La dissolution de l’Assemblée des représentants du peuple, le parlement monocaméral créé après le renversement d’un autre président autocratique lors du printemps arabe de 2011, ne devrait pas passer inaperçue, affirme le Washington Post sous la plume de l’éditorialiste Bobby Ghosh, devenu un spécialiste reconnu des affaires tunisiennes. Ceux qui, en Occident, ont applaudi à sa naissance [ ARP} en tant qu’espoir de démocratie dans le monde arabe doivent protester tout aussi bruyamment contre son étranglement et en dénoncer l’auteur, ajoute-t-il.
Et d’ajouter : « L’administration Biden et ses alliés européens, lamentablement timides dans leur réponse à la dérive dictatoriale de Saied, devraient maintenant exiger plus fermement le rétablissement immédiat du Parlement, avec les pouvoirs inscrits dans la constitution tunisienne. Le président affirme qu’il rédigera une nouvelle constitution et la soumettra à un référendum en été, mais il doit être clair pour lui que la communauté internationale considérera ces mesures comme illégitimes si elles ne sont pas approuvées par le corps législatif ».
La légitimité est la clé, et le fait que Saied ait été secoué par une séance plénière en ligne de députés suspendus montre que le Parlement la conserve, alors que la réaction excessive de Saied suggère qu’il est en train de la perdre, souligne l’éditorial. « C’est un moment opportun pour les États-Unis et les pays de l »Europe occidentale, qui fournissent collectivement l’essentiel de l’aide que la Tunisie reçoit ainsi qu’une grande partie de son commerce, de faire pression sur le président pour ressusciter la démocratie qu’il a étranglée. L’aide et le commerce, ainsi que l’assistance désespérément nécessaire du Fonds monétaire international, devraient être subordonnés à l’amélioration des comportements de Saied », est-il recommandé.
Le Parlement tunisien est le plus libre de la région MENA
Toujours contestataire et souvent dysfonctionnel, le parlement tunisien est néanmoins le produit des élections les plus libres du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Contrairement à l’Iran ou à l’Égypte, il n’y avait pas de théocrate ou de tyran pour truquer le vote en 2014 et 2019. Contrairement aux députés du Liban et de l’Irak, le parlement tunisien n’est pas composé selon des clivages sectaires ou ethniques, rappelle l’éditorialiste qui ajoute que , à l’instar des députés, Saied a été élu lors d’une élection libre et transparente. Son principal attrait pour les électeurs tenait à son statut d’outsider politique. Les Tunisiens espéraient qu’il revitaliserait l’économie sclérosée en sortant de l’impasse politique entre les factions islamistes et laïques du Parlement et de la résistance aux réformes des puissants syndicats.
Lorsqu’il a suspendu le Parlement, de nombreux Tunisiens ont vu dans cette décision une façon de trancher le nœud gordien. Le président, pensaient-ils, allait pouvoir travailler sur les réformes économiques sans être gêné par les partis politiques qui n’avaient pas réussi à le faire. Même la puissante UGTT semblait encline à lui accorder le bénéfice du doute : ses dirigeants ont critiqué l’usurpation du pouvoir par le président, mais n’ont pas appelé à des grèves nationales contre lui.
Pendant ce temps, l’économie a continué à sombrer et l’aide du FMI ne s’est pas matérialisée. Une note de recherche récente de Morgan Stanley a augmenté le risque que la Tunisie fasse défaut sur ses dettes en 2023. Fitch Ratings a abaissé la note de la dette souveraine du pays de B- à CCC.
De plus en plus de signes montrent que les Tunisiens commencent à voir clair dans les promesses du président. Il y a eu peu de rassemblements pro-Saied ces derniers temps. Peu de gens se sont souciés de participer au processus de « consultation nationale » en ligne qui, selon le président, devait servir de base à la nouvelle constitution. Et les dirigeants de l’UGTT se sont finalement réveillés pour menacer d’une grève nationale, bien que leur grief ait moins à voir avec son accumulation de pouvoir qu’avec la perspective de réformes économiques décrétées par le FMI, notamment la réduction des dépenses en subventions et des salaires du secteur public.
Le vent tournant contre lui, il n’est pas étonnant que Saied ait été effrayé par le défi en ligne lancé par les députés suspedus. Il est temps pour l’Occident de desserrer son étau autour du cou de la démocratie tunisienne, conclut l’éditorial paru sur les colonnes du Washington Post, sous la signature deBobby Ghosh.









ce n’est pas un tournant antidémocratique opéré par le président de la république c’est une période de transition d’une année et demi pour corriger la constitution ,la loi électorale et la loi des partis politiques imposées par les islamistes et leurs alliés de l’époque lors de la constituante sans être adoptées par référendum par le peuple et qui ont résulté une instabilité politique ,une inflation de partis politiques et un appauvrissement de la population et du pays pendant 10 ans de mauvaise gestion du pays par les islamistes et leurs différents alliés . Il faut que les américains comprennent cette instabilité politique et cette inflation de partis politique pour un petit pays de 12 millions d’habitants alors que chez eux un pays de 325 millions n’ont que deux partis politiques et une stabilité de plus de deux siècles parce que leur constitution est bien adaptée au pays et à sa population .