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Les nuages s’amoncellent sur l’avenir des importations céréalières tunisiennes

En fait de céréales, le pire serait-il à venir pour la Tunisie qui compte déjà parmi les pays qui pâtissent le plus du conflit entre la Russie et l’Ukraine, pourvoyeurs majeurs  de cette denrée dans le monde ? Très probablement  au vu des conclusions d’une étude de l’OCDE selon laquelle les  prix internationaux du blé  augmenteraient  de 34 % durant la campagne 2022/23, si les capacités d’exportation de l’Ukraine devaient être réduites à néant et les exportations russes de blé, baisser de 50 %.

C’est que, à eux seuls, les  produits céréaliers accaparent  en Tunisie près de 80% des subventions des produits alimentaires car leurs prix à la consommation sont parmi les plus bas et leur consommation est une des plus élevée dans le monde.

« En 2017, le prix du pain et des céréales en Tunisie était le plus bas au monde après l’Ukraine », rappelle la Banque mondiale, jugeant inconcevable que le prix du pain n’ait pas été ajusté depuis 2011, entraînant un déficit budgétaire et courant. D’ailleurs, l’Office tunisien des céréales , qui détient le monopole de l’importation et de la distribution du blé destiné à la consommation, est  dans l’incapacité financière de s’approvisionner en céréales.

« Les navires chargés de céréales étaient bel et bien dans les ports tunisiens sauf qu’ils n’étaient en pas mesure de décharger leurs cargaisons car l’office était en difficulté financière », note-t-on, alors qu’à la demande du gouvernement tunisien, la Banque mondiale a procédé en juin dernier à l’octroi d’un prêt de 130 millions de dollars afin de financer les importations de céréales et atténuer les effets de la guerre en Ukraine sur la situation alimentaire.

Un expédient  qui sera de peu d’effet au regard des incertitudes actuelles et des conséquences qu’aura la guerre russo-ukrainienne   sur les marchés agricoles à l’avenir , lesquelles  sont difficiles à anticiper. Elles dépendront principalement, de l’évolution des approvisionnements ukrainiens et des restrictions imposées par la Russie à ses exportations.

L’OCDE a, cependant, simulé plusieurs scénarios envisageant différentes répercussions sur les niveaux de récolte et d’exportation de toutes les productions végétales de l’Ukraine, ainsi que sur les niveaux d’exportation de blé russe pendant la prochaine campagne (2022/23).

Dans l’hypothèse où les possibilités d’exportation de l’Ukraine sont réduites à néant, c’est-à-dire où elle peut mener à bien les récoltes sur pas plus de 25 % de ses terres, la hausse du prix mondial du blé devrait atteindre 19 %. Dans le scénario extrême, dans lequel en plus les exportations russes sont inférieures de 50 % à leur niveau habituel, les prix du blé augmentent de 34 % par rapport à une situation sans agression russe.

Un scénario redoutable

Dans ce scénario, les exportations de blé cumulées de la Russie et de l’Ukraine sont amputées de 36 millions de tonnes, mais d’autres pays sont poussés par la hausse des cours internationaux à accroître leurs exportations de 16 millions de tonnes, et ce en partie, en augmentant leur production et en partie en puisant dans leurs stocks. De nouvelles augmentations des prix du blé et d’autres produits agricoles seraient préjudiciables à la sécurité alimentaire mondiale et pourraient amplifier la hausse du nombre de personnes sous-alimentées qui s’est amorcée récemment ,à la suite de la pandémie de COVID-19.

L’OCDE explique que depuis février 2022, les capacités de récolte et d’exportation de produits végétaux de l’Ukraine sont affaiblies par l’agression lancée contre elle par la Russie. L’Ukraine est le premier producteur mondial de graines de tournesol et un important exportateur de blé, de colza, d’orge, d’huile végétale et de maïs.

En Russie, aucune perturbation majeure de la production végétale n’est anticipée, mais des incertitudes pèsent sur les capacités d’exportation, même si les produits alimentaires et les engrais échappent jusqu’à présent aux sanctions internationales. La Russie est le premier exportateur mondial de blé et un important exportateur d’orge et de graines de tournesol. Elle fait aussi, partie des principaux exportateurs d’énergie et d’engrais.

La diminution des capacités d’exportation de l’Ukraine et de la Russie et le renchérissement de l’énergie et des engrais poussent les prix alimentaires internationaux à la hausse et menacent ainsi la sécurité alimentaire mondiale.

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