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Le ras-le bol des réfugiés et demandeurs d’aile subsahariens en Tunisie!

Qu’il se soit agi de vexations, de lassitude,  de brimades ou même de acte à caractère discriminatoire, les réfugiés subsahariens et ceux d’entre eux qui postulent à  l’asile politique en Tunisie, en sont venus à demander à quitter le pays, et le plus tôt serait le mieux, souhaitent-ils

Des dizaines de réfugiés soudanais et d’Afrique subsaharienne ont, d’ailleurs, pris sur eux de protester, en ce début de semaine, dans le sud de la Tunisie contre leur « marginalisation » et réclamé leur évacuation vers d’autres pays.

Ces réfugiés, qui sont des rescapés de tentatives d’immigration clandestine vers l’Europe, observent depuis plusieurs jours un sit-in devant le bureau du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Zarzis.

« Nous avons le statut de réfugiés mais cette organisation (le HCR) ne s’occupe pas de nous. Nous sommes marginalisés. Nos conditions sont inhumaines », a déploré un manifestant soudanais.  « Evacuation immédiate », « Nous ne voulons pas rester en Tunisie » ont notamment scandé les protestataires, dont des femmes et des enfants. 

Certains ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: « Où sont les droits légitimes des réfugiés? », « Il n’y a pas d’avenir en Tunisie », « Nous sommes en danger », « Arrêtez la violence à notre encontre ».

Des migrants et des réfugiés originaires notamment d’Afrique subsaharienne se trouvant en Tunisie se plaignent régulièrement d’être  victimes de violences verbales et physiques dans ce pays.  La majorité d’entre eux ont été secourus au large de la Tunisie après le chavirage des embarcations qui les transportaient lors de tentatives d’immigration clandestine vers l’Europe. 

Selon des statistiques du Forum tunisien des droits économiques et sociaux, sur les neuf premiers mois de 2021, les garde-côtes tunisiens ont intercepté environ 19 500 migrants qui tentaient la traversée de la Méditerranée.

Violences et fermeture de centres d’hébergement

Le porte-parole officiel du FTDES), Romdhane Ben Amor, a, pour sa part,  fait savoir, mardi, que le nombre de cas de violence contre les réfugiés et demandeurs d’asile en Tunisie a augmenté au cours de la dernière période, notamment après la fermeture des centres provisoires destinés à leur hébergement .
Il a indiqué, dans une déclaration à l’agence TAP, que le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a décidé, depuis 4 mois environ, de fermer ces centres à Zarzis  sur fond de protestations des habitants qui refusent de les accueillir dans leur région.
Il a ajouté que des dizaines de réfugiés et demandeurs d’asile observent un sit-in depuis plus d’une semaine devant le bureau du HCR à Zarzis pour protester contre la décision de fermeture des centres d’hébergement sans aucune mesure alternative permettant de préserver leur dignité.
Il a ajouté que les sitineurs ont rapporté que le haut commissariat a accordé à chaque réfugié et demandeur d’asile une somme mensuelle de 250 dinars pour une période de 3 mois.
Selon un communiqué dont une copie est parvenue à la TAP, les manifestants revendiquent leur réinstallation, une protection permanente à travers la reconnaissance de leur droit à la résidence, à la santé, à l’éducation et aux pensions ainsi qu’aux services de base en Tunisie.
Ils ont estimé que les conditions difficiles des réfugiés et demandeurs d’asile en Tunisie, notamment après la crise sanitaire, économique, sociale et politique, les exposent à tous types de risques (réseaux de contrebande et de traite des êtres humains, exploitation économique…).

La Tunisie est aussi un pays de destination

Pourtant, la Tunisie n’est pas uniquement un pays de départ ou de transit, mais aussi un pays de destination, même temporaire, pour de nombreux réfugiés et migrants, y compris ceux dont l’intention initiale n’était peut-être pas de s’installer en Tunisie. Trop souvent, cela est négligé/ignoré alors que les traversées de la Méditerranée reçoivent de manière disproportionnée plus d’attention publique nationale et internationale, selon une étude de la fondation  Heinrich Böll

Bien que beaucoup vivent de manière irrégulière en Tunisie et rencontrent des difficultés à obtenir un permis de séjour, ils peuvent être vus à travailler dans les restaurants et les cafés, ainsi que sur des chantiers de construction. Nous les remarquons également sur le trajet quotidien vers l’école. Ils ouvrent parfois leurs propres magasins et entreprises, organisent des événements culturels et des rencontres ou – dans des cas plus rares – s’installent même en Tunisie pour fonder une famille. Les migrants et les réfugiés des pays d’Afrique subsaharienne ainsi que de Libye sont devenus une réalité dans la société tunisienne et contribuent à sa culture et à son économie.

Avec un accès limité aux opportunités de travail régulières, les contributions des réfugiés et des migrants et le potentiel de la migration à soutenir le développement de la Tunisie passent souvent inaperçus et restent institutionnellement méconnues. D’après la même étude,  certains migrants et réfugiés vivent dans des communautés marginalisées dans les zones urbaines, ce qui entrave davantage leur accès aux services, et certains sont victimes de discrimination, de xénophobie et d’exploitation. Cela est lié à l’absence de voies d’assistance claires, à l’embauche irrégulière, à un manque d’accès aux droits sociaux et à l’absence d’une législation nationale sur l’asile ou d’une stratégie nationale en matière de migration.

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