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Le tourisme intérieur, parent pauvre auquel on doit pourtant d’avoir sauvé le secteur!

Source de devises, le secteur touristique, considéré comme l’un des principaux piliers de l’économie tunisienne, a drainé en 2019 des recettes de 5.619,2 millions de Dinars, 1.170 Millions d’Euros et 1.916 Millions de Dollars, enregistrant ainsi une évolution de 35.7%, 29% et 22% respectivement par rapport à l’année 2018, selon le dernier rapport annuel de l’Office national du tourisme tunisien.

Toutefois, la crise sanitaire qui a frappé le monde de plein fouet a engendré de graves répercussions économiques touchant ainsi tous les secteurs, et notamment  celui du tourisme qui a fait  une chute libre suite à la fermeture des frontières et l’arrêt de toutes les activités yb associées

Cet arrêt brutal et total des arrivées de touristes, intervenu vers la mi-mars 2020, a changé toute la donne. Néanmoins, la filière du tourisme intérieur  pu sauver la saison, malgré qu’elle fût toujours marginalisée.

Dans le même contexte, Jabeur Ben Attouche, président de la Fédération Tunisienne des Agences de Voyages  a donné plus d’éclaircissement à ce sujet dans une interview accordée à  African Manager .

Une nouvelle alternative

« Le tourisme intérieur a joué un rôle primordial surtout pendant les vacances et la saison estivale. Cependant, il n’a pu couvrir que 20% de la capacité d’accueil que nous aurions pu avoir pendant toute la saison », a-t-il souligné notant que le tourisme intérieur a prouvé qu’il constitue un genre de tourisme à part entière et qu’il ne représente pas un tourisme occasionnel comme on a tendance à le penser.

De ce fait, une demande a été soumise au ministère de Tourisme pour la  mise en place  d’un organisme dédié au tourisme intérieur, propose le président de la FTAV.

Vacances scolaires et tourisme

« D’autre part, nous demandons de revoir le calendrier des vacances scolaires, de façon à cequ’elles soient réparties dans le temps, selon la région et la zone », a-t-il ajouté, suggérant de répartir les vacances scolaires sur quatre zones, par exemple, le  Nord-est, le Nord-ouest, le Sud-est et le Sud-ouest, où les vacances sont prises dans chaque zone avec alternance.

« Cette demande a été discutée lors de plusieurs réunions, mais il faut que le ministre de Tourisme et  celui de l’Education prennent la décision ensemble », a-t-il admis.

Le mérite de pareille proposition, selon lui, est d’éviter l’encombrement et la surcharge des hôtels ainsi que la forte demande, dans un premier temps.

« Aujourd’hui, nous devons attacher  beaucoup plus d’importance au tourisme intérieur  et le considérer comme un secteur au vrai sens du mot, régi par des lois qui lui sont propres », a-t-il avancé.

Le citoyen tunisien « n’est pas considéré comme un touriste » !

En fait, aux termes de la législation tunisienne, le citoyen n’est pas considéré comme un touriste, bien  qu’il  effectuer des séjours dans les hôtels et bénéficie des mêmes services que le touriste étranger.

Eu égard au fait que les services touristiques sont similaires à tout autre produit à exporter, la loi tunisienne donne beaucoup d’importance aux marchés étrangers au motif qu’ils sont pourvoyeurs de devises. Cependant la pandémie de Covid-19 « nous a fait découvrir que nous ne pouvons pas compter seulement sur le tourisme étranger ».

« Donc, nous devons réserver une partie de l’activité touristique, de 30 à 40%, pour le tourisme de l’intérieur. Ayant plus de garanties, nous nous  épargnons les mauvaises surprises dans des situations de crises tel que le Covid-19», explique Ben Attouche.

En termes de chiffres, le tourisme intérieur  a représenté  20% de total des nuitées hôtelières alors que le pourcentage était aux alentours de 7% avant la pandémie. « Beaucoup de secteurs ont pu profiter de la crise liée à la pandémie  tels  que le secteur pharmaceutique, les laboratoires…etc… Seul le secteur touristique a été fortement impacté à cause de l’absence du client, car on ne peut pas lui assurer les conditions sanitaires requises « , a-t-il expliqué.

Concernant les agences de voyages, plus de 50% des employés ont été licenciés dont la plupart sont des cadres, ce qui posera problème lors de la reprise de l’activité touristique en 2022, selon Ben Attouche.

Par ailleurs, la fédération compte à peu près 800 affiliés dont plus de 300 ont décidé de mettre leurs activités en veilleuse, notamment ceux qui optent pour l’« in-coming ».

Certaines agences ont licencié leurs employés et d’autres les ont mis en chômage technique ou partiel, et dans tout cela  aucune intervention de la part de l’Etat hotrmis  l’aide de 200 dt qui ne peuvent  servir à grand-chose, a-t-il déploré.

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