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Les entreprises tunisiennes ont perdu beaucoup de leur ressort, affirme la Banque mondiale

Des données pertinentes ont été amassées sur la performance des entreprises  tunisiennes  à l’effet de fixer les priorités dont il faut tenir compte pour relancer la croissance et la  productivité du secteur privé. Le  Moniteur Economique  de la Banque mondiale  en a tiré la conclusion que durant la majeure partie de la décennie écoulée, les principales causes du chômage ont été attribuées au ralentissement de la croissance et à l’atonie du secteur privé.

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Dans le même temps et en l’absence d’opportunités privées, l’Etat a continué à être considéré comme le principal pourvoyeur d’emplois, alourdissant ainsi la masse salariale du secteur public et réduisant l’espace budgétaire qui aurait pu servir à investir dans l’économie. La pandémie Covid-19 est venue exacerber ces difficultés structurelles existantes.

Dans ce contexte, il devient plus que jamais urgent de dynamiser les entreprises et de booster leur potentiel de création d’emplois pour que le pays puisse enfin se remettre de la crise liée à la pandémie Covid-19, insiste  l’analyse qui a révélé que les entreprises tunisiennes ont perdu beaucoup de leur ressort.

Les données relatives aux sept dernières années —de 2013 et 2019 — montrent qu’il existe bon nombre de domaines où l’environnement s’est amélioré et où la Tunisie a pu être plus performante que ses pairs régionaux. Mais dans l’ensemble, ces mêmes données montrent à voir un secteur privé affaibli, où les entreprises sont moins enclines à investir et à innover : la proportion d’entreprises investissant dans des immobilisations est passée de 44% en 2013 à 30% en 2019 et le repli est caractéristique de tous les secteurs. De manière similaire, la part des entreprises tunisiennes introduisant un nouveau produit ou service a diminué de moitié, passant de 28% en 2013 à 14% en 2019.

Les entreprises sont moins tournées vers l’exportation qu’avant et le pourcentage d’entreprises exportatrices est passé de 38% en 2013 à 32% en 2019. Cela a coïncidé avec la détérioration des indicateurs commerciaux : le nombre de jours nécessaires au dédouanement des exportations a plus que doublé, passant de 3 jours en 2013 à 7 jours en 2019. La situation est pire pour les importations, où le nombre de jours nécessaires au dédouanement des importations est passé de 7 jours en 2013 à 16 jours en 2019. Les entreprises sont également de moins en moins productives : la croissance annuelle réelle de la productivité a été négative en 2013, de l’ordre de –4,5% et a empiré en 2019, en tombant à –5,1%. Certes, certains secteurs ont réussi à créer des emplois dans l’économie, mais jamais dans les régions où le chômage est le plus élevé.

Des mesures  structurelles sont recommandées  de toute urgence  pour aider à remettre le secteur privé sur les rails. Il s’agit, notamment, d’accroître les capacités des nouvelles entreprises à entrer sur le marché et à y offrir de nouveaux produits ou services, de lutter contre les goulots d’étranglement structurels qui compliquent l’accès des entreprises au financement, de faire face à la détérioration des services douaniers et d’élaborer une vision claire de la politique d’innovation, en soutien aux secteurs où les exigences en matière d’innovation et d’avantages comparatifs commencent à prendre de l’importance.

Et les banques dans tout cela !

La vulnérabilité du secteur bancaire s’est accrue à mesure que les prêts non productifs (PNP) et l’exposition du secteur au secteur public augmentent, constate le Moniteur  de la Banque mondiale. Les prêts non productifs, qui représentent déjà 13,9 % des prêts bruts à la fin de 2019, devraient encore augmenter. Leur stock  est fortement exposé aux secteurs de l’industrie et du tourisme, deux des secteurs les plus touchés par la crise actuelle. En outre, des mesures de soutien telles que des moratoires de paiement pourraient retarder l’apparition des crédits accrochés.

 Dans ces conditions, il est essentiel de soumettre le système financier à des tests de résistance et de surveiller étroitement les paiements des prêts après leur date d’échéance pour évaluer l’accumulation des vulnérabilités. La liquidité est restée limitée. Bien que la Banque centrale ne communique pas de données de mi- année sur le ratio d’actifs liquides, qui était de 4,7 à la fin de 2019, une estimation approximative basée sur les 12 banques cotées en bourse22 montre un ratio d’actifs liquides de 4,5 % avec une disparité importante entre les banques publiques et privées.

 En outre, l’exposition au gouvernement, par le biais de titres et de prêts directs, a légèrement augmenté à mesure que les crédits  au gouvernement se sont accrus. Dans ce contexte, une surveillance étroite, le respect de normes de classification rigoureuses et des filets de sécurité financière efficaces sont particulièrement importants pour accroître la transparence et maintenir la confiance dans le système.

Malgré les efforts déployés pour apporter secours et assistance durant la pandémie  de Covid-19, , la faible inclusion financière limite la capacité du secteur financier à atteindre les personnes les plus démunies. L’accès limité au financement limite également l’ampleur de tout rôle anticyclique joué par le secteur financier.

La faible pénétration des services financiers numériques ralentit le déploiement en Tunisie de mesures rapides et agiles, particulièrement nécessaires dans un contexte de blocage économique et de distanciation sociale, comme les transferts sociaux et l’inclusion financière. La microfinance, autre vecteur d’inclusion financière, qui soutient les activités génératrices de revenus de plus de 400 000 micro-entrepreneurs issus des segments les plus vulnérables (tels que les femmes et les petits exploitants agricoles), a également subi la pression de la baisse de la qualité des portefeuilles, les ménages concernés ayant du mal à faire face aux remboursements en raison des difficultés de refinancement dans le cadre de la gouvernance et du cadre réglementaire actuels.

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