La Tunisie a officiellement entamé la dernière ligne droite de son engagement pour la protection du climat. La troisième et ultime phase du « Plan de gestion de l’élimination des hydrochlorofluorocarbures (HCFC) » vient d’être lancée à Tunis, et ce lors d’un atelier national co-organisé par l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE) et l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI).
Cette phase, qui couvre la période 2026-2030, vise l’élimination totale de l’utilisation des fluides frigorigènes polluants. Ces substances sont pointées du doigt pour leur double impact : elles contribuent à l’appauvrissement de la couche d’ozone et aggravent l’effet de serre.
Cet objectif s’inscrit dans le strict respect des engagements internationaux de la Tunisie, pays signataire du Protocole de Montréal.
Au-delà de l’enjeu écologique, les experts techniques et les représentants du secteur industriel réunis à Tunis ont souligné le potentiel économique de ce plan.
Il est perçu comme un accélérateur pour la modernisation du secteur tunisien de la Réfrigération et de la Climatisation (RAC).
Sur ses réseaux sociaux, l’ONUDI-Tunisie a précisé que le programme s’articule autour de plusieurs axes stratégiques, comprenant notamment la mise en place d’un système national intégré de « récupération, recyclage et régénération » (RRR) des fluides frigorigènes afin de limiter les émissions incontrôlées , l’encouragement des industries à basculer vers des fluides frigorigènes naturels comme l’ammoniac et le CO₂, qui sont sans impact sur l’ozone et offrent une haute efficacité énergétique, ainsi que le lancement de projets pilotes innovants dans les secteurs de la pêche et des industries agroalimentaires, gros consommateurs de froid, pour renforcer leur compétitivité à l’exportation.
Le lancement de cette phase finale a également été marqué par une volonté d’inclusivité. Le plan prévoit spécifiquement d’intégrer les femmes dans les métiers techniques du froid et de la climatisation, en les encourageant à suivre des formations spécialisées sur les nouvelles technologies et les frigorigènes naturels.
Avec cette avancée, la Tunisie confirme son rôle de pays pionnier dans la région en matière de respect des conventions environnementales.
L’élimination progressive de ces gaz s’inscrit dans un objectif climatique global : contribuer à limiter la hausse des températures à 0,5°C d’ici la fin du siècle, un engagement que la Tunisie entend concrétiser.
Le « triste record » du Grand Tunis
A rappeler que le Grand Tunis a été la région ayant présenté la plus forte concentration de trois polluants atmosphériques, en 2022, selon un rapport mensuel sur la concentration des polluants environnementaux au niveau du sol en Tunisie, publié le 15 décembre par l’Institut National de la Météorologie (INM).
Il s’agit du dioxyde de soufre (SO2), du dioxyde d’azote (NO2) et du monoxyde de Carbone (CO), indique l’INM dans son rapport consacré au mois de novembre 2022.
« La concentration de ces polluants est principalement, liée à des nombreux facteurs environnementaux et météorologiques, étant donné que la circulation générale de l’atmosphère affecte directement cette conc entration », explique l’Institut.
Le Sud-ouest du pays est la région ayant présenté la plus faible concentration de dioxyde d’azote et de monoxyde de Carbone.








