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jeudi 4 juin 2020
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Les larmes de Mekki, les menaces de Mechichi et le désarroi des patrons

Mardi dernier, en pleine conférence de presse à la Kasbah, Abdellatif Mekki esquissait un sanglot en évoquant l’échec de la politique de confinement. On ne sait pas encore si c’était le ministre qui pleurait son échec, le médecin qui ravalait l’amertume de voir ses patients détruire bêtement ses efforts de les sauver malgré eux, le médecin qui voit la mort en direct et se sent impuissant devant la bêtise humaine, ou encore le membre du gouvernement qui prenait conscience que l’ampleur de crise sanitaire  contre laquelle il luttait âprement malgré le peu de moyens matériels,  pour laquelle il avait détourné des lignes budgétaires et accepté de s’endetter plus encore, le dépassait et pourrait bien le mettre KO.

Nous, on retient surtout son sentiment d’être dépassé, un sentiment qui fait que toute l’équipe gouvernementale focalise tellement sur le Covid 19 qu’elle en oublierait presque qu’il y aura obligatoirement un après-Corona. Et il faudra savoir, et surtout avoir les moyens d’y faire face, car il ne suffira pas de sauver des vies, dans une économie qui n’en sortirait qu’en lambeaux. C’est dur de le dire. Cela pourrait même être lu comme indécent, mais c’est une vérité incontournable et qui pourrait devenir plus dévastatrice que le Coronavirus.

–          Les larmes de Mekki et les menaces de Mechichi

Mekki avait aussi dit, en ravalant ses larmes, que « ce ne sont pas des larmes de faiblesse, mais de force ». On aurait aimé voir immédiatement cette force dans les propos du ministre de l’Intérieur, et ne pas constater dès le lendemain le contraire, comme l’ont montré hier mardi les vidéos mises en ligne par des particuliers. Des vidéos de bousculades, de marchés où les particuliers faisaient tranquillement leurs courses, sans oublier les témoignages radiophoniques de citoyens affirmant ne jamais avoir respecté, ni le confinement, encore moins le couvre-feu dans certains quartiers de la capitale.  Les larmes de Mekki, que certains dénigrent et traitent de « larmes de crocodile », et les menaces du ministre de l’Intérieur, auront ainsi été vaines, pour ne pas dire creuses.

–          Et l’après Coronavirus, qui y pense, qui s’y prépare ?

Experts nationaux et internationaux s’accordent à dire qu’après le Corona, il y aura irrévocablement un après Coronavirus. Force est cependant de constater que personne n’en a cure dans le gouvernement. Le ministre de la Santé s’est jusque-là limité à un décompte mortuaire quotidien, à se préparer à un scénario catastrophe et à demander de l’aide, tout en avouant ne rien avoir encore dépensé des fonds du 1818, alors que la Chine se prépare déjà au Covid 20. Le ministre de l’Intérieur court derrière les « meurtriers » en puissance et semble être plus laxiste que réaliste. Du côté économique, c’est le silence total du ministre Slim Azzabi, silence tout aussi assourdissant, sur l’après Corona économique, du côté des ministres de l’Industrie et celui des Finances, sauf pour ce dernier de crier sur tous les toits que tout va mal, très mal. Le ministre Youssef Ben Salah (Industrie et PME), n’arrive même pas à trouver les industriels du textile que tout le monde appelait à se reconvertir dans la confection des masques de protection, devenus par ailleurs obligatoires tout en restant introuvables, pour distribuer leurs produits, sachant que les industriels qui n’ont pas de points de vente ne le peuvent pas et ceux qui en ont sont interdits d’ouverture ! Une belle gabegie, dans une gestion désordonnée d’une crise, plus que sanitaire, mais tout simplement économique et totale !  Or, d’ores et déjà, l’impact du Covid 19 sur les entreprises et toute l’économie de la Tunisie se fait voir. 85,11 % des entreprises industrielles, 69,23% du secteur du bâtiment, 76% des entreprises de commerce, 78,79 % des services associés aux entreprises et 90,9 % des services liés aux particuliers se trouvent touchés par la crise sanitaire, assure une note de l’IACE.

Qui, dans ce gouvernement qui semble être amplement dépassé par la crise du Covid 19, s’occupe du jour d’après ? Où est Elyes Fakhfakh pour tranquilliser les Tunisiens qu’ils auront toujours de quoi dépenser, en emplois et en salaires, après le Covid 19 ? A-t-il un plan dans ce sens ? Aura-t-il l’argent pour relever tout le tissu industriel ? Où trouvera-t-il l’argent, alors que les banques sont déjà plus que sollicitées, et pourraient l’être jusqu’à l’épuisement si la crise sanitaire s’étirait ?

 –          L’Etat suivra-t-il le refus de déconfinement de l’OMS ? Avec quels moyens ?

Le chef du gouvernement avait dernièrement indiqué que le déconfinement, s’il va avoir lieu un jour, se fera par palier. Il n’a rien expliqué à ce propos. Son ministre de la Santé pleure l’échec du confinement, et l’OMS se prononce contre toute levée du confinement.

Des entreprises industrielles tunisiennes lancent déjà pourtant un appel de détresse, et demandent au gouvernement de permettre, au moins, un retour au travail à mi-effectif, ne serait-ce que pour sauver les meubles. Dans le cas contraire, industrie et tourisme (auxquels la Sonede a déjà augmenté très haut le prix de l’eau) qui sont déjà les plus gros pourvoyeurs d’emplois, se retrouveront dans de sales draps, et les revenus fiscaux de l’état avec.

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