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Les médecins tunisiens cèdent nombreux aux sirènes de l’exode!

À un moment donné, on se dit : « Mais qu’est-ce que je fais ? », se désespère Abdelwaheb, un jeune médecin tunisien . Pour lui, « la situation en Tunisie est devenue une source d’anxiété et d’angoisse. Les querelles politiques, les tensions sociales et les difficultés économiques contribuent au climat « suffocant » du pays, souligne-t-il. « Je ne vois plus d’espoir ici, je veux partir pour avoir un meilleur moral », explique-t-il, lui qui a déjà eu plusieurs propositions et prépare ses papiers pour l’étranger. Trois instantanés qui résument le mal-être des médecins tunisiens aux prises avec une variété d’écueils qu’ils jugent insurmontables… pour l’heure.

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Signe du malaise des médecins : des manifestations éclatent en décembre 2020, après la mort accidentelle d’un chirurgien interne de 27 ans, due à un ascenseur défectueux dans un hôpital d’une région défavorisée du nord-ouest du pays, rappelle dans cet ordres d’idées l’AFP dans un article relayé par le site Africanews.

Une étude publiée en 2020 par un jeune doctorant en médecine souligne que la fuite des cerveaux touche tous les types de médecins et de paramédicaux, exacerbant les pénuries « surtout dans les régions les moins développées. »

Les pays qui embauchent du personnel ayant ces compétences « profitent d’un capital humain gratuit très qualifié », déplore Ahlem Belhaj, secrétaire général du syndicat des médecins.

« Ce flux nous concerne », reconnaît le directeur général de la santé, Fayçal Ben Salah, estimant le coût total de la formation d’un médecin à plus de 150 000 dinars.

Le « brain drain » (fuite des  cerveaux)  peut être considérée comme une « exportation de services, mais elle doit être contrôlée pour que l’Etat et la population s’y retrouvent », a-t-il dit, appelant à organiser ces migrations par des conventions entre Etats.

Selon le ministre de la Santé, Faouzi Mehdi, le secteur de la santé a actuellement besoin de 3 000 personnels médicaux et paramédicaux pour faire face à la pandémie de coronavirus.

Mais, déjà un coup de semonce a été donné par le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, qui a indiqué que 800 médecins ont quitté le pays en 2018, que 900 autres médecins ont fait de même en 2019, et que 2 700 prendront le large en 2022, augmentant encore le déficit d’un secteur qui souffre déjà de l’exode de 1 500 médecins.

Toute la profession est concernée : jeunes et moins jeunes

Cette émigration aggrave la crise du secteur de la santé publique compte tenu de l’absence de recrutement de médecins durant les années 2017 et 2018.

En effet, la situation socio-économique précaire, la chute du dinar et la détérioration du climat d’investissement, ainsi que l’insécurité, restent les principaux facteurs favorisant la fuite des cerveaux en Tunisie.

Pour les médecins, au délabrement des infrastructures, à la pénurie de médicaments et au manque cruel d’équipements médicaux, ainsi qu’aux conditions de travail souvent exécrables, s’ajoutent également le déficit financier des établissements de santé publique et la détérioration de la situation des fonds sociaux.

La détérioration de la situation de la santé publique, y compris sa marginalisation au profit du secteur privé, a poussé des milliers de médecins à quitter le pays chaque année. A titre d’exemple, 45% des jeunes médecins parmi 400 inscrits en 2017 au Conseil de l’Ordre des médecins en Tunisie ont quitté le pays. Un phénomène qui s’étend aux étudiants en médecine à l’étranger dont 55% refusent de rentrer au pays.

Il est utile de rappeler, dans ce contexte, les propos de l’ancien ministre de la Santé, Imed Hammami, qui s’est inquiété de la fuite des cerveaux qui gangrène le secteur. Il a, dans ce sens, admis que l’Etat est incapable de retenir les médecins, y compris les seniors, qui représentent 16% des médecins de la santé publique. S’agissant des jeunes, il a déclaré que certaines mesures pourraient être appliquées, qui obligeraient les jeunes médecins à travailler au moins trois ans dans leur pays d’origine avant de s’expatrier.

 Mais malgré ces chiffres alarmants, la pénurie pourrait être évitée par une simple réhabilitation du secteur, l’amélioration du système de santé et l’augmentation de la capacité des facultés de médecine dans notre pays.

1 COMMENTAIRE

  1. la fuite des medecins parce qu’ils n’ont plus confiance dans leur pays qui s’appauvrit depuis la révolution par la gestion calamiteuse de ses nouveaux gouvernants , avant la révolution les médecins spécialistes et les professeurs quitte la santé publique pour le secteur privé mieux payé et bien équipé ou exercent comme médecins libéraux pauvres citoyens malades sans moyens ne trouvent pas des places pour se soigner dans la santé publique .

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