AccueilLa UNELes «6» dormants de l’Ephèse démocratique

Les «6» dormants de l’Ephèse démocratique

Alors qu’une partie de la population (l’autre ayant choisi de prier pour que le FMI dise non à la Tunisie) suit avec anxiété les moments forts des pourparlers de la délégation tunisienne à Washington, pour arriver à décrocher un prêt de chez le Major des bailleurs de fonds étrangers (Ndlr : « Ce qu’il peut donner » disait le super-ministre qui ne fait plus la fine bouche), les dirigeants tunisiens roupillaient, dorlotés par une crise institutionnelle qui n’en finit plus de tout bloquer.

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Endormis, alors que tout un pays s’enfonce dans la crise, financière avec les caisses de l’Etat vidées par 10 années de compensations de tous genres à des personnes de tout horizon, et une économie zombie où l’officiel s’essouffle et le parallèle gonfle. Endormis et ronflant dans leurs rêves respectifs de mettre chacun la main sur tous les leviers du pouvoir.

  • L’UGTT rêve de cogestion, cauchemarde quelques fois, et menace

A gauche, sur la photo et sur la scène politico-sociale, c’est un Noureddine Tabboubi qui rêve d’une économie entre les mains d’un Etat-providence. Un Etat qui cogère avec lui toutes les entreprises publiques, et qui lui verse chaque année une partie de son budget prélevé à partir d’un fonds géré par la CNSS alimenté par les  cotisations patronales, et lui reverse aussi les cotisations des fonctionnaires de l’Etat. Dormant sur les lauriers du vrai syndicaliste qu’était Farhat Hached et désormais fanés par les grèves immorales et les Sit-in destructeurs d’investissement, l’actuel SG de l’UGTT fait parfois des cauchemars lorsque le gouvernement essaie de faire les réformes demandées par ses bailleurs de fonds. Instinctivement alors, il se met à menacer de « guerre sociale » [ar]. Dans les bras de Morphée depuis 10 ans, il se retrouve isolé de la realpolitik et économique, comme l’Ephèse d’une caverne démocratique qui n’en finit pas de creuser sa propre tombe et descendre chaque jour plus bas vers les abysses financiers.

  • Cadavre politique, Khriji refuse toujours l’euthanasie politique

A côté de lui sur la banquette du pouvoir en Tunisie, le leader d’un parti dogmatiquement de droite, qui se teint de gauche pour les besoins de sa mue vers un islamisme politisé. A 80 ans, Rached Khriji roupille sur le Perchoir, rêvant de statut de président qui l’amènerait vers Carthage, et cauchemardant que ses ouailles d’Ennahdha arrivent un jour à la déboulonner de son statut de leader de « frères de Tunisie ».

Pour lui, l’islam s’est arrêté au 14ème siècle, et devrait être ainsi appliqué. Seul détenteur de l’exégèse de l’islam en Tunisie, comme il se croit être, il se fait une officine de Fatwa comme dit de lui sans le nommer Kais Saïed. Encensé  par son entourage familial, il rêve de la Tunisie comme d’une tombe où il accumulerait tous les pouvoirs, comme le ferait un Pharaon pour ses biens terrestres. Isolé de la realpolitik , le vieux gourou de l’islamisme cauchemarde aussi et se retourne quelques fois dans sa dernière demeure terrestre, comme le ferait un mort, à la moindre tentative de le dessiller et de le ramener au 21ème siècle, ou de lui faire comprendre que son agonie politique s’éternise, et pèse sur le quotidien social et économique de la population, et qu’il faudrait qu’il accepte une mort politique assistée. 

  • Un Robocop d’Éphèse, doublé d’un autiste politique

Un peu plus loin, les bras croisés comme pour montrer qu’il ne fera rien pour dénouer la crise institutionnelle qui bloque économie et finance de tout un pays, c’est Kais Saïed. « Vous ne connaissez pas Kais Saïed. Je le connais depuis 1984. Ce n’est pas un Tartour et il ne le sera pas. Il n’est réductible à aucune idéologie. Mais il est habité par une idée politique, son idée, quoique l’on pense de cette idée et j’en pense qu’elle est à la fois utopique et dangereuse », disait de lui (On découvre désormais que c’était à juste titre) son collègue Slim Laghmani en 2019.

Comme un autiste politique, il sommeille lui aussi depuis octobre 2019 dans un immobilisme qui n’est dérangé que par ses menaces contre des complotistes qu’il ne nomme jamais. Comme disait récemment de lui son propre frère, cet OPNI (Objet politique non identifié) qui venait et vivait sur une autre planète, Kais Saïed se rêve en empereur démocrate, seul dépositaire du droit d’interpréter la Constitution à sa manière, et d’utiliser la Loi fondamentale qu’il dit respecter, pour concrétiser son « idée politique ». Pour les besoins qui sont les siens, il convoite tout ce qui touche à l’autorité, jamais à l’économie et ce qui touche au pouvoir d’achat de ses concitoyens. Lui, il ne cauchemarde que lorsqu’il est contrarié, car déçu par ses poulains politiques. Et c’est alors qu’il déverse une colère policée, qu’importe devant qui, et toujours sans aucun souci de l’impact de tout ce qu’il dit sur la situation sociopolitique du pays. Pour le reste, c’est un chef d’Etat auto-éclipsé du real economy, dont les seuls soucis sont ses prières et ses pauses café.

  • « Hich-Mich », l’endormi du Covid-19

On passera sur le ministre des Finances qui pose sa tête sur l’épaule de son collègue de la santé, seul au front de la lutte contre la pandémie et sans les moyens financiers que son collègue des finances verse directement dans le Trésor et lui cache le sort de l’argent théoriquement consacré au Covid-19.

On s’arrêtera, par contre, sur l’attitude du chef du gouvernement. Appelé argotiquement sur les réseaux sociaux « Hich-Mich », mains sur les jambes comme  dans un moment d’impuissance désolée, Mechichi se consacre pour l’instant au défi de mobiliser de l’argent chez le FMI. Un défi qui pourrait devenir un élément déterminant de sa carrière de chef de gouvernement.

Le reste du temps, il est lui aussi dans l’Ephèse d’une transition où il ne transige sur rien. En véritable somnolent politique dans une conjoncture d’incertitudes généralisées et qui croule sous le poids des responsabilités, il enregistre des moments de perte de lucidité lorsqu’il s’agit de la campagne de vaccination.

Il a peut-être ses raisons, que la raison de l’état de la pandémie dans son pays ignore. Et s’il n’en est pas encore au stade de l’Alzheimer de la gouvernance, il n’en enregistre pas moins des moments de perte de conscience du danger que représente l’état des lieux de la campagne de vaccination pour la relance économique qu’il espère, et de léthargie en matière d’exercice d’autorité pour imposer les mesures barrières.

Chez d’autres pays, où on ne veut toujours pas rendre la vaccination obligatoire, on a décidé d‘y encourager matériellement l’administration du vaccin. Avec ce gouvernement, on préfère toujours se dire qu’on a le temps, comme en matière de réformes, de voire venir, et de piquer encore un petit somme dans le train-train de la crise généralisée !  

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