunisie et ailleurs, et les dernières éruptions dans les gouvernorats et la capitale le démontrent. D’ailleurs cela n’a pas échappé à Jihad Azour, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI. Les réformes que soutiennent son institution sont censées être une thérapie qui va guérir le malade, et non l’achever. C’est important pour préserver l’économie mondialisée de fièvres très mauvaises pour sa santé – la consommation, la circulation des capitaux, les gros profits des financiers et bailleurs de fonds, et tout le toutim… – et aussi pour que les Etats emprunteurs (et de ce point de vue la Tunisie est aux premières loges !) puissent être suffisamment viables pour honorer leurs échéances de remboursement.

Les réformes économiques adoptées par la Tunisie devraient être accompagnées par des réformes sociales afin d’alléger la pression sur les catégories vulnérables, a affirmé Azour.
Dans une interview accordée à l’agence TAP, le responsable a estimé que le gouvernement tunisien est sur la bonne voie, ajoutant que les réformes nécessitent du temps et de l’appui. Il a, dans ce cadre, exprimé la volonté du FMI de soutenir les efforts du gouvernement tunisien dans ce domaine, tout en prenant en considération la réaction du citoyen qui n’a pas encore senti d’améliorations notables de sa situation.
En Tunisie et dans la région arabe, il est nécessaire de hisser le niveau de croissance à un niveau oscillant entre 5 et 5,5% afin de permettre à ces pays de résoudre les problèmes existants“. Il a, en outre, mis l’accent sur la nécessité d’adopter une approche participative de développement qui bénéficiera à toutes les catégories sociales, notamment, les plus vulnérables comme les jeunes qui font face, dans certains de ces pays, à des taux de chômage atteignant les 25%.

Avec l’appui du FMI, la Tunisie a entamé la concrétisation d’un 2ème programme de réformes, mais elle ne parvient pas encore à booster la croissance, l’investissement et l’emploi. Quels sont les obstacles qui entravent la réalisation de ces objectifs tracés ?

Le niveau de croissance en Tunisie constitue encore le principal obstacle entravant la création d’emplois qui doit être la priorité absolue.
Il ne faut pas oublier que la difficile transition par laquelle est passé le pays a posé plusieurs défis liés aux répercussions des opérations terroristes, notamment sur le secteur touristique.
Le peuple et le gouvernement tunisiens déploient des efforts considérables pour garantir la stabilité dans une conjoncture difficile, caractérisée par l’augmentation
du budget, au cours des dernières années.
Cette situation nécessite une maitrise des dépenses publiques afin de permettre à l’Etat de mobiliser une partie du budget pour appuyer les dispositions sociales et l’investissement dans les jeunes et la création d’emplois.
Dans tous les pays du monde et pas seulement en Tunisie, le processus de transition prend du temps et il est normal que le citoyen ne sente pas les résultats de cet effort sur sa vie de tous les jours.
Les gouvernements sont appelés à alléger la pression causée par les réformes à travers des programmes sociaux ciblant les catégories vulnérables.

Dans une conjoncture ou les ressources financières de l’Etat tunisien se font de plus en plus rares, quelles sont les mesures qui doivent être prises en vue de concrétiser les réformes sociales ?

Comme je l’ai déjà mentionné, l’Etat est appelé à alléger les impacts des réformes économiques sur les catégories vulnérables à travers la mise en place de programmes sociaux visant à garantir un appui financier direct ciblant quelques catégories.
Dans ce même cadre il faut souligner que la baisse du taux de chômage représente la principale cible des programmes de réforme, d’autant plus que la création d’opportunités d’emplois nécessite une amélioration de l’infrastructure de base, la modernisation du climat d’affaires et l’incitation du secteur privé.
Les autres volets sociaux concernent, notamment, la couverture sociale afin de permettre aux citoyens de tout âge de se sentir protéger. En effet, il est primordial de mettre en place des réformes ciblant la couverture sociale et le système de retraite.
Le gouvernement tunisien est sur la bonne voie, mais les réformes nécessitent du temps et de l’appui. Et c’est pour cette raison que nous œuvrons à appuyer ces efforts, tout en prenant en considération la réaction du citoyen tunisien qui n’a pas encore senti d’améliorations notables de sa situation.
Outre l’appui financier, nous sommes prêts à fournir une aide technique afin de permettre à la Tunisie de concrétiser ces réformes.

La Tunisie a décidé une hausse des impôts afin de mobiliser des revenues supplémentaires, ce qui ne manquera pas d’élever les couts de production de l’entreprise, décourager l’investissement et limiter la création d’emplois. La Tunisie n’est pas dans un cercle vicieux, avec un manque d’investissements, d’une part et une baisse des recrutements dans l’administration publique, d’autre part?

Je crois que l’investisseur ne met pas l’accent seulement sur les pressions fiscales. Il y a les démarches administratives et la qualité de l’infrastructure.
Autre préoccupation de l’investisseur, c’est la stabilité économique, car si l’inflation est importante et le déficit budgétaire en hausse, le facteur confiance sera ébranlé.
Le gouvernement est appelé à mettre en place des politiques globales qui ne doivent pas être basées sur une seule ou deux dispositions.

Estimez-vous que la Tunisie soit en mesure de réussir son programme de réforme économique comme c’est le cas au niveau politique ?

Il y a une volonté au sein de la société tunisienne de garantir la réussite des réformes économiques et une prise de conscience de plus en plus forte auprès des Tunisiens, spécialement les jeunes de la nécessité de mettre en place des réformes afin de sortir de la situation actuelle.
Actuellement, les perspectives sont positives, d’autant plus que la Tunisie devrait bénéficier de l’amélioration du niveau de croissance dans le monde qui a concerné des pays partenaires de la Tunisie, notamment l’Union Européenne, ce qui permettra une amélioration de la croissance économique dans le pays.

par -

L’absence de continuité administrative, la mauvaise gestion des entreprises publiques, la hausse de la pression fiscale et l’économie parallèle sont autant de dossiers qui préoccupent le nouveau président de l’UTICA Samir Majoul. Dans une interview accordée à l’Agence TAP, il insiste sur la responsabilité collective de l’Etat, des organisations des employeurs et des employés dans la gestion de la situation économique et sociale “particulièrement préoccupante” dans le pays.

Acerbe, ce chef d’entreprise familiale n’hésite pas à exprimer le ras-le-bol des chefs d’entreprises tunisiens à cause de la «mauvaise gestion» des finances publiques et de l’économie parallèle. Cela ne l’empêche cependant pas de dire que «Le gouvernement a besoin de soutien, car la démarche qu’il est en train de prendre est très courageuse ». Interview :

Quelle est votre lecture de la situation économique et sociale dans le pays ?

 La situation économique et sociale du pays est particulièrement préoccupante. La situation est difficile pour le gouvernement et pour nous tous. La nation est une responsabilité entre nos mains à tous (patronat, gouvernement et organisation ouvrière). Nous pouvons trouver des solutions aux problèmes avec un minimum de vision et dans une seule direction, à savoir le développement et l’investissement.

Qu’est-ce qu’il nous faut pour avancer ?

Il faut un climat où tout le monde trouve son compte, joue son rôle et se réjouit de le faire pour préserver l’invulnérabilité de ce pays que nous voulons garder pour les Tunisiens et préserver pour nos enfants, afin qu’ils puissent y vivre dans la dignité et qu’à leur sortie de l’université, ils trouvent un emploi ou l’opportunité de créer un projet.

