Le pain demeure une denrée plus qu’indispensable, irremplaçable pour la majorité des Tunisiens , mais dans le même temps, de par le trop-plein qui est le sien, environ 950 000 baguettes de pain prennent le chemin des poubelles par jour , comme l’affirme le membre du bureau exécutif de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche et responsable des grandes cultures, Mohamed Rjaibia.
Il s’y greffe néanmoins des difficultés de plus en plus épineuses auxquelles fait face le secteur des boulangeries. Le président du groupement professionnel de l’industrie de la boulangerie et de la pâtisserie de la CONECT, AbdelKarim Ben Mehrez, a révélé que les boulangeries et pâtisseries connaissent une crise financière majeure en raison des fluctuations des opérations d’approvisionnement, qui atteignent parfois un manque total d’approvisionnement en matières premières.
Ila affirmé, dans une déclaration à African Manager, que les perturbations de l’offre persistent depuis des mois et ne semblent nullement devoir se résorber à ce jour, ce qui nuit au rythme de travail des boulangeries et leur cause d’énormes difficultés financières.
Il a, également, estimé que les problèmes majeurs dont les boulangeries modernes ont pris conscience sont causés par l’incapacité délibérée des minoteries à les approvisionner en farine, à la demande du ministère du Commerce.
Ben Mehrez en a imputé la responsabilité à la législation mise en place depuis novembre 2020, visant ce type de boulangerie et les obligeant à s’approvisionner auprès des minoteries.
Cette législation et cette réglementation, associées aux remous qui affectent les opérations d’approvisionnement ont incité les propriétaires de boulangeries à recourir à des circuits parallèles, ce qui les expose aux amendes, toujours selon la même source.
Elle a fait r observer qu’il existe une grande confusion chez le citoyen tunisien en ce qui concerne les subventions. « Certains pensent que les boulangeries modernes obtiennent de la farine à un prix abordable, alors que le prix est passé de 512 d à 700 dinars, outre qu’elle n’existe plus sur le marché », a-t-il expliqué.
Les boulangeries sont visées…
Ben Mahrez a souligné que les boulangeries modernes sont ciblées, pointant une « tentative délibérée de les neutraliser », et appelant à la révision du système de compensation ainsi que la législation relative à ce secteur, d’autant plus qu’il s’agit d’un secteur qui comprend 1 300 boulangeries et occupe environ 13 000 salariés.
Il a, par ailleurs, exigé une modification du prix de la farine et de la semoule pour éviter toute augmentation du prix du pain, en plus d’ouvrir la porte à un dialogue sérieux avec les autorités de tutelle afin de réformer le secteur et réviser la législation relative au système dans son ensemble.
Il a également souligné la nécessité d’accélérer la révision de la législation, qu’il a qualifiée d’ « obsolète », soulignant que l’augmentation du prix des matières premières de manière non planifiée menace la continuité de l’activité d’environ 1 300 boulangeries modernes, en plus de la possibilité de perdre des milliers d’ emplois.
Il convient de noter que la ministre du Commerce et du Développement des exportations, Fadhila Rabhi, a indiqué lundi dans une déclaration à une radio de la place que « le coût réel de la farine fine, utilisée par les boulangeries non classées, « Boulangeries modernes », qui fabriquent du pain à moins de 150 grammes de farine fine et de semoule, est de 1,590 millimes, alors que le kg de farine fine conditionnée est vendu 850 millimes puisqu’elle est subventionnée. Quant au coût de la semoule, il est estimé à 1842 millimes, alors que le kilogramme est vendu 790 millimètres… Et c’est là où réside l’importance de la subvention », a-t-elle dit.








