Le RFR en train d’entrevoir le bout du tunnel !

Le RFR en train d’entrevoir le bout du tunnel !

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Le Réseau ferroviaire rapide de Tunis est vraisemblablement le projet d’infrastructure qui a essuyé le plus d’infortunes et mis le plus de temps pour poindre à l’horizon. Pour ainsi dire, le RFR est désormais bel et bien sur les rails à l’immense satisfaction d’une population, surtout banlieusarde, exaspérée de devoir faire si longtemps le pied de grue avant de tomber sur un improbable moyen de transport.

C’est que les déplacements motorisés dans le Grand Tunis sont estimée à plus de 5 millions par jour contre 3 millions en 2002, avec une demande de transport collectif dans les zones distantes de 8 à 15 km qui dépasse nettement l’offre alors qu’aux heures de pointe, la densité des passagers peut approcher 10 personnes/m² dans le réseau d’autobus ou de métro.

La saturation du réseau routier, suite au développement de l’utilisation de la voiture particulière, contribue aussi à la dégradation de l’offre de transport vers ces banlieues par le réseau de bus, ainsi qu’à l’accroissement de la pollution atmosphérique, de l’émission de gaz à effet de serre et à l’utilisation excessive de combustibles hydrocarbures dans un contexte de renchérissement et de raréfaction de cette ressource.

17 ans d’incertitude

Dès lors, le besoin d’une desserte à plus vaste échelle, commode et rapide s’est fait cruellement sentir tout en maintenant ou augmentant la part modale des transports collectifs par rapport au niveau de 2002 (40 %). Le projet RFR venait donc à point nommé. Il a été brièvement discuté au début de l’année 2011 par des autorités soucieuses d’accentuer les investissements publics dans les régions de l’intérieur, il a rapidement été endossé et considéré comme un projet majeur par les gouvernements successifs et notamment l’actuel, comme le souligne l’Agence française de développement (AFD).

Dans une interview à Africanmanager, le PDG de la société RFR, Lotfi Chouba, a déploré la succession des entraves qui ont hérissé depuis 2007, année de la création de ladite société, et des difficultés procédurales et foncières qui ont amené la partie tunisienne à résilier le contrat la liant à la société italienne chargée de l’exécution des travaux, et ce suite à des soupçons de corruption.

Il a mis l’accent sur l’impérieuse nécessite de rattraper les retards accumulés et d’accélérer l’achèvement des travaux du premier tronçon eu égard aux pertes financières causées par les lenteurs et les atermoiements enregistrés, à la suite desquels le coût du projet qui était de 620 millions de dinars en 2017, a grimpé à 1200 millions de dinars en 2016, à-t-il précisé.

La Mairie du Bardo jette du lest

Interrogé par Africanmanager sur les retombées de décision de la municipalité du Bardo de suspendre les travaux du RFR conduits sur le périmètre communal, Lotfi Chouba a affirmé qu’il a été convenu aux termes d’un accord de principe de constituer une commission de 15 membres pour trouver une solution au problème, avec l’aide d’un bureau d’étude auquel sera confiée l’élaboration d’un projet qui réponde aux exigences de la municipalité et facilite l’action de la société RFR et partant la reprise des travaux.

Une reprise qui est de nature à hâter la réalisation et la mise en exploitation des premières sections des deux premières lignes (D et E) du réseau, soit une longueur cumulée de 18 kilomètres au départ du centre de Tunis (Gare de Barcelone). Le réseau du RFR offrira une vitesse commerciale de 35 km/h à 40 km/h contre 18 km/h pour le métro léger de Tunis, et 15 km/h pour les bus. Le RFR offrira une vitesse commerciale de 35 km/h à 40 km/h contre 18 km/h pour le métro léger de Tunis et 15 km/h pour les bus. 350 000 voyageurs l’emprunteront chaque jour dès sa mise en service. De plus, le RFR a été conçu pour disposer des marges de manœuvre nécessaires à la croissance du trafic.

Sur le plan environnemental, RFR ambitionne d’améliorer la répartition entre transports collectifs et transports individuels en vue de réduire la pollution atmosphérique et sonore. Fonctionnant à l’électricité produite par des centrales à gaz, le futur train permettra aussi de contribuer à une réduction des émissions de CO2 de l’ordre de 50 000 tonnes/an par rapport à une situation future sans RFR.

Traduction et synthèse L.M.

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