En 2014, l’UTICA a présenté aux partis politiques, un document contenant ses propositions pour sortir l’économie tunisienne de la crise. Ce document est-il toujours en vigueur ou bien allez-vous faire d’autres propositions ?

Le document porte sur une vision de l’économie tunisienne jusqu’à 2020 et ne nécessite pas une révision car rien n’a été fait. Si nous avions appliqué au moins une partie de cette vision, nous n’en serions pas là. Ce document, qui a été préparé par plusieurs experts tunisiens de grande valeur, sous l’égide de l’UTICA, a traité tous les aspects qui pourraient constituer un frein à l’économie.

Mais depuis ce document, le gouvernement a pris des initiatives pour redresser l’économie. Sont-elles suffisantes ?

Je ne vais pas parler du passé. La problématique des initiatives du gouvernement, c’est que ce dernier a eu aussi ses problèmes. Nous avons eu 8 gouvernements, ce qui n’est pas de nature à améliorer l’environnement économique, parce que tout changement dans ce domaine et particulièrement au niveau de la présidence du gouvernement constitue un facteur d’instabilité. Qu’il y ait des changements au niveau de l’équipe c’est normal, ceux qui réussissent demeurent et ceux qui réussissent moins partent. Mais quand le gouvernement est instable, il est difficile de lui demander d’assurer le suivi des dossiers traités. Normalement, il doit y avoir une continuité au niveau du gouvernement et de l’administration, mais ce n’est pas toujours le cas, ce qui constitue une barrière à l’investissement et à l’action économique.

Il faut qu’il y ait une continuité administrative dans le traitement des dossiers économiques, que le ministre reste ou parte. Il y a aussi les projets de lois qui vont à l’ARP et qui parfois tardent à être examinés car elle a également ses charges. Et nous, ce que nous souhaitons c’est un fast-track, soit un couloir spécial pour un traitement rapide des projets de loi économiques. 

Alors qu’est-ce qui peut encore être fait ?

A mon avis, il faut peut-être dire qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour décourager l’investissement ? Quand nous parlons de l’investissement c’est d’abord d’investissement étranger et les investisseurs étrangers se fient d’abord aux avis de leurs pairs déjà installés en Tunisie. Ensuite ils font un benchmarking pour comparer entre les différents sites. Dans leurs analyses, ils scrutent les indicateurs, est ce que le pays est sûr ? Est-ce que la paix sociale (qui n’a pas été toujours au rendez- vous) est garantie ? est- ce que le patronat et l’organisation ouvrière sont proches pour qu’en cas de conflit, ils essayeront ensemble de trouver une solution. En fait, c’est ce que nous avons fait dans certaines régions. Parfois ça ne marche pas, parce qu’il y a des facteurs exogènes. Donc, nous faisons ce que nous pouvons, même si nous sommes convaincus que ce n’est pas assez.

En fait, si nous pouvions tous nous mettre en tête que nous pouvons faire plus pour notre pays, des avancées seront réalisées. D’ailleurs, nous observons de moins en moins de conflits, d’autant qu’une autre approche est adoptée pour les gérer. A cet égard, l’UTICA et l’UGTT lancent le projet de «Grève générale contre les grèves», slogan à travers lequel, les deux organisations vont intervenir chaque fois qu’il y a un conflit qui peut dériver, pour l’éviter.

Quand on parle en tant que patronat, on ne parle pas que du secteur privé. C’est une philosophie globale, nous savons ce que le pays a perdu en raison de la situation dans le secteur des phosphates à Gafsa et dans les sociétés pétrolières. Si les pertes subies en termes de production et d’exportations étaient rentrées dans les caisses de l’Etat, notre endettement n’aurait pas atteint ce seuil et nos réserves en devises ne se seraient pas établies à – 90 jours et… peut-être que notre dinar n’aurait pas glissé de 25%. Pourquoi j’en parle, parce qu’on est là, aussi, pour trouver des solutions. Nous sommes une force de proposition et des solutions doivent être identifiées conjointement par les secteurs public et privé qui doivent se soutenir mutuellement.

Pour sauver l’économie nationale, nous avons besoin de la solidarité internationale. Donc, nous attendons de nos partenaires européens un soutien plus conséquent en termes d’investissements et de financements. Nous ne voulons pas de la charité et nous sommes même demandeurs de financements conditionnés, pas pour payer les salaires mais pour investir dans des zones industrielles, un port en eau profonde….

En tant que patronat, nous disons arrêtons tout le gaspillage qui est en train de se faire dans le pays aux niveaux de la Compagnie de phosphate de Gafsa, de la prospection pétrolière où des caisses sociales. Il faut également revoir la Caisse générale de compensation. Ce n’est pas normal que des entreprises publiques soient maintenues à flots, alors qu’elles sont peu compétitives, mal gérées et perdent de l’argent. Nous n’avons plus les moyens de subventionner ces entreprises. Quand un investisseur étranger arrive en Tunisie, il doit trouver un site compétitif à tous les niveaux. Il doit aussi trouver une zone industrielle compétitive équipée de tous les services nécessaires (eau, électricité compétitive en puissance et en coûts, connexion, ressources humaines compétitives (Dieu merci nous avons la qualité). La même chose s’applique à l’industriel tunisien qui doit bénéficier de la compétitivité de son environnement et ne doit pas avoir du surcoût dû à un environnement mal géré. Nous devons avoir une administration qui vous assiste et vous encourage, tout en étant prête à vous soutenir en cas de difficulté.

Les formalités doivent se faire en une journée pour à titre d’exemple changer la vocation d’un terrain. L’entrepreneur est formaté pour gérer une entreprise et non pas pour traiter avec une administration. Celle-ci doit aider l’entrepreneur. Nos banques également doivent évoluer et devenir des partenaires des entreprises.

Le gouvernement a initié des initiatives pour réformer les banques, l’administration. Cela est-il à la hauteur de vos attentes ?

Le gouvernement a lui aussi besoin de soutien, car la démarche qu’il est en train de prendre est très courageuse et nous nous attendons à ce qu’il soit soutenu, d’abord par l’administration car elle est peut être traditionnaliste ou conservatrice, etc. Il doit être également soutenu par les organisations nationales, c’est notre cas et celui de l’UGTT. Nous l’avons toujours fait, il n’y a pas de raison pour ne pas le soutenir. Nous pouvons avoir un différend sur un dossier, mais nous nous asseyons autour d’une table et nous négocions. Nous voulons avoir un gouvernement stable. Outre l’administration et les organisations nationales, le gouvernement doit être soutenu par les partis, sinon les textes de loi qu’il propose ne pourront pas passer à l’Assemblée ou seront vidés de leur contenu. Souvent ils passent, mais plus d’une année après leur soumission. Il y a même des financements que nous avons ratés, parce que les textes de loi n’ont pas été adoptés à temps. Souvent c’est urgent et l’économie ne peut pas attendre, d’où la nécessité d’avoir un système de fast-track avec l’ARP pour que le chef du gouvernement puisse décréter ces textes. Nous souhaitons qu’il y ait un plan d’urgence. Il faut simplifier la gestion à tout le monde car le pays a beaucoup d’enjeux et notre jeunesse attend. Peut-être que nous avons trop attendu. Et au lieu d’attendre, il faut que chacun de nous fasse sa part. Il faut que les choses aillent mieux dans les meilleurs délais et sans casser la machine, parce qu’il y a des équilibres à maintenir et des échéances électorales. Si nous oublions ces échéances et nos carrières, le pays se porterait très bien. 

