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« Les Chrétiens de Sicca Veneria » : l’Argentin Silvio Morano explore l’archéologie des fouilles militaires sous protectorat

« Les Chrétiens de Sicca Veneria, parcours historique et archéologique sur le christianisme au Kef du IIème au VIIème siècle », est un livre qui revient sur un pan de l’histoire et les vestiges de l’époque chrétienne en Tunisie en explorant l’archéologie des fouilles militaires sous protectorat français.

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Ce livre de 82 pages paru en 2021, est l’oeuvre de Père Silvio Morano et le dépôt légal est effectué auprès de la Bibliothèque Nationale de Tunisie (BNT). Cet opus est financé par la Fondation allemande Konrad Adenauer-Stiftung (KAS) en Tunisie avec le soutien de l’association tunisienne de Soutien des Minorités (ATSM).

Sa présentation a eu lieu samedi 12 juin, à la Municipalité de Carthage en présence de l’auteur, Silvio Morano qui offre à ses lecteurs un livre riche en textes, photos de vestiges et cartes.

La couverture porte une photo de la ville du Kef où sont visibles des vestiges romains avec au fond, la Citadelle de la Kasbah (La Kasbah du Kef). Au centre de la photo, le Minaret de la mosquée Sidi Bou Makhlouf qui trône au milieu des habitations du quartier du même nom.

Les éléments historiques contenus dans ce livre se réfèrent à une large bibliographie dont des livres d’histoire et des revues académiques spécialisées par des auteurs tunisiens comme Fethi Bejaoui, Nabil Kallala, archéologues et anciens de l’INP.

Silvio Morano revient sur «les recherches archéologiques militaires et le début des fouilles avec l’installation du protectorat français en Tunisie et les multiples explorations vers la fin du 19ème siècle qui ont révélé l’existence de ruines romaines et autres. »

L’auteur explore dans son ouvrage les documents des services d’antiquités françaises qui dit «avaient ouvert la voie à des citoyens, archéologies ou non, à effectuer des fouilles pour trouver les trésors enfuis de l’archéologie en général ». Le but était d’ « explorer ce nouveau pays avec son patrimoine et ses richesses ».

« Ces recherches un peu fortuites des militaires de l’époque ont cependant permis de révéler une large partie du patrimoine essentiellement romain..», dont une partie loge actuellement dans les musées nationaux. « Ce n’est qu’à partir de 1930 que les archéologues français ont pu intervenir pour faire des excavations plus méthodiques, la conservation des lieux, la publication des travaux, etc », souligne l’auteur.

Silvio Morano, religieux argentin, natif de 1982, est en mission depuis 2010 à la Cathédrale Saint Vincent de Paul et Sainte Olive. Son intérêt pour l’histoire l’a conduit depuis à étudier l’archéologie et les traces de l’art chrétien en Afrique du Nord.

Plusieurs de ses ouvrages convergent dans l’héritage chrétien et ses traces en Tunisie. La Cathédrale Saint-Vincent de Paul de Tunis et la Cathédrale Saint-Luis de Carthage, sont au cœur de ses autres publications.

L’héritage chrétien à Sicca Veneria se manifeste donc à travers les monuments et pièces archéologiques trouvées lors des fouilles effectués au début de l’installation du protectorat français en Tunisie. Ce patrimoine est visible dans ses livres, comme «Carthage éternelle, un pèlerinage aux ruines chrétiennes de Carthage» et «L’archéologie et l’art chrétien au musée du Bardo en Tunisie».

Dans son nouveau livre, l’auteur consacre deux grandes parties à l’Histoire et à l’Archéologie chrétiennes du Kef.

L’auteur décrypte le patrimoine archéologique datant des premiers siècles du christianisme, en passant par la persécution vandale et les grands écrivains chrétiens.

Dans la partie ‘Archéologie chrétienne du Kef’, l’auteur s’intéresse aux inscriptions et aux basiliques chrétiennes comme celles de Saint-Paul (Dar El-Kous) et la grande basilique Djemma (El-Kebira).

Dans « Les Chrétiens de Sicca Veneria.. », l’auteur aborde un chapitre de l’histoire lointaine dans un pays qui a connu le passage de plusieurs civilisations, des populations païennes à celles adoptant les religions monothéistes. « Le but de notre étude est simple : nous concentrer sur la vie chrétienne de cette importante ville romaine Sicca Veneria, en proconsulaire à l’époque romaine, aujourd’hui faisant partie intégrante du beau paysage de l’Ouest tunisien », peut-on lire dans l’Introduction.

Il faut mentionner que Sicca Veneria, creuset des civilisations successives est une ancienne cité numide que beaucoup d’historiens s’accordent sur les origines multiples de cette appellation, une combinaison de mots d’origine berbère et romaine.

Numide, punique, romaine, byzantine, arabe ou Ottomane, Le Kef occupait une position au carrefour des voies commerciales ce qui faisait de la ville un épicentre pour les échanges commerciaux de l’ancienne Carthage à Cirta et Théveste (Constantine et Tbessa, en Algérie).

Les monuments historiques sont le témoin d’une ville antique prospère nichée sur une colline où sont construites les cathédrales, les bains romains parmi d’autres vestiges qui font la fierté de la ville, destination assez prisée pour le tourisme culturel.

1 COMMENTAIRE

  1. Merci au père Moreno pour ce passionnant ouvrage.
    Il faut vraiment qu’il aille le présenter au Kef où les habitants apprécieront cet engagement pour faire connaitre leur ville.
    Par contre, il faudrait modifier cet article. La mosquée qui apparait sur la couverture est celle de Sidi Ahmed Ghib et non Sidi bou Makhlouf qui est trop loin pour qu’on la voie sur la photo. Il ne faudrait pas qu’on puisse croire que les journalistes d’African Manager ne sont jamais allés au Kef…

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