L’ATTT (Agence tunisienne du transport terrestre) a été fermée depuis le confinement, et son DG renvoyé par le ministre. On n’a donc aucune idée sur l’évolution du secteur des automobiles en Tunisie.
L’impact, on le voit directement dans les indicateurs d’activité, pour le 1er trimestre 2020, des concessionnaires dont les entreprises sont cotées en bourse. Des entreprises qui emploient des salariés, qui paient les salaires et prélèvent pour le compte de l’Etat taxes et impôts. Par exemple, le chiffre d’affaires d’Ennakl a déjà chuté de 7 %. Pour d‘autres, les effets du confinement ne tarderont pas à se faire sentir.
Tout ce qu’on peut pour l’instant constater, c’est que la dernière immatriculation date du 19 mars 2020. Le compte était alors à 7740 TU 215. Le vendredi dernier 7859. Cela veut dire que seuls 121 nouveaux véhicules ont pu être écoulés dans toute la Tunisie au cours des 45 derniers jours, voitures particulières et utilitaires et autres matériels roulants, contre une moyenne mensuelle de 5 mille nouvelles immatriculations.
10 mille véhicules, au prix moyen de 50 mille DT l’unité, sont actuellement invendus et restés en stock, soit chez le concessionnaire, soit au port, sans compter ceux qui sont déjà en mer, et qui augmenteront le volume des stocks, et rallongeraient à au moins 3 mois la période de stockage, elle-même avec ses propres frais à servir pour les ports ou à dépenser en maintenance. Cela représente 500 MDT.
Les concessionnaires avaient déjà importé leurs quotes-parts bien avant le confinement, dont la date était alors inconnue, tout comme la fermeture de fait de l’ATTT, suspendant ainsi toute activité commerciale, normalement concrétisée par l’immatriculation. Aux importations qui ont été financées au moyen de lettres de crédits déjà émises, viendra s’ajouter un coût de financement des stocks au taux de 10 %, nous disent certains concessionnaires. Cela coûterait un plus de 50 MDT par an. Cela ferait une perte sèche de 10 MDT pour le secteur des concessionnaires automobiles pour les seuls deux derniers mois. Tout cela, sans tenir compte du fait que le déconfinement ne voudrait pas dire écoulement automatique du stock de 500 MDT, ce qui devrait faire exploser le poste frais financiers de tout le secteur, pour le grand bonheur des banquiers.
Dès lors qu’il s’agit de lettres de crédits déjà confirmées auprès de leurs fournisseurs, et donc des paiements déjà effectués, les concessionnaires ne pourront pas profiter de la décision de report de paiement. « Cela voudra dire que les concessionnaires seront obligés de contracter des financements qui ne se feront pas sans charges financière, à au moins TMM+2 », nous dit un concessionnaire.
Placés dans une situation financière de plus en plus difficile et qui pourrait les amener, disent-ils à mettre la clé sous la porte, les concessionnaires souhaiteraient vivement ré-ouvrir les showrooms et leurs points de vente à partir du 4 mai prochain. D’autant, expliquent-ils, que lesdits showrooms ne sont généralement pas des lieux de grosse affluence, et que l’application des gestes barrières contre le Coronavirus, dont la distanciation sociale, est très facilement praticable. Ils sont d’autant plus déterminés que les autorités ont fini par ouvrir les marchés municipaux et autres, des endroits nettement plus dangereux en matière de risque de contamination. Les autorités tunisiennes penseraient à autoriser l’ouverture des métiers de réparation mécanique, et excluraient les concessionnaires, les plaçant ainsi en risque de faillite.