Qu’est-ce que vous entendez par loi d’urgence économique ? 

Quand il y a une décision à prendre, le chef du gouvernement peut le faire dans la minute qui suit. Mais il faut que la loi lui donne cette possibilité, loi d’urgence économique, l’UTICA n’entrant pas dans les considérations politiques. Le privé a besoin de sécurité et de stabilité, quand il y a un conflit social, nous intervenons tout de suite. Mais des conflits apparaissent pour d’autres raisons qui peuvent être politiques, c’est inadmissible.

Etait-ce le cas lors des derniers événements ? 

Pour certaines régions, ça l’était mais pour l’UTICA il faut éviter ce genre de situations, heureusement entre temps, la situation s’est assainie. Toutefois, il y a des soulèvements dont on ne comprend pas les causes, ni la logique, ni le timing. D’ailleurs, pourquoi à chaque fois, les mois de décembre et de janvier sont-ils marqués par ce genre d’événements ?

Nous avons une responsabilité vis-à-vis de nos jeunes, nous avons trop promis et la machine ne nous a pas beaucoup aidés à réaliser leurs ambitions. Nous venons de terminer une tournée dans 24 régions dans le cadre de la préparation du 16ème congrès de l’UTICA et nous avons pu écouter des chefs d’entreprises, des personnes des métiers de l’artisanat et des services, notamment les transports de marchandises, qui souffrent. Ils ont peur pour leur pays mais craignent surtout pour leur survie économique. Dans les secteurs de l’artisanat beaucoup de personnes n’arrivent pas à atteindre le SMIG. Ce secteur a beaucoup souffert, parce qu’il a perdu sa clientèle touristique avec la situation en Libye mais surtout avec tout ce qui s’est passé à Sousse et au musée du Bardo. Nous avons des opérateurs qui sont en souffrance et nous n’avons pas le droit de les décevoir. Ils s’attendent à une solidarité de la part de leur Etat, gouvernement et responsables politiques. Nous avons eu tellement de chantiers et d’instabilité, que nous n’avons pas focalisé sur ces situations sociales. Dieu merci l’économie tunisienne a été résiliente.

Avec le déficit budgétaire actuel est-ce que nous allons toujours avoir cette résilience ?

Ce déficit nous vient d’opérations de gestion critique, les salaires du public qui ont été multipliés par trois entre 2011 et 2017, ce qui a provoqué un déficit abyssal des finances publiques au point où le FMI devait intervenir à chaque fois pour dire que la masse salariale est trop élevée.
Si l’Etat a pu multiplier les salaires par trois, il peut encore aider les opérateurs en souffrance. D’ailleurs, ces artisans dont j’ai parlés ne sont pas responsables de leur déconvenue, pas responsables de la révolution, ni des actes terroristes. Après, nous nous posons des questions sur le pourquoi des protestations. La réponse est que nous nous souvenons d’eux que pendant les élections. Il faut les aider. Les citoyens paient les impôts pour trouver un soutien le jour où ils en ont besoin.

L’UTICA s’est souvent plainte de ne pas être écoutée et a menacé d’utiliser d’autres moyens pour se faire entendre, comme de descendre dans la rue.

(Avec dérision). Mais nous sommes toujours dans la rue, nos commerces sont dans la rue, on se balade en pleine rue, nos transporteurs, nos taxis le sont aussi, en fait, nous ne sommes pas dans les salons. En post révolution, l’idée générale est que celui qui descend dans la rue obtient ce qu’il veut. Lors des réunions du conseil national, les artisans, les chefs d’entreprises et les membres des chambres syndicales nationales régionales, nous demandent de descendre dans la rue, parce que c’est le seul moyen de pression. Nous ne sommes pas forcément d’accord sur cette méthode. Nous espérons toujours avoir gain de cause par la concertation et la négociation. Nous utilisons les moyens légaux qui sont permis par notre constitution. Nous sommes une organisation syndicale patronale. Nous avons le droit de faire la grève et de fermer les entreprises, s’il n’y a pas d’écoute. Car nous n’avons pas le droit de travailler à perte. Nous sommes là pour produire, pour créer et non pas pour faire la grève. La preuve c’est que nous avons proposé de faire une grève générale contre la grève. La pire chose qui peut arriver à un industriel ou un commerçant, c’est d’être obligé de fermer son usine. Ce qui est plus grave encore serait de continuer à fonctionner à perte. 

Vous avez citez le secteur de l’artisanat, mais il y a d’autres secteurs qui sont sinistrés, comme le textile, le cuir et la chaussure ; l’UTICA n’a pas fait grand-chose pour les sauver et la FENATEX a même quitté l’organisation.

D’abord pour le textile et le cuir, nous avons piloté des plans de relance. Quant à la sortie de la Fenatex (Fédération syndicale du textile à l’Utica), cette menace a été faite dans un objectif politique dont on parlera peut-être un autre jour. En quoi l’UTICA est responsable, alors que nous sommes la première organisation à demander à protéger le pays des Etats qui font du dumping, dont la Turquie Depuis 2011, tous nos coûts ont explosé mais les opérateurs qui ont perdu des commandes dans le textile ne les ont pas perdues uniquement parce qu’il y a eu des augmentations de coûts, mais à cause d’une rupture de la chaine logistique, des problèmes au port de Rades et des retards d’approvisionnement sur le marché européen. Le glissement du dinar n’a pas contribué à améliorer les choses.

Qu’en est-il pour le cuir et la chaussure ?

Nous avons piloté un plan de sauvetage, mais c’est l’application qui n’était pas au rendez-vous.
Pour revenir encore au secteur textile, nous savons que nous allons perdre certaines filières mais que peut-on faire face à la concurrence chinoise ou turque où le textile bénéficient du soutien des pouvoirs en place, c’est pour cette raison que nous appelons à établir des barrières antidumping.
Leurs économies ne sont pas transparentes (emploi des enfants, subventions publiques, absence de politique sociale), alors qu’en Tunisie pendant très longtemps, nous n’avons pas fait de l’économie, mais du politique et du social, puisque l’attention des responsable est focalisée sur les échéances électorales. A mon avis, celui qui focalise sur sa carrière politique, doit quitter le gouvernement.

Vous connaissez mieux que d’autres la position de l’UGTT concernant cette question. Pour le syndicat, les entreprises publiques sont une ligne rouge ?

Si les entreprises publiques sont une ligne rouge, il ne faut pas imposer des impôts pour compenser les pertes. Moi aussi j’ai des lignes rouges. Ces entreprises demeurent une propriété de l’Etat, pas de problème, mais nous voulons une entreprise publique performante. Car si elle est déficitaire, c’est le contribuable qui le paye d’une façon ou d’une autre. Nous ne sommes pas pour la privatisation à tout prix surtout si la vente de l’entreprise ne réalise pas les objectifs escomptés mais il faut au moins les assainir car elles constituent une source de problèmes et d’imposition pour le secteur privé. Nous avons souvent discuté avec l’UGTT de cette question et je crois que sa position est en train d’évoluer.

Des négociations sociales devraient démarrer bientôt entre l’UTICA et l’UGTT ? Comment vous allez les aborder ? 

Je vais être franc. En général, nous ne sommes pas contre une augmentation, surtout quand elle est justifiée et associée à un gain de productivité et à une amélioration de la situation économique de l’entreprise. Mais si cette augmentation n’est pas justifiée par une hausse de productivité, met en péril la pérennité de l’entreprise et entraîne une augmentation des couts, nous la refusons. La réponse dépendra de la situation de chaque secteur. Dans ce cas précis il faut trouver une solution à travers des mesures administratives ou fiscales. En Tunisie, la pression sociale et fiscale est lourde et les mesures prises dans le cadre de la loi de finances constituent une surcharge pour l’entreprise. Aujourd’hui, les gens en ont marre. Ils sont fatigués.

Vous avez déclaré que l’UTICA ne rediscutera pas de la loi de finances 2018. Comment faire donc ? 

La loi de finances est décrétée, elle est applicable, mais le gouvernement doit prendre des mesures compensatoires. Chaque secteur va préparer ses doléances. Les mesures douanières et droits de consommation, imposés dans le cadre de cette loi peuvent donner lieu à des baisses de chiffres d’affaires et avantager le secteur informel. Nous espérons aussi que la conjoncture change et que le dinar s’améliore parce que l’entreprise a bien souffert de la dévaluation du dinar, celle-ci est une hécatombe pour l’entreprise, surtout celle qui importe une bonne partie de ses matières premières. Le dinar a perdu jusqu’à ce jour près de 30% de sa valeur. Cette perte s’est faîte du jour au lendemain. Morale de la situation, nous savons qui a payé la facture, c’est la Tunisie qui l’a payée et c’est un appauvrissement général du pays.

L’UTICA n’est pas autonome financièrement et compte sur les financements publics !

(En colère). Mais c’est notre argent, c’est une contribution sociale de 0,5% payée par les entreprises depuis les années 70 et qui s’élève à 60 milliards par an, d’ailleurs nous nous estimons lésés par les financements accordés par l’Etat.

Que compte faire l’UTICA vis-à-vis des hommes d’affaires qui s’approvisionnement de plus en plus en matières premières et autres auprès du marché parallèle et usent de ce moyen pour échapper à l’impôt ? 

Au lieu de le dire aux hommes d’affaires, je vais le dire aux responsables : si vous ne trouvez pas une solution à l’informel, de plus en plus d’opérateurs économiques vont passer dans l’informel puisque ils sont soumis à une forte pression fiscale. En dépit de la proportion importante de l’économie informelle (50 ou 54 % de l’économie), l’Etat continue à imposer les entreprises transparentes. Il faut mettre en place un environnement où toute pratique informelle est découragée et toute pratique formelle est encouragée et pas pénalisée, comme c’est le cas aujourd’hui.

L’Etat doit donner l’exemple en matière de bonne gouvernance et ne pas mettre sous pression fiscale les chefs d’entreprises pour combler les déficits des entreprises publiques. Nous leur avons soumis plusieurs propositions pour lutter contre l’informel, dont le changement des billets de banques pour réduire la liquidité qui circule hors du circuit bancaire. Nous avons également conseillé d’autoriser les Tunisiens à détenir des comptes en devises. Il s’agit également, de dresser des barrières tarifaires pas trop élevées pour tout produit entrant de l’étranger, particulièrement les produits dont on a besoin. Si on étudie bien la chose l’on trouvera que même l’informel a un coût d’environ 16% en pots-de-vin et autres, alors pourquoi ne pas soumettre ces produits dont nous avons besoin à une TVA de 16% pour limiter le commerce parallèle.

par -

Cette question tout le monde a le droit de se la poser. D’abord parce que si on est vraiment dans cette démocratie qu’on claironne sur les toits, il est sain de la poser, tout le temps, ne serait-ce que pour tester en permanence les limites de cet état de grâce depuis le départ précipité de Ben Ali et s’assurer que les acquis resteront gravés sur le marbre. La deuxième raison, un peu plus objective on va dire, c’est que dans la même journée où cette démocratie est copieusement encensée par le président français, Emmanuel Macron et le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, des organisations – une nationale et une internationale, et c’est déjà beaucoup ! -, s’en plaignent. Troublant, non ? Alors au lieu de balayer d’un revers de la main les récriminations et griefs du Syndicat général de l’information et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), il faut plutôt aller voir ce qui est y précisément reproché aux autorités, histoire de s’assurer qu’on ne passe pas à côté de dérives qui pourraient éroder les fondements démocratiques qui restent, tout de même, très frêles, en vertu justement de leur très jeune âge…

Le Syndicat général de l’information s’est dit, jeudi 1e février 2018, profondément indigné de la multiplication des “attaques” menées par les syndicats de la police contre le secteur de l’information, réaffirmant son soutien absolu à tous les mouvements envisagés par les professionnels des médias pour défendre la profession et la liberté d’information.

La préservation de la liberté d’expression et d’information passe impérativement par la mise en place d’une loi qui protège les professionnels des médias pendant l’exercice de leurs missions et qui interdit toute forme d’agression et de provocation à l’encontre des journalistes“, a souligné le Syndicat dans un communiqué.

Tout en mettant en garde contre de tels agissements sur le processus démocratique, le Syndicat général de l’information a mis l’accent sur l’importance des défis auxquels fait face le secteur de l’information.
Le secteur de l’information a d’autres défis plus importants à relever, à l’instar des lois régissant le secteur et le dossier des journalistes précaires“, a-t-il dit.

Il est temps de faire de ces dossiers une priorité et de militer pour les défendre“, a-t-il lancé.

Dans la même journée, alors que Macron et Chahed “frimaient” au Palais des congrès de Tunis, le vice-président de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), Mokhtar Trifi, a appelé le gouvernement tunisien à œuvrer davantage en vue de garantir la protection sanitaire et psychologique aux victimes de violences.
S’exprimant lors d’une journée d’information organisée ce jeudi à Tunis, par le ministère des Affaires sociales sur “le projet d’appui à la justice transitionnelle et l’accès à la justice pour les victimes de violences et de grandes violations des droits de l’homme“, Trifi a souligné que le gouvernement est tenu à honorer ses engagements ayant trait à l’aspect juridique et ce en mettant un terme à l’impunité dans les affaires de grandes violation des droits de l’homme.

L’Etat, a-t-il ajouté, doit s’engager pleinement à éliminer toutes les formes de violations commises à l’encontre des victimes de violences, les femmes en particulier, indiquant que le respect des conventions internationales exige la conjugaison des efforts de tous les ministères et organisations de la société civile afin de venir en aide aux victimes.

L’orateur a annoncé que l’OMCT envisage de présenter, le 15 février 2018, le rapport “SANAD” d’assistance directe aux victimes de torture et de mauvais traitements, rappelant que l’OMCT dispose de deux centres d’assistance à ces victimes à Sidi Bouzid et au Kef.

De son côté, le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, a souligné le souci de son département d’appliquer toutes les conventions et textes juridiques garantissant les droits des femmes, victimes de violences.

Le ministère des affaires sociales, a-t-il dit, est disposé à coopérer avec les organisations de la société civile pour garantir le maximum d’assistance aux femmes victimes de violence et sans appui.
Le ministère des Affaires sociales a, à cette occasion, conclu un mémorandum d’entente avec l’association “Beity” en vertu duquel les femmes, victimes de discrimination et de violence fondée sur le genre et l’exclusion socioéconomique, peuvent bénéficier d’un certain nombre de services essentiels.
Le document prévoit, également, de renforcer la coopération entre les deux parties à travers la création d’instances communes de prises de décisions et de réflexion stratégique, outre le renforcement des aptitudes des intervenants sociaux afin de permettre aux femmes et jeunes filles, victimes de violence de bénéficier de l’assistance et de l’accompagnement nécessaires.

par -

Le taux de change n’est en fin de compte que le pur produit des forces et faiblesses de l’économie nationale, d’où l’importance d’en consolider les atouts et d’en circonscrire les faiblesses“, a déclaré, mercredi 31 janvier 2018, le représentant de la Banque centrale de Tunisie, Ahmed Tarchi.
Participant à un séminaire organisé à Tunis, par l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES) et la fondation allemande, Konrad-Adenauer Stiftung, sur le thème “la crise du dinar tunisien : état des lieux et perspectives“, il a souligné que “si la décision du flottement de la monnaie a été prise par nombre de pays en crise, comme étant le seul rempart contre l’épuisement de leurs réserves de change, la Tunisie n’est pas du tout dans cette situation. Nous n’avons pas une pénurie en devises. Le stock des avoirs en devises reste à un niveau rassurant, au vu de notre capacité de mobilisation des financements extérieurs via le canal multilatéral ou sur le marché international des capitaux. La maitrise des déficits jumeaux, la relance de la croissance et la poursuite des réformes structurelles sont les gage de cet élan“.

Toujours selon lui, “pour réunir les conditions du rétablissement d’une croissance économique pérenne, et stabiliser par conséquent le dinar d’une manière structurelle, il serait primordial que le pays adopte une vision et une démarche volontaristes focalisées sur la stabilisation macroéconomique et notamment sur la maitrise des déficits jumeaux“.
A cet égard, “des actions prioritaires devraient être mises en œuvre, dont le redressement de la productivité de l’économie à travers la contribution de tous ses facteurs ( travail, capital et technologies), la définition de manière claire de politiques sectorielles qui doivent assurer la diversification de la base des exportations en renforçant les industries manufacturières et toute activité innovante et abaisser les importations“, a-t-il précisé.

Il s’agit également, toujours selon lui, de “redéfinir les modes de gouvernance des entreprises publiques sur la base d’un nouveau business-modèle basé sur la performance, de maitriser la consommation grandissante et à première vue incompréhensible de l’énergie qui demeure sans commune mesure avec la lenteur du rythme de croissance du PIB, de réviser la politique commerciale y compris celle relative aux franchises, de réactiver avec tous les pays partenaires, les mécanismes de l’indice de coopération industrielle qui consacre le principe de l’importation contre l’exportation, et de réprimer la contrebande et le marché parallèle, à travers l’application de la loi et de sanctions sévères et effectives“.
Tarchi a encore fait savoir que “la politique de change adoptée par la BCT cherche à maintenir la valeur du dinar dans une trajectoire d’équilibre réel qui tout en favorisant une croissance saine, reflète les fondamentaux économiques du pays et ses équilibres intérieurs et extérieurs. Ceci implique que le dinar s’affaiblit lorsque les déséquilibres extérieurs s’accentuent et se raffermit et s’apprécie à mesure que l’on redresse ces déséquilibres“.

De son côté, l’ancien directeur général de la BCT Mohamed Salah Souilem a affirmé, dans une déclaration à l’agence TAP, que “le taux de change est l’indicateur le plus important dans une économie, parce que toute variation de ce taux affecte toutes les importations (biens de consommation, biens d’équipements) et se transmet à l’économie“.
Et de poursuivre “toutefois, la période de transition, qui n’est pas encore à sa fin, a induit des dérapages économiques énormes : affaissement de la croissance, montée des déficits courant et budgétaire, hausse de l’endettement public, augmentation de l’endettement extérieur…, et partant, du taux de change étroitement lié aux fondamentaux de l’économie. Sur les 7 dernières années, le dinar a perdu plus de 40% de sa valeur par rapport au dollar et plus de 35% par rapport à l’euro. Cette baisse a touché pratiquement, toutes les cotations des devises étrangères par rapport au dinar“.

A la question de savoir si on a atteint le taux de change d’équilibre et résorbé cette surévaluation du dinar, Souilem pense que “le dinar tunisien est une monnaie qui n’est pas du tout chère, les perspectives ne peuvent être que meilleures surtout en perspective de la reprise de la croissance et de certains secteurs pourvoyeurs de devises (phosphates, énergie, tourisme, agriculture) qui ont vu leur recettes en devises chuter“.
Je reste persuadé que le dinar ne peut que s’améliorer dans un avenir proche pourvu que la psychologie du marché qui est un autre déterminant important du taux de change, sorte d’un pessimisme exagéré, à un optimisme réaliste. Les perspectives du dinar tunisien sont beaucoup plus vers la stabilisation, si ce n’est une légère appréciation“, a-t-il insisté.
Cela implique, selon lui, “la responsabilité de l’ensemble des acteurs. Les banques, elles, doivent constituer une sorte de bouclier par rapport au dinar, la BCT doit continuer à être présente sur le marché pour l’irriguer en devises en cas de besoin. L’Etat doit, de son côté, faire en sorte qu’il y ait une meilleure maitrise de l’endettement public et extérieur et une plus grande rigueur en matière de gestion des finances publiques. L’ensemble de ces éléments pourrait contribuer à réduire le déficit courant et le déficit budgétaire et à améliorer le stock de réserves de la Banque centrale qui constitue la force de frappe de la banque centrale sur le marché“.

Pour sa part, le membre fondateur et membre du comité stratégique du Cercle des Financiers Tunisiens, Nabil Chahdoura, interrogé par la TAP, a estimé “qu’un glissement du dinar ne peut être qu’inquiétant étant donné son impact sur l’inflation importée. Son impact positif sur la compétitivité, reste toujours à prouver parce que le dinar glisse depuis des années et nous ne voyons encore pas d’impact sur le niveau des réserves et sur les exportations“.
Chahdoura estime que “l’action ne devrait pas toucher au dinar, n’étant que le miroir de la situation économique. Il faut s’attaquer aux paramètres et agrégats économiques ayant causé cette dépréciation du dinar. Tous les efforts doivent être concentrés sur la réduction des déficits jumeaux. Pour cela, il faut travailler sur les canaux de l’amélioration de l’épargne nationale et de l’attractivité pour les fonds étrangers mais également sur l’amélioration de la gestion et de la gouvernance de l’administration publique en termes de dépenses de fonctionnement“.

Interrogé sur le rôle de la BCT, à cet égard, il a précisé que “la Banque Centrale joue le rôle de l’équilibriste entre une volonté de calmer la tendance inflationniste due au glissement du dinar et une volonté de garder un certain niveau de compétitivité du dinar pour assurer un niveau de réserves intéressant . Mais je pense que l’institut d’émission est trop allé dans le sens de la flexibilité sur le dinar. A ce titre je dirais qu’ Il faut avoir un glissement dosé, contrôlé, pour qu’on puisse donner le temps aux agrégats économiques de s’améliorer avec des batteries de lois, de stratégies et de politiques adéquates”.

par -

Le chef du gouvernement, Youssef Chaded, accusé, notamment par le patronat, de ménager l’économie parallèle et de toujours taper, fiscalement, sur les mêmes, a donné l’assurance ce lundi 28 janvier qu’il fait de son mieux contre de fléau et dans d’autres dossiers. “Nous œuvrons au quotidien pour libérer l’initiative privée et les moteurs de la croissance et éradiquer toutes les barrières administratives. Pour cela, des actions fortes ont été entamées et se poursuivront avec assiduité, telles que la lutte contre l’économie parallèle et la contrebande ou la guerre sans merci contre la corruption et la mauvaise gouvernance, outre la mobilisation des capacités productives du pays. L’objectif étant de rétablir la confiance, base de toute activité économique“. C’est ainsi que Chahed a présenté à Gammarth son ordre de priorités pour la prochaine période.
Ouvrant une conférence économique internationale, sur “Les nouvelles perspectives de l’économie mondiales : quelle place pour la Tunisie“, animée par l’éminent économiste français Jacques Attali, Chahed a souligné que “2018 doit, impérativement, être l’année de l’investissement et des grands projets pour une croissance durable et inclusive“.

Notre vision pour la Tunisie est celle d’un pays ouvert sur son espace géographique naturel, la Méditerranée, le Maghreb, l’Afrique mais aussi, l’Europe, notre partenaire historique. Une Tunisie orientée vers l’économie numérique, les énergies renouvelables et les industries à haute valeur ajoutée. Une Tunisie répertoire de connaissances, de compétences, et dotée d’une intelligence et d’un savoir-faire que nous pouvons exporter. Pour cela, nous aspirons à davantage de co-développement plutôt que de sous-traitance, avec nos partenaires européens“, a-t-il encore, déclaré.
Chahed a rappelé que “la Tunisie se trouve dans une période difficile et déterminante pour le présent et le futur du pays. Sur le plan politique, la construction démocratique se poursuit avec les difficultés et les tractations qui ponctuent la vie politique. Sur le plan économique, les défis sont grands, d’où l’importance de bien définir cette phase pour bien tracer le cap de l’avenir. Après une croissance molle de l’ordre de 1%, durant les 6 premières années, la Tunisie devrait enregistrer une croissance moyenne de 2% en 2017 et nous tablons sur un taux de 3% en 2018. L’objectif du gouvernement étant d’atteindre 5% en 2020 et d’entamer une transformation de notre modèle économique, afin qu’il soit plus créateur d’emplois“.

Le chef du gouvernement a par ailleurs évoqué “le retour, depuis une année, des moteurs de croissance tunisienne, à savoir l’investissement et l’exportation. Des secteurs comme le tourisme et les industries mécaniques connaissent, également, un net regain d’activité“.
Il a estimé, toutefois, que “ce retour à la croissance reste en deçà de nos attentes et est encore faible au regard des capacités du pays. Par ailleurs, nous sommes toujours confrontés à des difficultés budgétaires et à des déficits élevés, que nous nous efforcerons de réduire d’ici la fin de l’année 2018, et à l’horizon 2020“.
Ces objectifs nécessitent des sacrifices et créent certaines difficultés que nous sommes amenés à surmonter au quotidien, a-t-il encore soutenu, rappelant que “plusieurs réformes ont été entamées et plusieurs projets de lois adoptés au Parlement, tels que la nouvelle loi sur l’investissement, la loi sur le Partenariat Public-Privé, la nouvelle loi bancaire, la réforme des douanes, la réforme de la fonction publique et celle des caisses sociales“.
Toutes ces réformes sont, selon lui, vitales pour le pays et constitueront un nouveau socle sur lequel doit se construire toute relance économique du pays.

par -

La résolution des problèmes économiques du pays et des déséquilibres financiers ne doit pas se faire au détriment de l’entreprise économique et à travers une augmentation de l’imposition ayant porté la pression fiscale à des niveaux records, menaçant non seulement la compétitivité des entreprises, mais aussi leur survie et leur pérennité“, a déclaré, mercredi, la présidente de l’Utica, Wided Bouchamaoui, dans son discours d’ouverture du 16ème congrès de l’organisation patronale.
Bouchamaoui a également évoqué les difficultés rencontrées par les entreprises économiques durant les dernières années, notamment “la dégradation du climat des affaires, la défaillance des services logistiques liés à l’export (services portuaires et aériens), la vétusté des infrastructures, l’ampleur prise par la contrebande et le commerce parallèle, et les revendications démesurées
Et de poursuivre : “malgré toutes ces difficultés, l’entreprise économique a continué à faire des sacrifices énormes, à l’instar de la contribution exceptionnelle de 7,5% inscrite dans la loi de finances 2017, dans l’espoir que cette contribution puisse favoriser la croissance, l’investissement et l’emploi. Un espoir qui a été trahi par la loi de Finances 2018, qui a apporté son lot de nouvelles impositions“.

La présidente du bureau sortant de l’UTICA, a ainsi, considéré que “l’entreprise économique ne peut plus supporter plus d’imposition“, rappelant “le rôle que devrait jouer l’Etat dans l’application de la loi et la protection de l’économie organisée et des secteurs fragilisés“.
Elle a, encore, affirmé que “les priorités de l’organisation patronale durant les dernières années ont été axées autour du rétablissement de la valeur travail, de la lutte contre les grèves anarchiques et des dépassements de la loi, de l’encouragement de l’initiative privée, de l’amélioration du climat des affaires et du climat social, et du soutien de la lutte contre l’économie parallèle
Déplorant des résultats qui n’étaient pas à la hauteur des attentes, la présidente du bureau exécutif sortant a souligné toutefois “qu’il y a eu, au moins, une prise de conscience générale quant à l’importance de ces défis“, formulant l’espoir que cette conscience puisse se traduire en actions et en engagements en faveur de la relance de l’économie nationale.

Bouchamaoui a en outre rappelé le rôle joué par l’organisation patronale dans le dialogue national, et dans la résolution des crises politiques ayant secoué le pays après la révolution, appelant les affiliés de l’organisation patronale à la maintenir loin des tractations et des calculs politiques. “Tous ceux qui veulent faire de la politique, qu’ils la fassent loin de l’Utica“.
Elle a aussi estimé que “les efforts des organisations nationales et des partis politiques doivent être orientés durant la prochaine étape vers des programmes et des visions capables de faire sortir le pays de sa crise“, appelant à “faire du pari sur le secteur privé un choix stratégique national“.
Elle a aussi fait savoir qu’une étude sur la perception de l’UTICA par l’opinion publique a été confiée à un bureau d’étude spécialisé, son élaboration a atteint aujourd’hui ses phases finales et elle sera mise à la disposition du nouveau bureau qui sera élu lors du congrès.

par -

45 petites et moyennes entreprises tunisiennes bénéficieront du Programme “Export Lab” lancé, en septembre dernier, par la Chambre américaine de commerce en Tunisie (AmCham), et dont l’appel à candidatures vient d’être ouvert.
Ce programme constitue l’action phare du Plan d’action de l’AmCham pour l’année 2018, présenté lors d’une conférence de presse organisée, mardi 16 janvier 2018, à Tunis. Doté d’une enveloppe globale de 500 mille dinars, ce projet d’une durée de 18 mois consiste à aider et former ces entreprises à exporter leurs produits et services aux Etats-Unis. Il se focalisera principalement sur les PME opérant dans trois secteurs d’activités (15 entreprises de chaque secteur), à savoir l’agroalimentaire, les nouvelles technologies et l’artisanat. Il ciblera particulièrement les jeunes et les femmes entrepreneurs dans les régions.

Il va “mettre à disposition de ces PME, le coaching nécessaire pour répondre aux exigences du marché américain et acquérir les certificats qui, par la suite, vont ouvrir des opportunités de partenariat avec des entités américaines“, a précisé le président de la Chambre, Naceur Hidoussi.
Hidoussi a, par ailleurs, fait savoir que “l’appel à candidatures à été ouvert il y a une semaine et il sera clos le 30 janvier 2018. Les procédures de sélection seront entamées la première semaine de février. Un comité de sélection regroupant le Cepex, l’Office national du tourisme tunisien et l’AmCham a été mis en place à cette fin. Il prendra sa décision en fonction des possibilités de vente des produits et services en question sur le marché américain et de la capacité des entreprises candidates à honorer les engagements pris“.
Hidoussi a encore souligné que “l’approche de la Chambre consiste à favoriser l’action concrète en fournissant l’accompagnement nécessaire aux entreprises sélectionnées, mais également en leur garantissant l’accès aux principales plateformes de vente électronique opérant sur le marché américain. Nos objectifs doivent se traduire en ventes“.

S’agissant des échanges commerciaux, Hidoussi a affirmé “que les échanges entre les deux pays enregistrent un grand déficit en faveur du côté américain“, rappelant “qu’en 2016 la valeur des importations tunisiennes en provenance des USA s’est établie à 1,1 milliard de dinars, contre 460 millions de dinars d’exportation“.
Et de poursuivre : “on n’a encore pas les chiffres exacts de 2017 mais on s’attend à ce que le gap se rétrécisse un peu grâce à la récolte exceptionnelle de dattes et de l’huile d’olive. Toutefois, le déficit persistera aussi en 2018 et c’est la raison pour laquelle nous nous employons, au sein de la Chambre à booster les capacités exportatrices des entreprises tunisienne“.

Interrogé sur les barrières à l’export auxquelles font face les entreprises tunisiennes désireuses d’exporter sur le marché américain, il a fait savoir “qu’une commission commerciale commune entre le gouvernement tunisien et le gouvernement américain se déploie actuellement pour obtenir le FDA (Free Trade Agreement) qui va permettre à la Tunisie d’exporter vers les Etats-Unis sans payer les taxes d’accès au marché américain. Les pourparlers économiques avec l’administration américaine ont été engagés depuis une année et demie. Ils vont se poursuivre cette année dans l’objectif d’obtenir cet agrément mais rien n’est gagné d’avance“.
Des pays comme la Jordanie et le Maroc ont bien décroché cet agrément. Pour le cas de la Tunisie, le changement successif des gouvernements n’était pas pour faciliter les choses, car il fallait redémarrer les négociations, avec l’arrivée de chaque nouvelle administration“, a-t-il encore précisé.

par -

Alors que les mouvements de contestation se multiplient dans tout le pays contre les augmentations des prix et que des bandes suspectes sortent nuitamment, sous couvert de protestation, pour piller et détruire les biens publics et privés, le ministre du Commerce, Omar El Béhi, considère dans une interview accordée à l’Agence TAP que les récentes augmentations des prix sont “louables”, puisqu’elles visent à réduire les déficits commercial et budgétaire.
Il a rappelé que ces augmentations, qui ne concernent pas les produits subventionnés, “ont été largement discutées dans le cadre de la loi de finances 2018“. Une façon de mettre dans l’embarras le parti qui a voté le texte à l’ARP et le conteste dans la rue

Pourquoi le gouvernement a décidé ces augmentations au lieu d’entreprendre d’autres réformes ?

Depuis sept ans, on vit dans le même cercle vicieux, le pays souffre d’un déficit de la balance commerciale et d’un déficit budgétaire qui créent de l’inflation, aggravent l’endettement et provoquent la dépréciation du dinar. Pour arrêter cette spirale, on prévoit de baisser le déficit du budget à 4,9% en 2018 et 3% en 2020.
Le but est de rétablir les équilibres financiers du pays et de stabiliser le dinar. Nous devons augmenter les taxes pour pouvoir générer plus de ressources au profit de l’Etat. Le fardeau fiscal, qui ne concerne pas les produits de base, est partagé entre tous. Les catégories défavorisées ou la classe moyenne ne sont pas les seules à faire face à ces taxes, les entreprises sont également concernées par ces augmentations, cela veut dire que même la classe aisée est concernée par ces augmentations.

Les augmentations des prix, décidées dans le cadre de la loi des finances 2018, consistent en une augmentation de 1% de la TVA sur plusieurs produits dont les médicaments, la hausse du droit de consommation sur certains produits ainsi que des droits de Douane, surtout pour les produits de luxe.
Les objectifs du gouvernement sont également de limiter les importations et les contrôler, d’où le rétablissement des droits de douane sur les produits d’origine turque à hauteur de 90% des tarifs appliqués dans le régime commun, à partir du 1er janvier 2018.
N’oublions pas que les produits subventionnés ne sont pas concernés par ces augmentations. L’Etat supporte un coût de subvention de 3520 millions de dinars : 1570 MD de subventions des produits de base et un montant de 1500 MD pour les hydrocarbures et un autre de 450 MD pour le transport. Il y a aussi la subvention par l’Etat du sucre qui coûte 100 MD ainsi que celles de l’eau, de l’électricité… Comment un Etat libéral peut supporter un tel niveau de subventions ?

Pour faire baisser les prix pour le consommateur, on est également en train d’importer 2300 tonnes de viandes rouges qui sont vendues à des prix étudiés (17 dinars/kg).
En ce qui concerne les augmentations dans le secteur immobilier, l’instauration d’une TVA de 13% aidera à organiser davantage le secteur et aura réellement un impact de 3% sur le prix de l’immobilier.

Quelles sont les mesures prises par l’Etat pour faire face aux augmentations incontrôlées des prix ?

Ces augmentations sont accompagnées d’une intensification du contrôle des prix. Tout cas de dépassement doit être dénoncé. Les citoyens, les médias et les politiciens sont tous concernés et sont appelés à signaler les cas d’augmentations illégales et dénoncer chaque cas de dépassement, afin de limiter les cas d’augmentation illégale des prix.
L’Etat surveille la distribution de certains produits comme le sucre ou l’huile végétale. De grandes campagnes sont organisées dans les régions pour contrôler la distribution de ces produits. Nous procédons au contrôle continu de tous les produits, même de ceux importés et ce depuis la première ligne, par exemple dans les ports, dans le but de réguler l’importation.
Le but étant de limiter ces importations, surtout que le déficit avec certains pays comme la Turquie a atteint 1850 MD. Nous procédons aussi à l’attribution de certificat de vente libre et à l’augmentation des taxes douanières afin de pouvoir rationaliser les importations et protéger l’industrie locale.
La spéculation est le résultat du manque de la production ou de l’offre, mais l’Etat fait des efforts pour faire face à ce phénomène et intervient à chaque fois pour lutter contre ce fléau. C’est un travail de tous les jours pour le département.

Quelle solution a prévu l’Etat pour faire face au problème du commerce parallèle qui représente plus de 50% de l’économie nationale ?

L’Etat n’épargne aucun effort pour lutter contre ce fléau. Un nouveau décret gouvernemental relatif à la création des bureaux de change a été récemment promulgué, dans ce cadre, par le chef du gouvernement.
Cette mesure permettra l’orientation des opérations de change effectuées illégalement vers les circuits légaux, ainsi que de soutenir les efforts de l’Etat dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Un projet de loi relatif à l’amnistie de change est également proposé à l’ARP. Il est relatif à l’amnistie des infractions de change commises par les Tunisiens résidents à l’étranger.
Il faut créer des alternatives pour les personnes actives dans le secteur informel, la répression n’est pas la seule solution. Il faut les pousser à intégrer le secteur formel et ce en restreignant leurs activités, tout en leur offrant des incitations pour entrer dans la légalité.

L’Etat fait des efforts énormes pour assurer le contrôle économique des importations et aussi pour booster les exportations vu leur importance dans la lutte contre le chômage. Toutes les parties concernées sont appelées à combiner leurs efforts pour améliorer le secteur de l’exportation, essentiel pour la croissance économique du pays.
Au cours de la première réunion du Conseil supérieur de l’exportation, tenue récemment, sous la présidence du chef du gouvernement, Youssef Chahed, 20 mesures importantes en faveur de l’export ont été annoncées. Elles concernent essentiellement l’amélioration du climat général à l’export et l’élimination des obstacles auxquels sont confrontés les exportateurs, outre la mise en place d’un cadre général pour la réforme législative et administrative de l’activité d’exportation.
L’Etat a, ainsi, mis en place un plan qui vise à relever la valeur des exportation à plus de 50 milliards de dinars, d’ici 2020.

Comment évaluez-vous la situation actuelle de l’économie nationale ?

Des signes de reprise économique sont enregistrés, c’est ainsi que nous avons réalisé une croissance de près de 2% et une augmentation des exportations de 4% à prix constants et de 18% à prix courants, en 2017.
Pour l’avenir, l’Inflation étant liée à la dépréciation du dinar, il faut sortir de cette spirale, en maîtrisant les déficits budgétaire et commercial.

par -

Aucun ministre des Finances n’aurait souhaité faire passer une loi de Finances pareille, mais aucun ministre n’aurait aimé non plus hériter d’une situation aussi difficile que celle des finances publiques aujourd’hui“, a déclaré, ce mardi, le ministre des Finances, Mohamed Ridha Chalghoum, en réaction aux inquiétudes manifestées par des représentants des chambres mixtes, lors d’un débat organisé par le Conseil des Chambres mixtes (CCM) sur la Loi de Finances 2018.
Réagissant aux interventions de ces représentants qui ont essentiellement déploré l’instabilité du cadre fiscal et la montée de la pression fiscale sur les entreprises, le ministre, qui était sur la défensive, a estimé que “face à un endettement qui avoisine les 70%, à un déficit courant s’établissant à 10%, que le flux des investissements directs n’arrive pas à couvrir, ainsi qu’aux alertes mensuellement émises par la CNRPS (Caisse Nationale de Retraite et de Prévoyance Sociale), quant au manque de liquidité, nous nous sommes trouvés dans une situation où nous ne pouvons plus reporter les réformes qui auraient dû être engagées depuis plusieurs années“.

Chalghoum a aussi considéré que “la LF 2018 n’apporte aucun élément qui affecte l’activité des entreprises“, rappelant que “l’augmentation des droits de douanes n’implique ni les intrants de production ni les biens d’équipements qui demeurent exonérés“.
Estimant que la réalisation d’un taux de croissance de l’ordre de 3% en 2018 reste possible au vu des indicateurs actuels, il a souligné que “la LF 2018 a aussi pour objectif de soutenir les secteurs dont leur vulnérabilité pourrait les empêcher de profiter de l’amélioration de la donne économique. Ainsi des mesures sont prises en faveur des PME, du secteur touristique, de l’artisanat et de l’agriculture“.

Toujours selon le ministre, “le plan de relance préconisé par le gouvernement prévoit également des actions visant à favoriser les Partenariats Public-Privé, et partant, à consacrer un certain désengagement de l’Etat en faveur de l’investissement privé, dans l’objectif de booster la croissance mais aussi d’alléger les charges de l’Etat“.
Le gouvernement a encore proposé 15 mesures visant à lutter contre l’évasion fiscale et à élargir l’assiette imposable de manière à alléger la pression fiscale qui est aujourd’hui de l’ordre 22%“, a-t-il précisé.
Toujours dans le cadre de la diversification de ses ressources, l’Etat compte, selon le ministre des finances, “poursuivre le traitement des dossiers des entreprises publiques au cas par cas, pour décider d’un éventuel désengagement de l’Etat de ces entreprises. Pour le secteur bancaire, trois banques sont aujourd’hui en vente ( Zitouna, BTE et TF Bank), les participations minoritaires de l’Etat dans certaines banques seront également cédées. Le sort des banques publiques sera décidé en fonction des résultats de leurs plans de restructuration déjà engagés“.
Le ministre a, en outre, affirmé que “le gouvernement accorde une priorité à l’amélioration de l’environnement des affaires“, faisant savoir que “les semaines à venir apporteront de bonnes nouvelles aux investisseurs en matière d’allègement des procédures administratives“.

Intervenant, le président du CCM, Foued Lakhoua, a rappelé que “511 mesures fiscales ont été prises depuis la révolution, sans aucune étude d’impact. La pression fiscale sur les entreprises est déjà assez élevée et les mesures décidées vont la rendre intenable“.
Et d’ajouter : “les investisseurs sont aussi pénalisés par la persistance de l’instabilité des règles juridiques et fiscales qui régissent l’investissement avec pour corollaire un manque de visibilité qui les empêche de se projeter dans l’avenir et de construire avec la fiabilité requise leurs budgets annuels et leurs plans d’investissement. Une législation fiscale changeante tous les ans commence à semer le doute et la méfiance et risque à terme de freiner les investissements“.
Lakhoua a considéré que “plusieurs solutions existent pour combler le déficit fiscal et relancer l’économie à travers une meilleure application des anciennes dispositions fiscales propices à la relance des investissements, une amélioration du recouvrement des créances fiscales, un élargissement de la liste des contribuables soumis à l’impôt à l’ensemble des catégories socio-professionnelles, une optimisation de la gestion de la caisse de compensation, l’encouragement des PPP et le désengagement progressif de l’Etat des entreprises publiques“.

Pour sa part, le vice-président de la Chambre Tuniso-allemande de l’industrie et du commerce, Ferdinand Terburg, a souligné : “nous comprenons parfaitement que la situation économique est dure, mais tous les investisseurs se demandent aujourd’hui quel argument nous reste pour promouvoir le site Tunisie auprès de nos maisons mères afin de garantir leur engagement en Tunisie“.
Et de poursuivre : “chaque investisseur tunisien ou étranger a besoin d’un cadre juridique solide, fiable, stable et sûre. Toutefois, c’est ce qui a manqué dans les lois de finances précédentes et qui manque encore davantage dans la loi actuelle. La Tunisie a perdu sa stabilité fiscale et juridique“.
Terburg a en outre affirmé que “les nouvelles mesures douanières suscitent également un flou auprès des investisseurs et donne une image négative du climat des affaires en Tunisie“.
Ainsi au lieu d’alourdir systématiquement la charge fiscale du contribuable, nous souhaitons que le gouvernement ait le courage de diminuer les dépenses et de générer de nouvelles recettes par l’encouragement de l’initiative privée et le désengagement de certaines entreprises publiques“, a-il soutenu.

Le meilleur des RS

Le Meilleur des réseaux sociaux, c’est ce Post de Riadh Ben Omheni qu’il illustre de la meilleure des manière d’une photographie d’une signification des...

INTERVIEW

Jeune quadra (44 ans exactement) et à peine 9 mois à la tête de l’UIB, cet énarque et agrégé d’économie qui a travaillé pendant...

AFRIQUE

Le leader mondial de la mécanique de haute précision Mecachrome et Electrolyse, spécialiste des procédés de traitement de surfaces, ont procédé, mercredi 18 avril...

Reseaux Sociaux

SPORT

Le comité directeur du Club Africain a désigné l'ancien défenseur international et entraîneur des cadets, Khaled Souissi, en tant qu'adjoint de Kamel Kolsi, actuel...